|
DOSSIER
3 ..... Par Germain B. Nama Ce n'était donc pas fini ? On l'avait pourtant cru depuis que le Pasteur Freeman Compaoré avait fait connaître le dernier mot du gouvernement sur la question : " les cas des militaires ne relèvent pas de la violence en politique ". Nous avions en son temps titré : " Droits bafoués pour 332 militaires ", un article dans lequel nous expliquions la galère de ces hommes dont bon nombre d'entre eux traînaient leur fardeau depuis plus de 20 ans. On le sait, l'armée burkinabè n'est pas un lieu de tolérance, en particulier en politique. Il suffit de parcourir la liste des carrières reconstituées pour le comprendre : militaires du régime Lamizana, hommes du CMRPN, du CSPI et II, militaires révolutionnaires, victimes des clans au sein du Front populaire et que sais-je encore, tout ce monde s'est retrouvé à chaque tournant de l'histoire de l'armée et du pays frappés de bannissement. Alors que le 30 mars 2001, dans un élan de catharsis, le pays avait décidé de passer l'éponge sur ce passé, il y avait, au sein de l'armée, comme un refus d'accepter cette évolution tant souhaitée. Par contre, la situation des civils avait été mieux gérée puisque chez eux la réhabilitation s'était accompagnée d'une reconstitution de carrière avec au bout des indemnisations financières. Pour de nombreux militaires, les choses étaient tout autre. Ceux qui ont été brimés dans leur carrière ont continué de traîner ce handicap jusqu'au récent décret. Tels des poissons hors de l'eau, ces hommes avaient perdu tout moyen. Ceux qui sont restés dans l'armée n'avaient pas les moyens de se faire entendre, et hors de l'armée, les organisations civiles qui étaient à la pointe du combat se méfiaient d'eux, les tenant en partie pour responsables de cette descente générale aux enfers qu'a connu le pays. Après avoir un moment côtoyé l'ALDRO (l'association créée pour défendre les dégagés et retraités d'office), certains ont préféré porté leur propre croix. Une dynamique naissait ainsi avec notamment l'écriture d'un mémorandum sur la situation des militaires. Ce document fondamental servit de base de travail au Collège de sages dont les recommandations favorables furent reprises pour l'essentiel par le chef de l'Etat sous forme d'engagement. Le parcours rocambolesque du dossier Le comité dirigé par le pasteur Freeman
qui hérita du dossier l'avait déclaré recevable
selon le jargon consacré. Il l'aurait instruit dans un sens
favorable et transmis à l'exécutif pour décision.
Après quelques années de silence, silence dont on comprend
aujourd'hui les raisons, le conseil des ministres finit par trancher.
C'est non. La requête des militaires fût rejetée
sans motivation. C'est du reste ce qu'a laissé entendre l'homme
d'église. Acculé par les militaires, le pasteur est
contraint d'avouer qu'il a demandé au gouvernement de motiver
sa décision. Depuis lors, il demeurait introuvable. Le hic
dans l'affaire, c'est qu'il n'y a pas non plus trace de la décision
dans le compte rendu du conseil des ministres en question. Ni dans
aucun autre. Que s'est-il donc passé ? Mystère et boule
de gomme.
Les textes qui réhabilitent Deux groupes de militaires sont concernés par
les reconstitutions de carrière. Il s'agit des sous officiers
et des officiers. En ce qui concerne les deux groupes c'est un texte
unique qui les réhabilite : le décret N° 92-265/PRES/FP/MA
du 06 octobre 1992 qui lui-même est une application de l'ordonnance
N°91-080/PRES du 30 décembre 1981 portant réhabilitation
administrative. Les présentes reconstitutions de carrière
se fondent pour les sous officiers sur l'arrêté N°
2008-079/DEF/CAB du ministre de la Défense et pour les officiers
sur le décret N° 2008-144/PRES/PM/DEF portant reconstitution
de carrières d'officiers réhabilités des Forces
Armées Nationales. En voici un extrait concernant les officiers
promus au grade de colonel
| ||||
|
©
L'Evénement - Déc. 2001 | |||||