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Le Burkina comme une poudrière Après les casses et autres pillages, l'heure est maintenant à l'évaluation des dégâts. D'une manière ou d'une autre, chacun en subit les conséquences. Les feux tricolores qui ont été arrachées provoquent de nombreux accidents. Des citoyens ont vu les fruits de tous leurs efforts et investissements réduits à néant en l'espace de quelques heures. Chez certains encore, le traumatisme psychologique est inestimable. Ce déchaînement de violence et de furia a montré à ceux qui se voilaient encore le visage et qui continuent à le faire, que la " stabilité " du Burkina Faso ne tient qu'à un fil. Il suffit d'un rien pour que tout bascule dans le chaos. Alors que le peuple demande du pain, on lui fait écouter la sempiternelle chanson de la patience. Avec à la clé une communication maladroite. Les trois mois de suspensions de droits de douanes sur certains produits annoncés par le Gouvernement s'inscrivent dans cette logique. C'est certainement un échafaudage conjoncturel. Qu'en sera-t-il lorsque le délai du moratoire aura expiré ? On se retrouvera à la case départ. Dans ces conditions, il n'est donc pas exclu que les manifestations de rues reprennent. En réalité, il faut plus que des mesures ponctuelles. Les Burkinabè baignent dans une misère structurelle et endémique. C'est donc à l'aune de cette réalité qu'il faut agir. Les arguments de la conjoncture internationale sont peut-être justifiés, mais ils ne peuvent suffire à des crève-la-faim. Il est indéniable que la mondialisation a des avatars. Mais il faut aussi reconnaître que la mauvaise gouvernance, la corruption, la prédation ont pignon sur rue, en particulier dans les allées du pouvoir. Si fait que si on n'y prend garde, les dernières émeutes peuvent constituer les prémisses d'un séisme politique d'une plus grande amplitude n Sankaristes : drôle d'unité ! Une fois de plus, les Sankaristes à couteaux tirés s'offrent en spectacle à l'opinion publique. Norbert Tiendrébéogo et ses anciens compagnons de lutte n'ont pas la même vision de l'union. D'où les salves qu'ils s'échangent à propos de l'Union des Partis Sankaristes (UPS). Sacrés Sankaristes est-on tenté de dire ! A cette allure, on se demande bien quelles sont les motivations qui animent les différents acteurs. Ce d'autant plus que l'UNIR/MS, qui demeure l'un des partis sankaristes les plus visibles, s'est démarqué de l'UPS. Que faut-il en attendre alors ? L'UPS ne risque-t-elle pas de subir le même sort que la Coordination de l'Opposition Burkinabè (COB) ou l'Opposition Burkinabè Unie (OBU) qui ont lamentablement échoué ? Il y a lieu de le craindre. En effet, l'unité ne peut être durable si elle se base sur des critères ethnicistes, régionalistes ou narcissiques. Aujourd'hui, ces querelles de clochers, loin de perpétuer l'idéal de Thomas Sankara, montrent que chacun est mû par des appétits voraces nés d'ambitions personnelles. Dans les jours à venir, on pourrait donc assister à la naissance de nouveaux partis sankaristes qui viendront renforcer l'émiettement. En étant incapables de s'entendre sur l'essentiel, on voit mal comment ces sankaristes pourront influer sur le cours de l'histoire politique du Faso n Coups de boutoir d'apprentis sorciers On savait la rivalité au sein des gourous du régime tenace, mais on était loin de penser qu'elle irait jusqu'à faire perdre la tête aux acteurs. Le pays est déjà suffisamment fragilisé par les émeutes dites de la vie chère pour qu'on cherche à jeter de l'huile sur le feu. Quand des apprentis sorciers accusent la communauté des Yadsès d'être les auteurs des casses sur instigation d'un gourou du régime (issu de la même communauté) qui ne serait autre que Salif Diallo, il y a des soucis à se faire quant à l'avenir de ce pays. Ainsi donc en est-on arrivé à vouloir précipiter notre cher pays dans l'abîme des querelles ethniques, uniquement pour assouvir des ambitions politiques ou des haines d'un autre âge ? Les génocides ont toujours été précédés par la propagande dont on sait qu'elle ne fait pas bon ménage avec la vérité. En tous les cas, une piste s'ouvre désormais et les autorités savent où se tourner pour avoir les tenants et les aboutissants de ces casses. Il faut exiger toute la lumière sur ces accusations gravissimes et en tirer toutes les conséquences de droit. Le gouvernement aurait tort de minimiser cette affaire qui fait planer des risques énormes sur la cohésion nationalen
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L'Evénement - Déc. 2001 | ||||||