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FOCUS
Par Ramata Soré La fierté d'appartenir au pays de Kwamé Nkrumah se lit et s'appréhende chez les citadins d'Accra. Dignement, le pays assume son destin de première colonie d'Afrique noire indépendante. Pendant une année, les ghanéens fêteront leur 50e année d'indépendance. "Nous sommes fiers d'être indépendant
et d'avoir été la première ex-colonie d'Afrique
noire à accéder à cette indépendance. Nous
sommes fiers d'avoir pu nous imposer comme modèle
",
lance dignement Francis, un jeune ghanéen d'une trentaine d'année.
Se frayer un chemin Ce pays côtier, frontalier du Burkina Faso compte
plus de 22 millions d'habitants pour une superficie de plus de 240 000
km2. Il a été la première colonie d'Afrique noire
en 1957 à être indépendant. Pour sauver le monde A ce monde politique s'accole un univers social plus détendu. 20h, ce vendredi 27 avril. Une brise douce souffle sur la ville. Les ruelles du quartier résidentiel de Osu beigne dans une légère pénombre. La lumière des lampadaires inonde Oxford road. Le monde se dépêche. Les voitures klaxonnent tous feux allumés. La musique tonne dans les débits de boissons et autres maquis. Elle est tantôt R and B, tantôt local. Femmes, hommes sont attablés. Nombreux sont ceux qui portent des T-short avec les symboles du pays ou des vêtements commémorant ce 50e anniversaire. Ils boivent. Ils mangent. La senteur des grillades de brochettes, de poisson, de poulets encense l'avenue. Cette bonne odeur s'oppose à celle puante de certaines ruelles. Quatre acrobates attirent les regards des passants. Leur corps luisant ruisselle de sueurs. Ils se tordent, se contorsionnent comme des vers de terre au soleil au son de la rythmique ghanéenne. Et arrachent des applaudissements aux spectateurs et bien sûr quelques Cedis. Time is money, job also. Ainsi, donc, tout travail mérite salaire. Au bout du Oxfard road, c'est le Kwamé Nkrumak circle. Il est environ 21h. "Venez à Jésus, fils unique du seigneur Tout puissant. Il a versé son sang pour sauver le monde", répètent inlassablement deux hommes. L'un est d'un âge plus mûr, environ la cinquantaine. L'autre plus jeune. Il a l'air d'un trentenaire. Chacun d'eux tient une bible. Ils arpentent les rues. Côtoient les vendeuses et buveurs de bandji, une boisson locale. Chantent à gorge déployée les louanges du Seigneur. Les noctambules leur prêtent à peine attention. Les deux prêcheurs changent de rue. Hélas, ils n'attirent aucun regard. Leur ferveur se déculpe. Ils chantent de plus belle, balancent les mains, lèvent les poings au ciel, puis s'agenouillent. Quelques passants s'écartent de leur chemin. Les deux hommes de Dieu se lèvent. Ils continuent leur uvre. Les rues bruyantes rient, et dansent. Elles restent animées et éveillées jusqu'à tard dans la nuit. C'est le début du week-end. Et le lendemain samedi est un autre jour. Une autre occasion pour fêter les 50 ans du Ghana d'autant plus que ce jubilé dure une année n Ramata.sore@gmail.com
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L'Evénement - Déc. 2001 | |||||||