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Tertius,
c'est un Premier ministre !
Dire les choses comme cela, peut paraître péremptoire.
Bien sûr qu'il est Premier ministre depuis le décret
présidentiel de juin 2007 qui l'a nommé. Pourquoi
donc insinuer encore des choses? Tertius est effectivement un
Premier ministre pour deux raisons :
la première évidemment, c'est qu'il occupe le poste
et protocolairement on lui rend les honneurs dus à ce rang.
Deuxièmement, et c'est le plus important à nos yeux,
il assume la fonction. Des cinq Premiers ministres qui se sont
succédés à la tête du gouvernement
sous Blaise Compaoré, il est véritablement le seul
à accepter endosser la responsabilité qui va avec
la fonction. Il a des initiatives qu'il affirme et qu'il assume.
On peut ne pas être d'accord, mais ça a l'avantage
de clarifier l'action gouvernementale et à ne pas la réduire
à une juxtaposition d'initiatives individuelles sans cohérence
et parfois sans lendemain.
Le gouvernement, c'est quand même une équipe avec
un objectif suffisamment clair et bien décliné pour
permettre qu'on le suive et qu'on le juge. Jusque là nos
premiers ministres avaient donné l'impression d'attendre
des ordres pour s'exécuter. Tertius lui montre le contraire.
Le patrimoine de l'Etat est mal géré ? Ok ! Il prend
l'initiative d'appliquer la loi. Parce que sur l'utilisation des
véhicules de l'Etat, des textes existent et qui bonnement
dormaient dans les tiroirs. Depuis Kadré, l'utilisation
des véhicules de l'Etat avait fait l'objet d'une codification
assez sévère. Mais jamais les textes n'ont été
appliqués. Tertius a fait droit à la loi. Les gendarmes
qui sont commis à la tâche et qui le font consciencieusement
accumulent des anecdotes à vous couper le souffle. Par
exemple un chauffeur arrêté un samedi, avec un fond
rouge, explique aux gendarmes, qu'il se rend chez son patron pour
conduire le chien chez le vétérinaire. Une autre
fois, c'est un grand patron qui est appréhendé avec
un fond rouge. Il n'avait ni permis de conduire sur lui ni un
papier administratif qui l'autorise à circuler avec le
véhicule de l'Etat un jour non ouvrable. Appréhendé,
il décide, désinvolte, de laisser le véhicule
aux gendarmes. Non, répondent ces derniers fermement, mais
courtoisement : "conduisez le véhicule au camp CRS".
C'est ce qu'il fit tout pénaud.
Sur la gestion du carburant que l'Etat donne pour les besoins
du fonctionnement de l'administration publique, il y avait là
aussi tout un deal. Quand Tertius a voulu y mettre de l'ordre,
on lui a dit qu'il ne fallait pas, parce que cela servait à
résoudre des problèmes sociaux. Réponse de
Tertius: "si nous gérons bien le carburant, l'argent
ainsi économisé servira justement à résoudre
les problèmes sociaux". Les bons d'essence étaient
devenus une denrée tellement dépréciée,
qu'une jolie péripatéticienne en fit une collecte
suffisante pour s'acheter une moto Rainbow. Parce que les patrons
sont plus prompts à payer par bons d'essence que de donner
des espèces. Depuis la mesure de Tertius, c'est la dèche.
Quand Tertius Zongo affirme qu'il va demander des comptes à
Cotecna, parce que des informations font état de brebis
galeuses en son sein, il est dans son rôle. C'est quand
même lui qui est chargé de veiller sur nos ressources.
Quand il instaure une plus grande transparence dans les procédures
de passation des marchés publics, il rend service aux citoyens.
On devrait d'ailleurs lui suggérer de trouver le moyen
de mettre le nez dans la gestion de certaines communes où
les maires ont créé leur propre entreprise, avec
des comptes fictifs où l'argent transite avant de revenir
sur leur compte personnel.
Evidemment qu'il ne pourra pas tout faire, tout réussir,
comme par exemple c'est le cas dans un dossier comme celui de
la douane. Mais aussi il a de l'écoute. Un responsable
des ressources humaines d'une société de la place
est allé chez lui pour le voir. Il l'a reçu et a
écouté ses complaintes. Même si c'est sûr
qu'il ne pourra pas grand chose pour ce DRH, il l'a au moins écouté.
Il sait désormais ce qui se passe dans cette boite.
Tertius fait donc le job de premier ministre. Il prend des initiatives
qui pourront lui coûter cher. Puisqu'en déclinant
ce qu'il veut faire, il donne en même temps la verge pour
se faire battre. C'est aussi ça faire de la politique.
Mais en même temps peut-être en procédant de
la sorte, il met tout le monde au pied du mur. Si ça ne
marche pas, il faudra situer les responsabilités
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