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DOSSIER
- Environnement
Groupements
de gestion forestière dans le Ziro: Etranges manuvres
à guichets fermés
Une simple affaire de renouvellement de bureaux au sein
des groupements de gestion forestière (GGF), apparemment
banale, qui cache cependant une grosse escroquerie démocratique.
Le 25 février dernier, les GGF sont conviés
à Sapouy pour le renouvellement du bureau de leur
union. Quand ils se présentent à la salle
de réunion de leur organisation, c'est une escouade
de gendarmes qui les accueillent à la porte. Pour
accéder au bâtiment, il faut être inscrit
dans une liste. Sur le pas de la porte, quelqu'un tient
cette liste et procède à l'appel. Quelques
personnes répondent " présent "
et s'engouffrent dans la salle. Une foule importante assiste
silencieuse à l'événement. L'appel
est terminé et la porte se referme sur ceux qui sont
dans la salle. Les gendarmes demandent à ceux qui
sont restés dehors de s'éloigner du bâtiment.
L'assemblée générale de l'Union des
groupements du Ziro démarrait ainsi dans une sacrée
ambiance.

Militaires et policiers gardent le bâtiment
où se sont enfermés quelques participants
à l'AG de l'UGGF
Par Germain B.
Nama
Ce n'est pas tout à fait une première. Le
même procédé avait été
mis en uvre, une semaine avant, exactement le 16 février,
lors de l'AG de renouvellement du groupement de base de
Sapouy. Quand les membres de l'organisation sont arrivés
au lieu de la réunion, ils y avaient trouvé
le même dispositif sécuritaire composé
d'éléments de la brigade locale de gendarmerie.
Cette évolution intervient après une série
de faits assez curieux qui ont ponctué ces derniers
temps la vie de l'Union des groupements du Ziro. Selon Tamoin
Nama, le président de cette union, le directeur provincial
de l'Environnement et du Cadre de vie, M. Robert Bayala
qui assure l'intérim du directeur technique du chantier
d'aménagement Sapouy/Bieha voilà bientôt
plus de deux ans, a commencé à poser des actes
pour le moins curieux depuis le début de l'année.
Tout commence le 5 janvier, à l'issue d'une réunion
du bureau de l'union élargie aux présidents
des groupements de base et aux moniteurs. C'est une rencontre
qui se voulait critique et de bilan. M. Bayala, directeur
technique par intérim, annonce pour le 29 janvier
prochain une assemblée générale de
renouvellement du bureau de l'union. Pour le président
de l'organisation faîtière des groupements,
c'est une surprise. D'habitude, c'est lui qui convoque les
réunions et informe le directeur technique. Le bureau
qu'il préside, même s'il est statutairement
en fin de mandat, n'a pas encore rendu sa démission.
Le renouvellement du bureau n'intervient qu'après
cette démission et après avoir mis en place
un bureau de séance pour organiser les élections.
Le fait n'est pas habituel certes, mais le président
encaisse le coup non sans appréhension. Quelques
indices lui font penser à un manège en préparation.
Premier indice: un groupe de personnes a commencé
à mettre en cause les critères d'éligibilité.
Ils annoncent que le futur président de l'union ne
devrait pas venir du groupement de Sapouy. Seuls les autres
groupements ont le droit de postuler à ce poste.
Cette intervention aux allures de fatwa agace le président
de l'union. Il demande la parole. Le président de
séance, (Basile Zongo, un cadre de l'Environnement)
l'ignore. Ce dernier insiste. Le directeur technique qui
a été entre temps appelé à la
rescousse accepte de lui donner la parole. Il soulève
le problème du nouveau critère d'éligibilité.
Le directeur technique répond que toute personne,
quelque soit son groupement, peut postuler. Le groupe persiste
dans sa position. La rencontre capote sur ce désaccord
et est renvoyée au 12 février. Dans ce laps
de temps, des convocations sont adressées par le
directeur technique aux groupements de base leur demandant
de procéder au renouvellement des bureaux à
la même date. Derrière cette opération,
le président de l'union flaire un coup bas. La machination
visant à l'éliminer à travers la modification
du critère d'éligibilité étant
compromise, il pense à un nouveau piège. Le
12 février, c'est la confusion. A Sapouy, le directeur
technique qui est à la base de la convocation de
la réunion de l'union est absent de la ville. En
réalité, ce qu'il demandait était impossible
à réaliser. On ne peut programmer des élections
au sein des groupements de base et vouloir le même
jour mettre en place le bureau de l'union. Il s'agit en
fait des mêmes acteurs. Néanmoins, le groupement
de Sapouy tente d'en profiter pour renouveler sa direction.
L'initiative échoue sur le partage des postes à
pourvoir, faute d'entente entre les groupes rivaux. On s'accorde
cependant sur la date du 16 février pour une nouvelle
tentative.
Election sous haute surveillance
A
l'extérieur, ceux qui contestent la légitimité
de l'AG
Abazaré Nama est le président
sortant du groupement de Sapouy. Contrairement au président
de l'union, on lui laisse une marge de manuvre dont
il en profite pour prendre quelques libertés avec
les textes organiques. Le GGF est une organisation de volontaires,
mais le mode d'adhésion ne semble pas être
clairement compris par tous. Sur quelle base se fait la
participation à l'assemblée générale
? Quels sont les critères de participation ? Pour
certains, la participation est ouverte à toute personne
ayant des intérêts économiques dans
le ressort du village. Cette situation laisse la porte ouverte
à toutes les interprétations, voire à
toutes les manipulations. La loi n°14 qui régit
les groupements parle de l' " assemblée générale
des adhérents " et ceux-ci ne peuvent se réunir
" que si un tiers des adhérents inscrits à
la date de convocation est présent ou représenté.
Dans le cas des groupements où le nombre dépasse
150, le quorum nécessaire est de 50. Au cas où
cette condition n'est pas remplie, une deuxième assemblée
générale sera convoquée avec le même
ordre du jour dans les dix jours qui suivent la date qui
avait été fixée pour la première
réunion. Les adhérents présents ou
représentés à cette réunion
peuvent décider quel que soit leur nombre."
Le Règlement intérieur des groupements que
nous n'avons pas vu organise le fonctionnement des groupements
dans l'esprit de la loi. Mais les responsables des groupements
agissent au gré de leurs intérêts. C'est
ainsi qu'à la réunion de renouvellement du
bureau du groupement de Sapouy, Abazaré, le président
sortant, a décidé que chaque quartier de Sapouy
serait représenté sur la base d'un quota de
5 personnes. Voyant venir la manuvre, les autres se
sont opposés, arguant le fait qu'en la matière,
la tradition consacre une participation ouverte à
tous ceux qui le souhaitent. Le 16 février, quand
les gens sont venues à la réunion, ils ont
trouvé des éléments de la gendarmerie,
décidés à empêcher l'accès
de la salle à ceux qui ne figureraient pas dans la
liste composée de 5 personnes par quartier remise
par le président. Le directeur provincial de l'Environnement
et du Cadre de vie qui fait en même temps office de
directeur technique du chantier a apparemment cautionné
cette violation de l'indépendance organisationnelle
du groupement. Pire, on peut affirmer qu'il en est même
un des acteurs. Ce sont en effet des agents du service forestier
qui ont procédé à l'appel des participants
et c'est l'un d'entre eux (Basile Zongo) qui a présidé
la réunion de renouvellement. Devant tant d'irrégularités,
le président de l'union comprend qu'il n'y a plus
rien à faire au sein de ce groupement où tous
les dés sont pipés. Il va même jusqu'à
renoncer à se présenter comme candidat pour
le bureau de Sapouy. Il a cependant sa petite idée.
L'enjeu de toute cette mascarade, c'est le contrôle
du bureau de l'union. Un groupe qui a apparemment la caution
du directeur technique est décidé à
l'écarter des affaires. S'il renonce à briguer
un poste au sein du groupement de Sapouy, il ne cesse pas
pour autant de travailler à faire échec au
plan de ses adversaires. Profitant de l'avis de renouvellement
des bureaux de base, il postule à un poste au sein
du groupement de Kasso, une localité située
à 5 km de Sapouy. Il y est élu sans coup férir.
Il entreprend alors d'organiser autour de sa candidature
à la présidence de l'union, les 35 autres
groupements qui composent le chantier. Ses adversaires comprennent
qu'ils sont en difficulté. A la date prévue,
il se présente avec ses partisans, décidés
à se battre. Sur place, c'est la répétition
du scénario du 16: Liste nominative de participants,
présence des éléments de la gendarmerie
nationale, sous la houlette de l'inévitable Basile
Zongo, délégué par le directeur technique.
A l'appel, seul un petit groupe de personnes accepte de
rentrer dans la salle. Notre équipe est sur place
et demande à couvrir l'événement. Refus
de M. Basile Zongo. Pourquoi refuser une couverture médiatique,
réagissons-nous ? Réponse : vous n'avez pas
été invité. Mais si, nous avons été
invité par le président de l'union. Silence.
Il se retourne et la porte se referme sous notre nez. Le
groupe de personnes resté dehors se dirige alors,
sous l'instigation du président de l'union, vers
l'apatam du foyer du bûcheron. Nous décidons
de les suivre. Le président de l'union s'approche
de nous et fait remarquer: vous avez vu que dans leur liste,
ils ne m'ont même pas appelé alors que je suis
toujours le président de l'union et en plus je viens
d'être élu secrétaire général
du groupement de Kasso ! Le nom de ce groupement ne figure
même pas sur leur liste.
Contre-AG au foyer du bûcheron
"M. Bayala et sa clique ont confisqué
notre union pour bouffer sur notre dos" se plaint un
jeune membre d'un groupement. La pression monte et ça
discute dans tous les sens. A l'instigation de Tamoin Nama
et de Benao Bitiou, ce dernier est le chef du village de
Djanzouè, le groupe décide de mettre sur pied
une délégation en vue de porter leur protestation
au maire, au préfet et au haut commissaire. Pendant
ce temps, tous les autres attendront le retour de la délégation
pour la mise en place d'un contre-bureau. Retour à
la réunion qui se tient sous haute protection. Selon
un participant à la réunion, il y a eu un
moment de flottement pour cause de quorum non atteint. Puis
la réunion commence sans qu'on ne sache vraiment
sur quelle base. Quatre candidats s'inscrivent pour le poste
de président. On leur demande de se retirer pour
se mettre d'accord sur le partage des postes. Aucun accord
ne sortira de leurs conciliabules. Ils reviennent alors
en salle. Il n'y a pas d'autre choix que de passer aux voix
pour départager les quatre. La candidature de Moussa
Gnangao du groupement du village de Niliri est mise aux
voix. Selon plusieurs sources, c'est le candidat adoubé
par le directeur technique et le groupe d'Abazaré.
Son score serait de dix voix. La procédure veut que
l'on passe aux autres candidats. C'est celui qui aura le
plus de voix qui l'emporte. Abazaré se lève
et demande que l'on recommence les votes. Dans la foulée,
il en profite pour demander d'acclamer le candidat Moussa
Gnangao. Les autres candidatures n'ont plus été
passées aux voix. Dans une adresse aux participants,
Basile Zongo qui a présidé les votes exhorte
les groupements à s'entendre. Sinon, prévient-il,
la gestion des forêts sera retirée et confiée
aux forestiers. Du côté du foyer des bûcherons,
l'autre groupe s'active à mettre en place son bureau.
Dans le procès verbal dont une copie nous a été
transmise, 24 groupements étaient représentés
à travers leurs bureaux (président, secrétaire
général, trésorier
).
Il y a donc désormais au sein de l'UGGF du CAF Sapouy/Bieha,
deux bureaux se disputant la légitimité. On
n'attend plus qu'un arbitrage externe pour les départager.
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Quelques
acteurs se prononcent
Sapouy
(CAF)
Directeur provincial de l'Environnement
"Le bureau de l'union est élu par les membres
des bureaux des groupements des 36 villages. Chaque
bureau envoie trois représentants (président,
trésorier, secrétaire général).
C'est cette assemblée constitutive qui élit
le bureau de l'union. Vous savez, nous avons d'abord
procédé au renouvellement des structures
de base dans les 36 villages que compte le chantier.
Nama Tamoin n'a pas été élu dans
son bureau de base.
La première condition à remplir pour avoir
un mandat électif dans le bureau de l'union,
c'est d'abord occuper un poste dans le bureau du GGF.
C'est comme les élections municipales. Ce sont
les conseillers qui élisent le maire. Le postulant
à la fonction de maire doit être d'abord
conseiller. Vous comprenez pourquoi Tamoin ne peut donc
pas prendre part aux élections.
Il faut savoir aussi que seuls les invités sont
admis et autorisés à prendre part aux
élections. Personne ne peut voter ni prendre
part aux travaux s'il n'a pas été mandaté.
Ce qui explique l'exclusion des représentants
des absents. Si tu n'as pas ton nom sur la liste, c'est
impossible.
En tout cas le quorum qui est à la majorité
simple a été atteint et le vote a eu lieu.
J'ai fait venir la sécurité parce qu'on
a eu l'information que certains se préparaient
à casser " .
Napon A. Razac
Tamoin, le président
sortant

Tamoin Nana, ancien président de l'UGGF autour
de qui s'organise la contestation
D'abord les élections du bureau du GGF de Sapouy
ont été entachées d'irrégularités
et contre toute attente, le bureau qui en est issu a
été validé. Les textes disent que
tout habitant de Sapouy est membre du GGF. Il a droit
à prendre part aux élections du bureau.
Donc l'assemblée générale est ouverte
à tout le monde, même les bébés.
A Sapouy, c'est un groupe restreint, on ne sait sur
quelle base les gens ont été sélectionnés
qui a pris part aux travaux. Mais rien ne surprend puisque
tout avait été monté par un groupe
qui avait choisi son bureau. C'est connu ici.
Le 29 janvier, nous nous sommes retrouvés pour
l'élection du bureau de l'union. J'ai voulu prendre
la parole, un groupe s'est opposé. Le directeur
provincial de l'environnement, directeur technique du
CAF, est intervenu pour que je prenne la parole.
L'élection du bureau a été reportée
pour le 12 février. A cette date encore l'élection
a été repoussée sans explication.
Certains villages avaient même fait le déplacement.
Et c'est aujourd'hui (le 25 février) que cette
élection a été ramenée.
Cette fois, je n'ai pas mon nom sur la liste. Je ne
suis pas autorisé à prendre part aux élections.
Le langage du directeur a changé.
Or d'habitude, c'est le président sortant qui
fait le bilan de son mandat et présente le plan
d'action pour la prochaine campagne. C'est à
l'issue de cette présentation que l'assemblée
procède à l'élection d'un nouveau
bureau. C'est la procédure normale. Avec mon
prédécesseur, c'était ainsi. Je
ne comprends donc plus rien. Une élection d'un
nouveau bureau avec interdiction au bureau sortant de
participer aux travaux.
Leur bureau est illégal, ils n'ont pas la majorité.
Sur 36 villages, 24 villages n'ont pas eu accès
à la salle des élections. C'est pourquoi
nous avons mis notre bureau en place.
Sur les motifs de la présence de la sécurité,
nous sommes surpris. On n'a jamais entendu parler d'un
quelconque plan de trouble. Il y a quoi à casser
? C'est notre maison, on n'est pas aussi idiot pour
détruire notre maison. On ne sait pas où
il tient cette information.
Napon A. Razac
Un délégué
de Taré
Ils sont venus une fois me surprendre pour me demander
le bilan de ma gestion du GGF. Je leur ai fait savoir
que je ne me suis pas préparé. J'ai donc
refusé de faire le bilan. Le 12 février
au moment où certains GGF étaient invités
à Sapouy pour l'élection du bureau de
l'union, ils sont revenus. Cette fois, ils m'avaient
prévenu. J'ai fait le bilan de la gestion. Un
nouveau bureau a été élu et j'ai
été porté à la tête
de ce bureau par mon village. Je leur ai fait savoir
que j'ai la confiance de mon village.
Ils ont dit que ce sont les anciens bureaux qui soutiennent
Tamoin et il fallait donc mettre de nouvelles personnes
dans les bureaux des GGF. Je ne vois pas la faute du
président, nous lui renouvelons notre confiance".
Napon A. Razac
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UGGF
du Ziro
Un désordre orchestré
par la tutelle

Robert Bayala, directeur technique par intérim
de la CAF Sapouy, accusé de parti pris
Par Germain B. Nama
Ce qui se passe au sein de l'Union des
groupements de gestion forestière du Ziro était
prévisible. On n'a pas voulu tirer leçon de
la crise de 2007 qui avait abouti au départ du seul
directeur technique recruté par le bureau de l'union,
M. Méda Moïse et à un intérim
sans limites des cadres de l'administration provinciale
de l'Environnement du Ziro. Sans doute aveuglés par
des rentes de situation dont ils profitent, ces derniers
s'agrippent à l'organisation paysanne, n'hésitant
pas à entrer dans le jeu des clans, foulant au pied
son indépendance organisationnelle et fonctionnelle.
Dans l'édition N° 150 du 25 octobre
2008, nous avions sonné l'alarme autour d'un certain
nombre de dysfonctionnements qui menaçaient la vie
de l'UGGF dans le Ziro. Voici ce que nous écrivions
à l'époque : "Depuis le mois d'août
2007, le chantier Sapouy/Biéha fonctionne sous un
régime d'intérim. La direction technique a
été tour à tour assurée par
André Bazongo et Robert Bayala, des cadres de la
structure qui assure la tutelle du chantier. Le moins que
l'on puisse dire, c'est que ce n'est pas une posture idéale
pour assurer la fonction de contrôle qui leur incombe
normalement. Cette situation n'est apparemment pas une réelle
préoccupation. Depuis le passage de la mission de
contrôle de la direction régionale en août
2003, rien ne semble avoir été fait pour redresser
les choses, alors même que des signes d'une gestion
hasardeuse s'accumulent. Pire, un certain nombre de groupements,
constatant des dysfonctionnements dans la gestion du chantier
avaient saisi la structure de tutelle en mars 2008. Sans
résultat. Dans leur plainte, les groupements ont
relevé des écarts constatés entre les
données des postes de commercialisation et celles
enregistrées par les services forestiers à
l'occasion du recouvrement de la taxe forestière,
la saisie de 40 carnets parallèles remis à
la direction provinciale de l'Environnement depuis le 26
janvier 2008 sans aucune suite administrative ou juridictionnelle,
l'opacité dans la gestion des recettes de charbon
et du bois de défriche. Cette rubrique a du reste
été frauduleusement introduite sans l'approbation
de l'assemblée générale, instance d'approbation
du budget. La situation du fonds de roulement créée
dans le but de financer le développement villageois
n'est pas faite, les recettes de commercialisation sont
le plus souvent objet de manipulations au niveau du bureau
de l'union au lieu d'être déposées dans
les comptes bancaires, suivant les procédures et
les délais requis. Le dernier constat souligne notamment
que : " le principe d'égalité entre les
groupements n'est pas respecté. La délégation
de Sapouy est régulièrement grossie de plusieurs
personnes étrangères aux assemblées
générales
Ces personnes qui sont à
l'évidence des " invités " du bureau
de l'Union participent aux débats qu'elles influencent
d'ailleurs négativement
"
Malgré l'alarme, ni la direction régionale
de l'Environnement ni le ministre de tutelle qui a pourtant
diligenté une enquête sur place n'a pris ni
même envisagé des mesures de sauvegarde.
On ne peut être juge et partie
Qu'est-ce qui justifie l'intérim de
près de trois ans qu'assure le premier responsable
de l'administration provinciale de l'Environnement ? Le
directeur technique est en principe un employé de
l'Union. Sa mission consiste, selon les termes de référence,
à veiller à "l'application du plan d'aménagement
et de gestion conformément aux textes existants
assurer le suivi-évaluation des activités
de gestion du chantier, appuyer l'élaboration du
plan d'opération annuelle et le soumettre à
l'approbation du Conseil de gestion au début de chaque
exercice ". Sur la base des missions ci-dessus définies,
la direction technique (directeur, comptable, commis de
commercialisation, animateur) est soumise à une "
évaluation individuelle de performances ". Ces
missions assignées à la direction technique
sont en principe évaluées par le concessionnaire
représenté par le bureau de l'union, seule
compétente pour en répondre devant l'Etat,
l'autre partie au contrat. Mais voilà que l'administration
forestière censée exercer un rôle de
supervision des activités du concessionnaire se retrouve
dans une étrange fusion avec la partie qu'elle doit
juger. C'est une violation flagrante de la forme et de l'esprit
du contrat. On est en porte à faux avec le principe
même de l'autonomisation des organisations paysannes,
leitmotiv de la politique nationale. Que pour des raisons
imprévues, on fasse recourt à l'intérim
peut se comprendre. Mais quand cet intérim ne finit
pas de durer, il y a le risque que l'on s'installe dans
une gestion juridiquement irresponsable et administrativement
absurde. Il n'est donc pas étonnant que M. Bayala,
le directeur technique intérimaire, croit pouvoir
se placer au dessus du président de l'union, usurpant
ses attributions et se mêlant de ce qui ne le concerne
qu'indirectement. Cette situation suscite des interrogations
sur le rôle exact de la direction régionale
de l'Environnement et du Cadre de vie, partenaire immédiat
de l'Union dans la gestion du CAF de Sapouy. Dans la mesure
où la position du directeur technique, par ailleurs
agent de l'Environnement, fausse le jeu des responsabilités
dans la gestion du CAF, que doit faire dans ces conditions
l'instance hiérarchique régionale ? Faut-il
rester impassible devant le jeu clientéliste auquel
se livrent certains agents forestiers sur le chantier ?
Cela serait de la complicité. Il est important de
rechercher ce qui se cache sous la posture ambiguë
de la direction provinciale de l'Environnement et du Cadre
de vie du Ziro dont l'attitude dans les renouvellements
des bureaux de l'UGGF a été pour le moins
ambiguë pour ne pas dire scandaleuse. On peut à
juste titre penser que c'est la raison pour laquelle la
presse a été priée de se tenir à
l'écart.
Dans cette affaire, la hiérarchie n'est pas non plus
irréprochable. L'impunité ambiante au sein
du CAF est la source de toutes ces dérives. Il n'y
a pas longtemps, personne ne s'intéressait au travail
des bûcherons. Il faut être naïf pour croire
que tous ces tiraillements auxquels nous assistons traduisent
une quelconque passion démocratique. Il y a de l'argent
facile à prendre dans cette affaire. Quand un ancien
président de l'union décrète unilatéralement
un moratoire sur les dettes que lui et son équipe
ont contractées durant leur mandat et qu'il ne se
passe rien, sans compter l'argent détourné
par diverses astuces, on ne peut être surpris de cet
engouement "démocratique". Si le ministère
qui a diligenté une mission sur le terrain avait
joué son rôle, nous n'assisterions pas aujourd'hui
à ces luttes sans principe qui n'honorent pas les
organisations villageoises. Malheureusement, ceux qui devaient
être le dernier recours ne se montrent guère
à la hauteur. Ce qui s'est passé le 25 février
dernier dans le CAF de Sapouy est la conséquence
d'un laisser aller qui risque d'engendrer des effets boomerangs
autrement plus catastrophiques. Il faut espérer que
cette fois-ci, le ministère de l'Environnement et
du Cadre de vie exercera son droit de regard et surtout
travaillera à stopper cette dérive qui menace
dangereusement la vie du chantier.
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Paroles de coulisses
Du business autour
de charrettes subventionnées
A combien va-t-on céder les charrettes subventionnées
aux groupements de l'Union ? Acquises à 150
000F l'unité et refilées à l'UGGF
par un généreux partenaire à
moitié prix, on avait donc décidé
de les céder aux producteurs à 75 000F
pièce. C'est ce prix que les premiers acquisiteurs
des charrettes ont payé. Mais par la suite,
grâce à un appui financier d'un partenaire,
on pouvait faire chuter les prix à 58 500F.
A une réunion du bureau, le président
de l'Union propose que les charrettes puissent être
cédées à 58 700F l'unité.
Avec les 200F, on pouvait payer les frais de montage
des charrettes, de même que le salaire d'un
gardien. Et pour ceux qui avaient déjà
payé les 75 000F, il propose qu'on leur restitue
le surplus. Mais certains, au sein même du bureau,
avaient déjà fait leurs calculs. Pour
eux, plutôt que de rabaisser les coûts,
il faudrait ajouter 10 000FCFA aux 75 000. Avec le
surcoût, les membres du bureau pourraient eux
aussi avoir quelque chose. C'est cette solution qui
aurait finalement prévalu.
Viol de procédure au GGF de Sapouy
L'ancien président du GGF de Sapouy, Nama
Abazaré, aurait enlevé 13 charrettes
pour son groupement. Là où il y a problème,
c'est que les 13 charrettes ont été
enlevées sous sa seule signature. La procédure
en la matière veut que le postulant se présente
lui-même devant le bureau qui lui délivre
un ticket. Avec le ticket, il se présente à
la caisse des producteurs où il verse le montant
porté sur le ticket. Un bon lui est délivré
par la caisse. Il retourne vers le bureau muni de
son bon pour enlever sa charrette. En parcourant un
jour le cahier des opérations, le directeur
technique, M. Bayala Robert s'aperçoit qu'Abazaré
a signé et enlevé 13 charrettes. Il
s'insurge contre un tel procédé et ordonne
le retour des dites charrettes. Abazaré, le
mis en cause, appelle en renfort, Nama Paulin, Nama
Batien, ancien surveillant au Lycée, Nama Adama
et Nessao B. Saidou. On dit que ces derniers sont
des représentants d'un groupe de pression très
actifs dans l'ombre. Cette rencontre aurait suffi
à ramollir la fermeté du DT. En fin
de compte, les 13 charrettes ont été
purement et simplement restituées au président
du GGF de Sapouy.
Géométrie variable à propos
des mandats
Selon l'article 108 de la loi N°14/99/AN réglementant
les groupements au Burkina Faso, "le mandat des
membres du bureau est de trois ans renouvelable une
fois. Au terme d'une période de trois ans suivant
l'expiration de leur second mandat, ils peuvent à
nouveau se porter candidat." Au regard de cette
disposition, nombre de responsables sont à
la limite de la limite de la légalité.
Sont de ceux-là : Gnangao Moussa, l'actuel
président de la faction de l'Union soutenue
par l'administration forestière. Il est à
son 4ème mandat dans le GGF de Niliri et cumule
ses fonctions de membre du bureau de GGF avec la fonction
de Trésorier général de l'Union
des groupements des cotonniers. Neya Tatié,
le secrétaire général également
élu au cours de l'AG contestée est à
son 4ème mandat dans le GGF de Idiou. Il est
en outre conseiller municipal. Abazaré Nama
est quand à lui à son 2ème mandat.
Mais il est salarié à la mairie, responsable
de l'abattoir ainsi que des fourrières. Il
occupe une autre fonction au niveau de l'Union Zimbala.
Tamoin Nama, l'ancien président de l'Union
a déjà épuisé deux mandats
au sein du GGF de Sapouy : de 2004 à 2007 et
de 2007 à 2010. Il vient d'être élu
secrétaire général dans un autre
groupement, celui de Kasso. La liste n'est pas exhaustive.
Mais comme on le voit, c'est donc dans une ambiance
de non-droit que baignent les groupements qui se livrent
actuellement une querelle en légitimité.
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