|
FOCUS
Par Arsène Flavien Bationo Après sa démission du PDP/ PS, Alain Zoubga est maintenant président de l'Autre Burkina/ PSR :Parti pour le Socialisme et la Refondation .Trouvera-t-il son chemin dans cet univers politique ondoyant ? 04 août 2007. Le Dr Alain Zoubga porte l'Autre Burkina/Parti pour le Socialisme et la Refondation (PSR) sur les fonds baptismaux. Le choix de la date n'est pas fortuit. En effet, il se définit comme un " socialiste révolutionnaire". Avant d'en arriver là, il rend le tablier de Secrétaire Général du Parti pour la Démocratie et le Progrès/ Parti Socialiste (PDP/PS) et démissionne de toutes les instances décisionnelles du parti. Dans l'immédiat, sa tactique consiste à dire qu'il demeure un militant de base sur qui le parti peut compter à tout moment. Mais derrière ce discours de circonstance, on sentait en réalité le coup venir. Alain Zoubga se sentait à l'étroit, torpillé au sein du PDP/ PS. Sa démission intervient à l'issue de la présidentielle de 2005 et des législatives de 2007 où le PDP/PS, à l'instar d'autres partis de l'opposition, a connu un véritable Waterloo. Etait-il donc opportun de quitter le navire en pleine tempête ? L'intéressé estime que c'était la seule issue pour ne pas se faire un hara-kiri politique. "Le PDP/PS dormait sur ses acquis du passé. Le parti était organisé selon des méthodes dépassées. Ma vision était farouchement combattue par les dirigeants. Arrivé à la conclusion que le PDP/PS faisait du surplace, j'ai dû, à mon corps défendant, prendre la responsabilité de quitter le parti ". Mais la cause qui a véritablement motivé son départ du PDP/PS est à rechercher dans ce qu'il appelle une " injustice dans la constitution des listes électorales ". Taxé d'" infiltré du pouvoir ", premier sur la liste du Centre- Ouest, il aurait été déclassé au profit d'Henri Guissou lors des dernières élections législatives. Alain Zoubga estime que les dirigeants du PDP/PS étaient réfractaires à toute idée de changement bien qu'un courant conduit par Etienne Traoré y prônait la rénovation. En quête d'un espace de liberté et d'expression, il crée alors l'Autre Bukina/PSR. Profession de foi politique Avec ce parti, Alain Zoubga veut bâtir son action
sur le socle du socialisme, de la révolution et de la refondation.
Une refondation nécessaire à ses yeux parce que "
le Burkina actuel est en déconfiture totale. Il faut un changement
radical au niveau de la gouvernance politique, économique et
sociale. Nous voulons nous démarquer de la politique aventuriste
qui ne donne plus espoir au peuple. Notre éthique politique est
fondée sur la moralisation de la vie publique ". A ce propos,
Alain Zoubga estime qu'une institution comme le Conseil Economique et
Social (CES) doit disparaître de l'ordonnancement juridico-institutionnel
puisqu'elle n'apporte rien au pays. " Même le fonctionnement
de l'Assemblée Nationale doit être revu. On ne peut pas
représenter un peuple misérable et se battre uniquement
pour ses intérêts personnels ". Même si Alain
Zoubga dit croire en la révolution, il affirme que son parti
n'est pas sankariste. Le PSR se réclame de l'opposition tout
en se déclarant disposé à travailler avec tous
les partis. Vie chère : Le 27 janvier dernier, analysant la situation nationale, le bureau politique du Parti a passé le pouvoir actuel sous ses fourches caudines. Concernant l'action de Tertius Zongo, le BPN note " une méthode de contact assez directe, un style en apparence plus visible de communication". Mais, s'empresse-t-il d'ajouter : " Le tout n'est pas d'avoir l'imagination fertile. Encore faudrait-il que le PM (Premier Ministre, NDLR) aille jusqu'au bout ". Et sur ce point justement, le parti critique la " méthode Tertius ". Il en veut pour preuves tout le bataclan judiciaire qu'il y a eu autour de l'Affaire Ousmane Guiro, DG des Douanes. Le BPN poursuit son analyse : " En ce qui concerne l'utilisation abusive des véhicules de l'Etat, les nombreux laisser- passer qui sont à délivrer permettent de contourner la mesure. La politisation des postes dans l'administration se renforce et dans beaucoup de ministères et autres institutions, seuls les " camarades " peuvent être des DG ou même de simples chefs de services. En outre, le dossier de la Mairie, le pitoyable marché de fournitures d'habillement des gardes pénitentiaires, l'implication douteuse et illégale des hommes politiques si ce n'est de leurs proches dans les transactions commerciales préoccupent assez peu le gouvernement ". Toutes ces raisons font qu'Alain Zoubga ne se dit pas du tout surpris par les émeutes de ces derniers temps et qui sont en rapport avec la vie chère. Sur un ton prophétique, il annonce ceci : " Ces émeutes ne sont que le commencement. En réalité, l'année 2008 sera rude pour le Burkina. Seuls ceux qui sont enfermés dans leur tour d'ivoire disent avec la langue de bois que tout va bien. Les causes profondes sont à rechercher dans la monstrueuse collusion entre le politique et l'économique. Les problèmes posés aujourd'hui sont des problèmes de survie. Dans ce sens, les arguments fantaisistes sont à proscrire. Le Premier Ministre veut s'attaquer à des montagnes car c'est la corruption, la fraude et le mensonge qui maintiennent le pouvoir actuel. Il mène donc le combat de sa vie ". En termes de solutions, Alain Zoubga demande au Gouvernement d'arrêter les arrestations, d'augmenter les salaires, de contrôler rigoureusement les prix Sans ces mesures "patriotiques et révolutionnaires ", " les dirigeants, prévient-il, risquent fort de précipiter le pays dans le chaos ! "
| ||||||
|
©
L'Evénement - Déc. 2001 | |||||||