Les
personnes albinos
Condamnés depuis le berceau

Fabre Sanou, Président de l'ANIPA
Par Abdoul Razac Napon
Entre pauvreté, mépris, méfiance
et humiliation, ils cherchent leur place dans une société
où la différence est incomprise. Ils sont victimes des
nombreux préjugés qui les marginalisent. Ces préjugés
font d'eux des objets sacrificiels, des devins ou des génies.
L'Afrique est le continent où ces personnes sont persécutées.
Dans cette situation, les uns choisissent de crier leur colère
et les autres se renferment sur eux. A travers le monde, les albinos
s'organisent donc pour réclamer plus de justice et du respect
de leurs droits. Les albinos du Burkina font aussi entendre leurs
cris de détresse.
Issaka Nikiéma et plus d'une vingtaine personnes réunis
le 8 février dernier sont "blanc" mais nés
de parents noirs. C'était à l'occasion de l'inauguration
du siège de l'association pour l'intégration des personnes
albinos. Ils n'ont rien à voir avec toutes ces femmes et hommes
qui ont choisi de décaper leur peau pour se blanchir. Ils estiment
pour leur part que la blancheur de leur corps constitue un handicap.
La création de l'association pour l'intégration des
albinos dans la société montre qu'il y'a un problème
de respect des droits de ces personnes.
Selon Fabré Sanou le président de l'association
des personnes albinos au Burkina (ANIPA), les albinos sont victimes
de beaucoup de préjugés et d'exclusion.
La seule différence de la pigmentation fait des personnes albinos
des êtres anormaux. La société traditionnelle
par exemple ne peut pas comprendre que des parents noirs donnent naissance
à une personne de couleur blanche. Dans un univers où
tout le monde est noir, il est difficile pour la société
de comprendre et d'accepter cet être sans chercher une explication.
Malheureusement, l'ignorance de la science sera un terrain fertile
pour les superstitions et toutes sortes d'imaginations. C'est ainsi
que naîtront certaines imageries pour approfondir les croyances,
souligne Ludovic Kibora, anthropologue à l'Institut national
des sciences de la société. Au Burkina et dans beaucoup
de pays d'Afrique, des explications les plus fantaisistes ont été
utilisées pour expliquer la naissance des albinos.
La première victime, c'est la mère de l'enfant. On reproche
à cette dernière d'avoir dormi à la belle étoile
pendant sa grossesse ou d'avoir violé des interdits, confie
Fabré Sanou. Ce qui est sûr, dans l'imaginaire des gens
c'est que la femme a commis un tort. Elle s'est mal comportée.
Le résultat, c'est la sanction des ancêtres. Dans le
meilleur des cas, la société punit les deux parents.
L'albinos est perçu souvent comme la réincarnation d'une
personne décédée, ajoute M. Kibora. Il est alors
la représentation d'un être qui a été sanctionné
pour mauvaise conduite pendant sa première vie sur terre.
Les gens ont de ces croyances qui font croire que les albinos ont
des pouvoirs surnaturels, qu'ils sont des grands sorciers, indique
Fabré Sanou. Dans ces superstitions qui s'accompagnent de crainte,
de peur, l'albinos est jugé comme un être maléfique.
Un être qui apporte malheur dans la famille et dans la société.
On lui attribue des pouvoirs mystico religieux, affirme l'anthropologue.
L'enfant albinos sera ainsi marginalisé par un bannissement
moral* à son égard. Dans le pire des cas, le bébé
albinos ne bénéficiera pas de la protection de ses géniteurs.
Ces derniers l'accusent souvent de porter la poisse à la famille.
L'anthropologie explique certains infanticides par le rejet de cet
enfant maudit. Les parents ne se poseront pas de question pour éliminer
cette malédiction. Il existe plusieurs formes d'extermination
discrètes de l'enfant, pendant un bain ou par l'intermédiaire
de tueur professionnel. Ces méthodes sont utilisées
par certains parents, souvent avec la complicité de la société.
Des chasseurs d'albinos
à Ouagadougou
Le paradoxe, c'est ce que M. Kibora qualifie d'ambivalence;
les albinos considérés comme êtres maléfiques
sont recherchés pour leur pouvoir de richesse. Ils seraient
capables de provoquer la richesse. Ils sont donc aussi bien sacrifiés
pour conjurer des sorts que pour acquérir des biens matériels,
la chance et l'argent. Dans certains pays africains, c'est une chasse
à l'albinos qui s'est installée. Les albinos vivent
donc dans une peur permanente.
Au Burkina, le phénomène n'a pas la même ampleur
que dans certains pays. Cependant, le sacrifice des albinos existe.
Selon le président de l'ANIPA, en 2007, deux albinos, une fille
et un garçon ont échappé à une tentative
d'enlèvement à Ouagadougou.
Certains organes des albinos seraient beaucoup prisés par des
candidats aux différentes consultations électorales.
Pendant ces périodes, Fabré Sanou affirme que les albinos
doivent observer une grande prudence.
A défaut des organes plus conseillés par les marabouts
et autres grands féticheurs, certaines personnes se rabattent
sur les cheveux, les ongles. L'albinos est perçu comme un objet
sacrificiel. La force de la loi dissuade et de plus en plus ces gens
font recours à la forme sacrificielle la moins visible. Ce
sont les cheveux et les ongles qui sont aujourd'hui recherchés,
fait savoir Ludovic Kibora. "On prend soins de nos cheveux lorsqu'on
veut se coiffer. Il paraît qu'il y a des gens qui les prennent
pour faire du mal", affirme Bernard, un jeune de 21 ans, vendeur
de carte de recharge téléphonique. Il affirme qu'il
n'a jamais subi de discriminations. Les histoires sur les albinos,
il entend aussi parler.
Le président de l'ANIPA reconnaît également que
dans le milieu, la région de l'Ouest qui l'a vu naître,
l'albinos n'a pas de problème. Au siège de l'association,
les parents qui ont accompagné leurs enfants sont aussi surpris
de ces préjugés. Le père d'Issaka Nikièma
a trois enfants albinos. Ils les aiment comme ses deux autres non
albinos. C'est la même chose pour Mme Kaboré qui a aussi
trois enfants albinos. Elle n'a jamais constaté une discrimination
dans son entourage. Le principal souci pour les parents, ce sont les
ennuis de santé.
Les regards sur l'albinos n'ont pas évolué
Les
enfants albinos sont stigmatisés à l'école
Mais il faut reconnaître que la naissance d'un
enfant albinos reste toujours source de polémique, de surprise,
de curiosité.
Ce qui fait dire à l'anthropologue que le regard sur les albinos
n'a pas beaucoup évolué. Presque partout au Burkina,
le sacrifice à des fins rituelles n'a pas existé. C'est
avec l'influence des autres cultures que le sacrifice des personnes
albinos s'est introduit. Cette chasse aux albinos est un phénomène
qui vient ainsi s'ajouter aux nombreuses difficultés que ceux-ci
vivent déjà.
L'enfant albinos au Burkina nait marginalisé, déclare
le Pr N Médah. L'albinos n'est pas comme les autres enfants.
Il souffre des tares physiques et psychologiques. Il n'est pas conseillé
à celui-ci de s'exposer au soleil. Il ne peut donc pas sortir
comme ses camardes. Le soir, les parents doivent s'assurer que leur
enfant est rentré tôt parce qu'il est malvoyant. Celui-ci
doit avoir toujours sur lui une crème de la peau pour éviter
les brûlures du soleil.
Quelques soit la volonté des parents et de l'albinos, il ne
pourra jamais exercer certains métiers. "Vous avez beau
être riche, votre enfant albinos ne pourra jamais être
pilote, géographe", affirme l'ophtalmologue.. Fabré
Sanou est titulaire du BEPC et fonctionnaire de l'Etat. Il enseigne
le braille. S'il enseigne dans une école pour malvoyant et
aveugle, ce n'est sûrement pas un choix. "Mon il
est 1/10 et l'autre 3/10. Certains disent que je suis courageux pour
circuler à moto. Mais je vais faire comment ?", s'interroge-
t-il En effet, l'albinos a une baisse de l'acuité visuelle.
C'est pourquoi d'ailleurs on enregistre au niveau de ces personnes,
beaucoup d'échec scolaire. Ils sont nombreux qui ne franchissent
pas le cycle primaire. Les écoles sont mal adaptées
à leur environnement. La moquerie des autres camarades qui
ignorent et assimilent vite l'enfant à un aveugle, le manque
d'enseignants spécialisés et la méconnaissance
des problèmes des albinos sont les causes de nombreux abandons.
Au Burkina, même si l'albinisme est reconnu comme un handicap,
il n'existe pas d'écoles spécialisées, et les
enseignants ignorent les problèmes de ces enfants. Dans la
vie active, pour certaines activités, il est souvent mis à
l'écart. Fabré Sanou indique que souvent, c'est pour
le bien de la personne. "On sait qu'il ne peut pas participer
à ces activités", souligne-t-il. Le regard de l'autre
reste aujourd'hui, le plus sérieux handicap pour leur épanouissement.
Les regards de mépris, de méfiance, de peur qui montrent
qu'il n'est pas normal enfoncent davantage. "L'albinos sait qu'il
n'est pas comme les autres, les regards sont gênants. Le vrai
problème, c'est le regard, ce qu'autrui pense de lui. Il faut
donc les mettre en confiance, leur apporter un réconfort",
préconise le Pr Médah.
L'ensemble de ces exclusions nourrit un sentiment d'infériorité,
une perte d'estime de soi qui bloquent la réussite scolaire
et sociale de l'albinos. Il le vit comme une humiliation. Selon M.
Kibora, l'enfant se replie sur lui-même. Deux réactions
apparaissent plus tard dans la vie de l'individu : une réaction
de révolte ou d'acceptation.
Les albinos au Burkina vivent des situations difficiles pour leur
insertion dans la société. D'où il faut comprendre
tous le sens du combat pour l'intégration des personnes albinos.
Très peu scolarisés, un cadre malsain pour la scolarisation,
et une santé précaire dans une paupérisation
ambiante, ils ont de la peine à trouver du travail. Il suffit
de regarder la représentativité des albinos dans les
emplois qualifiés.
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Tanzanie, des albinos pourchassés
vivent terrés et terrorisés
En Tanzanie, les jambes, les bras, la peau, la
langue et les cheveux de l'albinos valent des milliers de dollars.
Ils sont recherchés pour leurs pouvoirs soi-disant magiques.
Alors ils se cachent. Plus de 43 albinos ont été
assassinés l'année dernière dans ce pays
- sans compter les nourrissons tués par leurs propres
parents. Les sorciers utilisent les organes et les os des albinos
dans des décoctions porte-bonheur qui, selon les croyances
locales, permettent aux chercheurs de diamants de trouver des
brillants tandis que des pêcheurs utilisent leurs cheveux
pour appâter les poissons du lac Victoria. En février
2008, Mariam Emmanuel, cinq ans, fut ainsi assassinée
dans sa chambre. "En pleine nuit, trois hommes sont arrivés
avec des torches. Ils l'ont empoignée et l'un d'entre
eux a sorti un grand couteau. Un homme l'a égorgée
tandis qu'un autre la maintenait. Elle se débattait",
raconte sa soeur Mindi, 12 ans, alors cachée sous ses
draps. "Ils ont recueilli son sang dans un pot, l'ont bu,
puis ont coupé ses deux jambes au niveau du genou et
ont coupé sa langue. Ils ont mis tout ça dans
un sac et sont partis", poursuit la fillette terrorisée.
Dans ce pays, certains se sont réfugiés dans les
hôpitaux de Dar es Salaam, mais dans les villages, ils
restent exposés. Une école pour aveugles est devenue
un sanctuaire pour les petits albinos. Selon une association
locale des personnes albinos, les informateurs peuvent recevoir
100 dollars pour repérer un albinos vulnérable.
Les meurtriers en gagnent des milliers. Une récente enquête
du Parlement burundais révèle que certains membres
et organes des albinos sont écoulés sur le marché
sous-régional de la sorcellerie, comme en Tanzanie voisine,
moyennant d'importantes sommes d'argent.
Source : AFP
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L'albinisme, une maladie
héréditaire peu connue et négligée

Les préjugés sur l'albinos résultent d'une ignorance
ou d'une méconnaissance des causes de l'albinisme. Cette méconnaissance
alimente et entretient les interprétations les plus absurdes.
Pour les scientifiques, les superstitions ne sont que des explications
pour combler un vide.
Selon le Pr N Médah, professeur agrégé d'ophtamologie
à l'université de Ouagadougou, et chef du service d'ophtalmologie
au CHU Yalgado de Ouagadougou, l'albinisme est une maladie génétique.
Elle est donc héréditaire. C'est un ensemble de maladies
héréditaires liées à la réduction
ou à l'absence de synthèse de mélanine. La mélanine
est une substance noire qui colore l'il, les cheveux et la peau.
La réduction ou l'absence de la mélanine au niveau de
la peau, de l'il et des cheveux expose non seulement ces différentes
parties, et altère aussi leur fonction. Cette substance a un
rôle protecteur de la peau et de l'il. La mélanine
elle-même est l'association de deux produits. Elle détermine
les différentes couleurs chez l'individu.
Il existe trois types d'albinisme : l'albinisme occulo-cutané,
l'albinisme occulaire et l'albinisme complexe le plus grave et mortel.
"L'albinisme occulo-cutanée est le plus rencontré
et dans le cas d'albinisme complexe, les enfants meurent en bas âge",
fait savoir le professeur. Il indique que l'albinisme est une maladie
universelle. Ce n'est pas non plus une maladie spécifique des
humains. Des cas d'albinisme se rencontrent aussi chez les animaux.
L'albinisme n'est pas une sanction ou une malédiction mais
une maladie comme les autres maladies génétiques causées
par la mutation de gènes. L'albinisme occulo-cutanée
plus fréquente et connue, qui atteint les cheveux, la peau,
les yeux est le résultat de l'altération de six gènes,
précise le Pr Médah. Ce n'est donc ni la réincarnation
encore moins un sort. Le professeur d'ophtalmologie affirme que dans
le monde, l'albinisme représente un cas pour 20 000 naissances.
Dans certains pays africains, le ratio est de 1 cas pour 1000 naissances.
Le Pr Médah pense que l'albinisme doit être classé
parmi les maladies les plus graves. Elle met en danger la vie du sujet.
Celui-ci attire l'attention également sur les conséquences
physiques. L'albinos souffre aussi bien dans son corps que dans son
âme.
Malvoyant et exposé
au cancer de la peau
Dans l'albinisme, la fonction visuelle est constamment
atteinte. 25% des nygtamus sont des albinos. Le nugtamus est un mouvement
pendulaire de l'il. L'il bouge beaucoup, avec des phases
rapides et lentes. Il est la cause de 5 à 10% de malvoyance
dans le monde. On a également constaté que chez l'albinos,
l'il est transparent et facilement traversé par la lumière
avec un iris bleu. Il n'est donc pas étonnant que les esprits
non avertis assimilent ces personnes à des sorciers. Pour les
spécialistes, c'est dû à l'absence de cette précieuse
mélanine qui n'a pas permis la formation de la chambre noire
qui se charge de capter la lumière.
La mélanine protège la peau et les yeux contre les rayons
ultraviolets de la lumière ou du soleil. C'est cette substance
qui empêche la pénétration de la lumière
dans l'il et des UV dans la peau. Elle participe ainsi au système
de défense humanitaire de l'organisme. Son absence ou sa réduction
engendre inévitablement plusieurs problèmes et réactions
chez l'albinos. Ce dernier a peur de la lumière. Ce sont des
personnes qui souffrent aussi de trouble visuel et elles sont obligées
de se pencher pour lire.
Les ophtalmologues précisent que la mauvaise vision chez l'albinos
ne peut pas être traitée. Il traînera cette baisse
d'acuité visuelle toute sa vie. Jusqu'à présent,
la science peut seulement améliorer cette vison en la corrigeant.
Un albinos même corrigé ne verra pas normalement. On
ne peut pas supprimer le handicap, déclare le Pr Médah.
Fabré sanou afirme, pour sa part, que ses parents ont fait
le tour des ophtalmologues sans trouver une solution. Il s'est finalement
résigné à supporter son handicap. "Les troubles
peuvent être corrigés par des lunettes de forte puissance
ou par des opérations médicales", affirme le Pr
d'ophtalmologie. Les verres teintés diminuent la quantité
de lumière qui pénètre dans l'il. Il a
par ailleurs observé que les albinos n'ont pas les mêmes
degrés d'infection. D'après le Pr, certains sont plus
atteints que les autres. D'autres ont même une vision normale.
Celui-ci insiste pour le suivi des sujets. "Les albinos doivent
être aidés depuis l'enfance. Un albinos qui a été
corrigé à temps peut vivre mieux. Mais s' il est sans
aide visuelle, il sera au bas de la société pour toujours",
a t-il souligné.
Les complications rendent l'enfant albinos vulnérable. Il n'a
pas les mêmes aptitudes que les autres enfants. Ce handicap
visuel à lui seul suffit pour comprendre les nombreux échecs
à l'école. C'est pourquoi il est indispensable qu'un
traitement particulier leur soit réservé si l'on veut
qu'ils réussissent à l'école. "L'éducation
de l'albinos ne doit pas se faire sans l'aide. Il n'a pas les mêmes
aptitudes que les autres. On ne peut pas faire un même enseignement",
insiste le Pr Médah.
La forme la plus visible de l'albinisme est la coloration de la peau.
Les enfants naissent blancs, puis progressivement, la peau pigmente
jusqu'à atteindre une couleur crème, les poils et les
cheveux deviennent jaunes roux. Les dermatologues expliquent cette
coloration par l'absence de la mélanine. Le corps est alors
exposé aux attaques des rayons UV. La complication la plus
grave est la survenue d'un cancer de peau. Tout comme pour les yeux,
il n'existe pas de traitement. Il est seulement recommandé
la protection et la surveillance du corps. Les spécialistes
conseillent un suivi régulier du malade. Ce qui permettra de
détecter très tôt les signes précancéreux.
La meilleure protection, selon les dermatologues, c'est le port de
chapeau, de manches longues et des pantalons. Le visage, les mains
et les pieds qui sont découverts doivent aussi être protégés
par des crèmes à renouveler toutes les deux heures.
Pr Tall
"Ils sont stigmatisés depuis leur naissance"
La souffrance d'une albinos mendiante dans les rues
de Ouagadougou a suscité une mobilisation de médecins.
Ces médecins vont rapidement mettre en place une équipe
pour aider les albinos. Cette idée de former un comité
de soutien aux albinos est venue de l'épouse d'un ex-ambassadeur
de France au Burkina. "Cette dame avait été attendrie
de voir la souffrance de la femme albinos mendiante", déclare
le Pr François Housseini
. Le comité scientifique
ainsi mis en place est composé d'un pédiatre, d'un ophtalmologue,
d'un dermatologue et un représentant de l'ordre de Malte au
Burkina. Ces professeurs s'étaient donné pour objectif
de soulager la souffrance des albinos en appuyant l'Association Nationale
de Personnes Albinos (ANIPA). Ces derniers ont constaté que
les personnes albinos sont confrontées pour la plupart à
de gros problèmes économiques, issues de familles pauvres
et démunies. Ils ne peuvent pas s'offrir de consultation encore
moins se payer de crème ou de lunettes. A tous ceux-ci, il
faut ajouter l'ignorance. En quatre ans d'exercice, le comité
scientifique a alors organisé des séances hebdomadaires
de consultation, de distribution des crèmes et de lunettes.
Selon le comité, plus de 180 verres solaires ont été
distribués. Il est prévu l'ouverture d'un deuxième
centre de consultation à Bobo. L'assistance et le suivi gratuit
des albinos ont été axés sur trois principales
actions : un dépistage précoce de la maladie, une action
de prévention et de surveillance. Ces actions permettent ainsi
d'améliorer la vie de ces personnes en évitant les complications
comme le cancer de la peau, les brûlures de la lumière
etc. "Le jour de l'inauguration du dispensaire, ils sont sortis
nombreux. On ne pouvait pas s'imaginer qu'ils étaient si nombreux.
Les albinos rasent les murs,", affirme le Pr Tall. C'est avec
beaucoup de regret que ce dernier constate que les albinos sont condamnés
dès leur naissance. A cause de leur handicap, ils sont marginalisés,
défavorisés, peu scolarisés et même persécutés.
Mais malgré le dévouement et la volonté de ce
comité scientifique, les limites apparaissent très vite.
Tous ces professeurs ont un calendrier très chargé.
Ils leur manque le minimum pour faire ce bénévolat.
Ce qui se ressent sur les prestations. Le Pr Tall invite l'ANIPA à
profiter de cette occasion pour mobiliser des moyens par des plaidoyers
pour organiser les consultations et d'autres activités.