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Terminus, Yonli
descend !
Toutes les cartes sont maintenant en place pour
la présidentielle. Les alliances sont faites
et les camps apparemment bien délimités.
Il reste à mettre tout ça en musique.
Qui en sera le métronome ? Le "tout sauf
Yonli " prend de l'ampleur.
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A défaut de faire du neuf, il faut certainement
faire fort pour pallier au pessimisme ambiant qui s'attache
au renouvellement annoncé du bail de Blaise Compaoré
à la tête de l'Etat. Un avant-goût de
ce qui peut arriver est donné par le ralliement "
inattendu " du premier parti de l'opposition l'ADF/RDA
au chef de l'Etat, chef de la majorité gouvernementale.
Dans la logique politique donc, il s'est constitué
avec ce ralliement un " front national " pour
aborder le scrutin présidentiel qui devrait normalement
sacrer l'heureux bénéficiaire, Blaise Compaoré,
d'un plébiscite national. Une reproduction sous les
tropiques du large front national qui a réélu
Chirac en mai 2002, pour faire barrage à Lepen. Mais
dans notre cas, à quoi veut-on faire barrage ? Les
raisons sont insondables mais une au moins parait fort crédible.
L'ADF/RDA, version Gilbert Ouédraogo veut demeurer
la première force politique après le CDP.
Peu importe où il se positionne, opposition ou premier
parti de la mouvance. Le plus important, c'est de demeurer
à une position de force qui en fait immédiatement
la rivale du parti présidentiel. Or, par expérience
l'ADF/RDA, héritière des vieux RDA, sait qu'on
ne peut pas parvenir à cette fin en étant
trop éloigné du premier cercle de gestion
de l'Etat. C'est la tradition chez l'éléphant
depuis le "désapparentement originel".
Cette stratégie de "composer avec", semble
lui avoir souvent réussi. Le dernier exemple en date
c'est le gouvernement protocolaire. Si l'ADF/RDA est devenue
la première force de l'opposition à l'issue
du scrutin de mai 2002, elle le doit en grande partie à
sa politique de collaboration. Tous les partis qui ont accepté
composer dans ce gouvernement protocolaire se sont retrouvés
gratifiés de quelques sièges de députés
à l'Assemblée nationale. Une information qui
vaut ce qu'elle vaut. Avant même ce scrutin, un diplomate
qui a joué un grand rôle dans les péripéties
qui ont précédé les législatives,
avait expliqué à un homme politique qu'il
a reçu à déjeuner, la répartition
des sièges de députés déjà
arrêtée pour chaque parti membre du gouvernement
de protocole. Il semble de l'avis de notre homme politique
que les résultats des législatives ont été,
à tout point de vue conformes à cette prévision
du diplomate.
En raison de la nouvelle donne née de ce mariage
d'intérêts, des aménagements institutionnels
devraient suivre immanquablement.
Un front sacré suppose
un gouvernement à son image
Pour correspondre à une si grande audace, le soutien
du chef de file de l'opposition au premier responsable de
la majorité à une élection présidentielle,
il faut certainement que l'aménagement institutionnel
à venir soit tout autant en importance. Au niveau
de l'Assemblée nationale, l'ADF/RDA, seule de l'opposition
avait pu sauver son siège de vice-président.
La seule institution où Gilbert Ouédraogo
et ses hommes sont encore absents c'est le gouvernement.
Il semble donc vraisemblable que leur admission à
ce niveau de responsabilité n'attende pas la fin
des élections de novembre prochain.
La spéculation sur un éventuel réaménagement
gouvernemental reprend donc de plus belle. Si c'est pas
avant les vacances gouvernementales qui débutent
juste après le dernier conseil des ministres ce dernier
mercredi de juillet, ce sera juste avant le retour des vacances.
Et les spéculateurs de désigner déjà
le futur probable Premier ministre, un certain Zéphirin
Diabré, en fin de contrat au PNUD et qui vient de
réunir un excellent " brain trust " sur
les questions de gouvernance économique en fin juin
dernier dans notre capitale. S'il fallait un signe qu'il
connaît bien les rouages politiques français
on ne peut trouver mieux. Même si la vedette des assises
était un excellent " has been ". Mais n'est-ce
pas qu'il a toujours l'oreille de Jacques Chirac, qui demeure
pour l'instant le seul maître à bord jusqu'en
2007 ? Les gens avisés y ont vu un indice d'un premier
ministrable. Ce profil correspondrait parfaitement à
la nouvelle orientation que Blaise Compaoré voudrait
donner à sa nouvelle politique. Il s'agirait en effet
d'injecter du sang neuf dans le système engourdi
par plusieurs années de gestion du pouvoir. A l'image
de ce qu'il fit pour le régiment de sécurité
présidentielle, le futur nouveau élu, voudrait
dégarnir les rangs de son entourage civil en mettant
à la touche, nombre de " mandarins " qui
ont suffisamment accumulé et qui sont aujourd'hui
un boulet pour la suite de sa carrière politique.
Depuis 1996, le président Compaoré ne cachait
pas son irritation pour certains de ses partisans de première
heure qui de son avis " ne pensaient qu'à voler
". En 1998, juste après les présidentielles,
il aurait eu l'intention de faire le ménage, mais
l'assassinat de Norbert Zongo et ses effets dévastateurs
lui ont imposé de continuer à cohabiter. Cette
fois, il aurait pris suffisamment d'assurance pour ne pas
être surpris.
Les précautions de Blaise
L'une des précautions de Blaise Compaoré
pourrait être de prendre son monde par surprise. Déjà
la décision de l'ADF/RDA de se rallier à lui,
n'a pas été du goût de tous et les cercles
de contestation s'organiseraient pour neutraliser les actions
qui pourraient découler de ce mariage. Blaise Compaoré
sait donc qu'il ne peut pas attendre l'après élection
pour distribuer les cartes au risque d'être pris au
dépourvu. Quoiqu'on dise, nous ne sommes pas dans
un système démocratique apaisé où
les alliances résultent du diktat des urnes. C'est
pourquoi, aussi bien en 1996 avec la création du
CDP avant les législatives que pour cette fois avec
les alliances qui se nouent avant même la présidentielle,
le président voudrait instituer un cadre de gouvernement
que le peuple validerait en novembre. Cette fois, au lieu
d'un large front, four-tout, il voudrait un rassemblement
plus sélectif, aussi large que possible, de toutes
les compétences nationales qui ont fait leurs preuves.
Une sorte de " think tank" au pouvoir qui lui
permettrait de laisser une bonne marque dans l'histoire
du pays. Il en a les moyens et les différents acteurs
qui auraient pu lui faire de l'ombre se sont assez discrédités
pour ne rien demander d'autre que de se faire oublier un
peu. Un temps assez suffisant qu'il voudrait mettre à
profit pour tracer le sillon qu'il veut laisser. Seulement,
les trêves en politique sont de bien maigres chimères,
surtout quand ce sont échafaudages "intuiti
personnae". Les partenaires " cooptés "
se sachant illégitimes travaillent très souvent
contre celui qui les a fait rois. Soit par un zèle
excessif, soit par une prudence maladive. Dans les deux
cas, le résultat est le même: c'est l'atermoiement.
Les jours à venir nous situeront assez précisément
sur la reconfiguration politique en perspective. A moins
que comme Gilbert Diendéré, maintes fois annoncé
comme partant, le système CDP n'impose finalement
l'inertie à Blaise Compaoré. Mais tout ça
devrait se savoir dans les jours à venir. Le compte
à rebours est donc lancé
Newton Ahmed Barry