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Religion: Recherche
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IFS
Des bourses d'études pour chercheurs en herbe

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Par Souleymane Zaré

Avoir un doctorat ou être nanti du distinctif titre de professeur. C'est le rêve que caressent bon nombre de jeunes chercheurs burkinabè. Sous nos cieux où tout est prioritaire, le manque de ressources financières brise ce rêve, surtout au niveau des jeunes qui veulent s'essayer à la recherche scientifique. Les plus chanceux trouvent leur salut dans l'appui apporté par certaines institutions du Nord, spécialisées dans l'attribution de bourses d'études. C'est le cas de la Fondation internationale pour la science (IFS en anglais).
Considérée comme l'un des piliers du développement, la recherche scientifique de haut niveau est de nos jours contrôlée par les pays industrialisés. Le professeur Issa Somé est enseignant à l'UFR des sciences de la santé de l'université de Ouagadougou. Il affirme qu'en Afrique, le secteur de la recherche scientifique présente une situation contrastée selon les pays. Même si un pays comme l'Afrique du Sud arrive à sortir la tête de l'eau, les propos du Pr. Somé sont appuyés par le docteur Amah Klutsé, point focal de l'IFS pour la zone Afrique de l'Ouest et du Centre. Pour lui: "Dans la grande majorité des pays du continent, la limitation des ressources humaines et matérielles et le manque de moyens financiers accroissent leur forte dépendance vis-à-vis de ceux industrialisés".
Au Burkina Faso, trois types d'acteurs se partagent le secteur de la recherche scientifique. Au niveau étatique, la recherche scientifique est menée à travers des structures comme le Centre national de la recherche scientifique et technologique (CNRST) et l'Institut de l'environnement et de recherche agricole(INERA).
A côté de ces instituts, il y a le milieu universitaire qui est considéré comme le creuset en matière de recherche scientifique. Enfin, on a certaines ONG et institutions internationales, comme le Centre Régional pour l'Eau potable et l'eau Assainissement à faible coût (CREPA), dont l'expertise en matière de recherche au profit des populations démunies est reconnue par l'OMS. A eux seuls, ces trois types d'acteurs ne peuvent combler tous les besoins du Burkina en matière de recherche scientifique.
Pendant près de 14 ans, l'Etat burkinabè a soutenu les chercheurs à travers le Programme national de développement des sciences agricoles (PNDSA). Mais depuis 2005, bien de choses ont changé dans le secteur, même si le gouvernement continue d'assurer les salaires des chercheurs, les frais de fonctionnement et la maintenance des installations existantes. Aujourd'hui, le constat est que l'Etat burkinabè injecte de moins en moins de l'argent pour financer de nouvelles recherches scientifiques. Pour ce qui est du domaine agricole, cette position est justifiée par le fait que les résultats de nombreux travaux de recherche restent encore inexploités. La recherche ne valant que si elle répond aux besoins des populations, l'Etat souhaite voir se matérialiser les fruits des recherches déjà existants.
Avec les exigences de la coopération liant le Burkina à des partenaires financiers comme la Banque mondiale, les quelques projets de recherche actuellement éligibles au financement de l'Etat doivent nécessairement répondre aux objectifs des plans et politiques nationaux entrant dans le cadre du Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP).
Face donc à la raréfaction des financements publics pour la recherche scientifique, l'autre recours de financement des projets de recherche scientifique demeure l'appui des institutions dont l'objectif est de financer la recherche scientifique.
Dans ces conditions, pour la grande majorité des jeunes chercheurs qui n'ont pas encore acquis leur lettre de noblesse, il est difficile de faire le poids devant les chercheurs expérimentés, en cas de compétition pour l'obtention d'un financement.

L'IFS, un recours
pour jeunes chercheurs

Basée à Stockholm en Suède, l'IFS a vu le jour en 1972. Elle s'est assignée comme mission, de contribuer au renforcement des capacités des pays en développement à conduire de la recherche pertinente et de haute qualité dans les domaines de recherche qu'elle couvre. Elle a pour cibles prioritaires, les jeunes chercheurs, âgés de moins de 40 ans. Nathalie Persson est coordonnatrice de programme à l'IFS. Selon elle, l'IFS finance, par an, à peu près 360 projets de recherche émanant de jeunes scientifiques des pays en voie de développement sur un total de 1200 demandes.
Le partenariat entre cette institution et le CREPA date seulement de 2006. A en croire le docteur Amah Klutsé; ce partenariat n'est actuellement établi qu'avec le département des ressources en eau de l'IFS. En fonction de la qualité des projets de recherche soumis par les jeunes chercheurs, il entend à l'avenir couvrir d'autres départements. Cette coopération a permis de financer les projets de recherche menés par 12 jeunes chercheurs burkinabè.
Du 25 au 29 février 2008, l'IFS a financé un atelier de formation au profit d'étudiants aspirant à des recherches doctorales. Cet atelier, organisé en partenariat avec l'Institut du développement rural (IDR) de l'université polytechnique de Bobo-Dioulasso (UPB), avait comme thème "Méthodologie de la recherche, de rédaction de projet et d'accès à la littérature scientifque". Il a regroupé 25 étudiants issus de différents domaines scientifiques. Le Dr. Paul Savadogo est actuellement chargé de recherche à l'INERA. Il est l'un des bénéficiaires des bourses d'études (12.000$ US) de l'IFS, au Burkina. Venu partager son expérience avec les nouveaux candidats aux bourses d'étude mises en compétition par l'IFS, il avoue que: "Ce genre de rencontre est une occasion pour les jeunes chercheurs d'acquérir les rudiments pour l'élaboration de bons projets de recherche. L'exercice n'est pas facile. Mais s'ils arrivent à maîtriser la méthodologie, ils seront également à mesure de postuler auprès d'autres institutions de financement".
De nationalité gabonaise Josèphe Mamboungou suit des cours en sociologie et économie du développement rural à l'UPB . Tout comme ses collègues du Burkina (Idrissa Soulama et Issa Wonni), elle se réjouit de la tenue de cet atelier de Bobo-Dioulasso: "Il m'a permis de pouvoir rédiger un projet de recherche. Aujourd'hui, je suis à mesure d'élaborer les axes principaux d'une recherche afin d'arriver à mener l'étude".
Un projet de recherche sans bibliographie ne peut être considéré comme tel car qui parle de recherche scientifique, parle également de recherche d'information scientifique. Elle est en amont du processus. Au cours de la formation, les jeunes chercheurs d'acquérir des connaissances sur les techniques de recherche de l'information scientifique et technique (via l'outil Internet), de même que les techniques de référence et de citation ainsi que l'élaboration de bibliographie.
L'IFS souhaite étendre ce genre de formation aux étudiants d'autres pays d'Afrique. Venu s'enquérir de l'expérience du Burkina, le docteur Théophile Gnagne de la Côte d'Ivoire entend organiser une rencontre de ce genre au profit des jeunes de son pays. "Cette rencontre regroupera 40 jeunes chercheurs", déclare-t-il.
Au cours de l'année, des rencontres similaires seront organisées au Ghana, au Niger, au Sénégal et au Togo . Elles donneront l'occasion aux jeunes chercheurs de pouvoir peaufiner leur projet de recherche afin qu'il réponde au stand international en la matière n

souleymanezare@yahoo.fr

D'origine malgache, Nathalie Persson/Andrianasitera a fait son entrée à l'IFS en 1999. Elle est actuellement coordonnatrice de bourse de recherche en eau verte, eau grise et eau bleue au sein de cette fondation. Elle participe à différentes sessions de formation de jeunes chercheurs sur le continent. Elle constate un réel engouement des jeunes africains à devenir de futurs "Top scientists". Mais elle estime que pour que leur recherche ait un impact sur le développement: "On voudrait voir beaucoup plus de recherche appliquée. Que les chercheurs communiquent plus avec les communautés rurales, avec les utilisateurs et qu'ils posent leurs problèmes. C'est de là qu'ils arriveront, ensemble, à trouver des solutions à leurs problèmes par le biais de la recherche" n
S.Z

 




 

© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 15 mars 2008