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Lucarne Citoyenne

 

Politisation de l'administration
Nous y revoilà !

Signer la pétition contre la révision de l'article 37 est une faute lourde. C'est l'amère expérience que vient de vivre un cadre d'un département ministériel. Il a été débarqué de son poste sans autre forme de procès. Après tout, ceux qui l'avaient placé là n'avaient aucune obligation de donner les raisons de leur acte. Ce sont des nominations politiques et au Faso, la pratique, c'est de placer des " gens acquis ". Et quand on doute de ta loyauté, on te débarque. Le malheureux responsable ne pensait pas que signer une pétition citoyenne était synonyme d'insubordination. Dans les directions régionales du ministère en question, des lettres estampillées " confidentiel ", envoyées par un des conseillers du ministre, enjoignent aux directeurs de mettre le plus rapidement possible les cellules CDP dans leur direction. La plupart se sont exécutés avec empressement par peur des sanctions qui pourraient tomber. Le procédé est simple : le directeur fait circuler une fiche où les agents doivent inscrire leur nom et apposer leur signature. Quelques jours après, une réunion est convoquée pour mettre en place la cellule du parti au pouvoir. Ces deux étapes (signature et présence à la réunion) constitueraient la preuve de votre allégeance. Ceux qui ont l'outrecuidance de ne pas adhérer sont frappés d'ostracisme. On les écarte peu à peu des postes de responsabilité. Ils sont également privés des missions et formations au profit des militants. Certains directeurs, pour humilier les récalcitrants, poussent le cynisme jusqu'à accorder l'intérim, quand ils ne sont pas là, aux subalternes de ces derniers. Ainsi, on a des agents qui n'ont même pas un an de service qui assurent des intérims pendant que leurs supérieurs hiérarchiques sont là. Dans ces conditions, l'ambiance du service ne peut être que délétère. C'est de la bonne gouvernance ça ?

Viktor Bout, notre "ami"
de l'ombre a des ennuis

L'épopée de ce marchand d'armes international, bien connu de certains milieux burkinabè s'est arrêtée en Thailande où il a été interpellé et jeté en prison. Sous le coup de plusieurs mandats de recherche, Viktor Bout était recherché par plusieurs polices du monde. Il est tombé en Thailande dans les filets d'agents américains qui s'étaient fait passer pour des responsables de la guérilla colombienne des FARC en quête d'armes. Il était depuis détenu dans une prison thailandaise alors que plusieurs pays dont les Etats-Unis réclamaient son extradition. La justice thailandaise s'y était opposée dans un premier temps. Mais le 20 août dernier, le dossier est revenu en appel et la Cour a cette fois accepté la requête des Etats-Unis. Viktor Bout a écumé toutes les zones en conflit dans le monde en particulier en Angola où il approvisionnait l'Unita. Il serait également mêlé au conflit de Sierra Léone à travers la fourniture d'armes au RUF par l'intermédiaire de pays comme le Burkina Faso et le Togo. Interpellé plus tard par des enquêteurs des Nations unies, le Burkina aurait nié toute participation à un trafic d'armes avec Viktor Bout. Ce n'est peut-être pas faux au niveau du Burkina officiel, mais de bonne source, le territoire burkinabè aurait bien servi de point de passage pour approvisionner la rébellion sierra léonaise via Charles Taylor. Dans les documents détenus par l'ONU, des noms d'officiers burkinabè y seraient mentionnés. Alors forcément, l'arrestation et le jugement de Viktor Bout pourraient relancer des choses au Burkina. Attendons donc de voir.

Un peu de sérieux
dans la gestion de nos mines

L'annonce du chiffre d'affaires de l'exploitation minière a suscité chez les Burkinabè, interrogations et espoir.. Seulement voilà. Sur les sites aurifères, l'optimisme vire parfois au cauchemar face aux réalités. A Essakane par exemple, on avait cru que la prospérité allait se conjuguer par du bitume sur les voies ou tout au moins des routes en latérite bien construites concourant au désenclavement d'une région perdue. Non seulement, il n'y a rien de cela, on est en train de perdre petit à petit avec les licenciements de centaines d'employés, le pari économique. C'est bien connu, il n'y a de véritable croissance économique que les hommes. Même les petits prestataires ne peuvent plus gagner leur vie avec la résiliation à tour de bras de leurs contrats. Et ce n'est pas tant le fait en lui-même qui pose problème mais la manière. Il se trouve que les résiliations sont faites au mépris des dispositions contractuelles. C'est le cas par exemple des Ets I.I qui viennent de recevoir une notification de résiliation en ce mois d'août pour compter du 31 juillet dernier. Une résiliation de contrat si elle ne se fonde pas sur une défaillance notoire d'une partie devrait au moins respecter un préavis. Il est temps que l'Etat rappelle à ces sociétés minières dont certaines se comportent comme un Etat dans l'Etat, qu'il existe une législation régissant les rapports de travail.

© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 1er Septembre 2010