Droit de réponse
"Ecrire c'est comme verser de l'eau à terre"
J'ai lu dans les colonnes de votre journal L'Evénement
du 25 août 2008 à travers la rubrique "lucarne citoyenne"
un écrit intitulé : "Guantanamo au cur de la
police municipale". J'apprécie positivement votre façon
de titiller les gens pour avoir des informations. Cela dit, écrire
c'est comme verser de l'eau à terre ; cela devient difficile
à rattraper, si bien que les propos doivent être toujours
mesurés. Votre article soulève deux problèmes :
- les sanctions disciplinaires à la police municipale ;
- la gestion des "services payés" dans ce corps.
Pour ce qui concerne le premier aspect, nous avons à faire à
un corps habillé avec un statut particulier. Le statut prévoit
toutes les sanctions disciplinaires qui peuvent être infligées
à un agent. Ce texte est public. S'il y a un agent qui conteste
la détention en salle de discipline, il y a une voie ; dans le
cas contraire, la police municipale est une maison qui a une sortie.
La discipline est la force principale des corps habillés, surtout
dans notre contexte où la majorité des policiers est jeune.
La complaisance est une injure, une démission. Par rapport aux
"services payés" à la police municipale de Ouagadougou,
je confirme avec vous que je fais payer 1500F/jour et par agent aux
agents qui sont dans tous les échangeurs pour la sécurité.
Il n'y a donc pas de discrimination possible. Par ailleurs la police
municipale compte près de cinq cent (500) policiers, et il n'y
a pas cent (100) personnes qui passent au niveau des échangeurs
par mois. Il y a également des agents qui ne sortent jamais pour
ces missions parce que commis à des tâches de bureau où
détachés dans des services hors de la direction (hôtel
de ville, arrondissements
). Il n'est donc pas question que ces
agents soient lésés. Le reliquat des sommes versées
est donc utilisé non seulement pour ceux qui vont déjà
à l'échangeur et qui perçoivent déjà
1500F par jour mais aussi pour les autres qui n'y vont pas. En outre,
il n'a jamais été dit que le service payé doit
être totalement distribué aux agents. Il y a le fonctionnement
du service. Enfin, nous venons de créer une mutuelle de la police
municipale. Nos cotisations sont loin de pouvoir régler les problèmes
sociaux du personnel. La caisse est donc utilisée également
pour cela. Dans tous les cas, j'aurais pu faire l'économie des
explications ci-dessus apportées et vous informer tout simplement
que depuis le 1er octobre 2004 (je ne sais pas si cette date vous dit
quelque chose), un rapport est adressé à monsieur le Maire
de la ville chaque trimestre par rapport à toutes nos entrées
et nos dépenses. Nos portes sont ouvertes pour toute vérification
à tout service habilité. Mieux, la police municipale n'avait
pas juridiquement une régie. Sur initiative et sur insistance,
elle vient d'être créée parce que, pour nous, il
n'était pas normal qu'on puisse effectuer des dépenses
sans contrôle en dehors de nos seuls rapports adressés
au Maire qui (je lui en sais gré) nous a toujours fait des observations
pour une bonne gestion. La perfection n'est pas humaine, je reconnais,
et je reste ouvert à toute critique constructive. Monsieur le
Directeur, vous voudrez bien publier ce droit de réponse à
l'attention du public abusé d'une part et d'autre part à
l'attention de vos agents de désinformationn
Cordialement , le Directeur de
la Police Municipale
Heures de pointe au
boulevard
de Kilwin
Que Ouaga soit en train de devenir une mégapole
ne fait aucun doute. Même si cela n'est pas mesurable en termes
d'immeubles gratte-ciel, on peut tout de même le constater à
travers l'étendue des secteurs qui ont pratiquement bouffé
les villages environnants, mais aussi en terme de densité de
la circulation aux heures de pointe notamment. C'est le cas quand on
emprunte le boulevard Naaba Abga menant à Kilwin sur la route
de Ouahigouya. La situation de cette voie est assez singulière
parce que c'est quasiment la seule qui dessert les quartiers Kologh
Naaba, Hamdalaye, Baskuy, Tampouy, Bassinko, Yagma.et qui traverse le
barrage n°1 et 2. C'est donc une voie essentielle pour tout ce monde.
On comprend alors qu'elle soit particulièrement chargée,
en particulier aux heures de pointe. Cependant un peu d'organisation
aurait permis de sécuriser sensiblement les usagers. On constate
que les bandes réservées aux engins à deux roues
sont occupées par des étals, obligeant les cyclos à
disputer le même espace de circulation que les voitures et les
camions. Au finish, c'est un spectacle indescriptible d'engins de toutes
sortes, se livrant à des acrobaties périlleuses. Le tout
dans un tintamarre de klaxons, d'invectives et de jurons. A défaut
d'ouvrir une nouvelle voie, ne peut-on pas au moins dégager les
pistes cyclables et les réhabiliter pour soulager le calvaire
des usagers ?