|
|
ECHOS
Soutenance de thèse
Olga Ilboudo, une militante à la barre

Par Germain B. Nama
Ce samedi 31 mai 2008, l'imagination était bien féminine
dans l'amphithéatre N°4 de l'UFR/LAC magnifiquement
décoré pour la circonstance. Nous sommes à
l'université de Ouagadougou où Madame Salmata
Olga Ouédraogo épouse Ilboudo avait rendez-vous
avec un quarteron de sommités intellectuelles devant
lesquelles elle devait faire la preuve qu'elle était
digne d'entrer comme elle l'a souhaitée dans le club
très fermé des docteurs ès Lettres et sciences
humaines.
Jeter un regard critique sur l'univers romanesque
d'Henri Lopes, c'est l'ambition de dame Ilboudo, militante des
droits de la femme, séduite par Tribaliques, cette uvre
bien connue de l'écrivain et homme politique congolais.
uvre catalytique, Tribaliques l'a été véritablement
pour elle. Ce fût le point de départ d'une recherche
obstinée, menée cinq ans durant (2003-2008). En
plus de 400 pages, l'impétrante a passé en revue
l'ensemble de l'uvre de l'auteur, à la recherche
d'une cohérence immanente en ce qui concerne la peinture
que l'auteur a faite de la femme depuis Tribaliques. Cette cohérence
est bien là et Olga Ilboudo la restitue dans une formule
qu'elle a résumé dans un sous titre à l'allure
de slogan : "quête permanente d'un mieux-être."
Les lopésiennes (c'est le nom qu'elle donne aux femmes
de Lopes) ne sont pas toutes des héroïnes, loin
de là ! N'empêche que la candidate veut néanmoins
retenir, à titre d'exemples et de symboles, celles qui
se battent pour être, pour se (re)trouver, reconstituer
la famille éclatée, rapprocher les ethnies, reconstruire
l'Afrique et le monde. Et les armes de combat ne manquent pas.
Elles sont multiformes et vont des plus légères
à l'artillerie lourde, en passant par celles qui sont
miraculeuses. Des exemples, il en existe dans chaque type. Dans
la catégorie des armes légères, on a le
silence, les mimiques (la gestuelle), les injures ou si vous
voulez le verbe considéré chez nous comme le carquois
de la femme. Les miraculeuses vont de la foi en la puissance
des (clair) voyants (ceux-là qui se targuent de voir
" clair " dans le " noir " de la vie ) à
la foi en la puissance de Dieu (l'auteur se réclame ouvertement
de cette dernière catégorie quoique de manière
non exclusive !) Et enfin les armes lourdes qui sont les élans
du cur, les agressions physiques, la résistance
et la grève du
et enfin l'art, qu'il s'exprime par
la chanson, la danse, le pinceau ou la plume. Toutes ces armes
sont déployées selon les situations et les champs
de bataille : combat contre soi-même, combat contre la
famille, combat contre des institutions sociales telles que
la dot, l'exclusion, les stigmatisations (femmes stériles,
les métis), l'humiliation des femmes intellectuelles,
la comédie de l'égalité etc
Si les
hommes ne sont pas en reste, c'est pour mieux camper les femmes
dans leur rôle de tous les jours où le rapport
à l'homme demeure permanent. Dans cet univers de femmes
et d'hommes, on entrevoit la relation privilégiée
de l'écrivain avec les femmes, "ses" femmes.
Un lien de solidarité dans leur combat pour un mieux-être.
Voilà pour la quintessence du travail que le président
du jury apprécie en ces termes : "On a dit que cette
soutenance était une première. La première
pierre est donc posée d'une manière heureuse.
Et d'ajouter : l'exposé est clair et précis. Il
n'a pas été lu mais dit en français correct
et dans le temps imparti." Les trois autres membres du
jury interviennent pour dire tout le bien qu'ils pensent de
cette étude : remarquable par sa qualité (Jean
Pierre Guingané), un plaisir global (Pr. Serge Glitho
du Togo), un travail de courage et d'effort qui par l'ampleur
et la qualité de l'analyse est une contribution essentielle
à la connaissance de l'univers romanesque d'Henri Lopes
(Pr. Bernardin Sanou). Après les louanges, viennent ensuite
les critiques car comme on le dit, aucune uvre humaine
n'est parfaite. Dans ce registre, les faiblesses relevées
se résument en trois points : au niveau de la méthodologie,
l'approche sociocritique a été privilégiée
sans avoir été définie. En outre, on note
une absence de revue de la littérature spécialisée
sur la question. Il n'y a pas d'études citées
pour appuyer le travail. Mais tous ces défauts, estime
le président du jury, sont largement compensés
par les qualités déjà relevées.
C'est donc à juste titre que le jury a décerné
la mention très honorable avec félicitations unanimes
du jury à Madame Salmata Olga Ouédraogo/Ilboudo
qui effectue ainsi une entrée triomphale au sein de la
famille des docteurs ès Lettres et Sciences humaines.
A notre tour, nous présentons nos félicitations
à madame Ilboudo qui vient de franchir une nouvelle étape
dans le combat qu'elle mène en faveur de l'émancipation
de la femme. Il lui revient à présent de prouver
que ce parchemin est véritablement un plus dans l'affirmation
de la femme dans un monde où même l'image de l'homme
est de plus en plus brouillée dans nos sociétés
SIAO
2008
Un Salon sans Miss
La
couronne de Miss Raïssa n'est pas mise en jeu cette
année
La 11è édition du Salon international de
l'artisanat de Ouagadougou (SIAO) se déroulera
du 31 octobre au 09 novembre 2008 sous le thème
"artisanat africain et circuits de distribution".
Selon les chiffres de Jean-Claude Bouda, Directeur Général
du Salon, 2000 artisans de 30 pays d'Afrique, d'Europe,
d'Asie et d'Amérique sont attendus. La biennale
de l'artisanat africain accueillera également 350
000 visiteurs et 300 acheteurs professionnels. Le prix
d'entrée reste inchangé : 500Fcfa. Des badges
d'accès permanent seront disponibles au prix de
10 000 FCFA. Au niveau des pavillons climatisés,
l'entrée passera de 250 à 200 FCFA. Manifestement,
le Commissariat général semble décidé
à donner une meilleure image au SIAO. Y parviendra-t-il
? C'est là toute la question. L'édition
2006, on se rappelle, a été émaillée
de moult difficultés organisationnelles avec à
la clé un bras de fer judiciaire entre l'agence
de communication Déficom et le SIAO. A l'époque,
Brafaso, contrairement à Brakina, n'a pu accéder
à l'espace du SIAO du fait de la rupture des relations
contractuelles entre le Commissariat général
du Salon et Déficom, l'agence qui avait été
retenue pour gérer la régie publicitaire
de cette édition. Le Commissariat reprochait à
l'agence d'avoir prospecté hors de son champ d'action.
Ce que cette dernière a vigoureusement contesté.
De tractations en tractations, l'affaire passera en justice
le 26 octobre. Le SIAO sera condamné à "entériner
les contrats de prospections passés par Déficom
Publicité". Qu'à cela ne tienne, Brafaso
ne pourra pas être rétabli dans ses droits
de sponsor ordinaire. Cette situation ouvrait un boulevard
à son concurrent, Brakina. Jean Claude Bouda déclare
que cette affaire appartient désormais au passé
et qu'ils prendront les dispositions idoines pour éviter
qu'elle ne se reproduise. Ceux qui s'intéressaient
au SIAO, en partie, à cause de l'élection
MISS vont certainement en souffrir. Cette année,
il n'y aura guerre de "reine de la beauté
africaine" ou "d'ambassadrice de l'artisanat
africain" avec une estampille SIAO. Le Commissariat
général explique "cette suspension
jusqu'à nouvel ordre" par les difficultés
engendrées par ce type de concours aux éditions
antérieures. Aïssata Barro, la Miss SIAO 2004,
a par exemple eu toutes les peines du monde pour obtenir
ses récompenses. Elle s'en était amèrement
plainte. Ce qui a sans doute contraint le SIAO à
mettre les bouchées doubles pour que la Miss 2006,
Raïssa Wynnie Zizien, ne subisse pas le même
sort. Elle a effectivement reçu les prix qui devraient
lui revenir. Mais au regard de la tournure des évènements,
on peut s'interroger sur les motivations profondes des
initiateurs de cette élection. Censée disposée
d'un programme et de moyens conséquents pour faire
la promotion de l'artisanat africain, la lauréate
se retrouve bien souvent dans la posture peu enviable
de Miss d'opérette, sinon de simple support publicitaire.
Pourquoi un brutal coup de frein après avoir clamer
urbi et orbi, la nécessité de doter le SIAO
d'une Miss qui apporterait une touche marketing à
la biennale ? Une interrogation d'autant plus soutenue
que pour certaines lauréates, la planification
aurait permis de s'apercevoir des difficultés avancées
aujourd'hui. Ce genre de balbutiements honore-t-il le
SIAO ?
Par Arsène Flavien Bationo
|
|
|