Alors
ce gouvernement, c'est pour quand ?
L'angoisse recommence à s'installer dans le landerneau.
La perspective d'un nouveau gouvernement met toute la faune politique
en émoi. Selon les arrangements qui semblent avoir été
passés avec l'opposition qui est allée au CCRP,
la mise en uvre des conclusions consensuelles devraient
être diligemment mises en uvre. Le tout devrait commencer
en ce mois de janvier ou février au plus tard, par la mise
en place d'un nouveau gouvernement, ensuite du fameux machin qui
est destiné à faire le suivi de l'application des
accords. Mais comme Blaise n'est pas complètement content,
il risque fort bien de les laisser mariner un peu.
On peut cependant constater une effervescence politique qui ne
doit rien au hasard. Plusieurs partis sont entrain de tenir actuellement
des instances statutaires qui doivent bien signifier quelque chose.
Le CDP devrait tenir incessamment deux de ses instances. Certains
évoquent même un congrès extraordinaire.
Pourquoi faire ? Pour faire sa mue. Notre confrère, La
Lettre du Continent, a déjà annoncé les partants
et les arrivants au CDP. L'UNDD s'apprête aussi à
tenir congrès, dans les jours à venir, sous un ton
triomphal qui contraste avec la presque croupion réunion
du SEN de son ennemi juré, l'ADF/RDA. Le parti de Gilbert
Ouédraogo à la lecture des résolutions du
SEN semble s'inscrire dans une sortie du navire gouvernemental.
Il paie peut-être son refus de soutenir la suppression de
la limitation du mandat présidentiel. Alors comme il n'est
plus d'aucune utilité, il laissera la place à son
ennemi, qui dans les circonstances actuelles, est plus utile.
C'est l'histoire de la chaise musicale entre deux coépouses
pour emprunter aux mauvaises langues.
En tout cas, il y a du travail qui attend. La préparation
des élections couplées demande un environnement
plus serein et un exécutif plus solide. La CENI est embarquée
dans le renouvellement de ses instances qu'elle réussit
plus ou moins bien. Elle est plutôt entrain de s'engluer
dans l'histoire de la biométrie. Selon des informations
qui filtrent, les commissaires n'auraient pas compris l'introduction
dans la course de certaines sociétés, qui avaient
été écartées en séance publique.
Interrogé, les explications du président Keré
n'auraient pas convaincu. C'est peut-être cela qui a provoqué
la visite de l'opposition légale pour mieux s'informer
sur la préparation de l'échéance à
venir. Maître Sankara et les siens seraient repartis satisfaits.
Tant mieux donc. Il faut cependant trouver l'argent et choisir
le bon opérateur. Les partenaires techniques et financiers
seront-ils vraiment encouragés à donner leur sous
après le "scandale Guiro" ?
Il faut l'espérer.
Il reste que la situation actuelle d'attente ne peut rien faciliter.
Un gouvernement qui doit changer et dont l'ampleur n'est pas connue
ne favorise pas la sérénité en une période
aussi cruciale. Si les élections doivent se tenir en décembre,
il reste à peine 9 mois pour faire un recensement général,
établir les cartes et sortir les listes électorales
selon les dispositions du code électoral. Il est déjà
presque certain que le choix de l'opérateur en charge de
la biométrie ne se fera pas avant mars. Il devrait disposer
d'un délai pour se déployer et commencer le recensement.
Nous serons déjà en début d'hivernage. Dès
le mois de mai, les paysans sont maintenant dans les champs en
raison de l'irrégularité des saisons. Si l'opération
devrait commencer en cette période, elle pourrait connaître
un succès mitigé.
En tout cas, le temps presse. On ne peut pas aussi imaginer que
ce travail commence avec les Hermann hors du gouvernement. Ils
ne sont pas à la CENI. Ils voudraient au moins se trouver
dans une instance où ils peuvent avoir un droit de regard
sur le processus. Le congrès de l'UNDD, qui s'ouvre le
12 janvier à Ouaga et se clôturera à Léo,
pour rendre hommage à Dabo, certainement, nous situera
sur ces questions en suspend.
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