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L'année
politique de tous les enjeux au Burkina
Le gouvernement qui a repris le chemin du conseil des ministres
le 2 septembre dernier sera-t-il celui qui va conduire le pays
à la présidentielle de novembre 2005 ? C'est très
peu probable. Du reste, avant même que les vacances gouvernementales
ne prennent fin, la rumeur sur un hypothétique remaniement
courrait déjà. Mais qu'à cela ne tienne,
ce sont les traditions des retours de vacances.
Nous sommes embarqués pour une nouvelle année politique
très déterminante pour l'avenir de notre expérience
démocratique. Pour la troisième fois consécutive,
Blaise Compaoré va solliciter le suffrage des Burkinabè.
En soi-même, le fait est inédit. Encore que Blaise
Compaoré est l'homme des inédits : les bons et les
mauvais. En l'occurrence, il sera le premier dans l'histoire de
ce pays et sans doute pour longtemps, celui qui aura brigué
sans discontinuer trois mandats présidentiels. Et qui les
aura gagné. Qu'est-ce que cela apportera au pays lui-même
? C'est trop tôt pour en mesurer objectivement les effets.
Restons donc dans la perspective immédiate. En principe,
au premier trimestre de l'année 2005, la date de la présidentielle
sera fixée. A cette période aussi, on saura qui
seront finalement les candidats qui affronteront Blaise Compaoré.
Si l'opposition, pour une fois, respect sa parole, la configuration
des prétendants sera connue d'ici à décembre
de l'année en cours. Il restera maintenant les manuvres
qui, c'est presque certain, modifieront l'échiquier politique
actuel. S'il en fallait un signal, on ne pourrait trouver mieux
que le théâtre des ombres qui se joue présentement
au CDP. C'est connu, l'avenue Kwamé Nkrumah, c'est la prunelle
des yeux de Simon. Pour y faire une démonstration, il faut
que le jeu en vaille la chandelle. Mais plus globalement, les
agitations sur le renouvellement des structures du parti majoritaire
qui font présentement les " Une " de la presse
nationale, sont des signes que quelque chose est en gestation.
Allons-nous assister à une recomposition semblable à
celle qui avait donné naissance en 1997 au CDP, par la
fusion absorption de l'ODP/MT ? Peut-être pas de la même
nature. Mais d'une ampleur aussi importante, certainement. Blaise
Compaoré n'a pas véritablement de souci de réélection,
même si en politique, plus que partout ailleurs, rien n'est
définitivement joué d'avance, il a le souci d'un
large consensus national qui atténuerait les effets ravageurs
de la sclérose d'un long règne. On peut donc penser
qu'il travaille à s'entourer et à se faire assister
de personnalités et de cadres pas trop marqués et
à la probité non entamée. A défaut
d'un nouveau président, les Burkinabè se consoleront
avec un nouvel entourage du président et de nouvelles illusions.
Un leader de l'opposition se souvient qu'à la veille de
la création du CDP, le président l'avait personnellement
contacté pour qu'il en prenne les reines. Cette demande
sera-t-elle renouvelée, dans l'hypothèse d'un regroupement
plus large, à l'image de l'Union pour la majorité
présidentielle ( UMP ) en France ? ça reste dans
l'ordre du possible.
Dans la perspective de cette élection présidentielle,
il faudra donner une suite aux recommandations du Collège
de sages, notamment une amnistie globale qui permettrait de tout
reprendre à zéro. Cette perspective ne serait pas
pour déplaire au président et à ses plus
proches. Il faut maintenant en discuter les termes. Si le président
fait une concession majeure sur la durée de son pouvoir,
prendre l'engagement de ne pas se présenter en 2010, il
pourra rallier large et même déstabiliser l'opposition
actuelle. Une autre inconnue de cette échéance,
c'est ce que vont faire certaines personnalités de la société
civile. Peut-on imaginer un Lech Walesa burkinabè ? Depuis
longtemps que l'on parle des ambitions politiques supposées
de Halidou Ouédraogo. Ce sera cette fois ou jamais
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