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On a manifesté
pacifiquement S'il y a des gens qui ont poussé un ouf de soulagement, c'est bien les membres du gouvernement qui, il faut le dire, avaient de lourdes appréhensions sur le déroulement de la manifestation appelée par les responsables des centrales syndicales et des syndicats autonomes le samedi 15 mars dernier. Maintenant que celle-ci est derrière nous, on peut se demander qu'est-ce qui justifiait cette peur bleue de la part du gouvernement, en dépit du fait que les manifestations des travailleurs ont toujours été pacifiques ? On imagine qu'il faut de bonnes raisons pour que l'on fasse sortir les bérets rouges en appui aux éléments des polices nationale et municipale confondus. Il n'est pas exclu que l'on ait pensé en haut lieu à ce que de petits malins tapis dans l'ombre profitent de l'occasion pour tenter quelque chose. En cette matière, il est vrai, le pouvoir en sait long si on en juge par son propre parcours. En tout cas, même les petits bambins des écoles en ont profité dans nombre de localités de l'intérieur, même là où il n'y avait pas d'appel à manifester. L'ordre de fermer les classes avait, semble-t-il, été donné jusque dans le Burkina profond. A l'heure du cellulaire, on connaît la vitesse que peut prendre la rumeur. Dans ces conditions, on a peut-être voulu créer les conditions d'un meilleur contrôle du pays. Le sergent Il n'y a pas longtemps les bidasses à la retraite avaient lancé un mouvement revendicatif dans l'objectif d'obtenir des améliorations à leurs conditions de vie. Le gouvernement a réagi à sa manière, mais manifestement, cela ne semble pas les avoir satisfait puisque ces derniers ont entamé un processus de création d'une alliance dite des retraités militaires avec des objectifs aussi bien corporatistes que socioéconomiques. En clair, ils entendent désormais créer un groupe de pression pour faire valoir leurs droits. Mais voilà qu'aussitôt, la nouvelle de la création de cette alliance connue que Ousséni Ouédraogo, un des activistes de ce mouvement, est mis aux arrêts. Dans une lettre ouverte adressée au ministre de la Défense, l'association des retraités dénonce cette arrestation comme un abus de pouvoir visant à entraver l'organisation naissante. Dans une ambiance sociale déjà surchauffée, en voici un acte de trop. La liberté d'association est un droit constitutionnel reconnu à tout Burkinabè. Clément Ouédraogo en est-il exclu ? Que se passe t-il à
la douane Selon un écrit parvenu à notre rédaction,
dans la semaine de 14 au 21 février, quatre véhicules-remorques
chargés de pièces détachées dont la nature
n'a pas été précisée ont fait l'objet d'un
curieux dédouanement. La déclaration aurait porté
non pas sur des pièces détachées mais des biscuits.
Les immatriculations de deux de ces véhicules nous ont été
transmises et il semble que tous appartiendraient à un commerçant
bien connu de la place. Il s'agit visiblement d'une opération
frauduleuse dont se sont rendus coupables des agents véreux attirés
par le gain facile. Selon nos informations, les véhicules auraient
malgré tout été saisis par une autre brigade à
qui la mèche aurait été vendue. Et les services
compétents s'activeraient à déterminer les valeurs
réelles des cargaisons. Alors questions : Va-t-on se contenter
de faire payer les marchandises à leur valeur réelle ou
va-t-on ouvrir une procédure d'instruction ? Les opérations
de ce genre ne sont généralement possibles que grâce
à des complicités qui remontent parfois très haut.
Jusqu'où est-on décidé à aller et à
frapper ? Il va sans dire que l'opacité dont on entoure ce genre
de question n'aide pas à combattre le mal
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L'Evénement - Déc. 2001 | ||||||