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Lucarne Citoyenne

 

Actes de vandalisme sur le site de Loropéni

Un drame s'est produit dans le site de Loropéni. Une dame qui se trouvait dans cette forêt a été surprise par un incendie et y a trouvé la mort. Autour des ruines récemment classées dans le patrimoine mondial de l'Unesco, une zone tampon a été délimitée pour répondre à un souci de sécurisation du site, mais aussi pour la préservation de l'écologie. Si les ruines ont pu traverser le temps, c'est sans doute aussi grâce à la forêt qui lui servait de bouclier. Malheureusement, depuis un certain temps, des menaces graves pèsent sur le site. Avec l'incendie qui vient de s'y déclarer en ce mois de décembre, cela fait quatre fois que la ceinture forestière est dévorée par les flammes. Si le site est important pour le pays comme on le dit dans les discours, cela doit se constater à travers des dispositions pertinentes de protection. La sécurité du site n'incombe quand même pas à l'Unesco ! Il ne faut pas croire que par ce qu'il est classé patrimoine mondial, il faut tout attendre de l'organisation internationale. On ne peut vouloir en tirer une fierté (d'ailleurs légitime) et se contenter d'aller se coucher le ventre en l'air pour jouir du repos du juste ! Non, ce n'est pas responsable. La dame qui a perdu la vie dans l'incendie se trouve être l'épouse du chef gan du village d'Obiré. Elle était enceinte. Très éprouvé, le chef a tenté lui-même de mettre fin à ses jours. C'est grâce à l'intervention de l'autorité administrative que cet autre drame a pu être provisoirement évité.

La crâne du "parti de l'éléphant"

Après les arrangements consentis par Roch Marc Christian Kaboré à Gilbert Noël Ouédraogo consistant à céder à son parti quelques sièges au sein des structures de la CENI, le président de l'ADF/RDA a, dans une lettre datée du 15 décembre 2009, confirmé son appartenance à l'AMP, seule structure regroupant les partis de la majorité présidentielle. Seulement voilà. Gilbert continue d'entretenir une ambiguïté sur la question en faisant croire qu'il existerait une majorité présidentielle à laquelle il appartiendrait, tout à fait différente de la structure formelle dénommée Alliance pour la Majorité Présidentielle. C'est ce que l'on appelle vouloir le beurre et l'argent du beurre. Il est clair que l'AMP qui vient de se doter de textes organiques et dont le coordonnateur n'est autre que Simon Compaoré, vice-président du CDP depuis le dernier congrès entend exister comme une structure responsable avec une discipline interne. Manifestement, Gilbert cherche à contourner cette contrainte qui pourrait limiter sa marge de manœuvre. Mais alors, il faut choisir ! Les partis qui y sont savent pourquoi ils acceptent de s'aliéner. Mais quand on veut jouer au plus malin, on s'expose à des surprises pas toujours agréables. Pour avoir consenti les quelques strapontins de la CENI, Roch avait subi de nombreuses critiques des structures de son parti. Mais il parait que " le parti de l'éléphant " ne répond que du boss. Ça, tout le monde le savait. Mais malgré tout, comme le dit la chanson de Georges Ouédraogo : "boo yam nko fomenga".

Le différend BIB-EROH reporté au 5 février

Le différend commercial entre BIB et l'entreprise EROH qui avait été programmé pour le 15 janvier dernier a été reporté au 5 février devant la Chambre commerciale de la Cour de cassation. Selon les dernières informations, l'entreprise EROH pourrait passer des moments difficiles. En effet, il a été découvert deux choses :
Au contrat de 1,3 milliards de francs environ nantis à la BIB, il y aurait eu un avenant d'environ 1,9 milliard de francs caché à la BIB et frauduleusement nanti à ECOBANK Bénin.
Ensuite, la résiliation du marché par les Béninois ne l'a pas été seulement par l'absence d'argent disponible. Selon l'ingénieur contrôle, IGIP-GOPA, les retards dans l'exécution des travaux qui ont conduit à la résiliation du marché sont imputables à la défiance technique de EROH qui a choisi un sous traitant béninois incapable. Celui-ci n'aurait jamais commencé les travaux.
En rappel, l'entreprise EROH dirigé par Thomas Bagré a obtenu au Bénin, courant 2003-2004, un marché pour la réalisation de pistes rurales pour un montant de 1 396 701 285 F CFA. Ce marché a été nanti auprès de la BIB qui a débloqué au profit de l'entreprise une avance de 931 740 000 F CFA. Mais entre temps, le marché béninois de EROH est résilié. La BIB qui a attendu en vain le paiement de ses billets à ordre venus à échéance saisit la justice. C'est le début de l'affaire EROH-BIB. L'entreprise en rétorsion rend la BIB responsable de la résiliation de son contrat et demande des dommages et intérêts. En première instance, c'est un verdict à la Salomon qui est rendu. En appel, EROH gagne son procès. La BIB est condamnée à payer à EROH la bagatelle de 3 milliards 180 millions de francs cfa. La Cour de cassation est saisie qui casse le verdict d'appel. Voilà où on en est.
Le 5 février, l'affaire devrait évoluer considérablement si l'on s'en tient aux faits nouveaux intervenus dans le dossier. Affaire à suivre.





 



© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 30 janvier 2010