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FOCUS
Par Sami Bruno Sanogo Gniminou " Depuis longtemps, je ne vote qu'à l'école
primaire Sainte Marie. Une école située à 200 mètres
de ma maison. Mes enfants y vont aussi
", assure Ahmado Kondobo,
en brandissant des cartes d'électeur dont la plus ancienne est
de 1998. La pagaille des "mauvais esprits " ! En effet, pour cette opération de recensement,
les propriétaires terriens sont associés. Idem pour les
lotissements et l'attribution des parcelles. Ce sont, selon une source
autorisée, "Les Rouamba, les Dakouré, les Zagré",
les premiers habitants de la zone. Certains font partie de la commission
ad hoc, déléguée par la mairie de l'arrondissement
de Bogodogo pour l'attribution des parcelles. Alors en avril 2004, cette
commission ad hoc pour l'attribution des parcelles laisse sur le carreau
près d'un millier de demandeurs, pourtant résidents depuis
plusieurs années. Justification : " Il leur faut l'accord
des propriétaires terriens, dont le premier responsable est un
chef, qui n'existe pas encore, avant que la commission ne se décide
à accepter leur paiement. Parce qu'ils ne sont pas autochtones
de la zone." En revanche, le reste de la population et le chef de Taabtenga
manifestent aux " non autochtones" toute leur sympathie. Intronisé
en Décembre 2005, le chef est devenu le médiateur dans
le contentieux qui oppose ces concitoyens au début de l'année
2006. Il envoie dans un premier temps au maire de Bogodogo une lettre
pour la " levée " de l'embargo des " PT ".
Aucune réponse n'a été donnée jusqu'aujourd'hui.
Le paradoxe, c'est qu'à l'origine, le chef, avant de l'être,
était de ceux qui ont avancé l'idée d'expulser
les " non autochtones". Aujourd'hui, il décline toute
responsabilité sur le choix de ces "non autochtones".
"Je ne suis pas content du travail que ceux de mon clan ont fait
sur le recensement des gens à qui il faut retirer des parcelles.
Nous nous étions entendus pour que ceux qui ont de grosses parcelles
n'en aient qu'une de bien raisonnable. Les miens ne m'ont point compris,
et ils ont fait un sale boulot. C'est pourquoi dès mon intronisation,
je me suis investi pour qu'une solution soit trouvée au plus
vite. Car cette histoire m'empêche de dormir
", rectifie
le chef. Pour accélérer la recherche de solution, le "Taabtenga
naaba" fait recours au "Wemtinga naba", médiateur
plénipotentiaire dans la tradition moaga. Le Wemtinga naaba est
bien respecté, et en général, il réussit
les résolutions de conflits. Le "Taabtenga naaba" avoue n'être au courant de rien, mais les victimes de l'expropriation sont bien convaincues. Le maire de Bogodogo ira sous peu occuper son siège de député à l'Assemblée nationale. Mais avant de partir, Zénabou Drabo nous assure que la situation trouvera solution. Pour elle, ceux qui se plaignent n'ont pas tort. Le problème viendrait des prétentions démesurées de ceux qui se disent autochtones. Ils exigent des parcelles pour eux, leurs enfants (quel que soit l'âge) et même pour de prétendus ressortissants du bled vivant à l'extérieur du pays. Elle estime que cela n'est pas normal. " Nous n'avons pas assez d'espace pour satisfaire ceux qui sont régulièrement installés à plus forte raison ceux qui n'y ont rien construit. Il faut que les gens soient raisonnables. Ce n'est pas parce que l'Etat a voulu impliquer tout le monde dans les lotissements qu'il faut en abuser. ", se plaint-elle. Dans tous les cas, elle estime que le problème sera résolu suivant la RAF et les critères administratifs. En attendant, elle préfère laisser le cas du secteur 28 de côté pour se concentrer sur les autres secteurs. Au temps opportun, tous les acteurs seront conviés pour harmoniser les points de vue n
Affaire de parcelles
à Bassinko " Avant, on vivait en harmonie, c'est le lotissement
qui nous a divisés.", affirme Pierre Zongo, conseiller du
village de Bassinko dans la commune de Sig-Nonghin. Ces propos sont
l'expression du climat qui règne depuis l'attribution des parcelles
dans ce village. Cette affaire de parcelle a fait beaucoup de mécontents.
Elle a créé des problèmes et une profonde division
à plusieurs niveaux. Le recensement et l'attribution des parcelles
ont mis à l'écart dès le départ les non
résidents. Ce qui est incompréhensible et injustifiable
selon eux. Ils estiment cette décision illégale et illégitime.
Les priver du droit d'avoir un terrain dans leur village est inacceptable
"Trouvez-vous normal qu'un fils du village n'ait pas un pied à
terre chez lui ? On dit que les non résidents n'ont pas droit
à une parcelle. Pourtant, certains non résidents ont eu
des parcelles. ", interroge un ressortissant du village. Les parcelles
dégagées n'ont pas couvert les besoins des populations
résidentes. Seuls les chefs de ménages et des veuves ont
bénéficié des lopins de terres. La mairie de Sig-Noghin,
à la demande des populations, a dégagé une zone
supplémentaire de 400 parcelles pour le reste des postulants.
C'est ainsi que chaque quartier a pu bénéficier de 40
parcelles. Ces parcelles étaient certes insuffisantes, mais devraient
contribuer à pallier les urgences. Le lotissement de la zone
litigieuse entre Tanghin Dassouri et Bassinko, selon la mairie, viendrait
satisfaire la population. Avec ce lotissement, tous les fils du village
résidents à l'extérieur seront satisfaits, affirme
Dakissaga Seydou, responsable administratif du quartier Nakomgo. La
répartition des 40 parcelles attribuées à chaque
quartier divise les quartiers, les familles et fait des victimes. Cette
répartition est laissée entre les mains du conseiller
du village et ses plus proches collaborateurs. La mairie n'a pas jugé
utile de s'associer à l'opération d'attribution pour identifier
les personnes prioritaires. Dans cette situation, les suspicions, les
accusations et l'affairisme ont pris le dessus sur le consensus. Pour
le conseiller, chaque quartier a eu 40 parcelles. Les vieux de Gantin
(quartier) affirment que certains ont eu plus de 40 parcelles. Ces parcelles
qu'ils ont acceptées à contrecoeur n'auraient pas été
équitablement reparties. Ceux qui sont chargés de la répartition
des 40 parcelles de Gantin ont retenu 4 parcelles. Ce qui suscite la
colère des autres. Plusieurs délégations ont été
envoyées chez le maire. A chaque fois, elles n'ont jamais pu
le rencontrer. Barthélemy Kaboré, agent au ministère
de la Culture fera le frais de cette situation. Le 18 décembre,
il a été convoqué à la mairie de Sig-Noghin.
La rencontre prévue à 8 h à la mairie fut reportée
à 18h au domicile du maire Pascal Ouédraogo. Alors qu'il
s'attendait à échanger sur l'affaire de 40 parcelles de
Gantin, il fut cueilli par le maire, des membres de sa famille et le
conseiller de Bassinko. Installé au milieu de cette foule prête
" à finir avec lui ", le maire lui demande d'insulter
sa propre mère. Pour le maire, le jeune aurait insulté
sa mère dans un débit de boisson. Ce que Barthélemy
ne reconnaît pas. De toutes les façons, la sentence était
déjà tombée en absence du prévenu. "
Il l'a insulté en présence de mes frères ",
affirme le conseiller de Bassinko, celui-là qui a transmis la
convocation du maire. " S'il savait l'objet de la convocation,
il ne viendrait pas. ", conclut un jeune au côté du
conseiller. Barthélemy Kaboré, en ce soir du 18 décembre,
durant une bonne vingtaine de minutes, va subir les coups des hommes
de Pascal Ouédraogo. Il sera libéré lorsqu'il perdit
connaissance. Il s'en sortira avec plusieurs blessures et une incapacité
de travailler de plusieurs jours. " Il pouvait éviter tout
ça s'il avait accepté insulter sa propre mère comme
le maire le lui avait demandé ", déclare un jeune
témoin de la scène. Barthélemy ne reconnaît
pas avoir offensé le maire. Il affirme que le maire a écouté
des gens qui voulaient se venger de lui. Son seul crime est son soutien
à ses parents pour récupérer les 4 parcelles que
certaines personnes ont prélevées. " Je ne fais pas
de politique, je n'ai pas eu de parcelle, mais je n'en fais pas un problème.
Je trouve seulement inacceptable que des gens qui ont déjà
eu des parcelles prélèvent 4 parcelles au moment où
ça ne suffit pas. J'ai encouragé les parents à
rencontrer le maire pour discuter." La bastonnade serait un règlement
de compte entre frères du village par le maire interposé.
Pierre Zongo, visiblement satisfait de la séance de ce soir,
affirme avoir échappé à plusieurs tentatives de
lynchage. " C'est un jeune frère, si ce n'est pas ce maire,
personne ne peut gérer Bassinko
Barthélemy dit qu'il
connaît des gens à la justice. " Pour lui, si ce quartier
n'a pas eu ses parcelles, c'est parce que des gens voulaient sa mort.
Face donc à cette situation, le maire a suspendu l'attribution
des parcelles litigieuses. Ce que ne reconnaît pas le vieux Ousmane
Kaboré. Le conseiller a été invité pour
échanger sur les quatre parcelles prélevées. Mais
il n'est jamais venu. Tout ce que souhaite Ousmane, c'est la répartition
basée sur des critères objectifs des 40 parcelles. Le
conseiller et son équipe composée de Seydou Dakissaga,
Idrissa Sam, et bien d'autres auraient, selon certaines personnes à
Bassinko, réalisé de " gros deals" dans l'attribution
des parcelles. Ce que ces derniers ne reconnaissent pas. Par Abdoul Razac Napon
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L'Evénement - Déc. 2001 | ||||||