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Façon de voir
Par Newton Ahmed Barry

Que nous réserve encore Tertius ?

Il avait introduit sans crier gare des reformes dans le contrôle en douane qui n'avaient pas tardé à provoquer l'implosion que nous avons connu courant février. Même si on peut déplorer les ravages de ces mesures, il est évident que Tertius a eu raison de prendre ces dispositions pour systématiser les contrôles en douane. La situation qui prévalait faisait l'affaire des commerçants véreux et de certains douaniers. La minoration des valeurs devenue systématique en son temps n'a pu se perpétuer qu'avec la complicité de certains agents de la douane.
Mais le plus dur reste à venir. Il y aurait actuellement dans les chemises du Premier ministre cinq décrets qui devraient faire mal. Les voleurs de la République devraient passer de sales temps si ces mesures étaient effectives. On parle en tout cas de cinq décrets dont nous n'avons pas pu connaître la teneur exacte. Ces mesures en projet répondent en partie aux exigences des bailleurs de fonds qui étaient insatisfaits de la façon de gérer les fonds du panier commun institué avec les aides budgétaires.
Mais en attendant, il faudra rendre opérationnel la fameuse Autorité supérieure de contrôle de l'Etat (ASCE). Dans les projections, c'est elle qui aura le rôle central dans la mise en œuvre des décrets suscités.
En attendant d'en savoir plus sur le contenu des mesures à venir, il semble que les aspects suivants seront pris en compte :
la transparence du contrôle. Jusque-là, certains audits avaient été conduits de façon complaisante. Nombre de ces cabinets seraient inscrits sur une liste rouge, qui existe de toute façon déjà chez certains partenaires financiers qui ont bien fiché les cabinets complaisants.
Des critères très précis pour la désignation des chefs de projet. Ils auront non seulement l'obligation de résultats, mais ils verront leurs émoluments revus à la baisse. Sur cet aspect précis des émoluments, le sujet devrait être mieux approfondi. Quel est le barème à ce niveau ? Et combien gagne effectivement un patron de projet ? Il ne faudra pas, à notre avis, s'arrêter sur le montant à payer. Il faut plutôt que l'émolument aille avec l'exigence de résultats.
Enfin, l'horizon pour l'effectivité de ces mesures serait fixé pour le mois de novembre prochain.
Que faut-il dire sinon s'en réjouir. Il était en effet temps de mettre de l'ordre dans la pagaille de l'Etat. Mais à notre avis, il faudra cette fois s'y prendre autrement. Il faut non seulement rendre ces mesures publiques longtemps avant leur effectivité, mais il faut même les mettre en débat public. De la sorte, il serait difficile de s'en servir comme prétexte au moment de leur entrée en vigueur. La force de l'opinion publique devrait même, si elle adhère, et il n'y a pas de raison qu'elle n'y adhère pas, être catalyseur pour les faire aboutir.
Il reste aussi que dans cette mouvance des reformes, il ait des velléités de règlements de comptes. La rumeur a déjà désigné les boucs émissaires. Il faut espérer que le gouvernement sera assez lucide pour ne pas se fourvoyer dans cette impasse. Il faut indubitablement que ceux qui doivent, rendent des comptes. Mais il faut loger tout le monde à la même enseigne. En revanche, pour ce qui concerne les mesures gouvernementales pour lutter contre la vie chère, qui viennent d'être prolongées pour six mois, leur efficacité reste à prouver. Nous l'avions expliqué dans ces mêmes colonnes, le numéro précédent, ces mesures pourraient desservir, si on n'y prend garde, la cause de ceux pour qui elles sont prises. A ce propos, nous évoquions le risque que ce soit "une belle aubaine pour ceux des commerçants qui ont une surface financière conséquente de remplir leurs magasins pour toute l'année. Ils peuvent à ce propos bénéficier des facilités des grands décideurs qui vont leur faire des facilités par des prêts de complaisance auprès des institutions comme la CNSS et autres institutions "vaches à lait " de l'Etat". Ce risque est réel. Que fera alors le gouvernement à défaut de prévenir, si d'éventuels cas se produisaient ? Tertius est attendu sur cette question.



 






© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 20 Avril 2008