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DOSSIER
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SNC
2008 ..... Par Arsène Flavien Bationo Le choix de la 14è édition de la Semaine
Nationale de la Culture (SNC) est clair : investir dans la jeunesse
pour en faire un moteur de développement. Eduquer des bâtisseurs L'UNESCO définit la culture comme l'ensemble des croyances, des attitudes, des mythes et des coutumes d'une société donnée. Elle peut donc contribuer à l'émergence d'une jeunesse soucieuse du devenir de la Nation pour peu que cette même jeunesse arrive à y puiser des valeurs et des orientations fortes. Le parrain insiste sur la nécessité pour les jeunes de s'approprier leurs valeurs culturelles, " vrai socle du développement ". Chaque maillon de la société a sa partition à jouer dans la quête et la préservation identitaires affirme Monseigneur Titiana Sanon. Cette année, les acteurs de l'éducation sont particulièrement interpellés. L'éducation culturelle est d'autant plus importante que le Burkina Faso est actuellement dans la tourmente de la mondialisation avec tous ses avatars (dissolution des liens familiaux, repli sur soi, culte de l'égoïsme ) Avec le développement des média et des Technologies de l'Information et de la Communication, les cultures statiques sont menacées de sclérose. Seules les cultures dynamiques qui savent s'adapter à l'évolution du monde ont une chance de résister à la phagocytose. De ce point de vue, l'éducation culturelle est tout aussi un enjeu de survie, d'affirmation d'une certaine fierté et d'une identité propre. Avec la morale qui agonise au Pays des Hommes Intègres, les jeunes sont de plus en plus sans repères. Ni l'école, ni la société dans sa globalité ne leur en fournissent suffisamment afin qu'ils puissent jouer convenablement leur rôle. Cette SNC a donc le mérite de réfléchir sur une thématique fondamentale pour le destin commun des burkinabè. La jeunesse étant le fer de lance du développement, on voit mal une société évoluer si ses jeunes ne s'approprient pas sa culture, ses références sociologiques et identitaires. Ici, comme ailleurs, la culture est en réalité l'un des moteurs essentiels du changement social. Elle est le véritable ciment qui permet d'enraciner profondément le développement et d'en faire un processus durable. Parmi les moyens de l'éducation culturelle, on peut entre autres citer les rites initiatiques (en ce qu'ils ont de formateur), les contes et légendes, les cérémonies particulières (baptêmes, funérailles), les journées culturelles Mais on constate que les jeunes ont tendance de nos jours à considérer ces réalités comme " dépassées ". Ils en arrivent alors à ériger en modèle le RAP, le HIP HOP, l'American way of live, le rêve de l'aventure Dans bien des cas, cette situation est la résultante d'une déconnexion entre l'éducation reçue et le vécu quotidien. En publiant Éduquer ou périr, le Pr.Joseph Ki-Zerbo a su caractériser cette situation en mettant l'accent sur ce qui prévaut sur le continent : une éducation acculturante, non respectueuse du droit à l'identité de millions d'élèves depuis des décennies ; une éducation appauvrissante aussi, puisque découplée de la production ; enfin une éducation à la violence sociale, car elle engendre l'exclusion sociale des moins nantis, handicapés par les effets des deux précédentes anomalies. Selon les spécialistes, il y a donc lieu de valoriser les langues nationales en les intégrant dans un processus global de réforme de l'éducation. Cette réforme permettra de construire l'identité culturelle de l'apprenant. Bobo en fête ! Pour permettre justement aux jeunes de découvrir les aspects les plus significatifs de leur culture, la présente SNC prévoit un plateau artistique très varié. Selon le Secrétaire Permanent de la SNC, Bitchibaly Dansa, 82 groupes et artistes compétiront en art du spectacle (danse et musique traditionnelles, vedettes de la chanson moderne, churs populaires, théâtre, orchestre, etc.) Ces compétitions se dérouleront au théâtre de l'amitié. Le Musée Provincial du Houet accueillera les compétitions d'art plastique (peinture, sculpture, batik et arts composites). Sur le plan littéraire, les compétitions concerneront le roman, le théâtre, la nouvelle, le conte pour enfants, la poésie pour enfants, la bande dessinée. Les compétitions en théâtre pour le Grand Prix National des Arts et des Lettres (GPNAL) se dérouleront au CCF Henri Matisse. Des compétitions en tir à l'arc et en lutte traditionnelle sont également prévues. Cette année, et pour la première fois, des jeunes filles participent à ces combats. Elles démontreront de quoi elles sont capables au stade Wobi. Actuellement, de l'arrondissement de Dô à la place Tiefo-Amoro en passant par l'arrondissement de Dafra et de Konsa, Bobo-Dioulasso est en ébullition. Les festivaliers sont heureux de vivre l'effervescence et le brassage culturels même si la SNC se déroule dans le contexte global de la vie chère. Ce qui avait du reste valu aux locaux du Secrétariat Permanent de la SNC d'être saccagés en février dernier. Heureusement, les réfections ont pu être faites à temps. Economiquement, la SNC rapporte des dividendes à la ville de Bobo-Dioulasso. A la SNC 2006 par exemple, 300 millions y ont été investis. Les secteurs de l'hôtellerie, de la restauration, du transport, de la téléphonie en sont les premiers bénéficiaires. 25 ans après sa naissance, la SNC est l'objet d'appréciations diverses. Josiane Minoungou, enseignante estime que la SNC devrait se dérouler sans compétition. Elle s'en explique : " Dès qu'il est question de compétitions, de prix, il est également question de classification, donc d'une certaine nomenclature. La culture, c'est ce que nous avons au tréfonds de nous même. Mais lorsque les différents jurys font leur appréciation, j'ai comme l'impression qu'ils se focalisent plus sur des critères extérieurs à la culture qu'ils jugent. Je crois que la SNC ne devrait pas aboutir à une hiérarchisation' des cultures car cette situation peut également avoir ses revers." Pour Alain Ouédraogo, étudiant en Sociologie : "L'idée de cette semaine est à saluer à sa juste valeur. Elle permet réellement de faire un retour aux sources. Ce nécessaire éclairage du passé vaut son pesant d'or pour envisager l'avenir. Avec les effets tous azimuts de la mondialisation, les pays en voie de développement ne peuvent trouver leur salut qu'en investissant conséquemment dans la culture. A travers la SNC, le Burkina Faso semble s'inscrire dans cette logique et c'est tout à son honneur. De mon point de vue, la SNC est un cadre idéal de promotion de la diversité culturelle. C'est un ferment de la vie en société. Le thème retenu est particulièrement intéressant en ce qu'il met les jeunes devant leurs responsabilités. Pour autant, les dirigeants ne doivent pas oublier de se pencher sérieusement sur les problèmes de la jeunesse car la citoyenneté ne peut véritablement prendre forme que si ceux qui sont aux affaires donnent l'exemple". Le 29 mars prochain, lors de la nuit des lauréats du GPNAL, les différents groupes seront situés sur leur sort n bationoflavien@yahoo.fr
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L'Evénement - Déc. 2001 | |||||