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DOSSIER 3 - Vaccances
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L'ascension de Pamika

Par Michaël Pacodi

Mieux vaut tard que jamais. L'esprit de la patience que suscite ce slogan est à l'argumentaire du silence de Pamika la star (Patricia Mimi Kambou à l'état civil) dont l'absence sur la scène musicale commençait à inquiéter ses fans. A présent, les inquiétudes sont levées, Pamika refait surface après deux ans de gloire à Case Sanga 2. En rappel, Case Sanga est une compétition internationale dont l'objectif principal est la valorisation des talents artistiques en herbe dont le siège est à Bamako au Mali. C'est au cours de sa deuxième édition que l'artiste burkinabè en herbe Pamika a vu ses talents revigorés par son sacre lors de ses brillantes prestations au Mali. Déjà sa voix qui voguait de tempo en tempo présentait une fille pour qui la musique était un don. Le samedi 30 juillet dernier, l'artiste a organisé une soirée dédicace de son album au CENASA pour signer son entrée sur la scène musicale.

Ambiance festive au CENASA

Une salle remplie, des allées envahies, les fans ne se sont pas fait prier pour témoigner leur adhésion au crin musical tant attendu que seul l'artiste avait pour devoir d'assouvir. Après une sortie sur la scène sous les couleurs traditionnelles, Pamika a d'entrée de jeu " allumé " la salle. Ce fut l'occasion pour elle de rétrocéder à ses fans, à défaut de pouvoir leur offrir à toutes des CD, la fibre talentueuse de ses compositions. Parmi les huit titres de l'album, quatre ont été présentés en live dont " béogo " où l'artiste s'insurge contre la vie de débauche de la gente féminine avec des rythmiques essentiellement inspirées de la culture moaga : " le warba ". " Bomboya " qui interpelle les aventuriers à regagner la mère patrie, terre de richesse qu'il faut savoir exploiter. Des chansons comme " intégrité ", " wayo " invitent à cultiver les valeurs d'intégrité et à lutter contre certains phénomènes tels les changements climatiques. Dans l'ensemble, c'est un cocktail de sonorités musicales bien enlevées avec des rythmiques acoustiques bien choisies qui font parler la guitare, intéressant les oreilles et invitant les yeux à la contemplation pour redonner au cœur la douceur de l'âme. Chaque instrumentiste a, à tour de rôle, pu dérouler son savoir faire pour le plaisir d'un public resté éveillé et contemplatif.

De vaines promesses

Après sa brillante prestation à Case Sanga 2 qui lui a valu le premier prix, des promesses lui avaient été faites. On se rappelle le trophée qu'elle a obtenu, la promesse d'une villa d'une valeur de 15 millions de nos francs et la somme de 5 000 000 fcfa en espèce offert par Africable. La "chaîne du continent" avait également promis un clip à hauteur de 2 000 000 fcfa, promesse qui jusque là se fait attendre. Pareil pour Fanaday intertainment dont la promesse de réalisation d'un album est restée lettre morte. Au bout de deux ans d'attente vaine, l'artiste s'est fait une opinion sur ces promesses. Avec le soutien de son mari et de quelques amis, elle a pu réaliser ce que les fans attendaient depuis toujours, l'album.

Le plan de Walib

Le choix de Pamika s'est porté sur le manager, producteur, président de Burkina music export, Walib, à qui elle a confié la tâche de manager son album " merci ". Un merci qui traduit la reconnaissance de l'artiste à ses fans pour le soutien dont ils ont fait preuve lors de Case sanga. La rencontre de Pamika et Walib remonte au 26 octobre 2004 après la révélation de Pamika à la première édition de Cocktail nouvelle star de Mascotte où elle décroche le premier prix. Depuis lors, Walib suit de près l'évolution de l'artiste car il croit au potentiel don recèle Pamika. Aujourd'hui, les choses se précisent, le destin de Pamika repose entre ses mains. " L'album est de très belle facture, sa coloration, les sonorités musicales et les messages le confirment ", a-t-il laissé entendre. Il importait d'attendre la signature de la lettre de mise en demeure entre Fanaday Intertainment et Pamika pour pouvoir agir. C'est à présent fait, ce qui a permis à l'artiste de demander et d'obtenir les services du studio la ruche devenu kibaré pour la production de son album depuis un an et demi. Etant donné la crise de la discographie internationale à l'heure actuelle, se traduisant par la mévente des CD, l'intérêt des managers est désormais porté sur l'organisation des spectacles. Pour ce faire, Walib envisage de développer une stratégie de communication en y privilégiant les médias. Elle débutera, selon Walib, à partir du 02 septembre avec un accord, un partenariat de diffusion massive de spots publicitaires pour promouvoir l'artiste. Pour l'instant, aucune tournée n'est prévue. Les premiers concerts se feront entre le 1er et le 31 janvier 2011 à Ouaga, Bobo et Koudougou. Selon le manager, l'album se comporte déjà bien car plus de 150 CD ont déjà été vendus. Le CD le plus cher a été vendu au cours de la dédicace à 106 000 fcfa, signe que l'album est déjà bien apprécié. La maison de distribution de l'album se trouve au Centre Culturel Français chez Mamboné distribution. La maison label music et quelques alimentations en font également la distribution.

pacomik@yahoo.fr


RTB antenne vacances
C'est parti pour des vacances utiles


L'émission s'est faite un nom, "Antenne vacances". Depuis 12 ans, elle continue de remplir sa mission, celle d' "amener les jeunes en période de vacances à s'occuper utilement". Ces mots sont du directeur de la radio nationale, Ouezzin Louis Oulon au cours de la cérémonie de lancement de la 12ème édition, suivie de l'émission en direct de la première manche. La cérémonie a eu lieu le dimanche 22 août dans le jardin de la radio nationale en présence d'un public composé des candidats et des chefs de service de la RTB. Elle a été parrainée par Prosper Tabsoba, agent du ministère de la Santé. Pour ce dernier, " c'est simplement une fierté de parrainer cette émission qui fait la promotion des élites et qui mérite d'être pérennisée ". Il a invité les prochains candidats à mieux se préparer au regard de la prestation du jour jugée très moyenne, à la limite de l'insuffisance. Le meilleur des quatre compétiteurs s'est tiré avec neuf points sur vingt alors que le deuxième totalisait seulement six points. Les deux derniers candidats sortis à la première partie du jeu ont glané l'un zéro point et un point pour l'autre. Antenne vacances est un jeu radiophonique animé par Issa Napon et portant sur des questions puisées de l'actualité, la culture générale et les sciences de toutes natures. Le jeu distrait, cultive et récompense les meilleurs. Le gagnant de la manche (Yabré Ousou Nawa Bernard, 1ère année de Sociologie) qui a consacré le lancement est reparti avec la somme de dix mille francs et son challenger (Ali Sorry) a empoché cinq mille francs. Selon le premier, c'est depuis 2006 qu'il suit régulièrement l'amission mais il l'avait jugé au début trop au dessus de sa portée. C'est après plusieurs années d'écoute qu'il s'est décidé à s'inscrire cette année. Les candidats de ces vacances sont une quarantaine et sont en majorité des élèves et des étudiants, mais selon Louis Oulon, directeur de la radio, ils peuvent provenir de tous les milieux socioprofessionnels et de tous les âges. Antenne vacances participe de la formation des cadres de notre administration. "Ceux qui depuis 1998, au tout premier lancement de l'émission, ont été des lauréats, sont des cadres aujourd'hui de l'administration burkinabè ", a encore déclaré le directeur de la radio nationale. Ce n'est pas Bouabani Jonathan Tompoudi qui dira le contraire. Deux participations et lauréat de l'édition de 2004, il estime que la participation et l'écoute de l'émission a été d'un grand apport pour son succès en général et sa réussite aux concours de la Fonction publique où il a été reçu la même année à trois concours lui laissant l'embarras du choix. Et aujourd'hui, Tompoudi, pour répondre à l'appel de Einstein qu'il cite "rendez au moins autant de ce que vous avez appris au monde", il est présent à l'édition de cette année non plus en tant que candidat mais pour donner un coup de main à l'équipe d'organisation. "Je dois beaucoup ce que je suis à radio Burkina et à son émission antenne vacances", a-t-il insisté. Issa Napon, l'animateur qui a réponse à toutes ces questions pas toujours faciles, voit l'émission grandir et se bonifier d'année en année. "Le nombre de candidats ne fait que s'accroître.", constate-t-il. Cette année, l'accent est particulièrement mis sur la connaissance du Burkina Faso en raison de la célébration du cinquantenaire. L'animateur recommande aux candidats de toujours mettre à jour les connaissances et surtout recouper les informations récoltées sur Internet car elles ne sont pas toujours exactes La présente édition va se dérouler en 17 manches et la finale opposera à Bobo lors de la rentrée télévisuelle, les quatre meilleurs gagnants de leur manche. Le grand lauréat pourra repartir entre autres avec un ordinateur portable. Antenne vacances ne bénéficie pas seulement aux candidats inscrits. Il suffit de capter tous les dimanches et vendredis à 11H la fréquence FM 99.9 (pour ceux qui sont à Ouaga). Bonne écoute et bonnes vacances.

Boukari Ouoba

Education

Cantines scolaires
A Bakon, le directeur trafiquait les vivres

Juin 2010. Des élèves de l'école primaire publique de Bakon dans la province du Noumbiel font le siège de la circonscription de l'Enseignement de base de Batié. Venus pour y subir les examens de fin d'année, ils ont dû abandonner leurs cartables, le temps d'une marche de protestation contre leurs mauvaises conditions de vie dues à l'incurie de leur directeur. Le pécule qu'il a collecté auprès des parents d'élèves pour leur prise en charge avait été purement et simplement détourné. Mais ce n'était pas le seul forfait. L'enseignant détournait aussi les vivres de la cantine scolaire.

Ils étaient 17, les candidats à la recherche du parchemin de fin de cycle primaire (CEP et entrée en 6e) à avoir quitté Bakon pour se rendre à Batié. Leur village n'étant pas un centre d'examen, ils ont dû faire le déplacement de Batié, le chef-lieu de la province du Noumbiel, à l'instar des autres écoles dans la même situation. Pour le séjour dans la capitale provinciale, il leur a été demandé une contribution de 1000FCFA par candidat dans le cadre de leur prise en charge. A leur départ de Bakon, les maîtres qui les accompagnaient n'ont rien reçu de leur directeur comme à l'accoutumée pour la prise en charge des élèves candidats. Face à cette situation, ces derniers ont décidé de réagir par une marche dite de protestation sur les locaux de la circonscription d'Enseignement de Base (CEB) de Batié. Monsieur Da Emmanuel, l'inspecteur chef de la CEB, se serait volontiers passé de cette visite pour le moins embarrassante, lui qui ne s'attendait pas à pareille mésaventure. Malgré tout, sa réaction a été très prompte. Il enjoignit le directeur d'école, le sieur Célestin Somé, de restituer la somme détournée. Devant la tournure inattendue des événements, M. Somé n'a eu d'autre choix que d'obtempérer. Dans la foulée, l'inspecteur chef, décida de régler l'autre partie de la note de frais qui devait normalement incomber à la mairie. Et voilà donc que par un geste stupide de son directeur, l'école de Bakon s'est retrouvée sous les projecteurs. Et comme le malheur n'arrive jamais seul, l'incident de Batié allait révéler une autre escroquerie à laquelle se livrait le directeur de l'école de Bakon. C'est par un coup de fil anonyme dénonçant les pratiques de M. Somé que le dispositif de contrôle va être mis en branle.

Trafic de vivres à l'école de Bakon

Dans le cadre des cantines scolaires, nombre d'écoles primaires sont dotées en vivres par le MEBA. A l'école de Bakon, le directeur s'était transformé en commerçant, vendant une partie des vivres aux boutiquiers et restaurateurs de la place. Les dotations portaient sur le riz conditionné dans des sacs de 50kg, la semoule de maïs également de 50 kg et l'huile dans des bidons de 20 litres. Le mode opératoire consistait à prélever une partie du produit des sacs qu'il reconditionnait dans d'autres sacs, à la manière des faussaires du circuit des ciments. On s'arrangeait pour masquer la supercherie dans l'enregistrement des sorties de vivres. Ainsi, les quantités de vivres préparées ne sont pas celles qui sont portées sur les cahiers de sortie. Celles-ci étaient systématiquement majorées pour les faire correspondre aux quantités détournées. Les fraudeurs étaient d'une telle cupidité qu'ils ne se rendaient pas compte qu'ils englobaient même des jours fériés dans leur comptabilité, alors que les cantines ne fonctionnent que les jours de classe. Dans le but de gagner plus, on trichait également sur les effectifs des élèves. Mais il y avait là un problème. A chaque fin d'année, les écoles sont chargées de transmettre les résultats à l'inspection pour des raisons d'administration et de planification scolaires. Comment faire pour que le manège ne soit pas découvert ? Eh bien, pour contourner la difficulté, le surplus d'élèves va être soigneusement classé dans la rubrique " abandons ". Ainsi, le tour est joué. Tous ces stratagèmes sont imaginés pour augmenter les gains. Ce seront donc 9 sacs de semoule, 7 sacs de riz et 2 bidons d'huile représentant une contre valeur de 246 000FCFA qui ont pu être ainsi détournés. L'estimation est faite sur la base des prix du marché.

Des complicités dans le circuit

De toute évidence, le directeur de l'école de Bakon n'a pas pu agir seul. Certains affirment que si le pot aux roses a été découvert, c'est parce que le directeur n'était pas assez généreux. C'est donc son égoïsme qui l'aurait perdu. Dans cette solidarité mafieuse, certains directeurs d'école se montreraient très généreux envers leur hiérarchie à travers de petits cadeaux régulièrement offerts. Par retour d'ascenseur, ces derniers sont généralement maintenus à leur poste aussi longtemps que possible. Mais il s'agit là d'une coterie délictuelle qui menace l'existence même de l'école, surtout dans les zones rurales, quant on connaît l'importance de la cantine dans la fréquentation scolaire. Près de 5 milliards de FCFA sont annuellement consacrés par l'Etat burkinabè aux cantines scolaires. Malgré l'importance de cette somme, elle s'avère largement insuffisante au regard du boom des effectifs ces dernières années. Et ce sont ces efforts que des enseignants indélicats menacent de réduire à néant. L'école burkinabè a amorcé ces derniers temps un tournant vers la mise en place de cantines endogènes destinées à être entièrement prises en charge par la communauté. L'idée est que ces cantines vont être entretenues à partir des produits de champs, de jardins scolaires ainsi que de vergers communautaires. L'expérience est déjà en route dans près de 2000 écoles à travers le pays. Il est certes encore trop tôt pour en faire le bilan, mais l'implication consciente de la communauté dans la gestion des cantines est assurément l'antidote aux dérives constatées dans certaines écoles et qui, si l'on ne prend garde, risquent de faire tache d'huile et ruiner ainsi tout espoir de développement de l'école burkinabè n

Daniel Ollo Palé
et Germain B. Nama

L'UGEB, cinquante ans après
L'Union tient régulièrement ses instances

Les conseillers avec en première ligne, des invités lors de la clôture - Le bureau du comité exécutif de l'UGEB


L'Union Générale des Etudiants Burkinabè UGEB a tenu les 19, 20 et 21 août 2010 son Conseil syndical ordinaire. Deuxième instance la plus importante de l'Union après le Congrès, le Conseil syndical a lieu ordinairement tous les deux ans et se situe entre deux Congrès. Le présent Conseil syndical a fait le bilan à mi-chemin des Actes pris en 2009 lors du dernier Congrès, le 24ème de l'Union, tenu en août 2009. Le Conseil a regroupé des conseillers venus des cinq sections. Les Sections nationales sous l'appellation Association Nationale des Etudiants Burkinabè (ANEB/Ouaga, ANEB/Bobo, ANEB/Koudougou) étaient les mieux représentées proportionnellement à la taille de leurs universités. La section de Dakar, Association des Scolaires Burkinabè de Dakar (ASB/Dakar) était également représentée par une délégation. Quant à l'aînée des cinq, l'Association des Etudiants Burkinabè de France (AEBF), elle n'a pu faire le déplacement de Ouagadougou mais son rapport d'activités est parvenu aux conseillers. Pendant les quarante et huit premières heures, les travaux se sont déroulés à huit clos au cours desquels les différents rapports ont été lus et amendés avant d'être adoptés par le Conseil. Les activités publiques ont eu lieu au dernier jour avec la conférence publique sur le thème "50 ans d'indépendance, quels bilans pour la jeunesse populaire ? " La conférence qui a duré de 8H à 15H a été animée par un couple d'homonymes, André Tioro, militant du MBDHP et André Tibiri, anciens président de l'ANEB/Ouaga et de l'UGEB, actuellement militants de l'ODJ. La cérémonie de clôture prévue pour 17 heures est intervenue finalement après 19H, compte tenu selon le président de l'Union, Moumouni Derra, de l'extension des débats lors des travaux internes. La cérémonie de clôture a connu la présence de personnalités et de structures partenaires que sont l'Association des Elèves et Scolaires de Ouagadougou (AESO), de l'Organisation Démocratique de la Jeunesse (ODJ), du Syndicat National des Avocats du Faso (SYNAF), l'Association Social Alerte du Burkina (ASAB), de l'Association des femmes KEBAYINA, du Mouvement Burkinabè des Droits de l'Homme et des Peuples (MBDHP) et de la Confédération Générale des Travailleurs du Burkina (CGTB). La tenue du Conseil intervient au moment où l'Union célèbre ses "50 années d'existence et de luttes ". L'UGEB a été créée le 27 juillet 1960 et dans ce sens, dira Me Bénao du SYNAF, elle est " l'aînée du Burkina en tant qu'Etat " et elle a "non seulement le droit mais le devoir et l'obligation de conseiller le Burkina Faso sur le chemin de la démocratie et de l'alternance.". Le Conseil a recommandé, dans sa résolution finale, aux militants et aux Sections de se mobiliser pour la célébration des 50 ans de l'UGEB.

Boukari Ouoba



 


 


© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 1er Septembre 2010