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Un commis de l'Etat prédateur Nous sommes à Zogona au secteur 13 de la ville de Ouagadougou le vendredi 25 juin. C'est jour de prière pour les musulmans. Aux environs de 12h40, un véhicule fond rouge immatriculé 11A 62 88 se gare non loin de la mosquée dite de Bogodogo, celle de Assimi Kouanda, le directeur de cabinet du chef de l'Etat, désigné également pour être son directeur de campagne pour la présidentielle de novembre. Le véhicule se gare, mais il n'est pas éteint, il est en veille. Le gourou en question est allé dans la mosquée, mais le chauffeur, lui, est dans la voiture qui ronronne. Il est resté ainsi jusqu'à 13h 10, à la fin de la prière. Notre commis s'est engouffré et est reparti dans le frais. Certainement que c'est pour maintenir l'intérieur du véhicule toujours dans la température du clim que le véhicule est resté en veille pendant au moins 30 minutes. Nous n'avons pas pu identifier formellement la personnalité en question, mais l'immatriculation, elle, ne nous a pas échappée. La rigueur tant annoncée et claironnée par le Premier ministère tarde à entrer dans le comportement de certains responsables au plus haut niveau. Et c'est toujours l'argent des contribuables burkinabè qui part dans ce gaspillage de carburant. Ne faudrait-il pas désormais demander à nos grands cadres de laisser tranquille leur véhicule de fonction quand il s'agit d'activités purement privées ? Nous les contribuables leur seront très reconnaissants pour cela. Corps de la paix L'information est parue dans le quotidien L'Observateur paalga du mardi 6 juillet. Notre confrère sur place écrit que les volontaires du peace corps des Etats-Unis ont quitté précipitamment la zone, escortés par des hommes armés jusqu'aux dents en direction de Ouagadougou. Selon les rumeurs, c'est suite aux menaces d'Al qaida que l'ambassade américaine aurait décidé de les évacuer. Le mardi 6 juillet, nous avons tenté d'en savoir plus en nous rendant au siège de Peace corps à la cité Socogib sur la route de Fada. Dans ce service, aucun dispositif particulier autour du bâtiment. Les vigiles sont bien sûr là, mais c'est comme d'habitude. Sur la question du départ précipité des volontaires, le service préfère ne rien dire. Il faut s'adresser directement à l'ambassade, nous recommande une employée. C'est ce que nous avons fait. Une dame nous explique à l'ambassade que l'information est vérifiée, leurs services auraient eu connaissance de menaces sur les Américains dans la zone. D'où proviennent ces menaces et qui en sont les auteurs ? Notre interlocutrice n'en sait pas davantage. " C'est par mesure de prudence que l'ambassade a décidé de les [les volontaires] ramener à Ouagadougou. ", se contente-t-elle de nous dire. Est-ce Al qaida qui serait derrière ces menaces et pourquoi ? Encore une fois, elle n'est pas sûre de la provenance des menaces et de leurs auteurs. Alors pourquoi alors faire foi à ce dont on n'est même pas sûr de l'existence ? Au ministère des Affaires étrangères, c'est aussi l'incertitude. " Il faut veiller au grain " L'Evénement doit veiller au grain. C'est l'exhortation
que nous avons reçu d'un de nos lecteurs de Bobo suite à
notre écrit paru sur les détournements de médicaments
au titre des crédits délégués au district
sanitaire du 22 de Bobo au profit d'une pharmacie de la place. L'inspection
des Finances y aurait fait une virée pendant une semaine et sur
la foi de notre lecteur, il y aurait beaucoup de détournements.
Ceux-ci seraient si importants qu'à son tour, l'inspection générale
des services de santé y a séjourné onze jours durant.
On ignore pour l'heure les résultats de toutes ces investigations.
Mais ce qui préoccupe certains travailleurs qui observent impuissants
ce qui se passe, c'est que l'on étouffe ces affaires. Mais rassurez-vous,
les fins limiers de l'ASCE nous lisent et veilleront, nous l'espérons,
au grain.
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L'Evénement - Déc. 2001 | ||||||