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Lucarne Citoyenne

 

ZEKEZE, une plaine agricole xénophobe ?

A quelques kilomètres de Bittou, sur une des branches du Nakambé, se trouve la belle plaine agricole de Zékézé. Avec la réalisation du barrage de Bagré, l'eau y coule en permanence comme si nous étions en hivernage. Les laborieuses populations venues de toutes les contrées du Burkina Faso y ont accouru et ont transformé l'espace en un véritable verger en toute saison. Quand on débarque à Zékézé, pour la première fois, on ne se croirait pas sur un bout du territoire burkinabè.
Mais le danger qui guète Zékézé, c'est la xénophobie de plus en plus invivable des chefs locaux. Ces malheureuses personnes non contentes de détourner, avec le silence complice de l'administration, du matériel agricole donné par l'Etat, font vivre une véritable terreur aux Burkinabè non originaires de la région. Les aménagements sont faits par l'Etat, mais c'est le chef traditionnel qui régente tout. Il s'approprie les terres qu'il veut, il transforme les autres en métayers dont il impose qu'ils partagent leurs récoltes avec lui. Le chef peut aller jusqu'à prendre les deux tiers des récoltes.
A Zékézé, les populations vivent dans la terreur d'être chassé à tout moment. Evidemment, l'administration, jusqu'au Haut Commissaire, est informé de la situation qui prévaut là bas depuis des années maintenant, mais visiblement, personne ne veut rien faire. C'est quand même très grave cette insidieuse xénophobie qui se répand tranquillement dans notre pays. Il est temps d'ouvrir l'œil et le bon si un matin, ça ne sera pas trop tard. Comment un chef traditionnel peut-il et en vertu de quoi violer ainsi allègrement les lois de la République en toute impunité ?

Commune de Yargatanga : du mirage démocratique à la désillusion

On a voulu de la démocratie à la base, la voilà. Mais les fruits ne semblent pas répondre à la promesse des fleurs ! Depuis de nombreux mois en effet, la crise mine le fonctionnement de la commune de Yargatanga. Entre les conseillers, le langage de l'invective et de la dénonciation semble avoir remplacé la délibération démocratique, au grand dam des populations qui avaient cru qu'avec l'installation des conseils municipaux, leur vie allait radicalement changer. Mais la bagarre s'est installée comme mode de gestion communale et du coup, le développement social attendu est en train de ressembler à un rêve déçu. Est-ce pour éviter l'enlisement fatal que les inspecteurs de l'IGS se sont donnés rendez-vous à Yargatanga le 24 février dernier ? Comment ne pas le croire, devant l'apparente impossibilité de concilier les positions des belligérants ? Après le Haut commissaire du Koulpelogo qui a tenté en vain la médiation, ce fut au tour du parti majoritaire de prendre les choses en main. Simon Compaoré, Alain Yoda, Clément Sawadogo, tous de grands manitous, auraient tout tenté, sans rien obtenir apparemment. Les choses ont alors pris un nouveau tour avec l'entrée en scène de l'IGS du MATD dont les sorties ont souvent fait grand bruit. Pendant quatre jours (du 24 au 27 février), le maire et l'ensemble des conseillers étaient tous consignés pour les besoins de l'inspection. Il faut souhaiter qu'il en sorte quelque chose enfin, dans l'intérêt des populations !

Le livre de Dénis Montgolfier censuré !

La répression et l'intimidation concernant les œuvres de l'esprit qui dérangent, ce n'est pas seulement dans les contrées africaines que ça se pratique ! Avec ce qui arrive à notre confrère français Dénis Montgolfier, il faut croire que le règne de Sarkozy a pris un virage tropical. "Les Seigneurs masqués, coulisses des présidents africains", son dernier ouvrage, est l'objet d'une censure des maisons d'édition : "J'ai rendu mon manuscrit à mon éditeur en février 2008. Nous avions convenu de le sortir en octobre 2008, avec une grosse distribution dans le pays et un important battage médiatique.
Mais en avril 2008, le patron de Stock décide de tout arrêter ! : "Ce livre est très dangereux, je crains les procès... j'ai peur de Sarkozy !"
Il m'a signé un abandon de contrat, j'ai repris mon manuscrit et je l'ai présenté à 2 autres éditeurs français qui m'ont dit la même chose.", écrit l'auteur. Il faut rappeler que ce livre porte sur Blaise Compaoré, Dénis Sassou Nguesso du Congo Brazzaville, A. Wade du Sénégal, Marc Ravalomanana de Madagascar et Amadou Toumani Touré du Mali. C'est la preuve que le candidat Sarkozy s'est vite converti à la réal politique. C'est donc plus que jamais la françafrique qui a cours et se renforce sous Sarko. Mais comme on le sait, la censure est la meilleure des publicités pour un livre et Dénis Montgolfier n'est que plus déterminé à sortir son livre. Courage donc cher confrère et à bientôt dans les librairies.











© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 16 mars 2009