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L'opposition
burkinabè devrait organiser sa propre transition
Le processus actuellement en cours en Guinée est assez
séduisant et devrait inspirer l'opposition burkinabè.
Il lui faut organiser une transition politique qui lui permette
d'instaurer un vrai système démocratique où
chacun pourrait avoir des chances égales dans la compétition
politique.
Le système actuel est conçu pour les exclure. L'opposition
ne peut rien en attendre d'autre que le rôle de faire valoir
taillé sur mesure. La situation actuelle ne permettra à
aucun responsable de l'opposition d'émerger et de jouer
les premiers rôles. Par contre, pour créer les conditions
d'une vraie compétition politique, il faut impérativement
déboulonner le système mis en place depuis le 15
Octobre 1987. Cette immense tâche ne peut être réalisée
que par l'ensemble de l'opposition ou à tout le moins une
large union de sa frange représentative. Elle pourrait
se réaliser selon les modalités ci-après
:
s'entendre pour organiser une transition à la démocratie
Il faut obligatoirement changer de système. Cela ne peut
se faire que par une période transitoire pendant laquelle,
par un consensus minimum, des institutions appropriées
pourraient permettre d'instaurer les règles du jeu et un
climat nécessaire à l'instauration d'un système
plus juste et inclusif. S'entendre sur les modalités de
cette transition et l'écrire pour servir de constitution
de la transition vers la démocratie.
Gagner cette transition par le peuple
Il faut par un consensus poser cette question au peuple et lui
demander son onction à travers une élection. La
présidentielle prochaine peut-être une bonne occasion
de poser cette question sous forme de motion de confiance demandée
au peuple. Mais pour y parvenir, il faut évidemment des
préalables forts, clairs et honnêtes.
Les préalables indispensables
Le premier et le plus important, c'est évidemment de réaliser
une large union des formations représentatives de l'opposition
sans exclusive. Ensuite d'écrire et d'adopter des textes
consensuels qui vont régir la période transitoire,
fixer la durée de cette période et organiser les
modalités de la cohabitation et du partage des responsabilités
durant la transition.
Modalités concrètes
La mise en uvre de cette transition à la démocratie,
pour être crédible, pourrait commencer par une désignation
consensuelle d'un candidat à la présidentielle de
novembre 2010, pour la gestion de la transition à la démocratie.
Ce candidat crédible ne devrait exercer que le mandat de
la transition à l'issue duquel il devra organiser des élections
honnêtes et transparentes auxquelles il ne peut pas prendre
part, lui et l'ensemble de son gouvernement. Son mandat doit être
unique et de courte durée. Le temps nécessaire pour
faire les reformes et les changements institutionnels indispensables.
Ensuite il faudra s'entendre sur la conquête de l'Assemblée
nationale et les modalités de sa gestion. Le principe de
base devra être de permettre que les principaux leaders
de l'opposition puissent conquérir un mandat électif.
Ces mêmes dispositions devraient prévaloir pour l'organisation
et la gestion des élections locales.
Evidemment, ce sont des indications pour la réflexion.
Mais l'essentiel reste qu'il n'y a pas de salut pour l'opposition
et pour la démocratie en dehors de la réalisation
de cette indispensable période de transition vers la démocratie.
Tous les pays africains qui ont une démocratie relativement
bien portante sont passés par là. Le Burkina Faso,
avec son système actuel, ne peut pas faire l'économie
d'une telle transition. L'opposition peut avoir un rôle
historique en sachant l'anticiper. Autrement quand les nécessités
vont l'imposer, il lui faudra recourir aussi à un facilitateur
extérieur. Les autres pays qui expérimentent aujourd'hui
cette douloureuse "antichambre" de la démocratie
avaient cru pouvoir s'en passer. Ils n'ont pas pu. Le Burkina
Faso ne l'évitera pas également. Par contre, son
élite politique et intellectuelle peut l'anticiper et mieux
la canaliser. La dernière déclaration du PAREN contient
cette remarque qui devrait être profondément méditée
par l'opposition et les démocrates de notre pays : "A
l'évidence, la consolidation de la démocratie burkinabè
devra se faire sans le président Compaoré et son
système".
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