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DOSSIER
- Fespaco
Hommage
à Ousmane Sembene, inventeur du cinéma d'Afrique
noire
L'absence du " tirailleur "

Sembène Ousmane, 18ème Fespaco 23 02 2003
36 années d'engagements fidèles ! Cela faisait
trente-six harmattans que le Sénégalais Ousmane
Sembene portait son ombre tutélaire sur le Festival
panafricain du cinéma et de la télévision
de Ouagadougou (FESPACO), " son " enfant. Las, en
février 2007, aux libations de la biennale, on n'avait
pas vu sa casquette de docker -qu'il fut- vissée sur
son crâne dégarni, pipe oubliée à
la commissure des lèvres et sacoche militante pendue
à l'épaule. L'écrivain cinéaste
était déjà alité, à Dakar,
depuis décembre 2006. Sans avoir oublié de demander
pardon, pour cette absence, par un ultime courrier d'amitié
attentionnée à la confrérie africaine
du 7ème Art, guère moins vacillante que lui.
Le premier caméraman "africain" s'était
alors éteint dans la nuit du 9 au 10 juin 2007, à
84 printemps; "un militant reste jeune toute sa vie",
crânait-il encore en 2005, au 19ème et dernier
de ses Fespaco.
A l'annonce du décès d'Ousmane Sembene, le cinéaste
Cheikh Oumar Sissoko, alors ministre malien de la Culture,
avait dit de lui : Cet "homme n'a jamais fonctionné
qu'en Afrique et pour l'Afrique" ; portrait lapidaire
et définitif d'un compagnon qui avait consacré
sa vie à une Afrique résolument debout, indifférente
au regard nivelant de l'Occident, fière de ses énergies,
mais lucide devant les contradictions et les archaïsmes
de ses traditions. Contre la "société grabataire",
"s'incorporer les valeurs nouvelles en conservant son
identité" : le village burkinabè, dans
Moolaade, et l'adagio italien ! Sembene fut donc un avant-gardiste
de terrain, nourri de son temps et de ses expériences
d'autodidacte, venu tardivement au cinéma, via la littérature,
après avoir vécu les réalités
continentales, dans la chair. L'enfant de Ziguinchor, né
en janvier 1923, avait tout fait, tout vu : le fils de pêcheur
monte à la grande ville dans les années 30,
l'appel du large sans doute ; tour à tour manuvre,
mécanicien, maçon, charpentier, il est enrôlé
bon gré mal gré en 1942 comme Tirailleur, au
pays. Immigré clandestin en 1946 -déjà
le précurseur !- il débarque au port de Marseille,
où il devient docker. PC, CGT, contre les guerres d'Algérie
et d'Indochine, bibliothèque et premiers chocs cinéphiles
: Le voleur de bicyclette de Vittorio de Sica (1948), Les
temps modernes de Charlie Chaplin (1936) - notamment la parabole
de la première séquence, des moutons s'avançant
comme les ouvriers vers l'usine ! De retour à Dakar,
quinze ans après son échappée belle,
Ousmane s'engage résolument dans le syndicalisme et
se frotte même au journalisme... de combat.
Franc-tireur
Au tournant des Indépendances, Sembene a déjà
appréhendé la trame de ses futurs engagements
littéraires et cinématographiques : la violence
kafkaïenne des bureaucraties corrompues, coloniales et
post-coloniales ; les tyrannies du patriarcat, prison de l'émancipation
individuelle libératrice ; l'attention sensible portée
aux petites gens bafouées; l'intérêt partisan
pour la condition des femmes outragées ; la satire
des lobotomisations religieuses et des irrationnels totémismes.
Sa force : le refus de se cacher derrière son petit
doigt pour chercher, avec leurs avances (!), des noises aux
boucs émissaires de l'ancienne métropole ; "il
dénonce d'abord le continent, des traditions, des politiques",
insiste le réalisateur mauritanien Abderrahmane Sissako.
Ce qui ne l'empêchera pas, en homme libre, de refuser
avec énergie le chantage bien gaulois du " financement
contre film directement en langue française".
"Intègre ; on ne pouvait pas (l') amadouer, (il)
n'aimait pas les compromissions", surenchérit
le sculpteur Ousmane Sow, son ami et compatriote. Salvateur
coup de gueule, parmi d'autres, d'un homme pourtant affable,
toujours à l'écoute. Sembene fut un contradicteur
obstiné de Léopold Sedar Senghor, qu'il trouvait
trop
bourgeoisement métropolitain ; le chantre
de la Négritude ne lui en tenait pas rigueur, bon prince.
Face au président poète et les pairs politiques
ou intellectuels de la Françafrique, Sembene fut l'un
des premiers à s'inquiéter des errements truqueurs
d'indépendances cha cha, appelant très tôt
à "un changement radical des politiques africaines".
Les idéologies clés en mains et les mirages
incantatoires ne furent jamais de sa blague (à tabac)
; pas plus que la quête complexée des reconnaissances
d'outre mers, fugaces car conjoncturelles : d'artificiels
engouements en effets de mode, le temps d'un fonds de saison.
Non, son credo, c'était d'amener "l'Afrique à
comprendre son identité et se construire un horizon
culturel" (Cheikh Oumar Sissoko). Sembene franc-tireur,
à la maison, pour continent.
"Il fallait bien que quelqu'un commence". C'est
l'itinéraire d'un artisan qui a cherché, toute
sa vie, la meilleure manière de parler aux siens, aux
laissés pour compte. Dix livres et autant de films
en feront les balises, un demi-siècle durant. Tout
jeune, Ousmane s'abandonnait aux rites d'Epinal bien réels
des contes initiatiques de grand-mères, des premiers
films vus à l'envers, au "poulailler" de
derrière l'écran. Le hasard et la nécessité
; éveillé par cette Europe, en 1956, il relate
l'apprentissage dans Le docker noir, son premier roman. Suivront
Ô pays, mon beau pays (1957), et L'harmattan (1963).
Mais surtout Les bouts de bois de Dieu (1960), le plus célèbre,
un classique étudié dans toutes les écoles
d'Afrique, le récit de la grande grève des cheminots
du Dakar-Bamako en 1947-1948. Le mandat (1964), Xala (1973),
et Voltaïque (1961), des nouvelles parmi lesquelles La
Noire de ... deviendront trois de ses dix films. Au paradis
de l'analphabétisme, l'écriture l'avait très
vite frustré ; comment amener la culture au plus grand
nombre, comment éveiller à son tour les campagnes,
comment mobiliser les consciences ? Un voyage sur le fleuve
Congo et la vision illuminée d'un Patrice Lumumba feront
le déclic ; ce sera l'image, rémanence proustienne
de son enfance casamançaise. Le journaliste cinéphile
Georges Sadoul l'encourage : Sembene se formera à l'institut
de cinéma VGIK de Moscou. Nouvelle arme de "conscientisation"
sénégalaise, il lance le "cinéma
forain", précurseur du "cinéma mobile"
d'un Fespaco à inventer. "Je peux aller au village
et présenter le film. Tout peut être filmé
et transporté dans le plus profond de l'Afrique"
; arme redoutable au service d'un cinéma populaire
et progressiste, pour les illettrés et les non francophones,
l'inconsolée majorité.
Censuré
Après le court Borom sarret ("le bonhomme charrette",
1963), La Noire de
(l'exploitation par ses patrons français,
la prostitution et le suicide d'une jeune immigrée)
est considérée comme le premier long-métrage
d'Afrique subsaharienne (1966) : Sembene a 43 ans et reçoit
le Prix Jean Vigo. Mandabi / Le mandat (une charge contre
l'administration et la nouvelle bourgeoisie africaine, 1968,
Prix de la Critique internationale au Festival de Venise et
rencontre de Pasolini), Emitaï ("Dieu du tonnerre",
contre les superstitions, 1971), Guelwaar (encore l'islam
et les religions, 1992). Deux premiers volets d'une trilogie
inachevée se focalisent sur "l'héroïsme
au quotidien" : Faat kiné (une femme de quarante
ans dans le business, 2000), Moolaade (un réquisitoire
contre l'excision, 2002). Xala (une moquerie du pouvoir mâle
et de l'impuissance sexuelle, 1974) et Ceddo (une critique
de l'islam conquérant, à travers le soulèvement
au XVIIe siècle des animistes Ceddo -avec deux 'd',
n'en déplaise à Senghor
-, 1979) sont censurés
par le gouvernement sénégalais du socialiste
président poète; le célèbre réalisateur
François Truffaut apporte son soutien fracassant à
Sembene, en refusant officiellement de voir le film, y compris
chez lui, même en catimini. La France, qui aime cultiver
la mémoire très sélective, ne fera pas
mieux : Camp de Thiaroye (avec le comédien ivoirien
Sidiki Sidjiri Bakaba, 1987 !) est couronné, encore
à Venise, du Prix spécial du jury, mais banni
des salles obscures, à Paris. Sous Mitterrand et Chirac,
le nègre n'a toujours pas le droit d'explorer lui-même
son Histoire
En 1944, la répression sanglante
par l'Armée française des Tirailleurs réclamant
leur solde au casernement de Thiaroye, dans la banlieue populeuse
de Dakar, n'est pas digne d'intérêt, assurément.
Pas aussi consensuel qu'un Indigènes, vingt ans plus
tard, par les Français de la réconciliation
lacrymale, Rachid Bouchareb et Jamel Debbouze ; avec des nègres
en effet, dans le décor, chéchias pourpres et
rires Banania

"Je confesse que je n'ai pas eu le courage d'intégrer
(
) tous mes verdicts. Pour la simple raison que ça
en deviendrait de la propagande", à propos de
Moolaade, tout de même récompensé à
Cannes dans la section "Un certain regard", en 2004,
par le Prix spécial du jury à Marrakech, par
celui du Meilleur film étranger, aux Etats-Unis, ouf
! Genre et développement, c'est de saison, à
fortiori au Burkina Faso, l'autre patrie de Sembene. Une vieille
histoire d'amour, concrétisée à Ouagadougou
par la fondation en 1969 d'une "Semaine du cinéma
africain" -Fespaco dès 1972, soutenu par le président
Aboubakar Sangoulé Lamizana. uvre testamentaire,
hommage à la femme africaine, Moolaade est tourné
au Burkina par un Sénégalais, avec des villageois
burkinabè et des comédiens de toute l'Afrique
de l'Ouest, dont la Malienne Fatoumata Coulibaly ; l'intégration
panafricaine in vivo, loin des discours et de la sébile.
"L'aîné des Anciens"
Pionnier et doyen du cinéma africain : "L'aîné
des Anciens" comme il se définissait lui-même,
"le plus ancien, pas le plus sage !" a été
de tous les premiers combats, conscient qu'il y en aurait
d'autres après lui : "(
) en Afrique, nous
avons encore à inventer une nouvelle écriture
(cinématographique)". Père du cinéma
africain, cofondateur du Fespaco, et référence
incontestée des réalisateurs qui oseront lui
emboîter le pas, populaire et exigeant : au premier
rang, le fils sénégalais de la "Nouvelle
Vague", l'incomparable Djibril Diop Mambéty, trop
tôt disparu. Mais aussi, au royaume du cinéma
calebasse, le turbulent Saint-Pierre Yaméogo, rare
Burkinabè à sortir des sentiers poudreux ou
bucoliques d'un cinéma organiquement sage : jeunesse,
ville, murs et tabous ; n'en déplaise au bon
Zédess de Saaba, au Burkina aussi on jette les vieux
à la rue (Delwendé, lève-toi et marche,
2004, quelques plans séquences et travellings saisissants,
aux portes de Ouaga et au rebut de Tanghin ! Et le clin d'oeil
musical au "maître", en adagio)
Le vieil
homme à la pipe n'aura pas tant de colères souterraines
à fulminer, il y a bien des cinéastes africains
qui ne cannibalisent pas le cinéma d'Afrique
La relève sérieuse a du boulot : les films "nègres"
désertent tous les écrans ; au Nord, les Européens
s'amourachent d'Asies ; au Sud, les salles ferment les unes
après les autres, asphyxiées par le repli casanier
d'un cinéma français nombriliste mais aphone,
colonisées par Bollywood plus Hollywood, pillées
par des vautours de la famille. Le cinéma d'Afrique
reste fantomatique, hors les festivals du minimum syndical.
Depuis le 11 juin 2007, Ousmane Sembene repose au cimetière
de Yoff, banlieue de Dakar, ouvert aux alizés d'Atlantique.
En terre africaine, à jamais. "Je ne pense pas
qu'il y ait plus beau que la vie. Encore faut-il être
capable de la partager" ; il n'y a que la chambre n°1
de l'hôtel Indépendance, son pied-à-terre
à Ouagadougou depuis 1969, qui s'en est trouvée
éternellement sans héritier. On est convaincu
que l'odeur de tabac du Tirailleur cinématographique
lui restera cependant bien familière. Forte comme l'hommage
que lui a rendu Ouagadougou, à l'occasion du 40e anniversaire
de son Festival panafricain de cinéma : pas moins qu'une
avenue et un centre de conférences à son nom,
et une statue qui tutoie désormais la fameuse Place
des cinéastes de la capitale burkinabè. Nul
n'est prophète en son pays : il est possible que Dakar
rende, tôt ou tard, pareille reconnaissance à
Joseph Ki-Zerbo, notre grand historien panafricain, un des
trois Burkinabè les plus connus en Afrique et dans
le monde. Superbement ignoré par ses compatriotes d'en
haut
La puissante télévision MNET du géant
sud-africain Naspers achète depuis quelques années
déjà, y compris pendant ce 21e Fespaco, les
droits de diffusion -web, salles et télés africaines-
de 400 films et documentaires africains, pour une exclusivité
de vingt-cinq années. Le projet "Africain archives
library" divise violemment le microcosme : si les Sénégalais
Moussa Touré, Mauritanien Abderrahmane Sissako, ou
Egyptien Jihan El-Thari s'y refusent -pour l'heure, la plupart
des réalisateurs s'y résignent, sans enthousiasme.
"On ne peut pas reprocher aux cinéastes de vendre
au seul opérateur qui propose d'acheter" ; anonyme
persiflage désabusé qui a convaincu, parmi tant
d'autres, les Burkinabè Gaston Kaboré ou Pierre
Yaméogo, et
le Sénégalais Ousmane
Sembene. De la charrette aussi, le Camerounais Jean-Pierre
Bekolo constate : " Nos films, personne n'en veut ! "
Sauf, parfois, quelques centres culturels français,
ou de prestigieux et diplomatiques coffrets DVD, confidentiels
et non commercialisables
On ne vit pas que d'assistanat
et d'hommages.
Fretback
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Radio campus
Les étudiants journalistes au FESPACO
Les étudiants en option journalisme du département
de communication et journalisme de l'Université
de Ouagadougou, saisissant l'occasion de la fête
du cinéma, se sont offert un stage sur leurs
propres installations. Une équipe de 17 journalistes
issus de deux promotions (renforcée par trois
étudiants maîtrisards) a animé quotidiennement,
un journal de 20 minutes en moyenne, du 26 février
au 07 mars. Alors que l'année universitaire ne
faisait que commencer, les étudiants journalistes
ont accueilli avec enthousiasme cette occasion de décharger
le trop plein de leur énergie après des
vacances trop prolongées. Dix éditions
du spécial Fespaco ont été réalisées.
Les rubriques comme l'invité et le portrait étaient
consacrées aux personnalités du monde
du cinéma et aux personnes associées à
la célébration des quarante années
du Fespaco. Les étudiants journalistes sont allés
au corps à corps dans l'application des théories
qui leur ont été enseignées durant
les trois ou quatre années de leur formation.
Le reportage, l'enquête, le compte rendu, l'interview
et autres genres journalistiques ont été
convertis du cours théorique à l'application
pratique avec plus ou moins de difficultés. Après
la rencontre de mise au point qui a réuni le
23 février, les journalistes et Dr Danielle Bougaïré,
directrice de la radio, Nouredhine Salouka avait la
responsabilité de conduire la Rédaction.
Lui qui attend de soutenir son mémoire de maîtrise
en sciences et techniques de l'information et de la
communication est le rédacteur en chef du journal.
Les deux promotions dont la 3ème et la 4ème
année qui ont animé le journal parlé
avait chacune un défi. La confirmation de la
marche vers le professionnalisme pour les aînés
et la confirmation de l'engagement et de leur choix
pour les cadets. Si les premiers ont eu à effectuer
un stage pratique concocté par le département,
ce n'est pas le cas pour les seconds qui avaient un
retard dans les cours. Ces derniers étaient allés
sur le terrain avec peu d'assurance pour leurs enseignants.
Mais c'était sans compter avec leur fougue et
la passion de leur futur métier. Sur ce point,
assure Dr. Bougaïré, les espoirs ont été
comblés. En tant qu'enseignante des cours de
radio, elle estime que les étudiants se sont
bien démêlés avec toutes les difficultés
auxquelles ils ont eu à faire face. Au sujet
des difficultés, Salouka Nouredhine évoque
en premier le déficit de matériel qui
ne donnait pas aux journalistes le loisir d'en disposer
quand ils en voulaient. Il s'agit des appareils d'enregistrement
et des équipements pour les montages des productions.
Par contre, plus que l'insuffisance de matériels,
c'est le manque de badges qui aura été
le plus dur à gérer pour les étudiants
journalistes. Sur les dix sept journalistes, seuls quatre
ont pu avoir leur badge et ce, deux jours après
l'ouverture du festival. Salouka en veut à "l'organisation
chaotique" de la manifestation qui n'a pas permis
à beaucoup de journalistes d'être identifiés
par leur badge et de pouvoir ainsi accéder à
certains endroits réservés. Et pourtant,
avance un journaliste, "c'est plus d'un mois avant
le Fespaco que nous avons été pressés
de remettre chacun deux photo d'identité pour
la confection des badges". Les journalistes se
seraient exécutés et les photos ont été
transmises à la commission badges, nous a confirmé
Salouka, mais au moment venu, point de badges pour eux
et pire, leurs photos sont jusque là introuvables.
Mais qu'à cela ne tienne, le menu du journal
a toujours été bien garni, a-t-on pu constater.
Par exemple, le N°01 du spécial Fespaco était
consacré à une série de reportages
sur les catégories de films en compétition,
notamment le long métrage, le court métrage
et la catégorie TV vidéo. Deux personnalités
du monde du cinéma étaient à l'honneur
sur la radio à cette édition du journal.
Il s'agissait de Privat Roch Tabsoba, délégué
général de l'Institut de l'Image et du
Son (ISIS) qui était l'invité du journal
et de Guy Désiré Yaméogo, scénariste
et réalisateur burkinabè peint par les
étudiants dans un portrait bien dressé.
Parmi les sujets qui ont fait la Une de la radio, on
a pu retenir entre autres, le financement des films,
la suppression des projections en plein air, le cinéma
numériques ou le 35 mm, les cérémonies
d'hommages à Sembène Ousmane etc. Les
comptes rendus des films étaient au rendez-vous
de chaque édition. En dix éditions, la
Rédaction a diffusé deux éditoriaux
dont le premier, sur ce que le rédacteur en chef
a appelé " l'organisation chaotique du Fespaco
" et le second sur " la vétusté
des salles de cinéma ". Au-delà des
reportages ordinaires, les étudiants ont réalisé
deux interventions en direct avec leurs envoyés
spéciaux à l'occasion des cérémonies
d'ouverture et de clôture du festival. Lorsqu'à
la veille du 08 mars, la productrice et sur du
réalisateur éthiopien, Haïlé
Guerima brandissait l'Etalon d'or de Yennenga, à
l'honneur des femmes du monde, l'événement
était vécu séquentiellement en
direct sur la radio campus.
Boukari Ouoba
Sembène immortalisé

Une âme bien née. Sembène Ousmane
a porté haut le flambeau de la dignité
de l'homme africain. Un immense artiste comme l'attestent
son uvre filmographique ainsi que son abondante
production littéraire. Depuis les journées
cinématographiques de Ouagadougou en 1969, Sembène
a accompagné sans discontinuer ce qui est devenu
aujourd'hui le Fespaco. En 1969, nous n'étions
encore qu'en classe de première et le public
originel de ce festival vagissant était essentiellement
constitué d'élèves. Sans culture
cinématographique, l'idée du débat
institué après chaque projection était
un moment utile d'échanges entre le public et
les cinéastes. Il n'y avait pas d'autre moyen
de rendre accessibles les problématiques du cinéma
africain ainsi que certaines thématiques quelque
peu ésotériques. Le centre de documentation
pédagogique animé alors par Bernard Réné
Yonli logé dans un local de l'Ecole Normale,
l'Hôtel Indépendance étaient quelques
uns des cadres qui ont accueilli les tout premiers débats,
sans compter les séances de discussions in situ,
après les projections. Sembène Ousmane
saisissait cette opportunité pour semer la graine
de l'engagement dans les jeunes consciences. Cela n'a
pas été inutile si on en juge par les
talents qui sont nés au Burkina et en Afrique.
C'est à ce monument du cinéma africain
qu'un hommage mérité vient d'être
rendu à l'occasion du quarantième anniversaire
du Fespaco.
Samedi 28 février à Ouaga 2000 entre le
siège en construction de la CARFO et le ministère
de l'Agriculture et des Ressources Halieutiques passe
la rue 15-862, longue de 2300 mètres et qui aboutit
à la route de Pô. Cette rue s'appelle désormais,
Avenue Sembène Ousmane. La cérémonie
de baptême s'est déroulée, en présence
du fils aîné du cinéaste et du ministre
sénégalais de la Culture. Côté
burkinabè, il y avait Filippe et Clément
Sawadogo respectivement ministre en charge de la Culture
et de l'Administration territoriale, Alimata Salembéré,
une autre icône du Fespaco et un certain Adama
Touré, ancien ministre de l'Information, un grand
supporteur du Fespaco dès sa naissance.
Dimanche 1er mars, place des cinéastes, l'inauguration
d'une statue géante en bronze représentant
Sembène Ousmane dans ses apparats traditionnels,
brandissant l'étalon de Yennenga. Des discours
pour célébrer l'homme et sa foi en l'Afrique
et à son cinéma. Avec la conviction que
le doyen dont la statue sera désormais omniprésent,
veillera sur les cinéastes africains. L'occupant
de la chambre n°1 de l'hôtel Indépendance
s'en est allé, mais le Fespaco l'a immortalisé
à l'occasion de son 40ème anniversaire
afin qu'il demeure dans la mémoire collective
d'une Afrique qui doit relever le défi de son
identité.
Germain B. Nama
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