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Le CEG de Kourinion va-t-il enfin sortir de terre ? Le droit à l'éducation est un droit fondamental inscrit en bonne place dans notre constitution. Grâce au PDDEB, de nombreuses écoles primaires ont vu le jour, améliorant sensiblement la couverture éducative nationale. La conséquence de ce boom scolaire, ce sont les goulots d'étranglement que l'on observe au niveau du postprimaire. Kourinion, département de 6000 habitants environ comportant douze villages, situé à 15 km de Orodara, en fait l'amère expérience. Elu dans le cadre du contingent de 100 CEG, un projet du MESSRS, Kourinion voyait enfin son rêve de bénéficier d'une structure éducative du secondaire comblé. Fini le souci pour les parents d'élèves de devoir envoyer leurs rejetons dans la capitale provinciale avec tous les problèmes que cela suppose. Alors, dans un élan unanime pour accompagner la mesure, on a procédé à un recrutement de 90 élèves et par voie de conséquence des professeurs furent affectés pour la rentrée scolaire 2007-2008. Seulement cette mesure qui devait être provisoire commence à inquiéter. Pendant toute l'année écoulée, élèves et professeurs ont dû squatter dans un ancien magasin tandis que la direction s'est installée dans un centre social. D'autres professeurs habitent Orodara faute de logements sur place et se tapent ainsi 30 km par jour pour donner leurs enseignements. Alors, tous les regards sont tournés vers la Banque mondiale qui, dit-on, serait le maître d'uvre dans la construction des locaux. On pointe du doigt la lenteur des décaissements qui retarde d'autant la disponibilité des infrastructures. La grande angoisse des populations, c'est de se retrouver au même point à la rentrée prochaine. Un appel est lancé à toute personne de bonne volonté pouvant faire évoluer ce dossier. Bavure policière à Tiankoura ? A la suite des affrontements de Loropéni, deux paysans ont été interpellés et écroués à Tiankoura. Au 6ème jour de leur détention, un des paysans est décédé, probablement à la suite de mauvais traitements. En effet, le jeune avait été préalablement transféré à Diébougou pour y subir des soins et c'est là qu'il serait décédé. Le deuxième paysan qui est en fait le chef de terre de Tiankoura a aussi été transféré après le premier jour, pour les mêmes raisons, et aurait lui aussi rendu l'âme le vendredi 5 juin dernier. On leur reproche d'avoir menacé d'expulser des Peulhs. Pendant que les autorités administratives et politiques travaillent à calmer les choses, d'autres posent des actes de nature à envenimer la situation. Il y a un réel problème au sein de nos commissariats où le bâton continue de s'imposer comme un outil privilégié de persuasion. Manifestement, les bavures de Balpouré et de Bogandé n'ont pas suffi, malgré le tollé qu'elles ont suscité. L'Etat qui ne fait déjà pas assez pour se doter d'une bonne politique de gestion foncière qui prenne en compte tous les intérêts en présence doit prendre garde à ne pas ajouter le pire au pire. La traque contre les maisons closes Les hommes de Simon ont entrepris la semaine dernière
une traque impitoyable contre les maisons closes malfamées. Les
images diffusées à la télévision montrent
effectivement des chambres mal aérées, insalubres avec
des lits de fortune, bref des bordels bas de gamme. La fatwa est immédiatement
tombée. C'est la fermeture immédiate. Dans une émission
réalisée par la radio municipale, quelqu'un a déploré
qu'on ait procédé immédiatement à la fermeture
de ces maisons malgré les raisons invoquées. Il estime
que les tenanciers ont eux aussi droit à un minimum d'égard.
Il eût fallu, selon ce monsieur, leur accorder un délai
pour se mettre en règle. Parce que c'est trop facile de dire
que ces maisons sont insalubres. A-t-on seulement cherché à
connaître les conditions de logement de ceux qui y vont ? Il ne
faut pas se voiler la face. Ces maisons ne sont pas moins loties que
celles dans lesquelles de nombreux Burkinabè vivent, surtout
dans nos villes. Reconnaissons que la mesure est hypocrite et essentiellement
dirigée contre les pauvres qui ne peuvent pas aller ailleurs.
Pas sûr que ceux qui sont prompts à sévir contre
cette forme de prostitution ne se livrent pas aux mêmes pratiques.
Ils ont bien sûr leurs hôtels particuliers pour cela. Alors
bonnes gens, arrêtez de prendre les gens pour des nez percés
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L'Evénement - Déc. 2001 | ||||||