Spécialité
du droit administratif
et responsabilité de l'Etat
Pendant longtemps, il n'a pas été
possible d'engager la responsabilité de l'Etat pour les
préjudices et dommages causés par ses interventions.
On estimait que l'Etat, agissant au nom de l'intérêt
général, ne pouvait mal faire. Les victimes devaient
donc se résigner sauf lorsque les textes prévoyaient
expressément une réparation. C'est dire que la
survenance de l'affaire Blanco allait marquer une petite révolution
en matière de responsabilité de l'Etat
Le père d'une fillette blessée par un wagonnet
d'une manufacture de tabacs avait engagé auprès
de la juridiction judiciaire une action pour obtenir réparation
par application des articles 1382, 1383 et 1384 du code civil.
Il se trouve que l'entreprise appartenait à l'Etat. Or
la loi des 16 et 24 août 1790 et le décret du 16
fructidor An III interdisaient aux tribunaux judiciaires de
" troubler, de quelque manière que ce soit, les
opérations des corps administratifs " et "connaître
des actes d'administration, de quelque espèce qu'ils
soient ".
Tirant argument de ces deux textes, le préfet, représentant
de l'Etat, contre qui l'action avait été engagée,
contesta la compétence de la juridiction judiciaire.
L'affaire fut portée devant le Tribunal des Conflits.
Cette juridiction devait répondre à la question
de savoir :
Quelles sont, des juridictions judiciaire ou administrative,
celle qui a compétence pour connaître des actions
en dommages intérêts contre l'Etat ?
La réponse viendra de deux " considérant
" :
considérant que la responsabilité , qui peut incomber
à l'Etat pour les dommages causés aux particuliers
par le fait des personnes qu'il emploie dans le service public,
ne peut être régie par les principes établis
dans le code civil, pour les rapports de particulier à
particulier ;
que cette responsabilité n'est ni générale,
ni absolue ; qu'elle a ses règles spéciales qui
varient suivant les besoins du service et la nécessité
de concilier les droits de l'Etat avec les droits privés
;
que, dès lors, aux termes des deux précités,
la juridiction administrative est seule compétente pour
connaître des actions en dommages intérêts
contre l'Etat.
Au-delà de l'affirmation de la compétence du juge
administratif, l'intérêt de l'arrêt Blanco
tient en trois affirmations :
1 - Première affirmation, l'Etat peut être tenu
pour responsable des dommages qu'il cause ; mais on ne doit
pas apprécier la responsabilité de l'Etat en référence
aux règles qui sont faites pour les relations entre particuliers
;
2 - Deuxième affirmation, la responsabilité de
l'Etat obéit à des règles spéciales
en fonction des besoins du service ;
3 - Troisième affirmation, il y a nécessité
de prendre en compte et les droits de l'Etat et les droits des
administrés.
Le contenu des considérant a fait dire, à une
époque, que l'arrêt Blanco est l'arrêt fondateur
du droit administratif, qu'il en est la pierre angulaire. En
tout état de cause, on peut retenir de cet arrêt
les principes suivants :
Le principe de la responsabilité de l'Etat pour les dommages
causés aux administrés. Il y a une évolution
qualitative de l'Etat de police, qui ne reconnaît pas
de droits à l'administré, à l'Etat de droit,
soumis au respect de la règle de droit, tenu impérativement
de concilier ses droits avec ceux des administrés et
donc assumer la responsabilité de ses actes et, par voie
de conséquence, de réparer les préjudices
qu'il cause.
Le principe d'autonomie du droit administratif par rapport au
droit civil.
Le principe d'une juridiction spécifique; la juridiction
administrative, en raison de l'application d'un droit spécial.
En droit, on dit que la compétence suit le fond.
Disons-le tout net, la question de savoir quel droit appliquer
aux actes de l'Etat ou quelle juridiction est compétente
pour connaître des actes administratifs ne s'est pas véritablement
posée. La puissance colonisatrice ayant transposé,
avec quelques adaptations ou dérogations, l'essentiel
de son système juridique. Les administrés burkinabè
n'ont donc pas hésité à engager la responsabilité
de l'administration quand ils ont estimé que leurs droits
avaient été lésés.
Pour illustration, deux exemples pour édifier.
Victime d'un accident de la circulation, SOMDA M. avait saisi
la Chambre administrative de la Cour suprême pour obtenir
réparation du préjudice qu'il avait subi. Un jour
d'août 1966 ; alors qu'il rentrait chez lui aux environs
de 19 heures ; il avait gravi par megarde un tas de gravillons
déversés sur la chaussée par la mairie
de Ouahigouya qui effectuait des travaux sur la voie publique.
Il faisait sombre et il n'y avait aucune signalisation des travaux.
La conséquence en fut des blessures et des dégâts
matériels sur la moto.
Estimant que la mairie était responsable de son préjudice,
il entendait engager sa responsabilité.
Relevant que l'accident était survenu dans le périmètre
de la commune, le juge désigna comme responsable la mairie
à qui incombe la charge du maintien en état des
voies publiques ;
que l'obstacle dont le volume, la consistance et l'étendue
rendent la présence dangereuse pour la circulation est
de nature à engager la responsabilité de l'administration
qui aurait dû la signaler,
que la voirie, faute de pouvoir terminer les travaux dans la
journée, devrait prendre les mesures utiles tels des
panneaux signalisateurs, l'édification de barrières
de passage, l'installation de lampes ou de repères lumineux
pour avertir les usagers du danger ;
que la connaissance des lieux par le requérant n'implique
pas un manque de prudence puisqu'il n'a pas été
relevé à son encontre, ni faute de conduite, ni
excès de vitesse ;
qu'ainsi la responsabilité de la commune ne peut être
atténuée.
La commune de Ouahigouya est déclarée entièrement
responsable des conséquences dommageables de l'accident
survenu à Somda M. le 6 août 1966.
La deuxième affaire illustre très bien les principes
de l'arrêt Blanco. En effet, la requérante avait,
dans un premier temps, saisi le tribunal judiciaire de Koudougou
lequel s'était déclaré incompétent
en raison de la matière, action en responsabilité
contre l'Etat.
Le camion de la requérante était tombé
dans le trou d'un pont près de Tita-Naponé. Dégâts
matériels très importants, 4 morts et 13 blessés.
Le trou, de 2 mètres de long et 50 centimètres
de large, avait été provoqué par la chute
d'une dalle et comme le pont était au bout d'une montée,
le trou ne se voyait pas. Et aucun panneau ne le signalait.
Fidèle à sa jurisprudence ; la Chambre administrative
soutenait que "l'excavation dont la profondeur, l'étendue
et le caractère abrupt rendent périlleuse la circulation
est de nature à engager la responsabilité de l'administration
à qui incombait le devoir de la signaler si elle ne pouvait
dans l'immédiat procéder à une remise en
état des lieux ;
Qu'il appartenait au service des Travaux publics de remplacer
sans retard la dalle manquante ou, à tout le moins, d'apposer
des panneaux de signalisation, mais que rien ne fut fait avant
l'accident ;
Que la requérante et son préposé (le chauffeur)
ne pouvaient deviner l'existence d'un trou non signalé
et rendu au surplus invisible par la configuration des lieux
;
Que la responsabilité de l'Etat est donc entière.
Il faut retenir de tout cela que le droit applicable aux actes
administratifs est un droit spécial, le droit administratif
qui s'écarte du droit civil sur nombre de points, mais
surtout que l'administration est tenue de réparer les
dommages qu'elle cause aux administrés
Ksé
Humeur
Assez de discours, Soro doit agir !
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Le Mouvement de Libération de l'Afrique Noire, section
Côte d'Ivoire (MLAN-CI) voudrait faire ici le bilan du
"gouvernement SORO" afin d'en tirer les leçons
pour une sortie effective de la crise.
Le MLAN-CI voudrait rappeler à la conscience collective
son attachement à une Afrique débarrassée
de ces démons de la guerre, libre et prospère.
Alors qu'une partie de l'opposition ivoirienne, calculatrice,
politicienne et arrière-gardiste soupçonnait l'appel
du Président Laurent Gbagbo au dialogue direct, le Mouvement
de Libération de l'Afrique Noire (MLAN) avait choisi
sagement d'exhorter le secrétaire général
des Forces Nouvelles à accepter le dialogue. Le MLAN
rappelle qu'il a également écrit au président
en exercice de la CEDEAO, le président Blaise Compaoré
pour lui dire combien la Nouvelle Jeunesse Africaine (NJA) gardait
un espoir dans ce dialogue.
Le MLAN-CI remercie encore une fois, le Président Compaoré
pour l'accord de Ouagadougou, qui sonne comme la volonté
des africains d'écrire désormais les pages de
leur histoire. Nous lui manifestons notre profonde gratitude
pour cette médiation historique.
Pour nous, le gouvernement issu de l'accord de Ouagadougou a
permis la décrispation de l'atmosphère politique
et quelques avancées ; Le désarmement des milices
a démarré le 19 mai 2007 à Guiglo. Le gouvernement
SORO compte à son actif les audiences foraines qui ont
permis la délivrance de plus de 300.000 jugements supplétifs,
le retour des préfets en zones Centre, Nord et Ouest,
le dialogue militaire permanent entre Mangou et Bakayoko sans
oublier la visite de Laurent Gbagbo dans les zones anciennement
occupées. Quelques institutions et structures ont été
mises en place pour des élections ouvertes, crédibles
et démocratiques; il s'agit de la Commission électorale
indépendante (CEI) dirigée par M. Beugré
Mambé, cheville ouvrière du processus électoral
en Côte d`Ivoire; de la mise sur pied (mi-mars 2007) du
commandement intégré dont la mission est de rassurer
sur l`impartialité des forces de l`ordre qui devront
se charger de surveiller les bureaux de vote, et veiller à
la sécurité même des électeurs; du
choix de SAGEM, pour assurer donc un processus d`identification
fiable, le 09 novembre 2007, par le Comité d`évaluation
de l`accord (CEA) composé du président de la République
de Côte d`Ivoire, du Premier ministre et du facilitateur
du Dialogue direct, le président Burkinabé Blaise
Compaoré ; enfin, il a été émis
et retenu l`idée de faire certifier les élections
à venir par l`Organisation des Nations Unies (ONU).
Tout en reconnaissant le travail effectué, le MLAN-CI
considère que la moisson est maigre pour un gouvernement
dont la seule feuille de route était l'organisation des
élections libres et transparentes. Le désarmement
reste encore au stade de projet, avec quelques événements
festifs comme la flamme de la paix le 30 juillet 2007. En dépit
du lancement officiel du processus de regroupement le 22 décembre
2007, il convient de noter le manque de volonté des acteurs
politiques. L'opération de regroupement se heurte à
la non réhabilitation des sites de regroupement dans
les zones CNO. Seuls 118 ex-combattants basés à
Djébonoua ont été regroupés pour
l'instant au 3ème Bataillon d'infanterie à Bouaké
et ont déjà bénéficié d'un
salaire forfaitaire de deux mois. La quasi totalité des
éléments (estimée à 43.000 hommes),
attend toujours. Quant au redéploiement des fonctionnaires
et agents de l'Etat, nombreux sont ceux qui n'ont pas encore
rejoint leurs postes dans les zones CNO en dépit des
campagnes de sensibilisation et d'information du Comité
national de pilotage du redéploiement de l'Administration.
En outre, la libre circulation malgré les discours politiquement
corrects, n'est pas totale. Mieux, la rébellion continue
d'occuper des zones, à percevoir des impôts, de
racketter et à harceler les populations. L'adoption en
Conseil des ministres le 20 décembre 2007 d'un décret
portant création du Service Civique National (PSCN),
n'est pour l'instant qu'une intention déclaratoire.
Il n'est pas question pour nous d'aller aux élections
sans désarmement au regard des risques encourus. A rebours
du premier ministre, il ne peut en aucun cas y avoir de concomitance
entre désarmement et élections. Une telle proposition
n'est en réalité qu'un aveu d'impuissance dans
le dossier de désarmement. D'ailleurs, monsieur SORO
Guillaume a été nommé pour faciliter le
désarmement de ses hommes et organiser les élections.
Les aveux de Dacoury Tabley résument bien le bilan du
gouvernement Soro : "En terme de bilan, nous sommes obligés
de le reconnaître. Le gouvernement est défaillant.
Pour ne rien vous cacher, je n`en dors pas ".
Pour le MLAN-CI, si les anciens belligérants se complaisent
dans cette situation de ni paix ni guerre, le peuple de Côte
d'Ivoire en est fatigué. Les Ivoiriens ne peuvent pas
continuer à payer les frais d'hôtel des Forces
Nouvelles alors qu'elles ne s'activent pas pour le désarmement.
Le MLAN-CI rappelle qu'il avait en son temps salué les
motivations du peuple ivoirien à aller à la paix,
tout en insistant sur le fait que la paix ne se résume
pas en un déplacement de Blé Goudé à
Bouaké, en un meeting de monsieur Dacoury Tabley à
Yopougon ou en rangeant Blé Goudé aux côtés
de Konaté Sidiki, pour esquisser des pas de danse.
Nous avions proposé l'organisation d'un Forum Social
Républicain (FSR), lequel permettra à toutes les
couches sociales, aux différentes régions du pays,
aux différents partis politiques, à la société
civile, bref, à toutes les forces vives de la nation
de proposer un catalogue de mesures allant dans le sens du vivre
ensemble. Ce forum permettrait de mettre en place un code du
vivre ensemble, qui finirait par convaincre les rebelles de
déposer les armes.
La situation politique en Côte d'Ivoire est telle que
le doute et le désespoir peuvent rompre les équilibres
et conduire le pays dans le chaos. Le moment est venu pour le
"gouvernement Soro", de sortir des verbiages pleutres
et intéressés, pour enfin poser des actions concrètes,
en faveur des prochaines élections.
Pour le MLAN-CI, le nud gordien demeure l'identification
et le désarmement. Il ne faut pas succomber à
la tentation d'organiser des élections sans désarmement.
Le cas du Kenya est une édifiante illustration des conséquences
de telle aventure. Il est temps de racheter le temps car les
temps sont mauvais.
Dieu bénisse la Côte d'Ivoire unie et prospère
!
Vive l'Afrique pacifiée !
Fait à Abidjan, le 4 Mars 2008
Le délégué MLAN-CI
www.mlan.fr