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ECHOS



Côte d'Ivoire
ADO sous des traits angéliques


Par Arsène bationo Flavien

Alassane Dramane Ouattara, une vie singulière. C'est le titre de l'essai de 247 pages qu'Ibrahim Cissé Bacongo consacre au président du Rassemblement des Républicains (RDR), surnommé ADO. Docteur en Droit, l'auteur est depuis 2005, ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique de Côte d'Ivoire. Avant d'être nommé à ce poste, il était directeur adjoint du cabinet d'Alassane Dramane Ouattara. C'est donc avec des œillères d'homme du sérail qu'il livre sa "part de vérité " sur la vie et l'action de son mentor. Pas étonnant donc qu'il en ait une vision angélique. Il lui tresse tellement de couronnes qu'on le comparerait à "l'agneau sans tâche" de la faune politique ivoirienne. L'auteur confesse d'emblée qu'il ne s'agit pas d'une biographie. Il s'y mêle tant de passion que l'œuvre peut être classée dans la rubrique du panégyrique, ce type de longs discours élogieux. En faisant la légende et l'épopée d'Alassane Dramane Ouattara, Ibrahim Cissé Bacongo entend battre en brèche toutes les intrigues et autres thèses fumeuses perpétrées pour l'empêcher d'avoir un destin national. Ainsi, place-t-il l'ivoirité, qui visait à écarter ADO de la course au pouvoir en 2000, au summum des bêtises politiciennes. Il avance que le discours haineux, tribaliste et xénophobe véhiculé par l'ivoirité ne visait qu'à présenter les Ivoiriens du Nord (d'où ADO est ressortissant) comme des envahisseurs, des étrangers. Il s'en suivra donc qu' "ADO est un imposteur et que le pays ne peut être vendu à des étrangers" ou plus encore "que la Côte d'Ivoire ne saurait au grand jamais être dirigée par un Burkinabè". Les concepteurs de l'ivoirité prétendaient en effet qu'ADO était Burkinabè alors que ses frères et sœurs de "même mère et de même père" sont reconnus comme étant Ivoiriens ! Manœuvres perfides d'hommes assoiffés de pouvoir aux yeux d'Ibrahim Cissé Bacongo ! En réalité, l'auteur estime qu'ADO a toujours été au cœur de la vie politique depuis son entrée sur la scène en 1989-1990. Brillant économiste, le président Houphouët Boigny lui fait appel comme Premier ministre au chevet d'une "Côte d'ivoire malade, baignant dans l'insouciance, la jouissance et l'hédonisme". Un "plan Ouattara" accompagné de mesures fiscales permettra de remettre quelque peu le pays sur les rails. C'est à la mort du "père de la nation", le 7 décembre 1993, que la descente aux enfers commence pour ADO. Le "dauphin constitutionnel" Henri Konan Bédié s'empressera de ravir le fauteuil de Président de la République. Une chasse aux sorcières s'enclenche. Le Premier ministre et beaucoup de ses collaborateurs sont décagnotés. C'est après les élections de 1995, largement boycottées et au cours desquelles Bédié a été élu, que le concept d'ivoirité est exhibé. ADO avait en effet clairement manifesté son intention de se présenter en 2000. Il sera d'ailleurs investi à cet effet par son parti, le RDR qui l'avait auparavant élu comme président du parti le 1er octobre 1999. Bédié usera de toutes sortes de stratégies pour empêcher la candidature d'ADO. C'est dans ce contexte qu'intervient le coup d'Etat du 24 décembre 1999 au cours duquel le Général Guéi s'empare du pouvoir. Les mêmes machinations contre ADO se poursuivront jusqu'à l'accession de Laurent Gbagbo et du FPI au pouvoir. Ce n'est qu'à travers les accords d'Accra II qu'Alassane Dramane Ouattara sera reconnu comme Ivoirien, donc éligible. Ibrahim Cissé Bacongo conclut son ouvrage sur une envolée lyrique qui ne cache point son admiration, voire sa passion pour l'homme : "(…) Homme béni du Ciel (…) authentique patriote, Ivoirien, Alassane Ouattara est un homme d'exception. Après lui avoir livré en vain un combat d'égout et surtout dégoûtant, sans morale ni règle, ses adversaires ont dû battre en retraite pour se résoudre à compétir avec lui, à la régulière. C'est une autre chance qui s'offre ainsi à la Côte d'Ivoire…" Dédicacée le 17 mai 2008 à Ouagadougou, l'oeuvre Alassane Dramane Ouattara, une vie singulière est une peinture véritablement singulière de la vie d'ADO

Un Juge hors-la- loi !
"Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit. " Voilà ce que stipule l'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'Homme. Cet article est d'ailleurs en substance repris par notre constitution en son article 7. Même si nous ne sommes pas des spécialistes du droit, nous reconnaissons néanmoins que la liberté de manifester publiquement sur la voie est garantie par tous les textes pour lesquels des hommes et des femmes ont payé un lourd tribut pour qu'aujourd'hui nous puissions vivre dans la liberté. Alors quand des juges qui sont chargés d'interpréter, de diffuser ou d'appliquer ces joyaux du patrimoine de l'humanité se trouvent en situation de violation flagrante de ces textes, cela inquiète les profanes que nous sommes. Pour la petite histoire, les organisations syndicales, à l'appel de leurs structures nationales respectives, ont décidé de commémorer la journée historique du 1er mai comme tous les travailleurs consciencieux du monde. Une autorisation dûment signée des autorités communales sous le N° 2008-095 / MATD / R-EST /P GNG / CBGD avec un itinéraire très bien précisé leur donnait l'autorisation de mener leurs activités. Pendant ladite marche, la foule a été surprise de voir une Mercedes noire 190D (11 PP 2850 BF) foncer sur elle. Ce fut la débandade chez les marcheurs pacifiques. Ce qui est choquant, c'est que 5 minutes plus tard, la même Mercedes plus déterminée déchira la foule de derrière obligeant les marcheurs à quitter les rangs et qui achève de préciser les intentions manifestement lugubres du conducteur. Ne pouvant plus se contenir, les marcheurs commencèrent à gronder. C'est alors que le conducteur, s'immobilisa et descendit. D'un air suffisant, sûr de lui-même, imbu de sa personne, sortit et prononça cette formule laconique et pleine d'absurdité : "Il y a un problème ?". Il s'agissait du Substitut du Procureur qui venait d'être l'auteur de cette forfaiture assez surprenante de la part d'un homme de droit public. Evidemment, les motifs qui justifient cette rage atrabilaire à en vouloir à des marcheurs pacifiques sont tout à fait ignorés tant l'acte est absurde.
Mais par devoir civique de démocrates vrais, nous avons assagi la foule. Toutefois, par ces temps qui courent et part dûment faite de ce qui pourrait être perçu comme une provocation visant à nous inculper de crimes dont nous ne serions pas les vrais coupables, rien n'est à banaliser car nous ne sommes pas non plus une phalange de chérubins. En effet, il est de plus en plus clair, de par ce forfait, que les mécanismes de la terreur, de l'abus du pouvoir, des intimidations sont toujours en place et restent têtus malgré notre ferme volonté de combattre ces maux qui empoisonnent la vie des citoyens. Des personnes conscientes qui se mettent au-dessus de la mêlée pour que la société voie plus clair sont fatalement en butte aux haines et à des actes irrationnels. En quoi est-il criminel de marcher contre la vie chère, l'amoralisme de l'administration publique ? En conscientiser la population en attendant d'aller le faire ailleurs mérite-t-il qu'un juge vous traite de la sorte ? Visiblement, la justice burkinabè n'est pas au bout de ses peines puisque ceux qui sont chargés de l'aider à voir plus clair dans ses réalités sont ceux-là même qui l'encombrent nuit et jour de violations flagrantes de droits humains. Dans quel type d'Etat de droit sommes-nous quand un magistrat formé pour dire et vivre le droit est celui-là même qui le viole ? Aussi, si on n'est pas d'accord avec nous, pourquoi ne pas nous affronter dans un débat public, civilisé et beaucoup plus digne de l'homme que nous voulons construire définitivement. Tout en prenant l'acte pour ce qu'il vaut de grave et de sérieux avertissement, nous adressons ces mots au Substitut du Procureur Bruno Zabsonré et aussi aux éventuels provocateurs afin d'alerter tout le monde à prendre conscience des actes graves qui peuvent se poser en cette conjoncture. Nous en saisissons le Procureur Général, l'opinion publique, et par elle le ministre de la Justice, de la Sécurité et celui de l'Administration territoriale car c'est leur devoir d'assurer la sécurité de tous sans distinction aucune.
Tout en condamnant l'acte sans réserve, nous tenons à réaffirmer notre engagement à lutter contre toutes formes de violations de droits, d'où qu'elles viennent. Un magistrat ne saurait être un super citoyen. Que le juge Zabsonré ne se fasse pas de fausses illusions sur sa prétendue puissance. Croire qu'une offense de ce genre contre les syndicats ne rencontrera qu'une passivité légendaire constitue de telles illusions dangereuses qui allument les grands feux comme celui qui a résulté de l'assassinat de Norbert Zongo. Pour terminer, nous interpellons le ministre en charge de la Justice. Un de vos agents est coupable d'actes répréhensibles sur des marcheurs pacifiques autorisés à marcher sur la voie publique. Le Peuple et l'histoire vous regardent, c'est l'occasion de faire régner le droit et rayonner la justice pour toujours n

Le collectif des syndicats à Bogandé province de la Gnagna

 




© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne:31 mai 2008