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Boulmiougou
Les problèmes interminables de parcelles

Seraphine Ouedraogo, maire de Boulmiougou


Par Moussa Zongo

La mairie de Boulmiougou est toujours à la recherche de solutions pour résoudre les difficultés liées aux lotissements dans l'arrondissement. Mais la nouvelle méthode qui devrait permettre de donner plus de transparence, selon la mairie, ne convient pas à tout le monde. Certains résidents y voient une manière de les brimer.

L'arrondissement de Boulmiougou n'a pas fini de régler ses problèmes de lotissements. Le maire et ses principaux collaborateurs ont rencontré la presse le 15 juin dernier pour échanger autour des préoccupations du moment. Selon Séraphine Ouédraogo, ce point de presse répond au souci de transparence du conseil municipal sur les opérations de lotissements engagées dans l'arrondissement. Le moins qu'on puisse dire, c'est que les problèmes existent et sont multiples. Plusieurs secteurs ont été lotis ou sont en voie de l'être dans l'arrondissement. Pour le maire, le cas de Boulmiougou n'est pas particulier. Aujourd'hui, les attentions sont tournées vers le village de Zongo. C'est depuis 2002 que le processus a commencé. Mais l'opération a été émaillée d'irrégularités et le conseil municipal a été contraint de l'annuler à plusieurs reprises. C'est l'année dernière que les attributions ont débuté avec la mise en place d'une commission d'attribution. Aujourd'hui, les choses ne se passent pas comme prévu. Selon le maire, la commission a pu attribuer à ce jour plus de 2500 parcelles sur près de 7000 dégagées. Les choses semblent actuellement bloquées. La mairie et la population ne sont pas sur la même longueur d'ondes. Les propriétaires terriens ne sont pas d'accord avec la démarche adoptée. Ils réclament d'abord leur part avant toute attribution. Mais pour l'édile de Boulmiougou, les propriétaires terriens demandent l'impossible. Chacune des quatre grandes familles de Zongo réclame 1000 parcelles. Les jeunes de Zongo organisés au sein d'un groupement pour défendre leurs intérêts ont nié cela. Zongo n'a pas que quatre familles et c'est le maire lui-même qui aurait demandé aux propriétaires terriens de faire des propositions. Depuis plusieurs semaines, les opérations d'attributions ont été suspendues. Pendant 8 ans, les populations de ce village ont eu le temps de s'organiser et veulent voir clair dans les attributions. Avec à leur tête le chef du village, les habitants de Zongo exigent la prise en compte de leurs préoccupations. Mais Séraphine est d'accord avec eux sur au moins une chose. Les résidents sont prioritaires dans les attributions. Ce qui a d'ailleurs amené le conseil municipal a adopté une nouvelle méthode d'attribution pour être sûr de donner les parcelles à ceux qui le méritent. Séraphine Ouédraogo est consciente d'une chose. Il est inutile de vouloir passer par la force pour résoudre les problèmes avec les propriétaires terriens ou avec les résidents. Le dialogue est privilégié dans l'arrondissement. La mairie est en négociation avec les propriétaires terriens et les autres protestataires pour trouver un terrain d'entente. Dans les autres secteurs ou villages, c'est ce qui s'est passé. A Sandogo, un autre village de Boulmiougou, les populations avaient catégoriquement refusé le déplacement d'une partie de la population du secteur 17 dans leur village. Ils exigeaient prioritairement qu'on installe les résidents du village d'abord. Aujourd'hui, une solution semble trouvée entre la mairie et les populations. La mairie veut faire du lotissement de Zongo et dans les autres secteurs en cours des cas d'école. Il n'est plus question de donner plus d'une parcelle d'habitation à une seule personne dans l'arrondissement de Boulmiougou. C'est un engagement de Séraphine Ouédraogo et de l'ensemble de son conseil municipal. Désormais, un logiciel informatique gère les parcelles. Tous ceux qui sont déjà attributaires dans les autres secteurs de l'arrondissement sont automatiquement écartés. Autre point de discorde entre la mairie et les autochtones de Zongo, c'est la composition de la commission d'attribution des parcelles. Le chef a réclamé depuis le début, le départ de certaines personnes de la commission qu'ils jugent peu intègres au regard de leurs passé et agissements. Ce n'est pas un secret pour le maire de Boulmiougou. Séraphine sait bel et bien que les commissions d'attribution des parcelles font l'objet de tentations diverses sur le terrain. Certaines personnes n'hésitent pas souvent à faire des propositions alléchantes à certains membres des commissions pour être attributaires. Certains n'ont pas toujours résisté à la tentation. Mais la présidente du conseil municipal de Boulmiougou croit que les commissions actuellement mises en place pour gérer les lotissements en cours dans son arrondissement sont les moins reprochables. Les méthodes mises en place offrent moins de possibilité de triche. Le groupement des jeunes de Zongo a répondu au maire sur cette question. Pour eux, Madame Maïssaratou qui représente le maire au sein de la commission n'est pas exempte de tout reproche. Et les engagements qu'elle a pris avec la population ne sont pas respectés. Pas mal de questions restent toujours en suspens. La situation de ceux dont on refuse l'attribution parce qu'ayant des parcelles ailleurs, les résidents dont les noms ne figurent pas sur la liste et aussi les lieux sacrés et de culte sont des problèmes à résoudre. Les jeunes demandent purement et simplement son exclusion de la commission d'attribution. Seraphine connait bien les problèmes de parcelles. Elle n'est pas surprise par ce qui se passe à Zongo même si selon elle, il y a de la mauvaise foi chez certaines personnes. Elle est aussi sûre d'une chose. Il n'y a que le dialogue qui permettra de résoudre le problème et de se consacrer beaucoup plus aux autres questions de développement comme les infrastructures sociales. La mairie a pu dégager à ce jour 68 983 parcelles. 59 641 parcelles ont été attribuées et 6726 demandeurs sont toujours dans l'attente. A ces gens, le maire demande toujours de patienter.

Taxis de Ouaga

Dans toutes les villes du monde, où vous débarquez, que ce soit à l'aéroport ou à la gare de train, la première chose que vous identifiez, ce sont les taxis.
Jaune à New York, rouge à Abidjan, limousines noires à Ottawa, ils vous apparaissent confortables, sécuritaires et ils le sont.
Un service organisé dans les aéroports et auto-gares vous permet d'embarquer à New York ou Ottawa par ordre d'arrivée.
A Abidjan, c'est un peu la bousculade ou à celui qui va être le plus volubile et réussir à vous embarquer. Qu'en est-il de Ouaga la belle ?
Le vert est bien apprécié comme couleur de l'espoir, de la forêt, de la douceur.
Le vert des taxis de Ouaga la belle n'est pas le problème, mais leur état de cercueils ambulants qui vous effraient dès la première vue.
Des taxis rouillés, bringuebalants, déglingués, avec des rétroviseurs manquants, des pare-brises cassés, des sièges défoncés, voilà le triste spectacle que donnent à voir les taxis de la ville de Simon. Une capitale dont le pays se targue d'être un pays de service, qui reçoit chaque jour, chaque semaine, chaque mois, chaque année des invités de marque et qui organise à tour de bras des événements culturels, politiques, socio-économiques, etc., devrait soigner son thermomètre de bienvenue.
Car les taxis sont le reflet et l'image d'une ville pour tout visiteur qui y débarque pour la première fois. C'est le baromètre sur lequel elle est jugée.
La qualité des taxis d'une ville est un aperçu de la qualité du service de transport de celle-ci.
A Abidjan, New York, ou Ottawa, c'est le client qui détermine où il veut aller et le courtois chauffeur l'y conduit.
A Ouaga la belle, ce sont les chauffeurs qui imposent aux clients où ils vont, vous laissant très peu le choix d'embarquer ou de renoncer. A vous de vous adapter à son itinéraire et non le contraire.
Avec ce très peu de choix, si vous choisissez malgré tout d'embarquer, vous tomberez des nues de constater l'état intérieur du véhicule. Estimez-vous heureux et chanceux si vous ne voyez pas le sol sous vos pieds car des taxis troués circulent allègrement sans problème aucun à Ouaga la belle.
Et que dire de la surcharge ?
Vous voyez de loin un taxi arriver; vous avez du mal (à cause de la distance et si en plus vous souffrez de myopie avancée) à percevoir s'il est déjà rempli ou pas ; vous le hélez. Il s'arrête à votre niveau, plein à craquer avec tous les sièges occupés à l'avant comme à l'arrière. Éberlué, vous demandez au chauffeur s'il y a un de ses clients qui descend. Il vous assure que non et vous fait signe de monter. Vous vous demandez où vous allez bien pouvoir vous asseoir si vous obtempérez car, à moins d'être aveugle, vous voyez bien qu'il n'y a aucune place de libre. Si vous avez signé un pacte de suicide, vous y monterez. Sinon, vous direz à ce chauffard de continuer sa route vers la mort.
La question qui taraude à la vue de ces taxis de Ouaga la belle dont on ne peut être fier comme maire de cette ville est de savoir si la question de l'image de leur ville n'a jamais effleuré ses responsables. L'autre question étant de savoir pourquoi aucun opérateur économique parmi ces nouveaux ou anciens riches de la capitale africaine d'organisations événementiels ne pense à investir dans ce secteur à priori porteur.
Pourquoi n'y a-t-il pas à Ouaga la belle comme dans les autres grandes villes du monde des taxis dignes de ce nom et des taxis-compteurs ?
Une expérience très louable avait bien été tentée dans ce sens : des taxis jaunes à compteurs qu'on pouvait appeler de chez soi et qui venaient vous amener là où vous le désiriez. Je n'ai pas compris comment et pourquoi cette expérience avait échoué.
J'ai bien posé la question aux chauffeurs des taxis verts de Ouaga la belle.
Chacun a son idée là-dessus. Certains affirment sans rechigner que c'est la mairie centrale qui a mis à genoux cette compagnie pour faire prospérer ses autobus et qu'elle a même tenté sans succès de faire pareil avec eux. D'autres soutiennent au contraire que c'est le résultat de la mauvaise gestion de l'opérateur économique de ces taxis en question. D'autres encore que c'est le trop grand nombre de vélos et de motos dans la capitale des deux roues qui empêche l'existence de compagnies de taxis fiables dans cette ville.
Je ne sais pas exactement où se trouve la vérité.
Mais je reste surprise qu'une ville comme Ouaga n'ait pas de taxis dignes de ce nom

Angèle Bassolé
Écrivaine et Éditrice

 

 

© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 30 juin 2010