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Le Droit

La liberté d'expression, péril en la demeure


Dans sa livraison de février 2009, la direction du mensuel Le Reporter fait cas de menaces de mort contre ses journalistes et Newton Ahmed Barry de L'Evénement.
A la force brute, nous ne pouvons opposer que la force des arguments et la mobilisation de l'opinion publique.
L'article 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen affirme nettement : " La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi ."
On peut raisonnablement soutenir que la liberté de la presse est l'aboutissement naturel de cette liberté. Le référentiel juridique de cette liberté est constitué de grands textes tels la Déclaration universelle des droits de l'homme, la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples, le Pacte relatif aux droits civils et politiques. Textes ratifiés par le Burkina Faso et qui engagent, en conséquence l'Etat et les autorités burkinabè.
Au plan interne, la constitution garantit cette liberté en son article 8 : "Les libertés d'opinion, de presse et le droit à l'information sont garantis. Toute personne a le droit d'exprimer et de diffuser ses opinions dans le cadre des lois et règlements en vigueur." Et parce que cette liberté est particulière, le Conseil constitutionnel français relevait la spécificité de cette liberté dans une décision du 11 octobre 1984 : "S'agissant d'une liberté fondamentale, d'autant plus précieuse que son exercice est l'une des garanties essentielles du respect des autres droits et libertés et de la souveraineté nationale, la loi ne peut en règlementer l'exercice qu'en vue de le rendre plus effectif et de le concilier avec celui d'autres règles et principes de valeur constitutionnelle." Les Américains ne disent pas autre chose à travers le premier amendement sur la limitation des pouvoirs du Congrès: "Le congrès ne fera aucune loi interdisant… le libre exercice, ou restreignant la liberté de parole ou de la presse."
On en vient à soutenir que la liberté de la presse constitue même une limite à certaines libertés. C'est ainsi que l'intérêt de l'information, faire connaître aux Burkinabè, notamment aux travailleurs qui cotisent à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) les faveurs octroyées en violation des règles, à certaines personnalités censées assurer la gestion du bien public, en bon père de famille, cet intérêt là prime sur la vanité de qui que ce soit.
"Le singe qui grimpe sur l'arbre sait qu'il expose son derrière au regard", dit un dicton. En dévoilant l'identité des personnes redevables à la CNSS, Le Reporter est dans son rôle, sa fonction. Il n'a nullement franchi les limites de la liberté, garantie par la constitution et consacrée par la loi. Il est évident que si l'article publié par le journal, sous quelque angle que ce soit, pouvait être qualifié de diffamatoire ou d'injurieux, le Directeur de publication et le journaliste auraient eu à répondre devant les juridictions. Il n'y a donc eu ni injure, ni diffamation. Du reste, certaines personnes indexées ont exercé leur droit de réponse. Preuve supplémentaire que sur le plan du droit, Le Reporter n'a pas "fauté". La cause est donc entendue. Que ce soit d'un point de vue légal, déontologique ou éthique, le journal n'a pas commis de manquement. Et comme le disaient si justement les révolutionnaires de 1789, "il n'y a pas d'autorité supérieure à la loi" (dans un Etat de droit).
D'où vient alors qu'un individu s'érige en défenseur de l'honneur "sali" des barons du régime par un "petit" journaliste ? Il aurait pris sa plume pour démontrer la fausseté des faits ou le parti pris du commentaire qu'il n'y aurait pas à redire. Il n'aurait fait qu'exercer cette liberté, revendiquée par le journaliste et qui est reconnue à tout citoyen. On serait, dans cette hypothèse, dans un espace de débat, dans le respect du principe du contradictoire et en conformité avec la loi.
Or, le bien nommé Compaoré Issoufou Yandé a clairement proféré des menaces de mort contre des journalistes au motif qu'ils dénigraient. On peut, à la limite, soutenir que l'individu exprimait son opinion comme il en a le droit. Mais il faut rappeler que toute liberté s'exerce dans le respect de la loi. Or, la menace de mort est une infraction en droit pénal. Les journalistes menacés ont eu la bonne réaction, la publication du mail et une plainte devant la juridiction.
On verra bien ce que cela donnera car ce n'est pas la première fois que des menaces sont proférées contre des journalistes. Tout se passe comme si le journaliste d'investigation était un apatride qui ne peut bénéficier d'aucune protection étatique puisque ne pouvant se réclamer d'une nationalité.
En effet, la garantie constitutionnelle de la liberté de la presse signifie que les pouvoirs publics ont l'obligation de veiller à l'exercice de cette liberté, à la protection de cette liberté et conséquemment, d'assurer la sécurité de tout citoyen qui exerce cette liberté et, dans le cas qui nous concerne, d'assurer la sécurité du journaliste.

Or depuis que la menace a été révélée, le ministre en charge de la Communication, ci-devant porte-parole du gouvernement, n'a pas daigné s'exprimer sur le sujet. Ce silence qui vaut approbation,- qui ne dit mot consent - doit inquiéter. On se souviendra qu'en avril 2007, le même genre de menaces avait été lancé contre Sams'k le Jah. D'aucuns y avaient vu un coup monté pour permettre à l'emblématique animateur de Ouaga FM qui préparait un voyage en Suisse, de demander l'asile. Dieu merci, Sams'k le Jah est toujours vivant, mais sa voiture a été incendiée et l'affaire est toujours pendante devant le juge.

C'est le lieu de rappeler que "toute société dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n'a point de constitution". Or, nous avons une constitution qui affirme solennellement la garantie des libertés et droits fondamentaux tant dans le préambule que dans le titre premier.

Qu'un quidam inculte confonde la République et la monarchie et considère que toute critique des gouvernants est un crime de lèse-majesté dont la sanction est la mort est une chose, que l'autorité publique, garante de l'exercice et la jouissance de ces droits fondamentaux, reste indifférente aux menaces, c'est ça qui constitue le péril en la demeure.
Si la protection que les citoyens sont en droit d'attendre de l'Etat, détenteur de la violence légitime, est discriminatoire, si la protection de l'Etat se fonde sur les opinions du citoyen, si la garantie d'exercer les droits et libertés est réservée aux seuls louangeurs et flatteurs, si celui qui déplait au prince est livré à la vindicte du premier serviteur zélé, qu'on le dise, afin que la " clique " des frondeurs, contestataires, critiques et autres anticonformistes sache qu'elle n'a point de salut à attendre de l'Etat.
En tout état de cause, les pouvoirs publics seront tenus pour responsable de tout "accident" qui pourrait survenir à l'un quelconque des journalistes menacés et déclarés coupables pour non assistance à personne en danger. Dont acte

Ksé

Education
Comment les parents peuvent-ils aider leurs enfants à réussir à l'école ?

L'Association nationale pour le bien-être des enseignants du primaire du Burkina Faso (ANEP), créée au cours de l'année 2007 et légalement reconnue par récépissé n°2008__0004/MATD/SG/DGLPAP /DOASOC du 28 janvier 2008, dont l'objectif général est de contribuer à l'amélioration quantitative et qualitative du système éducatif de base au Burkina Faso, oeuvre pour le bien-être des enseignants, des élèves ; en somme, l'amélioration de l'accès et de la qualité du système d'éducation de base burkinabè. C'est pour cette raison qu'elle veut partager avec les parents d'élèves quelques recettes pouvant leur permettre un meilleur suivi scolaire de leurs enfants. Pour rappel, l'ANEP est créée et dirigée par des enseignants du primaire dont certains capitalisent beaucoup d'expériences après plusieurs années d'enseignement effectif et/ou d'encadrement pédagogique.
Mais avant tout, retenons tout d'abord que l'éducation fait partie des droits des enfants. Dans la famille, quel que soit le nombre d'enfants, chacun, fille ou garçon, doit avoir sa chance d'aller à l'école car, au-delà de la culture générale et des acquis de base, l'éducation procure l'ouverture d'esprit et la confiance en soi, choses nécessaires pour lutter contre l'injustice et les inégalités de toutes sortes. C'est un premier pas vers la liberté individuelle et collective. En allant à l'école, les élèves peuvent améliorer maintenant, et plus tard, leur qualité de vie, celle de leur famille et de leur pays.
Cinq règles à appliquer
Pour aider les élèves à réussir à l'école, la première règle au respect de laquelle les parents doivent veiller est la régularité de leurs enfants aux cours. Pas d'absence sans raison valable. Pour ce faire, en début d'année, il est très important de s'assurer auprès des agents de santé que les enfants n'ont pas de problèmes d'audition ni de vue car, selon les spécialistes, les échecs et les retards scolaires sont, le plus souvent, dus à ces deux maux.
La deuxième règle préconisée est le respect des horaires qui sont très importants pour le succès de l'enfant : les heures des repas du coucher et du lever doivent être aussi régulières que possible, car le corps humain a besoin de repères. En ce qui concerne les études des jours non ouvrables, il est inutile de faire travailler les tout-petits avant 11 h, car entre 9h et 9h 30mn, ils sont toujours ensommeillés et vers 10h-10h 30mn leur besoin naturel de jouer se manifeste le plus. Les forcer à travailler à ces heures, c'est perdre votre temps car ils ne retiendront rien, leur esprit étant ailleurs pendant qu'ils font les exercices. Il est aussi préconisé de faire réviser les leçons à l'enfant juste avant de se coucher car on retient mieux ce qu'on apprend juste avant de dormir. Ni les lundis ni les vendredis ne sont indiqués pour contraindre les enfants à travailler car les plus petits ne peuvent pas se concentrer après l'interruption du week-end et les grands ont déjà la tête à leurs projets du week-end. Pour les parents qui prennent des répétiteurs (maîtres ou professeurs de maison) pour leurs enfants, il est préférable que ce soit des enseignants pratiquants et non n'importe quel lettré car l'encadrement d'un enfant à domicile doit être plus un accompagnement et une assistance basés sur des connaissances psycho-pédagogiques qu'un simple "faire répéter". Pour les jours, on retiendra que, pédagogiquement, les mardis, mercredis et jeudis sont les mieux indiqués pour leur faire encadrer les enfants. Il faut noter qu'un enfant qui se couche tard manquera d'attention et de concentration en classe le lendemain.
Pour la troisième règle : les parents veilleront à ce que les enfants dorment tôt, la durée normale de sommeil pour eux étant estimée entre 10 heures et 12 heures minimum. C'est dire que vos enfants du primaire surtout devraient aller au lit entre 20h 30mn et 21h, s'ils veulent avoir une attention régulière aux cours le lendemain. Et si le matin l'enfant ne se réveille pas de lui-même, on devra le réveiller avec sourire car de ce premier contact dépendra l'humeur de toute la journée.
Donner à l'enfant l'envie d'apprendre
La quatrième règle : quel que soit le niveau de l'élève, les parents ne doivent pas attendre qu'il ait des résultats positifs pour le féliciter. Il faut éviter surtout les phrases fatales du genre : " Tu es nul, tu n'as rien foutu " ; " tu ne vaudras rien ", etc. Il faut plutôt lui dire: "Ce n'est pas tout à fait très bien, tu peux mieux faire."
Avec les lycéens, il faut surtout manifester continuellement votre intérêt pour tout ce qu'ils entreprennent et les pousser à développer leur réflexion personnelle, à poser des questions, à faire fonctionner leur imagination, etc.
Cinquième règle : communiquer, rencontrer
Voici l'erreur fatale que beaucoup de parents commettent : ils ne prennent pas le temps de discuter ou de dialoguer avec leurs enfants (élèves) le soir avant qu'ils se couchent. Et pourtant, c'est un des facteurs de la réussite scolaire de leurs enfants. Par exemple, quand l'enfant rentre à la maison, après la classe, demandez-lui comment s'est passée sa journée, ce qu'il a appris, s'il y a des choses qu'il a du mal à comprendre, etc. Cela le rassure et le pousse à chercher à l'école, à avoir quelque chose de positif, surtout d'extraordinaire, à raconter à ses parents le soir. Si vous avez plusieurs enfants, prenez le temps de consacrer un moment à chacun l'un après l'autre. Il faut dialoguer avec eux sur les études et sur bien d'autres. Cela vous permettra de partager leurs émotions et surtout de déceler des problèmes qu'ils n'osent pas aborder. Prendre régulièrement rendez-vous avec le maître ou le professeur permet de suivre l'évolution scolaire des enfants et de les aider au mieux en fonction des orientations et des conseils qui seront donnés. Il est aussi important de rencontrer les autres parents d'élèves de l'école où fréquentent vos enfants. En comparant les informations données par vos enfants respectifs, vous pourrez vous faire une idée de l'ambiance de l'école, du comportement des maîtres, etc. et découvrir si votre enfant s'intègre bien ou si au contraire il a des difficultés avec les autres ou le maître.
Bonne chance à tous les parents d'élèves et plein succès à tous les enfants du Burkina !

Pour l'ANEP
Le Président national

Jérôme KABORE
70 19 15 11
www.anep.fr.gd



© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 16 mars 2009