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DOSSIER
- Grève
à Total Burkina
La
direction de Total sourde aux appels au dialogue

Les stations Total sont restés fermés
pendant 10 jours
Par Idrissa Barry
Depuis le 24 avril, les employés de Total Burkina
sont en grève. C'est le licenciement du délégué
principal, porte-parole des travailleurs qui a déclenché
cet arrêt de travail. Yacouba Ouédraogo, le délégué
licencié, est accusé par sa direction d'avoir
porté gravement atteinte à l'image de l'entreprise
et d'avoir induit en erreur ses collègues en les entraînant
dans une action illégale de sit-in le 27 mars. Mais
ces événements de mars et avril font suite à
une série de malentendus, voire de bras de fer qui
durent depuis un an.
Au commencement, c'est une plate forme déposée
à la direction le 26 mai 2008 par les délégués
du personnel. Cette plate forme comportent deux points : adoption
d'une nouvelle grille salariale et mise en place d'un accord
d'entreprise. La formulation de ces revendications n'est apparemment
pas du goût du premier responsable de la société,
Hugo De Meyer. Il le manifestera de trois manières
lors de la réception de la plate forme. D'abord en
refusant de descendre au parking recevoir la plate forme comme
l'ont souhaité les délégués du
personnel, ensuite en ne recevant les délégués
que devant sa porte au lieu de les admettre dans son bureau
et enfin en tenant des propos qualifiés de méprisant
à l'encontre des délégués : "
voilà, c'est fait. Oups, vous pouvez descendre ",
aurait-il lancé aux délégués du
personnel après la remise de la plate forme. Le dialogue
avait donc mal commencé. La suite, c'est une succession
de rencontres sans réelles avancées sur le fond
de la plate forme. Pendant que les employés réclament
l'adoption d'une nouvelle grille salariale, la direction propose
de mettre en place un nouveau système de classification
du personnel. Cela devra se faire après une enquête
salariale au Burkina qui sera effectuée par un cabinet
français du nom de Bayi. Concernant le point sur l'accord
d'entreprise exigé par les travailleurs, la direction
oppose un refus catégorique. Elle affirme que Total
ne fait pas d'accord sauf en France où le code du travail
le rend obligatoire. La direction estime que cela n'est pas
le cas au Burkina. Pour les travailleurs, même si le
code burkinabè ne rend pas l'accord d'entreprise obligatoire,
il ne l'interdit pas non plus. C'est pourquoi, ils ont soumis
à leur employeur un projet d'accord pour appréciation.
Un an après, pas de réponse de la direction.
Il n'y a pas eu de contre propositions. C'est seulement à
la suite d'une visite au Burkina du président du Conseil
d'administration que la direction décide de faire un
geste : l'octroi d'une bouteille de gaz mensuelle aux agents.
Thibeault Flichy, directeur comercial
de Total Burkina .....Yacouba Ouédraogo, délégué
du personnel licencié
En décembre, elle annonce une augmentation de salaire
de 16% en moyenne. Cela ne soulève aucun enthousiasme
chez le personnel. Au contraire, les travailleurs ajoutent
une autre revendication, celle concernant la prime bilan qu'ils
aimeraient voir à la hausse. Le 13 février 2009,
les travailleurs écrivent à la direction générale
du Travail pour lui faire part du blocage des négociations.
Ils déposent un préavis de sit-in le 25 mars
auprès du bureau du directeur général
de Total Burkina. Celui-ci convoque les délégués
le lendemain pour leur dire qu'il prend acte de leur décision
même s'il la regrette. La direction du travail est également
informée. Le 27 mars, le sit-in est observé
sur l'ensemble du territoire et aurait été suivi,
selon les délégués, par au moins 95%
des agents. Après ce débrayage de 5 heures,
la direction décide de ne plus discuter avec les délégués
malgré les sollicitations de ces derniers. Elle saisit
plutôt l'inspection du travail "pour une suite
à donner à cette situation". L'inspection
n'a pas tardé à réagir. Le 10 avril,
l'inspectrice Aminata Dianda envoie à Total les arguments
pour prendre les sanctions à l'égard des 6 délégués
du personnel. Dans une notification écrite, elle décrit
l'illégalité de la procédure d'arrêt
de travail par les salariés comme suit : non notification
du conflit au directeur général du Travail,
article 369 du code du travail ; usage de piquets de grève
et occupation des lieux de travail ; refus de la rencontre
du 30 mars 2009 accordée par le directeur général
de Total Burkina pour la poursuite de la concertation. Pour
la Direction de Total, c'est un feu vert donné par
l'inspection, pour licencier. Le 23 avril, " conformément
à l'avis de l'inspection du Travail, la Direction générale
licencie le délégué principal et décide
d'une mesure exceptionnelle pour les 5 autres délégués
", indique le directeur commercial. Les salariés
ripostent par un arrêt illimité du travail jusqu'à
la réintégration du délégué
licencié. Les stations service sont fermées
à la clientèle jusqu'au 4 mai. Les gérants
de ces stations, qui ne font pas partie du personnel de Total,
auraient été sommés par les responsables
de la société de rouvrir sous peine de résiliation
de leur contrat avec Total. Ils ont avancé des raisons
de sécurité pour fermer les stations au déclenchement
de la grève. Nous avons contacté le secrétaire
général de leur association pour comprendre
d'où venaient ces menaces et quelles garanties ils
ont eu pour rouvrir, mais il n'a pas souhaité se prononcer.
La situation reste bloquée. La direction de Total demeure
sourde aux appels de conciliation. Elle refuserait de répondre
aux convocations de la Direction du Travail. Le Conseil du
Patronat burkinabè aurait tenté également
une médiation en vain. La direction de Total n'a pas
répondu à leur invitation. Pour la direction
de Total, sa position est connue : c'est la reprise du travail
sans condition, sans donc la réintégration du
délégué licencié. Les travailleurs
n'entendent pas non plus à l'injonction de leur employeur.
Ils entendent poursuivre leur grève. Une marche était
même prévue pour le samedi 9 mai. Elle devrait
conduire les travailleurs devant le siège de total
sur l'avenue Kwamé N'Krumah. Quant aux autorités,
elles semblent impuissantes à rapprocher les positions.
Le ministre du Travail et de la Sécurité sociale,
Jérôme Bougma est même allé suppléer
la direction à son siège pour reprendre langue
avec le personnel. Mais rien n'y fait. C'est le statu quo
total. Pour combien de temps encorev ?
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Salaires à Total
3 est supérieur à 95
Total Burkina compte 95 agents burkinabè et
3 expatriés (un Belge et deux français).
Les salaires de ces derniers dépasseraient 60%
de la masse salariale du personnel. L'explication, c'est
que leur salaire est indexé à la grille
de leur pays d'origine. Ce qui aurait permis au Belge,
le directeur général, de se payer dès
son arrivée une voiture de plus de 40 millions
de f CFA. Son loyer de Ouaga 2000 coûterait autour
de 1 300 000 f CFA. Sa facture d'électricité
mensuelle oscille autour de 700 000 f CFA. Toutes ces
charges seraient au frais de Total Burkina. Les travailleurs
locaux ont le sentiment d'une grande injustice. Trois
personnes récoltent plus de la moitié
du fruit du travail des 95 autres
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Total Burkina
Une société exemplaire à tous points
de vue
Les responsables de la société pétrolière
française installée au Burkina "depuis
maintenant 50 ans" ne comprennent pas ce qui leur
arrive. "Nous faisons désormais presque
partie de la tradition de votre pays. Comme vous pouvez
le voir, nous n'avons pas encore les cheveux blancs
mais la société Total Burkina pourrait
mériter le qualificatif d'anciens, valeur chère
aux Burkinabè", déclare le directeur
commercial, Thibeault Flichy qui assure l'intérim
du directeur général, Hugo De Meyer, absent
du pays, officiellement pour raison de santé.
Cette société "presque" burkinabè
ne mérite donc pas sa situation actuelle. Rien
ne justifie l'arrêt de travail observé
par les travailleurs depuis le 23 avril. Surtout que
ces travailleurs sont parmi les mieux payés du
Burkina. Ne perçoivent-ils pas en moyenne un
salaire brut mensuel de 450 000 f CFA ? Il y a de quoi
faire pâlir de jalousie plus d'un en cette période
de vie chère. N'ont-ils pas une couverture médicale
presque entièrement prise en charge par la société,
y compris pour les membres de leurs familles ? A cela
se rajoutent des prêts d'aide au logement pouvant
aller jusqu'à 10 millions de f CFA, des prêts
dépannage équivalent à 3 mois de
salaire brut, des prêts scolarité, des
prêts véhicule pouvant aller jusqu'à
10 millions F CFA, une retraite complémentaire
gérée par une société luxembourgeoise,
etc. Les avantages octroyés au personnel de Total
Burkina sont très nombreux. Il faut être
ingrat pour ne pas le reconnaître. Mieux, la société
intervient dans le social pour soulager les pauvres
populations du Burkina. Appréciez les efforts
humanitaires d'une entreprise dont l'objectif est tout
sauf faire de la charité : aide à la lutte
contre le VIH, organisation de campagne de prévention
contre le paludisme, construction d'un dispensaire dans
la région de Fada. Tout cela ne peut être
balayé d'un revers de la main. Sans compter son
apport très appréciable dans l'économie
nationale : par an, investissement d'environ 3 milliards
F CFA dans l'économie burkinabè, près
de 35 milliards chaque année d'impôts et
droits de douane dans les caisses de l'Etat, 850 emplois
directs créés, plus de 2000 familles vivant
accrochées aux mamelles de l'entreprise. Pourquoi
en vouloir à une telle société
très généreuse "qui place
l'homme au cur de sa politique et de ses préoccupations"
? Total est une entreprise citoyenne qui ne mérite
pas cela, surtout de la part de ses propres employés.
Ils devraient suivre l'exemple du gouvernement burkinabè
qui, en 2008, "a remis à Total Burkina le
prix du meilleur opérateur économique,
en reconnaissance de son esprit civique, de sa responsabilité
citoyenne et de sa contribution fort appréciable
au développement socio-économique du Burkina
Faso". Tout autre appréciation n'est que
purs mensonges, délation et diffamation dont
l'objectif est de ternir l'image de l'entreprise. Dans
le village Total, c'est le bannissement direct quand
on est reconnu responsable d'avoir commis ce délit
à
l'image du Groupe. On vous chasse de
la société. On vous offre néanmoins
une chance d'aller vous recréer ailleurs, très
loin du groupe social auquel vous appartenez, comme
dans l'Afrique traditionnelle. Yacouba Ouédraogo,
le banni, devrait s'estimer heureux d'avoir appartenu
à la famille Total. Les 5 autres délégués
doivent, eux, s'estimer chanceux. N'ont-ils pas bénéficié
de la clémence du Groupe ? Total est vraiment
une société presque burkinabè qui
"pourrait mériter le qualificatif d'anciens",
selon les mots de son directeur commercial. En effet,
les anciens savent mieux que quiconque, les vertus du
pardon pour toute société, même
totalitaire.
Idrissa Barry
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Grève
à Total Burkina
Total, une image pas reluisante depuis Elf
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Christophe de Margerie, PDG du groupe Total.
L'image de l'entreprise dépend surtout du comportement
de ses dirigeants.
Par Moussa Zongo
Pour justifier le licenciement d'un de ses employés,
la direction de Total Burkina affirme qu'il "a
tenu des propos totalement diffamatoires et mensongers
à l'égard de la société
dans la presse, dégradant fortement notre image".
A propos de l'image, il faut dire qu'il y a longtemps
que le nom de Total est gâté. La vie du
Groupe est truffée de scandales.
Dans le livre La Françafrique, le plus log scandale
de la République, François-Xavier Verschave
relate l'histoire de la création de la société
pétrolière française. C'est en
1965 que de Gaulle charge son ancien ministre des Armées
Pierre Guillaumat de créer une compagnie pétrolière,
Elf. L'entreprise est conçue en fait comme un
service secret moderne, à vocation économico-politique
et, à l'occasion, crypto-militaire. Guillaumat
est l'homme de la situation : durant la guerre 1939-1945,
il fut un des fondateurs de la Direction générale
des services spéciaux (DGSS). Selon Loïk
Le Floch-Prigent, l'un de ses successeurs à la
tête de l'entreprise pétrolière,
Guillaumat " truffe Elf d'anciens des services
[de renseignement], et il ne se passe rien dans les
pays pétroliers, en particulier en Afrique, dont
l'origine ne soit pas Elf [
]. Foccart y installe
ses anciens. C'est [
] devenu une habitude, une
sore de loi non écrite, qu'Elf soit une agence
de renseignement, avec un certain nombre de véritables
spécialistes qui sont en prise directe avec les
services ", témoignage de l'intéressé
dans le journal L'Express du 12 décembre 1996.
En Afrique, l'histoire de Elf est liée aux grands
scandales. Elle est citée dans des affaires de
corruption et de trafics d'armes. Au Gabon, la société
fait des affaires louches avec le clan Bongo installé
au pouvoir par les services français en 1967
à la suite du décès du président
Léon M'ba, un politicien docile lui-même
placé au pouvoir par l'ancienne puissance coloniale.
La justice française a eu à connaître
ces dossiers sales de Elf au milieu des années
90. Ce fut un marathon judiciaire où de multiples
pressions ont été exercées sur
des juges d'instruction. La juge Eva Joly qui a mené
l'instruction à son terme raconte dans son livre
Est-ce dans ce monde-là que nous voulons vivre?
les misères qu'elle a subies dans cette affaire
: "EN PRETANT SERMENT COMME MAGISTRAT, je ne savais
pas que certains soirs j'aurais peur en ouvrant ma porte.
C'est pourtant ce que j'ai vécu pendant sept
ans en instruisant l'affaire Elf. J'ai été
surveillée, intimidée et menacée
de mort. Des campagnes de presse ont été
lancées pour me déstabiliser. Malgré
tout, nous sommes allés jusqu'au bout. Cette
instruction dévoile un monde édifiant:
caisses noires, prélèvements en tout genre,
sociétés écrans, dépenses
privées somptuaires... Une élite revendique
l'impunité: une manière de vivre au-dessus
des lois parce qu'on est plus fort que la loi."
L'audition d'André Tarallo est édifiante
: "Elf a pourtant versé des sommes importantes
à des régimes africains...

Stanislas Mitterand, Président du conseil d'adminsitration
de Total Burkina.
C'est lui qui aurait pris la décision du licenciement
du délégué.
Il existait de véritables contrats entre Elf
et les dirigeants de pays africains. Nous appelions
cela des "abonnements", qui étaient
calculés en pourcentage du pétrole qu'achetait
Elf dans ces pays. En Afrique, les hommes politiques
ne peuvent vivre que si une partie de ces fonds leur
revient. Même les oppositions vivent de ces subsides
et cela ne me choque pas de savoir que pour maintenir
la paix dans son pays, un chef d'Etat puisse disposer
de liquidités librement. Les dirigeants africains
sont des gens généreux, et là-bas,
on attend tout du chef, qu'il soigne un parent, qu'il
paye un billet d'avion... Les "abonnements",
aujourd'hui encore, servent à cela. Tout le monde,
en France, y compris les présidents de la République
successifs, était au courant !". Au Congo
Brazzaville, on retrouve Elf dans la guerre civile qui
a ravagé ce pays en 1997. Le Groupe aurait sponsoriser
et livrer des armes à Denis Sassou N'guesso pour
reconquérir le pouvoir en octobre 1997 après
l'avoir perdu démocratiquement en 1992. En Angola,
la multinationale française se serait livrer
à un double jeu : financer à la fois le
pouvoir du MPLA et la rébellion de l'UNITA en
contre partie du pétrole.
Décriée de partout, Elf va chercher à
se défaire de son image hideuse auprès
des opinions publiques. Ainsi Elf change de nom pour
s'appeler désormais Total après une courte
transition où elle s'appelait Total Fina Elf.
Mais c'est à se demander si les pratiques ont
véritablement changé. Ce n'est pas si
sûr. Christophe de Margerie, actuel PDG de Total,
est mis en examen deux fois pour "corruption d'agent
public étranger" dans l'affaire dite "pétrole
contre nourriture" en Irak et pour l'obtention
de marchés pétroliers en Iran. Dans les
deux cas, Total aurait versé des pots-de-vin
d'une part à des dignitaires du régime
de Saddam Hussein, d'autre part au fils du président
iranien Hachemi Rafsandjani.
La connexion de Total avec le pouvoir burkinabè
s'est-elle renforcée sur le terrain angolais,
comme le suggèrent certains observateurs de la
françafrique ? Le président Blaise Compaoré
était en effet régulièrement cité
dans les rapports des organismes internationaux comme
un des hommes des réseaux que Savimbi utilisait
pour s'approvisionner en armes. Le fils de ce dernier
avait même élu domicile à Ouagadougou,
tout comme Charles Taylor à une certaine époque.
Le président burkinabè serait devenu au
fil des années un homme important pour les réseaux
françafricains en Afrique, surtout après
les disparitions des pionniers comme Houphouët
et Eyadema. Entre amis, on ne se refuse rien, surtout
pas pour se débarrasser d'un supposé ennemi.
Au Burkina, la société est leader dans
le domaine de la distribution, avec plus de 40% du marché.
Elle fait des centaines de millions de bénéfices
par an. Mais ses employés locaux se plaignent
de n'avoir pas une grille salariale adaptée à
une société multinationale moderne. On
note que le pouvoir burkinabè a donné
son onction au Monsieur Afrique du Groupe Total, Stanislas
Mittelman, venu spécialement de Paris pour remettre
de l'ordre dans la maison Total Burkina. C'est lui qui
aurait ordonné le licenciement du porte-parole
des travailleurs, le délégué principal
Yacouba Ouédraogo, taxé d'être "un
membre de l'opposition au parti au pouvoir", selon
les propos tenus au sein de la direction de Total en
France cités dans le communiqué de presse
de la Fédération nationale des industries
chimiques CGT. Tout cela rappelle étrangement
une autre époque avec le débarquement
à Ouagadougou de Monsieur Afrique de l'Elysée,
Guy penne, venu régler son cas au turbulent Premier
ministre, le capitaine Thomas Sankara. C'était
le 17 mai 1983. C'est un secret de polichinelle que
le pouvoir installé depuis 1987 au Burkina est
fortement soutenu par des lobbys des affaires qui font
le jeu de certaines multinationales occidentales. Certes,
le pouvoir de Blaise Compaoré a cherché
à diversifier ses "affaires", notamment
avec les Libyens et les Asiatiques (Agha khan et les
Chinois de Taïpei). L'émergence de certains
groupes pétroliers comme Pétrofa rentre
dans cette stratégie. Mais même si le pouvoir
a discrètement favorisé l'émergence
de ce concurrent à Total, il n'en reste pas moins
très lié à ses premiers amours.
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