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Lucarne Citoyenne

 

Quand prier devient un problème pour les autres

Faut-il parler d'un regain de religiosité de nos jours ? On est tenté de le croire quand on voit se multiplier comme des champignons, églises et mosquées. Mais le phénomène religieux ne s'observe pas uniquement à travers les mosquées et les églises. Prier est devenu pour certains un véritable hobby, à en juger par le nombre de jeunes qui s'y adonnent. Même les maisons d'habitation sont transformées en lieux de culte. Il n'est pas rare d'entendre au petit matin, tard la nuit ou encore au moment du repos de midi, des groupes de personnes enfermées dans les enceintes des maisons d'habitation et priant à haute voix, criant à tue-tête tout comme s'ils étaient à l'église ou à la mosquée. Il semble que ce n'est qu'ainsi qu'on pourra expulser Satan du corps des possédés. Le hic, c'est qu'ils ne semblent pas se préoccuper des autres à qui ils ne laissent d'autre choix que de subir. Il nous souvient l'histoire de cet infirmier de Koudougou que le chant du muezzin importunait vers les premières heures du matin et qui ne manquait pas à chaque fois de dire à son bruyant voisin combien il empoisonnait sa vie. Malgré ses mises en garde, les nuisances ne diminuaient pas. Il décida alors un jour de régler le problème. Quand un matin retentit le cri du muezzin, le brave infirmier s'empara de son fusil de chasse et expédia trois décharges sur le malheureux. La suite a été une affaire de police et de justice.
Nous ne savons pas combien de fois l'histoire de cet infirmier s'est répétée au Burkina, et ce malgré la loi et les rigueurs de la loi. Il y a pourtant un moyen très simple d'éviter ces drames inutiles : Le respect des convenances sociales. La pratique religieuse est encadrée par des lois dans l'intérêt bien compris de tous !

Où est parti l'argent du PROGEREF

On se souvient de la sortie du ministre de l'Environnement il y a quelques semaines dans le Sud-Ouest sur la forêt classée de Koulbi. Salif Sawadogo était parti avec son équipe rencontrer les populations qui y habitent illégalement et leur intimer l'ordre sur un ton ferme de quitter les lieux. La date butoir était fixée au 30 avril dernier. Il y a quelques jours, les agents des Eaux et Forêts sont allés déguerpir les dites populations. Certains qui ne savent pas où aller se sont retrouvés dans la rue. Cette forêt qui est classée sur papier ne l'a jamais été dans les faits. Des Ghanéens s'adonnaient impunément à la coupe du bois avec susurre-t-on, la complicité de certaines autorités provinciales. Le projet de gestion des ressources forestières (PROGEREF) avait été mis en place pour l'aménagement de la zone. Il tire à sa fin. Mais les populations ne voient rien sur le terrain en termes de réalisation. Un projet qui a pourtant bénéficié de financements importants. A-t-on tout simplement dîné les sous comme on aime à le faire au Faso ? On apprend que le directeur provincial de l'Environnement vient d'être muté. Y a-t-il un lien de causalité entre ceci et cela ?

Pourquoi faire mystère de la maladie de nos présidents

Le président gabonais a quitté Libreville dans la soirée du 5 mai. Le mercredi 6 mai, un communiqué de la présidence de la République, lu en ouverture du journal du soir de la première chaîne de la RTG, informait les Gabonais que le président Omar Bongo Ondimba, 74 ans, avait décidé "la suspension momentanée de ses activités ". De ce fait, ajoutait le texte officiel, "toutes les audiences présidentielles sont suspendues jusqu'à nouvel ordre." Le président gabonais aurait en fait quitté le Gabon pour aller se reposer et se soigner, en Espagne. C'est la raison de son départ précipité de Libreville, à bord, croît-on savoir, d'un avion médicalisé. Qu'y a-t-il d'extraordinaire en cela pour que l'on entoure l'événement de tant de mystère ?













© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 16 mai 2009