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ECHOS



Situation des cours à l'université
Après la grève, il faut résoudre l'équation de la fin de l'année



Yves Dakuyo, directeur adjoint de l'UFR LAC


Par Boukari Ouoba

Entamée le 08 avril 2009, la grève indéterminée (ou illimitée) du Syndicat national autonome des enseignants-chercheurs (Synadec) a enfin connu son terme. C'est le 13 juillet dernier que le syndicat a levé le mot d'ordre de grève à l'issue d'une assemblée générale. Il était temps, à un moment où les rumeurs les plus alarmistes couraient la rue, allant de l'invalidation ou du blanchiment de l'année à une fermeture de l'université pour une durée minimale de trois ans. Maintenant que la sérénité reprend corps dans les temples du savoir, c'est la course contre la montre. Il faut rattraper les cours non dispensés.

Des trois universités du Burkina, l'université de Ouagadougou a été la plus éprouvée des récentes crises qui ont secoué notre système universitaire. Si l'on considère le début tardif de la présente année académique qui a eu lieu en février, soit quatre mois après la rentrée normale et les trois mois de grève du Synadec, cela fait sept mois perdus dans une année académique de neuf mois. Aussitôt le mot d'ordre levé, on a assisté à un regain intense des activités dans toutes les Unités de formation et de recherche (UFR). En attendant une confirmation de la part du Conseil scientifique de l'université, les vacances sont maintenues pour ce 31 juillet. Selon toute vraisemblance, un report des vacances serait préjudiciable aux personnels d'appui, aux enseignants et aux étudiants qui ont besoin de repos selon certains acteurs. Le directeur adjoint de l'UFR/LAC, Yves Dakuyo, pense qu'il est plus probable d'aller en vacances à la fin du mois. Cependant, les vacances pourraient être écourtée à un mois au lieu de deux si on veut espérer effectuer la rentrée 2008-2009 en janvier. Cette idée est partagée par le directeur de l'UFR/Sciences exactes et appliques (SEA) et le directeur adjoint de l'UFR/Sciences de la vie et de la terre (SVT). Concernant la situation des cours, l'UFR/Lettres, arts et communication (LAC) et l'UFR/Sciences humaines (SH) apparaissent comme les deux unités les plus touchées par la grève du Synadec. L'administration comme les étudiants sont convaincus de ce que le calendrier de l'année universitaire ne sera pas respecté. Mais les deux parties sont d'accord qu'il faut exécuter au mieux les cours pour n'avoir que des devoirs à faire à la reprise. Selon le directeur adjoint de l'UFR/LAC, les cours seraient exécutés à plus de 60% et les devoirs seraient à 40% d'exécution. Ces chiffres apparemment satisfaisants sont dus, selon le directeur adjoint, à l'allure satisfaisante des cours enregistrée dans la période qui a précédé la grève. Mais ces statistiques masquent des cas de retard assez poussés constatés dans certains départements. Le cas par exemple du département d'études germaniques, sur 13 matières en 2ème année, il y a encore sept qui ne sont pas encore programmées. C'est dans ce même département qu'un enseignant a dit aux étudiants qu'il ne reprendra ses enseignements que lorsqu'on aura rétabli son salaire coupé pour fait de grève. Les cours qui avaient été programmés plus tôt et suspendus pendant la grève ne sont toujours pas encore reprogrammés et s'ils sont programmés (tâche qui relève du directeur adjoint de l'UFR), ce sont les enseignants qui se font toujours attendre. En Anglais, la situation n'est pas plus reluisante. En 2ème année, il y a eu seulement trois évaluations depuis le début de l'année, correspondant aux trois matières présentement achevées. Les UFR/LAC et SH connaissent pratiquement les mêmes difficultés quant à la fin de l'année. En deuxième année de sociologie (en SH), une matière seulement est terminée et l'évaluation dans cette matière devrait avoir lieu le jeudi 23 juillet. Cinq matières programmées sont en cours d'exécution alors que cinq autres attendent d'êtres programmées. Certains enseignants pressés de finir leur programme mettent la pression sur les étudiants. Ce serait le cas pour la matière de sociologie du développement où l'enseignant, malgré la résistance de certains étudiants, tient à finir son programme avant le 31 juillet. Une série d'exposés de cette discipline devrait débuter le 24 juillet. Dans cette UFR, ce sont les départements de 1ère année de Géographie et 1ère année d'Histoire qui seraient les mieux avancés dans leurs programmes parce qu'une bonne brochette d'enseignants qui y interviennent ne seraient pas des enseignants-chercheurs, donc moins concernés par la grève du Synadec. Certains enseignants, pour aller plus rapidement, ont trouvé le moyen de faire des polycopies de leur cours pour les vendre aux étudiants. C'est le cas du cours d'économie politique à l'UFR Sciences juridiques et politiques (SJP) qui est vendu à 1250F et l'enseignant se contente d'expliquer le contenu à ceux qui ont le document. C'est une pratique très développée surtout dans les UFR/SJP et SVT. Dans cette dernière UFR , et selon le directeur adjoint, Ouédraogo Lamini, les cours théoriques sont suffisamment avancés, pour ce qui est des grandes promotions (1ère et 2ème année). Cependant, les travaux dirigés n'ont pas encore commencé par défaut de salles de cours. Les travaux pratiques ont, eux, débuté dans l'UFR, mais la progression est très lente parce que chaque discipline dispose d'un seul laboratoire pour au moins 45 groupes par laboratoire. Les évaluations en SVT seraient seulement autour de 9% selon le directeur adjoint. En SJP, c'est encore pratiquement la même situation. Il y a encore beaucoup de cours à faire, mais surtout les travaux dirigés selon les témoignages des étudiants et de Abdoul Dembélé, un encadreur de travaux dirigés. Les devoirs sont encore faiblement exécutés. La 3ème année est à trois devoirs, la 2ème année à deux devoirs et la première année attend son 1er devoir de l'année pour le 31 juillet. Deux UFR, Sciences exactes et appliquées (SEA) et Sciences De la Santé (SDS) ont fonctionné relativement bien en dépit de la grève. En SDS, la situation est même à la normale et on ne parlera pas de retard. Seulement comme la tradition le veut dans cette UFR, aucun devoir n'a encore été administré. C'est un examen groupé qui sera fait quand tous les cours seront finis. Dans cette UFR, il n'y aurait pas eu d'enseignant gréviste. En SEA, les cours, en mi-juin, étaient à 80% d'exécution en moyenne et à l'heure actuelle, c'est la programmation des évaluations qui préoccupe l'UFR selon son directeur, Karfa Traoré. A l'UFR Sciences économiques et de gestion (SEG) également, les cours sont suffisamment avancés pour certaines promotions. C'est surtout en 3ème et 4ème année de l'option Economie agricole des ressources naturelles et environnementales (EARNE) qu'il y a un besoin énorme de rattrapage des cours selon des étudiants. Les cours théoriques seraient à plus de 50% d'exécution et la priorité est accordée aux travaux dirigés qui n'ont pas encore démarré en 1ère et 2ème année.
La situation à l'université s'appréhende au cas par cas, d'une UFR à une autre et même d'un département à un autre au sein d'une même unité. Les responsables administratifs des UFR se disent rassurés quant à la fin de l'année. Mais déjà du côté des étudiants, on annonce que les résultats de l'année seront "catastrophiques" à cause, disent-ils, de l'empressement de certains enseignants. L'année sera donc bel et bien sauvée, rassure t-on. Mais à quel prix ?

 

Ranch de Nazinga
Un exemple de préservation de l'environnement

Une vingtaine de journalistes de la capitale a effectué une sortie dans le centre sud le samedi 18 juillet. Cette sortie concoctée par le Réseau d'initiative des journalistes (RIJ) et son partenaire le Service allemand de développement (DED) a été placé sous le thème de la protection de l'environnement. C'est le ranch de gibier de Nazinga dans le Nahouri qui a été choisit comme site pour permettre aux journalistes de s'imprégner des réalités liées à la thématique de leur sortie. Sur une superficie de 91300 hectares, le ranch de Nazinga serait le plus important du genre dans la sous région. L'histoire du ranch contée par son directeur, Hébié Lamoussa, révèle que le site a été d'abord une forêt classée de 38200 hectares. Ce n'est qu'en 1979 qu'il a atteint ses dimensions actuelles (91300ha, 133 Km de périmètre) pour devenir un véritable ranch. C'est un patrimoine de trente ans donc qui continue de fasciner tous ceux qui rendent visite à ce périmètre touristique pour la première fois. Ce sont les expatriés blancs canadiens qui ont eu l'initiative de faire de cette forêt un ranch. Le directeur a expliqué que le constat fait après les années de sécheresse et qui ont montré que la faune et la flore présentaient un niveau de résistance assez remarquable ont contribué à ce que les hommes développent des initiatives pour mieux les préserver. Au début le ranch était cogéré par la coopération canadienne et l'Etat burkinabé. Le ranch de Nazinga offre un potentiel important aux mordus du tourisme de vision. Antilopes, biches, singes, éléphants, etc. sont des animaux que les journalistes ont pu voir. C'est une autre sensation que d'admirer ces bêtes dans leur biotope. Pour dissuader les braconniers, le personnel du ranch a une section anti braconnage qui veille sept jours/sept et 24H/24 .
B.O


 

 

© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 31 juillet 2009