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DOSSIER
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Education Gouvernement/SYNADEC
Par Germain B. Nama Au fil du temps, le bras de fer entre le gouvernement
et le Synadec est en train de changer de terrain. Après la
liquidation de la dette sociale, le gouvernement avait cru pouvoir
différer les discussions sur la revalorisation du statut de
l'enseignant chercheur. Mais ces premiers succès semblent plutôt
avoir galvanisé les enseignants, plus que jamais décidés
à profiter de la dynamique pour engranger le maximum d'acquis.
L'installation de la grève dans la durée avec les risques
qui pèsent sur l'année académique placent désormais
l'opinion publique au centre de la lutte que se livrent les deux camps. Les contraintes juridiques La revalorisation de l'enseignant chercheur explique-
t- on du côté du gouvernement, n'est pas seulement une
question salariale. Elle comporte certes des conditions financières
et matérielles, mais on souligne volontiers sa dimension académique,
pédagogique et éthique. Mis sous pression, le gouvernement
n'a d'autre choix que de se soumettre aux négociations ici
et maintenant. Difficile d'user durablement de faux fuyants pour refuser
d'affronter les enseignants. L'opinion publique ne comprendrait pas
une telle attitude, alors que la cessation des activités académiques
a entraîné une quasi paralysie de l'université.
Mais la pression des enseignants n'en place pas moins le gouvernement
dans un dilemme. En effet, ceux-ci font de l'adoption d'une nouvelle
grille salariale, une priorité, ce qui selon la thèse
du gouvernement ne peut se faire que par la voie législative.
Le chronogramme proposé fixe le terme de l'adoption de la loi
à mai 2010 et les textes d'application à septembre de
la même année. Les incidences budgétaires ne sont
attendues qu'à partir de janvier 2011, une échéance
jugée trop longue pour le Synadec. Pour le syndicat, il n'y
a aucune garantie que ce qui sera adopté en 2010 prendra en
compte ses exigences, surtout qu'il n'est pas sûr d'être
en mesure de les faire valoir en 2011. Pour le gouvernement, s'embarquer
dans la logique du Synadec comporte le risque de violer le sacro-saint
principe de la séparation des pouvoirs, qui veut que le parlement
légifère en toute indépendance. Mais le plus
éprouvant pour le gouvernement, c'est le sentiment que l'intransigeance
syndicale procède d'un total manque de confiance en sa parole.
"On veut nous humilier", lance avec un certain dépit,
un ministre négociateur " Ils savent que nous sommes pris
à la gorge, à cause des enfants, alors ils ne lâchent
pas !" Avec les appels à témoin en direction de l'opinion publique, l'on est entré dans une situation ubuesque, d'autant que tout le monde convient qu'il n'y a pas d'autre solution que de retourner à la table de négociation. Malgré l'impression que l'on donne au niveau de la partie gouvernementale de ne pas vouloir discuter de la grille salariale, ce dossier pourrait être au menu des prochaines discussions. Les questions soulevées par le gouvernement, en dépit de leur pertinence ne conduisent pas forcément à l'impasse. On ne voit pas pourquoi, on ne pourrait pas engager dès maintenant une discussion sur le statut particulier de l'enseignant chercheur, auquel viendrait s'adosser une nouvelle grille salariale. Les conclusions des négociations pourraient donner lieu à un projet de loi à soumettre au parlement. Ce dernier qui n'est pas en dehors de la société et qui a déjà reçu croît-on savoir les responsables du Synadec connaissent parfaitement la situation et l'urgence qu'il y a à en sortir. Ce serait véritablement le choix de la sagesse, en lieu et place de l'affrontement catastrophique que d'aucuns annoncent. En effet, la sortie médiatique d'un certain mouvement dénommé MFEE ainsi que les menaces terroristes proférées à l'encontre de Magloire Somé, Secrétaire général du Synadec pourraient faire penser à une prochaine escalade dans le conflit. Sans doute ces développements traduisent des mouvements d'humeur ou des signes d'énervement. Mais le dossier universitaire est si sensible qu'il serait hasardeux de se laisser déborder. Si on assure côté gouvernemental qu'il n'y aurait ni invalidation ni année blanche, en raison du système modulaire, il reste néanmoins à craindre qu'une escalade du conflit dans les jours à venir n'installe à jamais sur le campus un état d'esprit préjudiciable à l'exercice des activités académiques. Apparemment, chaque partie semble appeler de ses vux la réouverture des négociations. Mais de toute évidence, il faut de la bonne volonté de part et d'autre. Le gouvernement dit avoir fait un geste. C'est un fait. Mais il peut en faire un autre. Le Synadec de son côté veut être rassuré et plaide pour la signature d'un accord, quitte à étaler dans le temps sa mise en uvre. C'est une base pour une reprise rapide des négociations. Pour le reste, chacun saura faire preuve de la hauteur d'esprit nécessaire. Dans cette affaire, le temps n'est l'allié de personne. La situation est trop sensible pour oser un tel risque. Il vaut mieux aller vite à un compromis et signer une paix des braves.
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L'Evénement - Déc. 2001 | ||||||