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ECONOMIE Par Aziz Ouedraogo ............ Le DG de maroc Télécom, qui a rachété l'ONATEL Doucement, mais progressivement, les entreprises marocaines se positionnent sur l'échiquier économique en Afrique de l'ouest. Après avoir eu longtemps le regard tourné vers l'Europe, elles diversifient leur zone d'investissement en se lançant à l'assaut de leur marché naturel que représente l'Afrique sub-saharienne. La tête de pont privilégiée est le Sénégal, un pays avec qui le Royaume chérifien entretient des relations multiséculaires et multidimensionnels. Débutée timidement au milieu des années
90, la tendance depuis 5 ans est nettement à l'accélération.
Pour beaucoup, le déclic remonte avec l'arrivée de la
Royal Air Maroc (R.A.M) dans le capital de la moribonde d'alors Air
Sénégal. Aujourd'hui, la compagnie sénégalaise
prouve que l'investissement sud-sud donne une greffe réussie.
Même si des turbulences récentes viennent gâcher
quelque peu la success story. Au Burkina, la présence marocaine
s'est faite dans un secteur inattendu : le secteur minier. Au carrefour
du siècle passé, le poids lourd économique marocain
l'Omnium Nord Africain (ONA) acquiert la majorité des actions
d'une société canadienne d'exploration, Semafo à
travers sa filiale Managem. Sans bruit, le Maroc s'est ainsi installé
au cur d'un secteur stratégique du pays. Cette arrivée
sur la pointe des pieds a été le fil conducteur de la
présence marocaine en Afrique de l'ouest. On croise l'expertise
marocaine au détour d'un appel d'offres, d'ingénierie,
de travaux de BTP, de partenariats, d'offres de formations, mais rien
de bien exceptionnel. Compétitifs au niveau de l'expertise,
les Marocains sont moins disants sur les prix, ce qui leur permet
de remporter des contrats et de renforcer leur présence. Et
puis vint le temps des coups de semonce avec le secteur des services
(télécommunications et énergie) comme cible privilégiée.
Il y a peu, l'Office National d'électricité (ONE) a
acquis une fraction du capital de la SENELEC (société
sénégalaise d'électricité). Maroc Telecom
de son côté débarquait dans le capital de Mauritel
à hauteur de 50%. Au Burkina Faso, début 2007, le rachat
de l'Office national des télécommunications (ONATEL)
pour plus de 140 milliards de FCFA (51% du capital de la société)
a sonné le coup de glas de cette présence discrète.
En soufflant l'ONATEL au nez et à la barbe du favori, le français
France Telecom, Maroc Telecom vient du même coup montrer que
l'investissement marocain passait la surmultiplié. Depuis le
début de l'année, la tendance se confirme. Avec maintenant
en première ligne, le secteur financier. Attijariwafa Bank,
qui n'est ni plus ni moins que le premier groupe bancaire du Maghreb,
a dégainé le premier. Sept mois après avoir ouvert
ses 3 premières agences au Sénégal, en juillet
2006, la banque marocaine s'est offerte une cible de choix avec l'absorption
à 66.67% de la Banque sénégalo-tunisienne (BST),
une institution dans le paysage bancaire sénégalais
! Attijariwafa Bank a lancé le sprint. Un de ses principaux
concurrents, la Banque marocaine du commerce extérieur (BMCE)
s'est placée dans sa foulée. Son conseil de direction
n'a pas tergiversé longtemps : en deux temps trois mouvements,
il s'est octroyé un strapontin de choix au sein du conseil
d'administration de la Bank of Africa (BOA), en raflant 35% du capital.
Le but de la manuvre : profiter du réseau BOA pour être
directement présent dans les 11 pays couverts par ce réseau
bancaire. Le Maroc, passeur
Depuis la mi-90, la plupart des pays africains se sont
inscrits dans des sentiers de croissance positives. Les remèdes
de cheval ont fait de l'effet sur le plan macro-économique.
Les perceptives de croissance redevenues favorables, les opportunités
se sont faites jour. Ce ne sont pas les ambitions côté
marocain qui font défaut car les chiffres sont là pour
étayer ce gisement d'opportunités. Entre 1990 et 2004,
le montant global des échanges commerciaux avec les pays d'Afrique
sub-saharienne a été de 360 millions de dollars en moyenne
chaque année, soit 2.1% de la valeur totale des échanges
extérieurs du Maroc !
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L'Evénement - Déc. 2001 | |||||