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DOSSIER - Politique


Emeute de Gaoua
La police a tiré à balles réelles !


La foule conduisant le corps de Boureima Kambou au gouvernorat

Deux morts, un blessé grave, le commissariat de police brûlé entrainant de nombreux dégâts matériels, c'est le bilan encore provisoire des émeutes consécutives à l'interpellation par la police d'un jeune homme qui a malheureusement trouvé la mort suite à des tortures qu'il aurait subies dans les locaux de la police de Gaoua. Que se serait-il donc passé pour qu'on en arrive là ?

Au volant d'une moto, Da Arnaud Somé, un jeune homme de 21 ans, se rendait le 30 juin dernier dans un des sites d'orpaillage du département de Gbomblora en compagnie d'un ami, quand soudain à un tournant, ils sont interpellés par des policiers. N'ayant pas obtempéré, le véhicule de patrouille de la police s'est aussitôt lancée à leur poursuite. Ils sont vite rattrapés et immobilisés.
Selon les témoignages de son ami, Yassia Nacanabo, Da Arnaud Somé, effrayé par les menaces que leur proféraient les policiers lors de leur interpellation, a tenté de s'enfuir. Il est rapidement rattrapé et battu sur le champ. Conduit au commissariat, il est de nouveau battu au point que le pauvre vomissait du sang. Il est alors transféré au centre hospitalier régional de Gaoua en raison de son état qui ne cessait de se dégrader. Il y décèdera des suites de ses blessures. C'est par l'intermédiaire de ses parents accourus à son chevet que l'on apprendra ce qui se serait réellement passé.

Les causes du décès

C'est d'abord Yassia Nacanabo, l'ami d'Arnaud présent au moment de l'interpellation qui raconte : Ils se rendaient sur le site d'orpaillage avec une motopompe dans le but de procéder à l'évacuation de l'eau qui inondait le trou dans lequel ils travaillaient : "quand les policiers nous ont arrêtés, raconte-t-il, ils ont pris 10 500FCFA chez moi et une certaine somme chez Arnaud. En ce moment là, on ne parlait pas de drogue. C'est quand on m'a libéré de prison que j'ai eu la version que mon ami détenait de la drogue." Quand à Christian Somé, grand frère d'Arnaud, il affirme que son frère lui a dit avoir reçu des coups de crosse au bas ventre, à la poitrine et aux côtes. Le procureur du Faso confirme la thèse de la drogue. Il affirme en effet que 1,14kg de cannabis avait été trouvé dans le sac d'Arnaud. Ce dernier avait déjà été condamné en mars 2005 à deux mois de prison pour détention de stupéfiant. Il n'empêche que des questions se posent. Qui est témoin que la drogue a été trouvée dans le sac de Arnaud ? Ce dernier n'est plus de ce monde et ne peut donc plus répondre. Quand à son ami Yassia Nacanabo, il soutient qu'au moment de l'arrestation jusqu'à son incarcération, il n'était pas question de drogue. Question : la thèse de la drogue a-t-elle été inventée pour couvrir la bavure de la police ?

La révolte de la population

Tout s'est passé très vite. Dès l'annonce de la mort d'Arnaud, le Centre Hospitalier Régional (CHR) est envahi par une importante foule d'hommes et de femmes aux environs de 1 heure du matin qui criaient leur colère. Ils se sont emparés du corps du défunt qu'ils sont allés déposés au commissariat de police. Sur place, la tension ne cessera de monter surtout quand une rumeur a fait croire que Arnaud a été victime d'une chute dans un ravin alors qu'il s'enfuyait lors de son interpellation. Même après l'enterrement aux environs de 11h, la tension était toujours vive au sein de la population qui voulait en découdre avec une police soupçonnée de vouloir tronquer la vérité des faits. Il aura fallu l'intervention du procureur du Faso pour ramener un peu de calme. Mais cela n'a pas duré car quelques moments après, une manifestation spontanée partira des lieux où se déroulaient les obsèques jusqu'au palais de justice où la foule rencontra pour la seconde fois le procureur du Faso. De retour du palais, les manifestants ont mis le feu au véhicule qui a servi à embarquer le défunt et son compagnon. Les archives, les engins à deux roues, ainsi que les locaux de la police sont également incendiés. Visiblement débordée malgré l'usage qu'elle faisait des gaz lacrymogènes, la police a dû appeler la gendarmerie en renfort mais aussi l'armée. On assista alors à des scènes de chasse à l'homme. C'est dans cette confusion que deux personnes sont blessées par balles. Transportées d'urgence au centre hospitalier et au dispensaire de Gaoua, l'un d'eux succombera à ses blessures. La nouvelle de ce décès compliquera encore plus la situation. La foule s'amassait au fur et à mesure et le centre médical était bondé de monde. En dépit de la barrière de gendarmes et de militaires, la foule s'emparera du cadavre pour aller le déposer devant les bureaux du gouverneur. Elle y restera jusqu'aux environs de 20heures, criant : "justice pour nos enfants", "Quelle genre d'autorité avons- nous au Sud-ouest ?" "Qui a donné l'ordre aux forces de sécurité de tirer sur nous ?"

Les renforts ont tiré à balles réelles sur la population

Le 1er juillet au soir, Gaoua avait l'air d'une ville assiégée. De partout, on entendait les crépitements des armes. Les pleurs étaient aussi là. Une population nombreuse armée de cailloux livrait un combat aux forces de sécurité. Ces dernières répliquaient par des tirs à balles réelles. C'est dans ces conditions que Kambou Boureima est mortellement fauché. Transporté d'urgence au centre médical par les manifestants, il rendra l'âme sans que les infirmiers appelés au secours n'aient pu intervenir. Quand à la seconde victime du nom de Da Etienne, c'est sur les lieux des obsèques qu'elle a reçu une balle à environ un kilomètre du commissariat de police. Alors en visite à Gaoua, le ministre de la Sécurité, Emile Ouédraogo, a soutenu que les forces de sécurité n'ont pas pu tirer à balles réelles sur la population. Selon lui, elles sont suffisamment bien formées pour cela. Les origines des balles seraient à rechercher selon lui au niveau de la destruction de l'armement de la police. Une affirmation qui laisse perplexe une population qui se demande bien comment expliquer alors les blessures des victimes.
Aujourd'hui, les regards sont tournés vers l'institution judiciaire dont on attend justice. C'est le sentiment d'impunité qui nourrit les révoltes populaires. Il est inadmissible qu'un jeune homme de 21 ans dans la fleur de l'âge soit arraché à la vie par la faute de policiers un peu trop zélés. Même à supposer que le jeune Arnaud ait été en possession de la drogue, cela ne saurait justifier le traitement cruel qui lui a été infligé. Ces jeunes qui se battent pour leur survie dans des conditions extrêmement périlleuses méritent respect. A qui la faute s'ils sont des laissés pour compte ? Dans cette affaire, trois policiers sont aux arrêts. On attend donc de la justice que toute la lumière se fasse sur ces événements. On remarquera que cette région est coutumière de révoltes itératives à chaque fois que les populations se sentent victimes d'exactions policières. Il ne faut pas en faire un simple constat. Il faut plutôt en tirer des leçons afin d'éviter qu'on en arrive un jour à des pogroms.

Ollo Daniel Palé
danyolpale@yahoo.fr
Collaborateur


Décédé menottes aux poignets

Nakanabo Yassia, compagnon de Somé Da Armand

Somé Da Arnaud a été transféré au centre hospitalier région de Gaoua menotté dans l'ambulance qui le transportait. C'est avec des menottes que les infirmiers soignants feront leur boulot. Il a gardé ses menottes jusqu'à son décès. Etait-il aussi dangereux pour qu'un tel traitement lui soit infligé ? Les infirmiers soignants ne pouvaient-ils pas exiger qu'on lui ôte ces menottes le temps des soins, d'autant que des policiers étaient en faction à la porte ?

Da Etienne n'a pas survécu à ses blessures

Pendant la célébration des funérailles de Arnaud, des balles tirées des forces appelées à la rescousse sont parvenues jusqu'au lieu des obsèques et provoqué un blessé grave. Il s'agit d'un jeune du nom de Da Etienne travaillant dans une alimentation de la place. Il a reçu des balles dans les cotes à environ un kilomètre du commissariat de police en feu. Une intervention chirurgicale a permis d'extraire la balle. Interné dans un premier temps au CHR de Gaoua, il a été par la suite transféré à l'hôpital de Bobo-Dioulasso.
Par ailleurs, l'équipe gouvernementale venue en sapeur pompier à Gaoua le dimanche 4juillet aurait remis une somme de cinquante mille francs en guise de soutien pour les frais d'ordonnance aux blessés.
Aux dernières nouvelles, Da Etienne, transféré au CHU de Bobo-Dioulasso y a trouvé la mort le jeudi 8 juillet.

Ollo Daniel Palé
danyolpale@yahoo.fr


 


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Politique

Election présidentielle
Assimi Koanda à la manœuvre

Après s'être déclaré candidat à la prochaine présidentielle lors d'un voyage à l'étranger, Blaise vient de nommer son directeur de campagne. Tout cela avant que le CDP ne se réunisse pour choisir son candidat. On peut donner libre cours à une réflexion qui de toute façon ne pourrait relever que de la pure théorie en imaginant qu'en son prochain congrès, le CDP pourrait se trouver un autre candidat, puisque Blaise n'a même pas daigné ménager les formes. C'est en principe le 6 août prochain que s'ouvre le congrès qui devait décider du candidat du parti. Eh bien, à défaut de pouvoir désigner son candidat en toute liberté, le 6 août sera transformé en jour d'investiture. Ainsi vont les choses dans la Compaoré démocratic party comme dirait l'ami Ben. Il n'y aura pas d'état d'âme, les militants savent bien que le parti c'est Blaise, Blaise c'est le parti. L'article 37 pourrait y être modifié par acclamation et personne ne s'embarrassera d'état d'âme d'autant que la décision ne sera pas mise au vote à bulletin secret. Roch qui ne cesse de déblatérer sur la possible modification et qui a fait annoncer par son secrétaire général l'intention de son parti de faire sauter le verrou limitatif pourra enfin trouver sa paix. Le reste ne dépend plus de lui. Que cette situation soit un vivier pour des émeutes ne saurait le préoccuper outre mesure. De toute façon, entre la colère populaire et celle de Blaise, il n'y a pour lui aucune espèce d'hésitation. Le reste n'est-il pas affaire de militaires ?
En attendant, Blaise vient de désigner son directeur de campagne en la personne de Assimi Koanda, personnage sans véritable relief politique, même si en revanche, l'intéressé passe pour avoir d'indéniables qualités humaines. Professeur d'histoire à l'université de Ouagadougou, il fut maire d'arrondissement et ambassadeur. Au moment où il est nommé directeur de campagne, il assurait les fonctions de chef du cabinet présidentiel.
On peut s'étonner que Blaise Compaoré n'ait pas eu recours à un de ces mastodontes du parti, une personnalité de la stature d'un Salif Diallo qui assurait ce rôle en 2005. Parmi les raisons objectives à ce choix, il y a sans doute la période très différente de 2005, où le pays sortait de l'affaire Norbert Zongo. Blaise Compaoré avait besoin de montrer que les événements de Sapouy étaient loin derrière et qu'il avait repris le pays en main. Salif Diallo réputé être l'homme des paysans paraissait l'homme de la situation. La deuxième raison est que l'élection prochaine sera véritablement une élection sans enjeu. Les candidats qui disputent à Blaise le fauteuil présidentiel ont d'ailleurs des objectifs très modestes, même si chacun d'entre eux affirmera devant le micro qu'ils y vont pour être élu. Puis il y a des raisons plus subjectives liées à la situation au sein du CDP où Blaise essaie de recoller les morceaux entre ses différents chefs ou prétendus tels. Dans ces conditions, Blaise aurait pu faire venir son directeur de campagne du Burkina profond que ça ne changerait pas grand-chose. Mais il a choisi de donner dans la commodité, en désignant quelqu'un qui lui est très proche physiquement et sans doute aussi un complice. Qu'il ne soit qu'adjoint au poste de secrétaire général n'est pas quelque chose de gênant. Son principal atout, c'est à la fois sa proximité d'avec le chef, mais aussi le fait qu'il n'est pas significativement estampillé dans un clan. Ce n'est ni un rockiste ni un salifiste, il n'est pas davantage un françoiiste. Il est blaisiste et c'est suffisant. Il n'est pas connu pour être un propagandiste verbeux mais plutôt un intellectuel discret, même si pour certains, cette discrétion est assimilée à de la suffisance. Grosso modo, ce sont là des qualités qui le prédisposent à un travail de rassemblement des ténors du CDP. Car c'est aussi cela l'enjeu. Derrière cette apparence unanimiste des politiciens de Ouaga, se cache une incroyable hypocrisie entre hommes et femmes qui se détestent royalement. L'autre enjeu tient bien sûr à la participation dont le taux intéresse le candidat Blaise au plus haut point. Quand on s'apprête à tripatouiller la constitution, il faut avoir des gages de soutien. Malheureusement pour lui, l'élection à venir pourrait ne pas être significative à cet égard. Ceux qui vont voter pour Blaise en 2010 ne sont pas forcément des défenseurs de son règne à vie. Il ne faut pas se voiler la face, Blaise peut bien obtenir les faveurs des suffrages pour la suppression du verrou sans que pour autant cela lui garantisse la stabilité du trône. C'est ce que redoutent tous ceux qui lui veulent du bien et qui souhaitent que le prochain mandat soit le dernier. On sait comment se passe les élections quand le candidat détient les rênes du pouvoir. Le pouvoir de manipulation des masses est énorme surtout quand vous avez en face des hommes rompus à la démagogie et qui ont en plus une grande capacité de nuisance. Mais attention à la moindre étincelle ! Le conteste international n'est pas aussi favorable que les conseillers du président veulent le faire croire. La question de l'article 37 est sur toutes les lèvres et les mises en garde ne manquent pas tant du côté de Bruxelles que des Etats-Unis où le MCC pourrait remettre en cause nombre d'acquis du Burkina. Mais comme on le dit, au moment où l'âne s'apprête à renverser l'ânier, on ne voit plus ses oreilles !

Par Germain B. Nama


Rapport ASCE 2009
Près de 3 milliards évaporés


L'Autorité supérieure de contrôle d'Etat (ASCE) a rendu public son rapport 2009 le 15 juin dernier. Cette année encore, plusieurs structures ont été épinglées. Des malversations d'une valeur de plus de 2,8 milliards ont été constatées. Dans la plupart des structures visitées, l'ASCE a relevé des problèmes de dysfonctionnement. Neuf dossiers ont été transmis à la justice. Ces dossiers viennent s'ajouter à deux autres introduits depuis l'an passé et qui n'ont pas encore connu de jugement.

De nombreuses structures ont été encore été épinglées par l'Autorité supérieure de contrôle d'Etat. Les contrôleurs notent une récurrence des insuffisances et des irrégularités dans la gestion administrative, financière et comptables dans la plupart des structures visitées. Mais le plus préoccupant demeure les cas de malversations constatées dans de nombreuses structures. C'est un trou béant de plus de 2,8 milliards que les contrôleurs ont découvert au cours de leurs missions et dans l'analyse des rapports des inspecteurs des services techniques des départements ministériels. Les enquêtes ont été menées sur les initiatives propres de l'ACSE mais aussi sur la base de dénonciations citoyennes. Le numéro vert (80 00 11 02) de la structure de contrôle présidée par Bruno Bessin a permis à de nombreux citoyens de dénoncer des cas de corruption et autres malversations. Les rapports des services techniques des départements ministériels aussi ont fait l'objet d'exploitation par l'ASCE. L'ASCE n'a pas fait que des contrôles sur des faits de corruption. Elle a aussi, conformément à sa mission, procédé en 2009 à des contrôles du respect des horaires de service dans 4 villes du Burkina. Et ce n'est pas tout. L'utilisation des véhicules de l'Etat a aussi intéressé les hommes de Bruno Bessin. Au total, ce sont 15 structures qui ont reçu la visite des contrôleurs au cours de l'année 2009 dans le cadre des opérations de contrôle. Ce sont entre autres, le Secrétariat permanent du Plan décennal de développement de l'éducation de base (PDDEB) ; le Centre hospitalier universitaire pédiatrique Charles-de-Gaulle, le ministère de l'Action sociale et de la Solidarité nationale ; la Division fiscale du Passoré ; la Perception de Léo ; la Commission de l'informatique et des libertés (CIL) ; les communes de Pouytenga et de Banfora.

4/15 structures épinglées

Il ressort des ces contrôles que des cas de malversations d'un montant de 433 292 581 f ont été constatés. Ces malversations concernent 4 structures. Il s'agit du Centre hospitalier universitaire pédiatrique Charles de Gaulle où les contrôleurs ont relevé dans la passation du marché de restauration ; l'existence de faux documents dans les dossiers de KADERA Entreprise délivrés par la division fiscale de Boulsa. A la commission de l'informatique et des libertés, le contrôle révèle des malversations de 16 922 700f. L'ASCE a recommandé le recouvrement du manquant et aussi des sanctions à l'encontre des deux premiers responsables de la structure que sont la présidente et le vice-président. Il ya aussi l'ONG espace international Colin Powel pour le sahel. Cette ONG s'est drapée derrière des objectifs humanitaires pour faire entrer frauduleusement des matériaux de construction au Burkina. Elle est accusée de trafic d'importation de matériels exonérés des droits et taxes de douane et revendus sur la place du marché par le premier responsable de l'ONG. Ce sont des matériaux de construction d'une valeur de 740 232 336 f. Une exonération qui a causé une perte de recettes de douane d'un montant de 344 208 036 F. Enfin, y a la commission d'attribution des marchés de la mairie de Banfora. Là aussi, il s'agit d'un cas de corruption et d'escroquerie impliquant un agent de la commission d'attribution des marchés.
L'ASCE a exploité aussi les rapports des inspections techniques des services des départements ministériels. Sur les 111 rapports de 2008, 14 cas de malversations ont été constatés. En 2009, l'ASCE a analysé 275 rapports des services techniques et a fait ressortir 44 cas de malversations. Pour 2008 et 2009, les rapports techniques révèlent l'évaporation de 1 755 727 111 F. Dans le fonctionnement de la CENI par exemple, on fait ressortir un trou de plus de 144 646 223 F dans la gestion budgétaire et comptable de 2006, 2007 et 2008. A l'Office national d'identité (ONI), les inspecteurs font ressortir une malversation de plus de 340 000 000 F dans la gestion budgétaire des années 2007, 2008 et 2009. A l'Institut géographique du Burkina (IGB), sur un dossier de fourniture d'un avion photographe, les inspecteurs ont découvert des malversations de plus 450 000 000 F. 54 155 688 F ont aussi disparu dans le dossier de déplacement de l'aéroport de Ouaga. A la Cour de cassation, un trou de 31 520 000 a été découvert au greffe central. Au programme de réduction de la pauvreté au niveau communal, c'est 222 004 824 qu'on ne retrouve pas ou qu'on n'arrive pas à justifier. A la perception de l'ambassade du Burkina Faso à Paris, les contrôleurs ont fouiné et relevé une malversation de plus de 61 millions. A la division fiscale de Bogodogo, on enregistre un trou de 200 355 222 FCFA. 500 000 000 piles de malversations à la direction régionale de transport des Hauts Bassins. Voilà ce que l' ASCE a relevé comme perte pour l'Etat par le fait des malversations avec l'échantillon de structures contrôlées. Sur l'ensemble de ces cas de malversations, l'ASCE a formulé des recommandations aux présidents d'institutions et aux ministres pour que des sanctions " idoines " soient prises à l'encontre des agents fautifs.

9 dossiers devant les juges

Elle ne s'arrête pas là. Elle a transmis 9 dossiers à la justice qui sont en cours d'instruction. Il s'agit de l'ONG Colin Powel pour le sahel, la régie des avances chargée des paiements des impôts, droits et taxes ou autres opérations exonérées relatives aux marchés de l'Etat, le greffe central de la Cour de cassation, la trésorerie auprès de l'ambassade du Burkina en France, le programme de réduction de la pauvreté au niveau communal, le CHU pédiatrique Charles de Gaulle, les travaux d'aménagement de 975 km de pistes rurales du Houet, le district sanitaire de Dandé et la commission d'attribution des marchés de la mairie de Banfora. Pour ce dernier dossier, l'agent fautif a été condamné à trois mois avec sursis. Le montant global des malversations dont les dossiers ont été introduits en justice s'élève à 2 321 666 609 F. La régie d'avances chargée des paiements des impôts, des droits et taxes ou autres opérations exonérées relatives aux marchés de l'Etat, à elle seule, est un dossier de 1 577 542 923F. C'est un dossier vieux de 7 ans. C'est en 2003 que l'Inspection générale d'Etat a effectué un contrôle de vérification dans ce service. L'année dernière, ce sont deux dossiers qui ont été introduits en justice. Il s'agit du dossier concernant le haut commissariat de Koulpélogo. Un dossier d'utilisation frauduleuse de pièces d'identité appartenant à des tiers, utilisation de fausses références de pièces d'identité et falsification de lieu d'établissement de pièces d'identité…Ce dossier n'a pas encore connu un jugement. La cour de cassation aurait été saisie en raison de l'implication du haut commissaire dans le dossier. Il y a aussi le dossier CCVA Bobo-Dioulasso. Le responsable a détourné une partie des sommes payées en règlement des prestations effectuées d'un montant de plus de 3 400 000F. Ces deux affaires sont toujours pendantes et les 9 nouveaux dossiers ont été encore reversés à la justice.

Moussa Zongo

 

© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 15 Juillet 2010