Exécutions sommaires
à Garango
Quatre personnes de l'ethnie peulh préalablement détenues
à la gendarmerie de Garango ont été criblées
de balles le 1er juin dernier à la lisière de Komtoéga.
Qui a donc ordonné ces meurtres odieux ?
Le 15 mars 2008, un petit commerçant de bétail, répondant
au nom de Lido Nouhou et originaire du village de Boussouma est arrêté
par la gendarmerie au marché de Garango où il s'était
rendu dans le but d'y vendre quelques petits ruminants. On lui reproche
d'avoir volé les bufs de son oncle Lido Djouro. Informés,
ses parents entreprirent des démarches pour négocier sa
libération afin de pouvoir régler le problème dans
le cadre de la famille. Entre temps, un individu est arrêté
au Ghana où il s'était déplacé avec un troupeau
de bufs et remis à la gendarmerie de Garango. Ce dernier
qui avait préalablement séjourné à Boussouma
a-t-il reconnu avoir acheté une partie de son troupeau avec Lido
Nouhou? Toujours est-il que les parents de ce dernier furent convoqués
par les pandores qui les somment de payer 50 000 FCFA chacun. Les quatre
personnes présentes leur versent ensemble la somme de 200 000
francs. Le rejeton ne leur est pas pour autant remis. Selon des sources
internes à la caserne, le nommé Lido Nouhou a été
aperçu avec trois autres personnes, les membres supérieurs
et inférieurs attachés, le visage fermé à
l'aide d'un bandeau, tous embarquées dans un véhicule
qui aurait pris la direction de la sortie ouest de Garango.
Dans la nuit du 31 mai au 1er juin dernier, les habitants avoisinants
entendent des coups de feu à la lisière de la ville. Le
lendemain matin, quelques personnes avoisinantes se rendent sur les
lieux et découvrent des traces de sang et les bandeaux ayant
servi à voiler les visages des suppliciés mais point de
corps. Alerté, le père de Lido Nouhou se rend à
la gendarmerie où il apprend de la bouche du commandant de brigade
que son fils s'est évadé en compagnie de trois autres
personnes. Mais depuis ce jour, personne dans l'entourage des familles
n'a plus entendu parler d'eux. La gendarmerie de Garango a-t-elle commis
ce forfait et cherche t-elle maintenant à le dissimuler ? Les
parents des victimes en appellent au premier ministre afin qu'il exige
la lumière sur la disparition de ces personnes
Les émeutes de
l'université
L'Université de Ouagadougou est de nouveau en ébullition.
Ce qui a mis le feu aux poudres, c'est la volonté d'une part
de marcher sur la présidence de l'UO par les étudiants
de deux UFR et la détermination d'autre part des plus hautes
autorités universitaires de s'y opposer. C'est le choc frontal
de deux extrémismes qui ne pouvaient produire autre chose que
le spectacle d'un champ de bataille, jonché de cailloux, de vitres
brisées, de véhicules endommagés, de douilles de
balles blanches mais aussi de balles réelles. Dans le tableau
de chasse, on dénombre de nombreux blessés dans les deux
camps dont certains par balles réelles comme cet étudiant
hospitalisé, mais aussi des trésors de guerre déposés
à la MACO qui attendent de passer devant les juges, en vertu
de cette fameuse loi anti-casse, récemment adoptée par
l'assemblée nationale. Si on en est arrivé là c'est
que le sens de la mesure a été perdu. Et cela par tous.
Peut-on espérer dans ces conditions le retour à la raison
? Rien n'est moins sûr. Ce qui est sûr c'est que personne
(en dehors des jusqu'auboutistes aveugles) n'a intérêt
à ce que l'année académique soit perdue, ou qu'elle
s'étire indéfiniment. Aux acteurs d'y penser avant de
poser des actes car tout le monde commence à en avoir assez de
ces guérillas urbaines qui n'en finissent pas faute d'absence
de dialogue franc et constructif entre gens responsables
Quand l'ambassade de
France
alerte ses ressortissants
Les échauffourées qui se sont produites récemment
à l'université de Ouagadougou ont paniqué l'ambassade
de France. Dans un texte adressé à l'ensemble des ressortissants
français au Burkina, message considéré comme de
" haute " importance, il est ainsi recommandé:
"
A 12h20, les émeutes se poursuivent de façon
violente à l'université. Il est impératif d'éviter
de circuler aux alentours de l'université notamment sur l'avenue
Charles de Gaulle et sur la route de l'hôpital Yalgado.
Vos chefs d'îlots sont informés de la situation. Ils pourront
vous donner des instructions en cas d'évolution de la situation
".
Ce message dénote du sérieux de la situation. Puisqu'il
a fallu faire appel à l'armée pour venir à bout
des étudiants. A l'occasion les mauvaises habitudes du RSP ont
resurgi