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Lucarne Citoyenne

 

 

Est-ce trop demander
Monsieur le Maire ?

Simon met tellement de cœur dans ce qu'il fait qu'il n'hésite pas à user de la méthode forte pour amener les gens à la raison. Il avait décidé que les rues de Ouagadougou ne seraient pas des lieux pour stationnement anarchique. De la même manière, il veillait à ce que tous les véhicules de transport respectent les lieux de stationnement qui leur sont attribués. Et quand en dépit de ces instructions claires, vous y dérogez, le bourgmestre de la capitale n'hésite pas à " démarrer mal " sur les éventuels contrevenants. Il avait ainsi engagé une course poursuite contre un ancien bidasse (qui nous a conté l'histoire) qui avait brûlé des feux tricolores. Ce dernier profita de l'obscurité nocturne pour entraîner M. le maire à travers des glôs glôs malfamés d'un bas quartier et réussit finalement à le semer. On comprend alors sa colère quand à la faveur des manifestations contre la vie chère, certains manifestants se sont acharnés sur les biens publics et notamment les feux tricolores qu'il a péniblement négociés en multipliant les partenariats et les jumelages avec des villes du Nord. Après le saccage des rues en février, on dirait que Simon tient à nous punir en traînant le pas dans la réfection des feux. Il a certes réparé quelques uns, mais il demeure de nombreux autres qui ne sont pas refaits et où la circulation est particulièrement dense. Aux heures de pointe, c'est vraiment la croix et la bannière pour s'en sortir. Alors Monsieur le maire, faites un effort pour nous soulager de ces angoisses citadines !

Y' en a vraiment marre
de la vie chère

On annonce encore le pétrole qui a atteint les 120 dollars le baril sur le marché international. Or, ceux qui savent disent que le pétrole détermine les prix de beaucoup d'autres produits. Je comprends alors que nous allons avoir de nouvelles hausses. Et que faire quand le pécule déjà petit subit et continue de subir l'agression du marché. Va-t-on continuer à se laisser faire ? La situation est-elle à ce point désespérée et désespérante ? Il y a, comme l'a dit Pascal Lamy, une porte de sortie. Produire et encore produire pour être moins dépendant de l'étranger qui exporte chez nous son inflation. Un retour donc au sankarisme économique. Tout ça, c'est bien. Ce sont des solutions à moyen et à long terme. Mon problème, c'est aujourd'hui. Que faire alors que je suis pris au coup ? Y a-t-il moyen faire autrement que prendre chez ceux qui en ont ? Nous voilà coincés dans un cercle vicieux. Il ne s'agit pas là d'une situation imaginaire. Dans nombre de foyers burkinabè, cela fait longtemps que le seuil critique a été atteint. Il n'y a vraiment plus de grains dans le grenier. Il n'est pas exagéré d'affirmer que nous sommes au bord d'une catastrophe !

Il faut sauver la SOSUCO
Le libéralisme est-il à ce point incompatible avec la protection de la production nationale ? C'est le lieu de poser la question face à ce qui risque de se passer du côté de notre production sucrière. Avec l'ouverture, le sucre rentre de partout et inonde le marché national qui n'est déjà pas énorme. Résultat, le sucre de la SOSUCO connaît une terrible situation de mévente. Les magasins sont pleins et d'importants stocks de sucre sont entreposés sous des bâches à ciel ouvert. Avec les prochaines pluies, on imagine ce qui va se passer. Toute cette production risque de s'en aller. Croiser les bras et voir venir serait proprement criminel. Ailleurs, on n'hésite pas à recourir au protectionnisme. C'est le cas en ce qui concerne la production du coton où de grandes puissances comme les Etats-Unis mettent l'intérêt du producteur américain au dessus de tout. Alors même que nous sommes poussés à l'asphyxie, nous restons dans l'attitude du mouton qu'on amène égorger et qui ne bronche pas. Nous posons la question à toute autorité qui peut agir : Que compte-t-on faire face à la situation dans laquelle se trouve notre nationale du sucre ?





© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 30 Avril 2008