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Que nous réserve
encore Tertius ?
Il avait introduit sans crier gare des reformes dans le contrôle
en douane qui n'avaient pas tardé à provoquer l'implosion
que nous avons connu courant février. Même si on
peut déplorer les ravages de ces mesures, il est évident
que Tertius a eu raison de prendre ces dispositions pour systématiser
les contrôles en douane. La situation qui prévalait
faisait l'affaire des commerçants véreux et de certains
douaniers. La minoration des valeurs devenue systématique
en son temps n'a pu se perpétuer qu'avec la complicité
de certains agents de la douane.
Mais le plus dur reste à venir. Il y aurait actuellement
dans les chemises du Premier ministre cinq décrets qui
devraient faire mal. Les voleurs de la République devraient
passer de sales temps si ces mesures étaient effectives.
On parle en tout cas de cinq décrets dont nous n'avons
pas pu connaître la teneur exacte. Ces mesures en projet
répondent en partie aux exigences des bailleurs de fonds
qui étaient insatisfaits de la façon de gérer
les fonds du panier commun institué avec les aides budgétaires.
Mais en attendant, il faudra rendre opérationnel la fameuse
Autorité supérieure de contrôle de l'Etat
(ASCE). Dans les projections, c'est elle qui aura le rôle
central dans la mise en uvre des décrets suscités.
En attendant d'en savoir plus sur le contenu des mesures à
venir, il semble que les aspects suivants seront pris en compte
:
la transparence du contrôle. Jusque-là, certains
audits avaient été conduits de façon complaisante.
Nombre de ces cabinets seraient inscrits sur une liste rouge,
qui existe de toute façon déjà chez certains
partenaires financiers qui ont bien fiché les cabinets
complaisants.
Des critères très précis pour la désignation
des chefs de projet. Ils auront non seulement l'obligation de
résultats, mais ils verront leurs émoluments revus
à la baisse. Sur cet aspect précis des émoluments,
le sujet devrait être mieux approfondi. Quel est le barème
à ce niveau ? Et combien gagne effectivement un patron
de projet ? Il ne faudra pas, à notre avis, s'arrêter
sur le montant à payer. Il faut plutôt que l'émolument
aille avec l'exigence de résultats.
Enfin, l'horizon pour l'effectivité de ces mesures serait
fixé pour le mois de novembre prochain.
Que faut-il dire sinon s'en réjouir. Il était en
effet temps de mettre de l'ordre dans la pagaille de l'Etat. Mais
à notre avis, il faudra cette fois s'y prendre autrement.
Il faut non seulement rendre ces mesures publiques longtemps avant
leur effectivité, mais il faut même les mettre en
débat public. De la sorte, il serait difficile de s'en
servir comme prétexte au moment de leur entrée en
vigueur. La force de l'opinion publique devrait même, si
elle adhère, et il n'y a pas de raison qu'elle n'y adhère
pas, être catalyseur pour les faire aboutir.
Il reste aussi que dans cette mouvance des reformes, il ait des
velléités de règlements de comptes. La rumeur
a déjà désigné les boucs émissaires.
Il faut espérer que le gouvernement sera assez lucide pour
ne pas se fourvoyer dans cette impasse. Il faut indubitablement
que ceux qui doivent, rendent des comptes. Mais il faut loger
tout le monde à la même enseigne. En revanche, pour
ce qui concerne les mesures gouvernementales pour lutter contre
la vie chère, qui viennent d'être prolongées
pour six mois, leur efficacité reste à prouver.
Nous l'avions expliqué dans ces mêmes colonnes, le
numéro précédent, ces mesures pourraient
desservir, si on n'y prend garde, la cause de ceux pour qui elles
sont prises. A ce propos, nous évoquions le risque que
ce soit "une belle aubaine pour ceux des commerçants
qui ont une surface financière conséquente de remplir
leurs magasins pour toute l'année. Ils peuvent à
ce propos bénéficier des facilités des grands
décideurs qui vont leur faire des facilités par
des prêts de complaisance auprès des institutions
comme la CNSS et autres institutions "vaches à lait
" de l'Etat". Ce risque est réel. Que fera alors
le gouvernement à défaut de prévenir, si
d'éventuels cas se produisaient ? Tertius est attendu sur
cette question.
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