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DOSSIER
- Education
et Justice
Crise
universitaire
Ils se sont mis d'accord pour sauver l'essentiel

A l'UFR/SEG les étudiants sonsultent les programes
de reprise
Par Boukari Ouaba
Le 1er septembre, les étudiants ont repris le chemin
des amphis après deux mois et demi de repos anticipé.
Le 17 juin 2008, alors que l'année universitaire tirait
à sa fin, une crise éclate sur le campus de
Zogona. A l'origine, un affrontement entre étudiants
et forces de l'ordre. Le 27 juin, les autorités décident
de la fermeture de l'université jusqu'à nouvel
ordre avec au passage la suspension de toutes les uvres
sociales. Après plusieurs mois de tension, la température
retombe progressivement. Autorités et étudiants
ont décidé ensemble de "sauver l'essentiel"
en reprenant les activités le 1er septembre.
Le samedi 30 août jusqu'à 15H, l'incertitude
était encore quasi totale quant à un retour
unanime des étudiants dans les amphis. En effet, c'est
ce jour que les étudiants, sous l'égide de l'Association
nationale des étudiants burkinabè (ANEB-Ouaga)
avaient choisi pour donner finalement leur verdict sur la
date de la rentrée. Quelques jours auparavant, la date
du 1er septembre avait été annoncée par
les autorités universitaires et ministérielles
comme devant être celle qui mettrait fin à plus
de deux mois de vacances forcées des étudiants.
Le compte est bon peut-on dire. Puisque, l'ANEB qui jusque-là
faisait durer le suspens a enfin " délibéré
", appelant les étudiants à rejoindre les
amphis. Le 1er septembre, de bonne heure, le campus de Zogona
renouait avec ses pensionnaires. L'université de Ouagadougou
présente un nouveau visage. L'université est
désormais clôturée des quatre côtés.
Une clôture qui ne cesse de diviser la communauté
universitaire. Mais pour tenter de sauver ce qui peut encore
l'être dans cette année tumultueuse, les étudiants
se contentent de "tenir le mur à l'il".
Quand nous franchissons le portail de l'entrée ouest
de l'université, ce matin là, nous ne manquons
pas de remarquer une présence quelque peu insolite
: les forces de sécurité des universités.
Les hommes de sécurité habillés en rouge-noir
frappé du sigle "SSU" (entendez Service de
Sécurité Universitaire) seraient issus de plusieurs
corps dont la gendarmerie, la police et la CRS. Nous n'avons
pas pu obtenir un seul mot de ces gens nouveaux sur le campus,
leurs responsables s'étant réservés de
toute déclaration et nous renvoyant à la présidence
de l'université. En attendant le déménagement
de cette force de sécurité dans les anciens
locaux de la Direction générale du CENOU, pour
le moment, c'est un bâtiment avoisinant l'Office du
baccalauréat qui sert de caserne pour ceux que les
étudiants regardent d'un il méfiant. Pour
beaucoup d'étudiants "il ne peut pas avoir de
collaboration entre forces de l'ordre et nous", comme
l'avait dit le président de l'ANEB, Derra Moumouni,
au cours de l'assemblée générale tenue
deux jours après la rentrée. Ce service dont
les textes ont été adoptés finalement
en 2005 est enfin une réalité à l'université
de Ouagadougou (UO) en attendant certainement son déploiement
progressif dans toutes les universités du pays. A la
faveur de cette crise, les autorités ont profité
pour faire passer des projets qui avaient fait la preuve de
leur impopularité au sein de la communauté universitaire.
Comme après l'invalidation de l'année 2000 qui
avait débouché sur une réforme de l'université
avec entre autres la dissolution des facultés pour
instituer les Unités de formation et de recherche (UFR),
l'instauration du système modulaire, cette nouvelle
crise apporte ses reformes. Un autre fait qui immanquablement
va changer les habitudes à l'UO, c'est la disparition
de la cité universitaire de Zogona. L'université
grouillait de monde ce 1er septembre, mais du côté
de la cité de Zogona, c'était "mou"
comme aiment à le dire les étudiants. Sur les
lieux, des ouvriers travaillent toujours d'arrache pied au
réaménagement de l'ex-cité d'où
sortiront très prochainement 244 bureaux et 28 laboratoires
de recherche.
AG avant et après la rentrée
Au-delà de ces "situations nouvelles" (l'expression
est du président de l'ANEB), les étudiants pensent
avoir obtenu des motifs de satisfaction au sortir de leur
lutte. Le point de la résolution de leur plate forme
revendicative en quatre points leur a été fait
par le comité exécutif de l'ANEB, le samedi
30 août à la Bourse du travail. Au cours de cette
assemblée générale, les étudiants
ont accueilli favorablement et avec réjouissance la
décision de la réouverture de l'université
ainsi que les autres mesures prises par les autorités
dans la recherche d'un climat apaisé. S'agissant des
dérogations qui avaient constitué un point d'achoppement
de la crise, l'ANEB a apprécié favorablement
la dérogation exceptionnelle accordée au 1507
étudiants dont les demandes de dérogations avaient
connu plus tôt un rejet de la part des autorités
universitaires. Cependant, le président Derra n'a pas
manqué de rappeler que la revendication sur la dérogation
reste pendante. Selon lui, la réponse apportée
par les autorités est une solution conjoncturelle à
un problème structurelle. Sur le plan social, la reprise
des prestations comme la restauration et les cités
universitaires, l'ouverture du siège du CODE, le rétablissement
des allocations sociales sont également à saluer.
Mais là également, comme pour bien d'autres
points, la satisfaction n'était pas totale au regard
de la date annoncée pour l'effectivité de ces
services. C'est pourquoi au sortir de l'assemblée générale,
le comité exécutif a aussitôt rencontré
le ministre Paré le dimanche 31 août 2008. Le
compte rendu de cette audience a été fait aux
étudiants le mercredi 03 septembre dans le nouvel amphi
J. A toutes les préoccupations soumises au ministre,
celui-ci aurait répondu favorablement, nous a dit le
président de l'ANEB. Ainsi les restaurants universitaires
ont pu reprendre service le 05 septembre au lieu du 12 comme
précédemment annoncé. De même,
les cités universitaires ont commencé à
revivre progressivement depuis le 08 septembre. La cité
de Kossodo tant attendu accueille ses premiers locataires
le 12 septembre. Quant au FONER (aides et prêts), les
payements ont commencé le 05 septembre pour finir le
13 septembre. Là où ça coince de nouveau,
c'est le cas des boursiers. Il y a eu d'abord un retard dans
la programmation. C'est après une descente des étudiants
au siège du Centre d'information et d'orientation scolaires,
professionnel et des bourses (CIOSPB) dans la matinée
du vendredi 05 septembre, que la programmation a été
faite à 11H et le paiement prévu pour commencer
le même jour à 15H. Les bénéficiaires
ont vite fait de constater qu'un mois et demi de leur bourse
leur a été amputé. Ils ont "solidairement
refusé de toucher leur bourse en attendant de mieux
comprendre". La tension est vite montée d'un cran
et les étudiants ont assiégé les locaux
du CIOSPB pour exiger le rétablissement de ce qui leur
est dû. De l'entretien qu'ils ont eu avec le directeur
du CISOPB, ils ont appris que c'est un arrêté
ministériel en date du 28 août qui a ainsi suspendu
les boursiers de leur bourse des mois de juillet et août
sous le prétexte que les étudiants n'ont pas
travailler dans cette période. Pour les étudiants,
ils pensent que les autorités ont délibérément
choisi de frapper la minorité puisque les boursiers
sont les moins nombreux sur le campus. Voici un acte à
la limite anti jeu qui n'est pas de nature à consolider
la paix encore fragile sur le campus de Zogona.
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Une AG houleuse
à la Maison du peuple
Nous sommes 30 août 2008. Il est 15h. L'Association
nationale des étudiants du Burkina (ANEB/ Ouaga)
tient son assemblée générale à
la Bourse du travail pour donner sa position sur la
reprise des cours à l'université fixée
pour le 1er septembre. A la Bourse du travail, l'espace
est petit pour contenir les milliers d'étudiants
venus écouter la suite à donner à
la lutte. Le comité exécutif dirigé
par Moumouni Derra lève le suspens. l'ANEB accepte
la reprise des activités académiques pour
le 1er septembre. C'est la surprise au niveau de la
Maison du peuple. Au même moment se tenait en
effet, dans cette enceinte, une autre assemblée
générale. Trois organisations se sont
retrouvées pour inviter les étudiants
à reprendre les cours dès le 1er. Il s'agit
de la Coordination des syndicats et associations pour
une sortie de crise (CSAC), la Coordination des associations
des étudiants pour la reprise (CAER) et le Front
d'initiatives pour un climat universitaire apaisé
(FICUA). Tous les moyens sont mobilisés pour
que la Maison du peuple soit pleine. Ce 30 août,
ce sont des cars de la commune de Ouagadougou qui ont
convoyé des jeunes, femmes hommes et vieux depuis
les quartiers à la Maison du peuple pour prendre
part à l'AG. Mais le moins que l'on puisse dire,
c'est que c'était un échec. Ce jour là,
difficile de trouver un étudiant à la
sortie de la manifestation pour interviewer en dehors
des organisateurs eux-mêmes et quelques uns de
leurs amis. Les moyens mis à leur disposition
ne laissent aucun doute sur l'origine des soutiens.
Les autres participants étaient principalement
des femmes commerçantes, des conseillers et députés
CDP. D'autres hommes politiques comme le président
du Conseil régional du Centre étaient
aussi présents. On a vu aussi le directeur du
FONER assis à côté de l'ex-directeur
de l'UFR/ LAC. La grande partie était des jeunes
venus des quartiers. Ces derniers qui sont pour la plupart
de non scolarisés sont venus juste pour occuper
les places et donner l'impression d'une grande mobilisation
contre 1000f. Mais il a fallu discuter longuement avec
certains pour les amener à entrer dans la salle.
Ces derniers réclamaient les 1000f avant de prendre
place dans la salle. "Ils nous ont promis 1000f
chacun. Mais nous ne leur faisons pas confiance. Tant
qu'ils ne nous donnent pas l'argent, on n'entre pas",
raconte ce jeune de la classe de 1ere venu de Gounghin.
Après de multiples tractations, les chefs de
groupe obtiennent l'assurance qu'ils auront la somme
promise et appellent leurs camarades à entrer
dans la salle. Z .Y lui, malgré cette assurance,
n'est pas convaincu et préfère rester
dehors. "Moi, je ne suis pas étudiant. Je
ne sais même pas de quoi il s'agit. C'est un étudiant
qui nous a contactés au quartier pour nous faire
la proposition. Mais arrivé ici, il a disparu."
D'ailleurs plusieurs autres de ses camarades qui étaient
entrés ne tardent pas à le rejoindre dehors.
"C'est des faux gars. On ne comprend rien",
nous lance l'un d'eux. Chaque chef de groupe est appelé
à faire la liste des éléments de
son quartier et de les remettre à un certain
Sidibé Bakary qui se dit membre de la CSAC. Mais
il a fallu qu'il fasse appel à d'autres camarades
quand les journalistes lui demandaient la signification
de la CSAC. A la fin de la manifestation, ceux qui doutaient
de la sincérité des organisateurs semblaient
avoir raison. Il a encore fallu se battre pour avoir
les 1000f promis. Les promoteurs n'étaient pas
prêts à donner " les feuilles ".
Mais devant la détermination des jeunes qui ne
voulaient pas aussi se laisser faire, l'argent a finalement
été débloqué. " M.
le journaliste, c'est réglé. ", nous
adresse, avec un sourire, celui qui est resté
dehors durant toute la manifestation.
Moussa Zongo
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Justice
Tribunal de référé
Mme le bâtonnier attrait
par Me Sankara
Par Germain Bitiou Nama
Va-t-on vers une nouvelle guéguerre au sein
des robes noires ? La question mérite d'être
posée avec ce qui se passe autour des honoraires
de Me Bénéwendé Sankara. En sa
qualité de bâtonnière, donc présidente
de fait du Conseil d'administration de la Caisse Autonome
de Règlement Pécuniaire des Avocats, en
abrégé CARPA, Me Antoinette Ouédraogo
décide de séquestrer des sommes qu'elle
aurait dû normalement reverser à Me Sankara,
avocat conseil des travailleurs de Faso Fani. Elle devrait
s'expliquer au cours de l'audience de référé
convoquée pour le mardi 9 septembre 2008.
C'est par lettre en date du 6 octobre 1998 que les
travailleurs de Faso Fani ont demandé à
Me Bénéwendé Sankara de se constituer
formellement afin de défendre leurs intérêts
dans le cadre de la privatisation de leur société.
Un protocole d'accord a été conclu entre
les travailleurs et leur avocat conseil qui fixe les
missions de ce dernier et les conditions de rémunérations
des actes qu'il viendrait à poser dans le cadre
de ce dossier. En ce qui concerne sa mission, il est
stipulé à l'article 3 qu'elle consiste
à "négocier des conditions optimales
de la liquidation droits des travailleurs de la société
Faso Fani dans le cadre de la privatisation, notamment
le paiement d'indemnités négociées
ou spéciales ou le paiement de toutes sommes
qui seront dues par Faso Fani, l'Etat du Burkina Faso
ou toute personne habilitée". L'article
précise enfin que la mission s'étend aux
procédures individuelles ou collectives en cours
soit auprès des inspections du Travail ou les
Cours et Tribunaux. Ce même protocole d'Accord
traite en son article 5 des honoraires. Il y est mentionné
que ceux-ci suivent le barème des honoraires
arrêté par le barreau du Burkina en 1995,
nonobstant un honoraire additionnel pour le recouvrement
au taux de 7% des sommes recouvrées (indemnités
négociées ou spéciales, procédures
individuelles ou collectives en cours
). Ce protocole
d'Accord a été notarié au cabinet
de Me Seydou Balama.
On peut se demander pourquoi tant de précautions
puisque la loi dit que les "honoraires de consultations
et de plaidoiries sont fixées d'accord partie
entre l'avocat et son client et matérialisé
par un écrit signé des parties."
(art. 59 du décret N°2000-426/PRES/PM/MJ
portant organisation de la profession d'avocat). Me
Sankara a certainement voulu conférer au document
un caractère indiscutable pour se mettre à
l'abri de tout aléa. Autre garantie supplémentaire,
les représentants des travailleurs de Faso Fani,
partie au protocole d'accord, ont vu leur mandat de
délégués des travailleurs expressément
prorogé "pour la gestion du dossier des
travailleurs jusqu'à son terme" (cf. procès
verbal du 17 mars 1999 de l'Assemblée générale
des travailleurs de Faso Fani ainsi que le protocole
d'accord du 25 mars 1999).
La défense du dossier Faso Fani par Me Sankara
Le dossier de la liquidation de Faso Fani a été,
comme on le sait, porté par les soins de Me Sankara
devant plusieurs instances (inspection et tribunal du
travail, cour d'appel). En 2001, un procès verbal
de règlement partiel l'amiable conclu avec l'inspection
du travail a permis de mettre à la disposition
des travailleurs, la somme de 2 404 260 824 FCFA. En
2004, l'avocat obtient le paiement de la somme de 51
millions au titre de la reconstitution des carrières
de certains travailleurs et enfin en 2003, la sentence
arbitrale qui condamne l'Etat à verser aux travailleurs
la somme de 848 157 805 FCFA.
N'ayant pas de crédits immédiatement disponibles,
l'Etat burkinabè représenté par
son ministre des Finances, M. Jean Baptiste Compaoré,
décide de conclure avec Me Sankara, un protocole
d'accord en vue d'un règlement étalé
et par tranches du montant de la condamnation. Le règlement
s'étale de 2007 à 2009. Le texte définit
en son art. 1 les modalités de règlement
des honoraires dus à Me Sankara, représentant
7% du montant total de la condamnation. Il faut cependant
noter que l'engagement de l'Etat concernant les honoraires
dus à Me Sankara porte uniquement sur l'exécution
de la sentence arbitrale. Mais il y a l'indemnité
spéciale d'un montant de 813 429 959, qui a déjà
été recouvrée et dont on reste
redevable à Me Sankara de ses honoraires. Le
contentieux actuel est né du fait que Me Antoinette
refuse obstinément de rétrocéder
les sommes déposées au compte du cabinet
Sankara en dépit des instructions émises
par ce dernier conformément à la procédure
en la matière. En effet, selon le règlement
intérieur de la CARPA, l'avocat effectue les
maniements de fonds par l'intermédiaire de la
CARPA. Cela veut dire que la CARPA est une structure
d'accueil des fonds recouvrés par les avocats
et a pour mission d'administrer les règlements
aux tiers sur la base des instructions reçues
des avocats. Le cabinet Sankara a déposé
depuis le mois de juin une somme d'un montant de 218
038 414 FCA destinée aux ex-travailleurs de Faso
Fani. Alors que le règlement de la CARPA dispose
que les fonds, effets ou valeurs sont remis aux clients
dans un délai d'un mois, ces derniers ne voient
rien venir près de trois mois après.
Les explications de Me Antoinette
Le 2 juillet 2008, Me Antoinette décide enfin
de répondre aux différents courriers que
lui a adressés le cabinet de Me Sankara. Il y
ressort une volonté très nette de ne pas
procéder aux paiements des travailleurs conformément
aux instructions reçues. Dans sa note, Mme le
bâtonnier prétend, sans en fournir la preuve
formelle, que Me Sankara a renoncé de lui-même
à ses honoraires. Elle refuse d'appliquer le
protocole d'accord qui est la loi des parties en invoquant
une ordonnance de rétractation qui, comme son
nom l'indique, annule une autre ordonnance de taxation
qui avait été sollicitée par Me
Sankara. Au lieu que l'annulation de ce texte consacre
le retour au protocole d'accord, Me Antoinette l'interprète
curieusement comme la négation de celui-ci. La
conséquence de ce jeu de prestidigitation, c'est
que les sous des travailleurs sont pris en otage par
le bâtonnier alors même que la rentrée
scolaire est imminente. Pour obtenir ce blocage, Me
Antoinette s'est appuyé sur un homme, Pierre
Lalsaga, qui se serait proclamé responsable des
travailleurs de Faso Fani et qui, à ce titre,
croit pouvoir remettre en cause la constitution de Me
Sankara et tous les engagements pris par les délégués
dûment mandatés dans le cadre du dossier.
Il faut souligner qu'avant cette manuvre, Me Antoinette
avait convoqué dans son bureau les délégués
pour leur dire qu'il leur suffit de refuser de verser
leurs honoraires à Me Sankara pour qu'elle exécute.
Mais ces derniers n'ont pas marché dans cette
combine et ont préféré remettre
à Mme le bâtonnier un texte rappelant leurs
engagements vis-à-vis de Me Sankara. N'ayant
pas obtenu les appuis escomptés auprès
des délégués, elle s'est rabattue
sur un groupe de travailleurs dont elle connaît
l'hostilité vis-à-vis de Me Sankara et
des délégués dûment mandatés
par les travailleurs de Faso Fani. Le chef de ce groupe
a d'ailleurs vainement tenté d'obtenir de la
Direction régionale du Travail et de la Sécurité
sociale du Centre-Ouest un oukase révoquant le
mandat des délégués du personnel.
En mettant hors jeu les actuels délégués,
ce groupe espère pouvoir torpiller la procédure
actuelle dans laquelle Me Sankara demeure un interlocuteur
obligé. Devant cet acharnement, Me Sankara a
fini par recourir à la justice. Dommage tout
de même cette animosité entre confrères
du barreau. Au lieu que l'institution se pose en garante
des intérêts des avocats, on a l'impression
de se retrouver dans une arène politique où
les adversaires se livrent une lutte sans merci.
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Affaire maire de Sig-Noghin/Abitata
NACRO
Dans sa livraison n°145 du10 Août 2008, L'Evénement
écrivait : "Le procureur à la rescousse
du maire boxeur". Cette affaire a défrayé
la chronique et amené les citoyens à s'en prendre
à la justice en interpellant son premier responsable
sur la question. Cette interpellation répétée
nous a amené à prendre attache avec le parquet
afin de donner l'information juste sur cette affaire qui fait
l'objet présentement d'une enquête préliminaire
au niveau de la compagnie de la gendarmerie nationale.
Que s'est-il réellement passé ?
Le procureur du Faso a expliqué que le commandant de
la brigade de gendarmerie de Baskuy qui lui a rendu compte
de ce que cette dam Abiba Nacro se serait présentée
à sa brigade pour porter plainte contre monsieur Pascal
Ouédraogo maire de Sighnoghin suite à des violences
qu'elle aurait subies au cours d'une bagarre survenue à
son kiosque. A la demande de monsieur le procureur du Faso
qui voulait en savoir davantage, le commandant de la brigade
de gendarmerie a dirigé la dame au parquet où
elle a pris attache avec le magistrat du parquet pour de plus
amples explications par suite desquelles elle a été
invitée à déposer sa plainte devant le
parquet. Ce qui fut fait. La plainte fut alors confiée
au substitut Tapsoba avec la mention " diligentez une
enquête à parquet rapide et efficace ".
(...)
Au moment où l'enquête suivait son cours, un
article est paru dans la presse pour relater les faits. Le
procureur connaissant la pression que constitue l'opinion
sur un dossier en cours de traitement à la justice
a tout de suite fait appeler madame Nacro Abiba pour lui signifier
ses préoccupations et lui faire savoir qu'elle doit
faire confiance à la justice et laisser les magistrats
travailler en toute sérénité sans aucune
pression quelconque. Il l'a toutefois rassurée en disant
que tous les mis en cause et les témoins seront entendus
afin que la vérité jaillisse. Madame Nacro s'est
donc confondue en excuse en disant qu'elle avait agi par ignorance
et souhaite que le procureur l'aide parce qu'elle vit une
situation de détresse depuis la bagarre en ce sens
qu'elle n'a plus de ressources pour subvenir aux besoins de
sa famille du fait qu'elle n'exerce plus son activité
en précisant qu'elle n'est plus en mesure d'ouvrir
son kiosque parce qu'elle subirait d'après elle, des
menaces de la part des hommes du maire.
En outre, elle a fait état de ce qu'elle aurait subi
d'importants dommages matériels et financiers.
Au regard de la gravité de ce qu'elle expliquait, le
procureur l'invita à consigner par écrit l'état
exhaustif de ses dommages pour lui permettre de prendre des
mesures conservatoires urgentes en sa faveur, indépendamment
de sa plainte qui fait l'objet d'une enquête à
parquet. (...)
Ayant fait savoir qu'elle ne savait pas écrire, la
procureur le confia à monsieur Bamouni, secrétaire
de greffe et parquet de son état pour l'orienter. C'est
ainsi que la petite sur de Abibata Nacro est allé
chercher une feuille de demande pour la rédaction des
faits et c'est cette dernière d'ailleurs qui a rédigé
le document en question. Voici en substance ce qu'elle a énuméré
comme dommages subits :
Cuisine :
Un demi sac de riz à 11250, un demi sac de farine à
6250, 10 paquets de spaghettis à 2000f et un bénéfice
de 2000, 3 bouteilles de mayonnaise cassées à
6000f, du foie et du pain à 6400f avec un bénéfice
de 4000f, des boyaux à 2000f et un bénéfice
de 2000, de la viande à 35000 avec un bénéfice
de 1600f, du poisson à 3500 avec un bénéfice
de 3000f.
Les condiments à 7500f, sucre-nescafé-thé
600f-2750f-2500f.
Sous-total : 68.350f
Boissons :
18 bouteilles de petite guiness à 10800f, 11 bouteilles
de malta guiness à 6050, 22 bouteilles de petites sucreries
à 6050f, 10 bouteilles de flags65 à 5500f, 17
bouteilles de sucreries 65 à 5950f, 12 bouteilles de
castel65 à 8400f, 31 bouteilles de brakina et sobbra
à 15500f
Sous total : 58 250f
Matériel cassé :
18 verres à 8100f, 1 thermos à 6500f, appareil
de musique à 17500f, 1 barrique plastique à
10 000f, appareil portable de marque Nokia 1600 à 36
000f, 1 seau plastique à 1750f, congélateur
endommagé à 450 000f, transport de bagage à
10 000f.
Sous-total : 539 850f
Sommes d'agent perdues
20 000f (qu'on voulait me remettre quand j'ai reçu
un coup de pied au bas ventre) et 53 500f pour mes vacances.
100 135f (mon propre argent que j'ai payé ce jour la
boisson 24 865 et le reste perdu, la recette du jour et la
petite monnaie que je n'avais pas compté). (...)
Il est à noter que le contenu de cet écrit n'est
rien d'autre qu'un état exhaustif des dommages matériels
et financiers qu'elle a subit contrairement à ce qu'on
a voulu faire croire qu'il s'agissait d'un retrait de plainte.
En réalité, en toute bonne foi, le procureur
ayant été très sensible à la situation
de détresse de dame Nacro a voulu tout simplement l'aider
afin qu'elle puisse reprendre son activité immédiatement
et pouvoir avoir des ressources nécessaires pour nourrir
ses enfants (...) D'ailleurs, comment le procureur ou monsieur
Bamouni pouvait imaginer l'état des dommages énumérés
dans le document incriminé.
Au regard de la tournure des événements et vu
les suspicions et le discrédit que des individus voulaient
prêter au procureur, celui-ci a préféré
confier l'enquête au commandant de la compagnie de la
gendarmerie nationale du Kadiogo et subséquemment mis
fin aux démarches qu'il avait de toute bonne foi entreprises
auprès du maire pour secourir la dame qui disait être
en difficulté pour vivre et faire vivre ses enfants.
DCPM/JUSTICE
NDLR : Nous prenons bonne
note des informations que vous nous livrez et vous assurons
de notre volonté de ne pas faire de la polémique
dans cette affaire. Le directeur de publication de L'Evénement
a rencontré le procureur du Faso à sa demande
et ce dernier lui a dit toute sa bonne foi dans les initiatives
qu'il avait cru devoir prendre. Nous regrettons qu'il ait
décidé de remettre le dossier à la gendarmerie
en raison de considérations extérieures à
la justice. Mais nous espérons qu'étant placé
à un maillon de la procédure, il pourra toujours
uvrer de bonne foi à son aboutissement.
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