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Quand à 78 ans, San Antoine Hien hurle sa détresse Il est fatigué le vieux lobi répondant au nom de Hien San Antoine, ancien combattant, libéré en 1962 de l'armée française, revenu au pays pour le servir au lendemain de l'indépendance. Quand on aime son pays qu'on a servi avec amour et patriotisme, on ne peut pas comprendre tant d'indifférence devant la détresse d'un compatriote. Atteinte de troubles mentaux, la fille de M. Hien qui exerçait comme fille de salle dans une formation sanitaire s'est vue contrainte de rejoindre la famille. Plusieurs séjours à l'hôpital de Gaoua ne lui ont pas permis de recouvrer la santé. Malgré la situation préoccupante de sa fille, on a procédé à l'arrêt de son mandatement. Il a fallu que son père élève la voix pour que les services des finances exigent la tenue du conseil de santé. Seulement, l'avis de ce conseil selon M. Hien traîne depuis au niveau de son terroir ou elle avait été affectée justement à cause de sa santé. Alors ce qu'il ne comprend pas c'est cette administration emmurée dans le bureaucratisme au point d'ignorer l'extrême détresse des administrés. N'y a-t-il pas une autorité dans le Poni capable de voler au secours de la famille Hien ? La politisation des inondations a déjà commencé On se doutait qu'à quelques encablures de la présidentielle,
le drame des inondations courrait le risque d'être récupéré
par des politiciens dont les préoccupations sont à mille
lieues des problèmes des sinistrés. Visiblement l'événement
se présente comme du pain béni pour les stratèges
de la future campagne de Blaise qui ont déjà commencé
à nous en mettre plein les yeux. Le patron du CDP qui déambule
dans les eaux, l'omniprésence des membres du gouvernement sur
le terrain, les communiqués de solidarité d'obédience
partisane lus à la télé de manière sélective,
le summun de l'art, Blaise lui-même présenté au
milieu des sinistrés en train de goûter le repas des pauvres,
bref la communication présidentielle avance sans scrupule ses
pions. A vouloir trop forcer la dose, on s'expose cependant à
un retour de manivelle. Et là ça commence à jaser
concernant le grand show médiatique censé convaincre les
Burkinabè de mettre la main à la poche. La cérémonie
a tenu ses promesses sauf côté transparence ou nombre de
Burkinabé se sont demandés pourquoi les chiffres de la
journée n'ont pas été déclinés de
façon précise comme cela avait été promis.
A tort ou à raison beaucoup se demandent si tout ça ne
va pas se transformer en une grande arnaque? Il appartient en tout cas
au gouvernement de convaincre les Burkinabé à travers
la mise en place d'un mécanisme dont la sincérité
et la transparence seront au dessus de tout soupçon. La rentrée des classes a toujours été
le cauchemar des parents d'élèves. Cette année
ce serait encore plus difficile pour nombre de parents d'élèves
du Kadiogo. Comme on le sait, ils sont nombreux ceux qui ont tout perdu
à l'occasion des inondations. Ce n'est pas seulement un problème
de prise en charge alimentaire, il va falloir habiller, soigner et surtout
trouver un gîte pour de nombreux chérubins et leurs géniteurs.
Ce n'est pas des solutions cosmétiques qu'il faut mais plutôt
la mobilisation d'une logistique comme jamais le Faso n'en avait fait
dans le domaine du social. Et puis il y a ces grands élèves
qui sont revenus dans leurs amphis les poches vides et prêts à
le crier fort sur les toits. Surtout que l'année académique
débute avec des problèmes comme la crise des restau U,
des faux problèmes comme seul l'État sait les créer.
De nos salles de rédaction nous entendons déjà
la colère monter. Ils n'ont déjà pas eu droit à
une année normale et on leur demande de cavaler pour rattraper
le retard avec des profs qui n'ont pas fini de ruminer leur rancur
de voir leur lutte se terminer en queue de poisson. Ce qu'il faut craindre,
c'est la rencontre de plusieurs rancoeurs, celle des profs et celle
des étudiants. C'est un mélange détonnant et ce
n'est sûrement pas ce que veut Blaise qui n'a qu'un souci aujourd'hui,
préparer sereinement sa réélection triomphale.
Il faut peut être espérer que la crainte du grain de sable
qui fera tout basculer permettra de trouver une solution rapide à
ces problèmes tropicaux.
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L'Evénement - Déc. 2001 | ||||||