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ECHOS
Soutenance
de Mémoire
Quelle fiscalité pour l'entreprise de presse ?

Patrice W. Ilboudo pendant sa soutenance
"L'imposition de l'entreprise de presse privée
au Burkina Faso : Etat des lieux et perspectives". C'est
le sujet d'un mémoire de fin de formation du cycle A
de l'ENAREF présenté avec succès par Patrice
Ilboudo le vendredi 21 mars dernier. Le jury lui a décerné
la note de 15, 50/20 à l'issue d'un débat qui
a duré pas moins de deux heures d'horloge.
12 entreprises de presse privée et une radio associative
ont fait l'objet d'étude dans le cadre du mémoire
de M. Ilboudo. Pour cerner sa matière, il a fallu faire
le tour des entreprises concernées, compulser leur documentation
interne en rapport avec leur situation fiscale, discuter avec
les professionnels de la presse sur leurs difficultés
et leurs attentes. Le constat qui se dégage au bout de
cette démarche, c'est que la presse privée à
des spécificités qui doivent être prises
en compte si on veut lui donner les moyens de contribuer à
l'amélioration des ressources fiscales du pays. Malgré
son caractère spécifique tant du point de vue
de sa production, de sa mission de service public, sa portée
socio-politique, la presse privée ne déroge pas
pour autant au système fiscal de droit commun en vigueur
au Burkina, lequel se caractérise par son aspect déclaratif
d'une part et d'autre part par son aspect cédulaire.
La nature déclarative implique que le contribuable doit
se déplacer vers l'administration fiscale pour déclarer
ses revenus et payer les impôts et taxes correspondants.
Par sa nature cédulaire, chaque revenu obtenu est touché
par un impôt ou une taxe déterminée. Autrement
dit, si l'entreprise gagne plusieurs revenus de sources différentes,
elle doit payer autant d'impôts.
Il faut donc selon l'impétrant, trouver une formule qui,
tout en libérant cette profession indispensable au renforcement
de la démocratie, à la lutte contre la pauvreté
et au développement, apporte à l'Etat des ressources
fiscales importantes. Pour ce faire, M. Ilboudo préconise
l'institution d'un impôt global qu'il appelle Impôt
Spécifique sur les Prestations de la Presse Privée
en abrégé ISPP, l'élargissement de l'assiette
fiscale à toutes les entreprises de presse, quelque soit
leur statut, la transformation des médias publics en
sociétés d'Etat. La nécessité de
considérer les médias de la même manière
sur le plan de la fiscalité résulte du constat
que sur le terrain, ils ont les mêmes activités
et prérogatives sans toutefois avoir les mêmes
devoirs. En dépit de l'absence de simulations dont les
résultats auraient permis de juger de l'incidence des
propositions en terme de volume, l'impétrant pense que
celles-ci se traduiront par une augmentation des recettes fiscales.
Mais là ne s'arrêtent pas les propositions. Il
préconise en outre des réductions de 25 à
50% sur la contribution des patentes, de 25 à 35% sur
l'impôt sur les bénéfices en s'appuyant
sur l'article 39 bis du code général français
qui accorde aux entreprises de presse une franchise d'impôt
sur une part des bénéfices (de 30 à 60%)
et des exonérations. Celles-ci concernent la Taxe de
soutien au développement des activités audiovisuelles
de l'Etat (TSDAAE), l'Impôt sur les revenus des valeurs
mobilières afin d'encourager l'actionnariat dans le secteur
de la presse. Il propose enfin la classification des entreprises
de presse dans le régime des bénéfices
non commerciaux. Quant à la subvention d'exploitation
de l'Etat, il propose qu'elle soit transformée en subvention
d'équipement en vue d'un meilleur suivi de son utilisation.
Le jury s'est étonné de cette générosité
de la part d'un fiscaliste dont les propositions ont tendance
à faire perdre de l'argent à l'Etat au lieu d'en
faire rentrer. On en revient à cette question de la simulation
qui seule pourrait les départager. N'empêche que
l'étude aux yeux de la présidente du jury est
un véritable atout entre les mains de la DGI qui y trouvera
assurément des pistes de travail. Pour les professionnels
de la presse, elle tombe à pic, à un moment où
la profession est engagée dans un processus de lobbying
avec les pouvoirs publics !
Germain B. Nama
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Synter
Hamidou Wandaogo n'est plus

Le 16 mars dernier, Hamidou Wandaogo a été
inhumé dans la mi-journée au cimetière
de Tab Tenga. Enseignant de Biologie, il avait été
admis à la retraite en 2001. Depuis, il se consacrait
entièrement à l'Ecole Démocratique
et Populaire (EDP), une école de la CGT/B, dont
il était le Directeur Général. Mais,
qui était Hamidou Wandaogo ?
Tous ceux qui dans
les années 70 ont fréquenté les mouvements
syndicaux étudiants en France connaissent la figure
de Hamidou Wandaogo, militant de la section FEANF et AEVF
de Nancy. Il n'était pas n'importe quel militant,
mais un dirigeant. Dans l'atmosphère surchauffée
des débats estudiantins, être dirigeant,
c'est avoir une trempe de polémiste bien au fait
des grandes questions idéologiques et politiques
qui divisaient le monde. Hamidou n'était pas un
de ces polémistes enflammés, mais il avait
le don de déstabiliser un contradicteur par des
formules décisives. Rentré au pays en 1977,
il est d'abord militant du Syndicat Unique Voltaïque
des Enseignants du Secondaire et du Supérieur (SUVESS)
qui deviendra plus tard le SNESS avant de créer
avec d'autres camarades le Syndicat des travailleurs de
l'Education et de la Recherche (SYNTER). Au congrès
constitutif du Synter, Wandaogo fut élu membre
du premier bureau dirigé par Aimé Nikièma.
Nous étions alors sous le CMRPN et la naissance
du Synter qui avait d'emblée affiché une
orientation révolutionnaire était très
mal perçue. C'est ainsi que les membres du bureau
avaient été dispersés dans les quatre
coins du Burkina. Hamidou se retrouve alors à Gaoua.
Cet éloignement ne l'empêche pas d'être
présent aux réunions mensuelles du bureau
national à Ouaga. Il participe activement à
la mise en place de l'école démocratique
et populaire sous la houlette du Synter et en sera un
de ses principaux animateurs à Gaoua. Revenu à
Ouaga, il succède à la tête du Synter
à Aimé Nikièma en 1985. C'est l'année
de la grande répression dirigée par le Conseil
National de la Révolution contre les principaux
animateurs du Synter. Courageusement, il accepte cette
tâche dont il s'acquittera avec brio. Il n'hésite
pas à affronter les responsables de la direction
de la Guerre populaire au Secrétariat national
des CDR pour répondre aux convocations adressées
à des camarades entrés en clandestinité.
Sa contribution à l'unité d'action des syndicats
enseignants a été fort remarquable. Son
calme et sa pondération ont été à
cet égard des atouts décisifs. Hamidou était
un acteur discret et modeste, mais très efficace.
Il savait apprécier la contribution de chaque militant
et trouver le mot juste pour inciter à aller de
l'avant. A la tête de l'EDP, il apporte un dynamisme
nouveau. L'EDP est aujourd'hui implantée dans une
quarantaine de localités et compte plus de 9000
élèves. Son grand pari, c'était de
réussir à instituer des cours de jour. C'est
aujourd'hui chose faite. Il avait sans doute encore à
apporter quand la mort l'a surpris le samedi matin sur
le chemin de la Bourse du Travail où il allait
participer aux côtés d'autres travailleurs
à la marche contre la vie chère. Hamidou
Wandaogo est mort comme il a vécu, en combattant.
Il laisse derrière lui, une veuve et trois enfants
n
Germain
Bitiou Nama
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