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DOSSIER
- Legislatives
2007
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PARIS
Le Kadiogo ne sourit pas à Cyril Goungounga
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Cyril
Goungounga, Président du PARIS
Par Arsène Bationo Flavien
Au Kadiogo, 09 sièges étaient à
pourvoir. Selon les résultats provisoires,
le CDP s'en tire avec 04 sièges suivi de l'UNIR/MS
(02). L'ADF/RDA, le PAREN et l'UPS obtiennent chacun
1 siège. Contrairement à bien d'autres
chefs de partis, Cyril Goungounga du PARIS s'était
présenté sur la liste provinciale de
son parti et non sur celle nationale. Challenge intéressant.
Mais l'essai n'a pas été transformé.
" Je préférerais ne pas être
élu député du tout que de l'être
sur la liste nationale ". Propos de Cyril Goungounga
le jour des élections. Pour lui, la liste nationale
n'a pas de valeur politique véritable. Elle
consacrerait la fuite de responsabilité et
serait le recours de ceux qui n'auraient pas de base
politique réelle. De l'avis du Président
du PARIS, le contrôle de la province est capital.
Il est donc partisan du scrutin uninominal à
deux tours et estime que la liste nationale devrait
être purement et simplement supprimée.
Natif de Saaba, Cyril Goungounga a été
député à 03 reprises. Avec L'ODP/MT
en 1992 ; puis le CDP en 1997 et sous les couleurs
de l'ADF/RDA en alliance avec le PARIS en 2002 sur
la liste nationale. Le président du PARIS est
particulièrement remonté contre le financement
hors campagne. A ses yeux, cet argent ne profite qu'aux
partis qui n'en ont pas besoin parce qu'il est indexé
sur le nombre de sièges et de voix obtenus
aux dernières législatives. Cyril, dont
le domicile a été pris d'assaut par
des militants réclamant leur part du gâteau,
est moins catégorique sur le financement des
campagnes. Celui-ci devrait être maintenu. Toutefois,
non pas en numéraires, mais uniquement en nature
(gadgets, moyens matériels
.). L'Etat
rendrait ainsi plus service aux partis politiques.
" Si la subvention se fait en nature, nul ne
viendrait réclamer quoi que ce soit ",
se convainc-t-il. Le 02 mai, lors de son dernier meeting
à Saaba, Cyril Goungounga axe son discours
sur la jeunesse, la sécurité immobilière,
le respect de la hiérarchie et de la famille.
Il mentionne que " ces valeurs sont en train
de décamper de la scène républicaine
". Au regard de son cheminement politique, Cyril
Goungounga n'a pas que des amis. Il s'élève
du reste contre l'acharnement et les coups de boutoir
dont son parti est victime (arrachage d'affiches,
perturbation et interdiction de meetings, instrumentalisation
de militants
) et s'en remet à la "
maturité politique du peuple ". Considéré
comme le principal instigateur du ralliement de l'ADF/RDA
à Blaise Compaoré lors de la présidentielle,
il démissionne du " parti de l'éléphant
" et lance le PARIS.
Saaba reste de marbre
Saaba, fief du PARIS, est une bourgade située
à une dizaine de kilomètres de Ouagadougou.
Le PARIS, le CDP, et L'UNIR/ MS y sont les partis
les plus en vue. Ces élections enregistrent
19 608 inscrits. 39 bureaux de vote sont prévus
pour l'expression du suffrage. Mais les électeurs
se signalent au compte-goutte. Dans certains bureaux
de vote, les attitudes sont pour le moins rocambolesques.
Ainsi, des représentants de partis politiques
dorment pendant que les électeurs qu'ils sont
censés surveiller pour éviter toute
velléité de fraude accomplissent leur
devoir civique. D'autres se retrouvent à "
prendre l'air " sous les arbres au moment où
les choses se passent à l'intérieur.
La disposition des représentants des partis
politiques dans les bureaux de vote visités
ressemble à une mise en quarantaine. Au moment
du vote, ils ne contrôlent rien. Pas même
les pièces d'identité. Tel fut le cas
au niveau des deux bureaux de l'école protestante
et de ceux de l'action sociale. Au délà
du cas de Saaba, c'est à croire qu'un véritable
problème de formation se pose. Conséquence,
bien de représentants de partis politiques
ne sont pas au fait de la mission qui leur incombe.
Pourtant, les méthodes frauduleuses se peaufinent
de jour en jour. Il y a aussi le syndrome des représentants
fictifs. Il s'agit de ceux qui, bien qu'ayant été
dûment mandatés, brillent par leur absence
le jour même des élections. Le vote n'est
pas un acte banal. Pour cela, des conditions minimales
de quiétude sont requises. La finalité
c'est de permettre au citoyen d'exprimer son choix
en toute âme et conscience. Dans les bureaux
de vote de l'école protestante, on se croirait
dans une foire. Dans la même cour, il y a d'un
coté les bureaux de vote puis de l'autre une
manifestation festive de femmes.
Le bruit est assourdissant. La sécurité
ne réagit pas. Les responsables des bureaux
semblent s'en accommoder. Ce qui n'est pas le cas
de certains électeurs qui ne sont pas de la
même confession religieuse que celles qui se
trémoussent. Dans la même logique, la
disposition de l'isoloir et/ou sa forme (secco de
fortune en certains endroits) n'assurent pas l'intimité
nécessaire. L'interaction de ces différents
éléments objectifs et subjectifs peut
créer le trouble chez l'électeur et
perturber son vote.
Les déçus de la politique
A Saaba, ce 06 mai est un jour de réjouissance.
C'est le " 21 ". Il s'agit du grand marché
qui a lieu toutes les 03 semaines. La place grouille
alors de monde. Certains préfèrent y
passer toute la journée plutôt que d'aller
" remplir uniquement des urnes ".Eux, ce
sont les déçus de la politique. Tindano
Issa en fait partie. Pour lui, " avec le système
actuel, le vote n'a plus de sens. Quoique l'on fasse,
les mêmes seront reconduits. C'est une constante
en Afrique ". Quand on lui fait remarquer que
l'élection est tout de même une arme
entre les mains du citoyen en ce qu'elle lui permet
de conférer la légitimité aux
gouvernants, il ne veut en croire aucun mot. Tout
comme Issa, ce groupe de jeunes de Saaba estiment
que les politiciens sont plus préoccupés
par leurs propres intérêts que par le
sort des électeurs. Ils optent alors pour le
" pragmatisme ". Il s'agit pour eux de chercher
à s'en sortir par eux-mêmes au lieu de
compter sur d'hypothétiques réalisations
politiciennes. Une vision quelque peu généralisée.
La pratique électorale a en effet entraîné
une grande confusion à telle enseigne que les
missions du député (voter la loi, consentir
l'impôt et contrôler l'action du gouvernement)
en sont galvaudées. Pour bien de jeunes de
Saaba, la députation est alors l'une des meilleures
voies pour s'enrichir. Et l'Assemblée nationale
de plus en plus budgétivore ne fait qu'apporter
de l'eau à leur moulin n
Vote
à Ziniaré
Faible engouement et méconnaissance du
processus
C'est à 5h30 que les membres du bureau
de vote de Sawana, petite commune à 17
kilomètres à l'est de Ziniaré,
sont convoqués en ce dimanche 6 mai 2007.
Parmi eux, Appolinaire Zoungrana, étudiant
en droit à l'Université de Ouagadougou,
est nommé second assesseur. C'est la
troisième fois qu'il participe aux élections
en tant que membre d'un bureau : la première
fois il était secrétaire pour
l'élection présidentielle, ainsi
que pour les municipales. Le secrétaire
a pour mission de dresser le procès-verbal
des élections, il rédige les remarques
faites par les candidats et remplit la troisième
feuille de dépouillement. Cette fois-ci,
en sa qualité de second assesseur, il
vérifie l'inscription de l'électeur
sur la liste électorale, émarge
par signature devant le nom de l'électeur
sur la liste électorale et enfin estampille
la carte de l'électeur avant de la lui
remettre. C'est auprès de la CECI (Commission
électorale communale indépendante)
qu'Appolinaire a pris ses dispositions pour
participer en tant que membre d'un bureau de
vote. Concernant le village de Sawana, Appolinaire
est l'unique étudiant du bureau et se
félicite de pouvoir se compter parmi
les membres : " C'est motivant de pouvoir
partager avec ces personnes qui exercent un
emploi intéressant, ça me pousse
à étudier davantage pour pouvoir
à mon tour faire le métier que
je souhaite." Etudiant en droit depuis
plusieurs années, Appolinaire s'intéresse
de près à la politique de son
pays. C'est, entre autres pour cela qu'il fait
partie d'un bureau de vote lorsque des élections
ont lieu. Il le dit lui-même : "
C'est en étant sur le terrain que la
réalité fait face. " En effet,
même si Appolinaire ne compte pas s'orienter
vers le droit administratif, cette expérience
est formatrice pour lui car il peut se faire
une opinion plus lucide des politiques du Burkina
Faso. Dans son bureau de vote, le CDP a largement
remporté les élections avec 250
voix, suivi de loin par le PLB avec 11 voix
Quant aux autres partis, les voix oscillent
entre 1 et 4
Appolinaire regrette que
les partis politiques voient seulement la conquête
des électeurs sans mener à bien
leur campagne électorale. Selon lui,
beaucoup de citoyens ne savent pas voter et
ce tort revient aux partis : " Il y a encore
beaucoup de gens qui n'ont ni téléviseur
ni radio et qui n'ont aucune idée du
déroulement d'un vote. Dans ce cas, la
meilleure façon de leur apprendre est
de venir sur place pour expliquer à la
population. Mais les partis politiques préfèrent
conquérir les électeurs au détriment
de l'apprentissage du vote. Les citoyens ne
mettent pas à bien l'un de leurs devoirs
civiques." En ce dimanche, jour de marché
dans le village de Sawana, les électeurs
ont afflué entre 6 et 8 heures. Sur 474
inscrits, seulement 287 ont voté. Le
bureau a fermé ses portes à 18
heures, comme dans tous les autres bureaux de
vote du pays, et a commencé alors le
dépouillement. Ce travail est long et
fastidieux. Il demande beaucoup de concentration
parce que la moindre erreur n'est pas admise
n
Claire Pinsard
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Boulkiemdé
Kokologho, Poa, Bingo : y avait-il un enjeu ?

Par Merneptah Nouffou Zougmoré
Dans le Boulkiémdé, le CDP
et l'ADF/RDA se sont livrés à une rude bataille
pendant la campagne électorale. Les résultats
provisoires placent le parti au pouvoir en tête avec
3 sièges. Le " parti de l'éléphant
" arrache le dernier siège. L'UNDD de Maître
Hermann Yaméogo sort bredouille. Le jour du scrutin,
nous avons fait le tour de deux départements de la
province (Kokologho et Poa) pour saisir l'ambiance dans
cette circonscription jugée bouillante.
Kokologho, Poa, Bingo sont considérés
comme le fief de l'ADDP (Alliance pour la Défense
de la Démocratie et le Progrès) de Michel
Nana. Pour ces élections, il se présente sur
la liste de l'ADF/RDA (Alliance pour la Démocratie
et la Fédération/ Rassemblement Démocratique
Africain) dans la Province de Boulkiémdé.
Comme cette vieille à qui on avait demandé
pendant le baptême chrétien qui est son sauveur
et qui a répondu : " c'est Lalé de Mokin1
" parce que dit-elle, " c'est lui qui m'a aidé
la saison dernière pendant la période de soudure.
" L'impression qui se dégage après avoir
écouté quelques électeurs est similaire
à la réaction de cette vieille. Plusieurs
personnes à Kokologho nous ont confié qu'elles
ont voté l'ADF/RDA parce que Michel Nana a fait beaucoup
de réalisations pour le département. De la
construction des établissements scolaires à
l'octroi des micros crédits aux groupements de femmes,
toutes ces uvres sont citées pour magnifier
l'effort que le porte- fanion de l'ADF/RDA a accompli pour
les populations d'une partie de sa province. La population
de Kokologho et de Bingo retiennent que c'est grâce
à lui que les deux départements ont eu des
établissements secondaires. Jugé plus proche
de la population, Michel Nana a réussi à avoir
l'adhésion de la population, réussissant même
à s'imposer à Imasgo. Il est 10h moins quand
nous rentrons à Kokologho, une bourgade qui se trouve
à quelques encablures de la capitale. Le marché
situé au bord du bitume qui mène à
Bobo-Dioulasso n'est pas animé parce que ce n'est
pas le jour j. Pour un étranger qui est de passage,
il ne peut pas réaliser que ce 6 mai 2007 est un
jour particulier pour ce département et pour le pays
en général. Sauf dans les bureaux de vote.
A l'école Centre de la localité où
se situe le bureau de vote N°3, l'affluence est moyenne.
Joanny Bama, président dudit bureau, affirme que
des électeurs sont passés tôt le matin
pour voter et pouvoir se rendre à la messe. Comme
difficulté, c'est la problématique du vote
des personnes âgées. Elles ont des problèmes
parce qu'elles n'assimilent pas toujours les démonstrations
qui sont faites avant le scrutin, souligne toujours le président
Bama.
Seydou Bouda, candidat
de " l'épi et la daba "
Même son de cloche chez les représentants
des partis politiques. Pour eux, un nombre important d'électeurs
ne savent toujours pas voter. 15 partis sont en compétition
dans le Boulkiémdé mais 3 se concurrencent
à Kokologho et ses environs. Ce sont l'ADF/RDA, le
CDP (Congrès pour la Démocratie et le Progrès,
et l'UNDD (Union Nationale pour la Démocratie et
le Développement). La situation est identique à
Poa. Il n'y a pas d'ambiance particulière. Quelques
électeurs s'affairent dans les bureaux de vote pour
accomplir l'acte civique. Dans le bureau N° 6, les membres
en charge de la supervision des élections et les
représentants des partis aux environs de midi se
restaurent. Il y a au menu du riz gras. Le domicile du ministre
de l'Economie et de développement, Seydou Bouda,
un des candidats du Congrès pour la Démocratie
et le Progrès (parti au pouvoir), un vaste domaine
fait office de quartier général du CDP dans
le département. Des va et vient sont observés.
Au centre de Poa, dans un débit de boisson, nous
avons voulu connaître les partis qui se neutralisent
dans le département. Le tenancier de la buvette nous
a assuré sur la victoire du CDP et de l'ADF/RDA.
Pour ce dernier, seuls les résultats des urnes peuvent
déterminer le victorieux parce que les électeurs
changent d'avis comme la direction du vent. Les responsables
des partis en vogue dans ces 2 départements sont
affairés. Ils font le tour des différents
départements. Le ministre Bouda est en tournée
dans les départements alentour de Poa. Michel Nana
en fait de même. Si bien que les états major
départementaux des partis sont tenus par les seconds
couteaux. Le représentant de l'ADF/RDA à Poa,
Pierre T. Zoubga, assure que le scrutin se déroule
normalement. Pour lui, pendant la campagne, ils ont privilégié
la campagne de proximité. Il se dit confiant sur
l'issue du scrutin. Parmi les partis en compétition,
le CDP est seul a organiser un meeting pendant la campagne
à Poa. Les autres, pour les quelques poalais rencontrés,
étaient moins visibles. A la Commission Electorale
Communale Indépendante (CECI), le président
de ladite structure, Thomas S. Ouédraogo, fait office
de permanent. Les anomalies signalées à la
CECI sont entre autres les noms des détenteurs des
cartes d'électeurs qui ne se trouvent pas sur les
listes des bureaux qu'ils doivent voter. Il y a également
des bulletins mal imprimés mais, selon le président,
les palliatifs sont trouvés à ce genre de
situation.
Le challenger
de l'ADF/RDA, c'est le CDP
Le département de Poa a 22 bureaux
de vote qui se trouvent dans 10 villages, 10 508 personnes
se sont inscrites pour ce scrutin. A Kokologho, Antoine
Nana, un des lieutenants à Michel Nana, se dit confiant
au regard du travail qu'ils ont abattu sur le terrain. Pour
ce qui concerne leurs adversaires, ils avaient vite crié
à la fraude quand ils ont vu des électeurs
venus de Ouagadougou voter massivement. Selon des informations
reçues, ces électeurs sont des fils du département
résidant à Ouagadougou, ils ont préféré
venir voter au village, ce qui est normal, de l'avis du
président du CECI de Kokologho. Antoine Nana estime
que leur challenger dans le département, c'est le
CDP. Les autres partis s'amusent. A Kokologho, il y a eu
32 bureaux de votes, 13 310 inscrits, 81,41% de retraits
des cartes. La CECI dit n'avoir rien constaté de
fâcheux dans le déroulement des élections.
Elle est pourtant remontée contre la Commission Nationale
Electorale Indépendante (CENI) qui, de son avis,
ne fait pas suffisamment d'efforts pour ses démembrements.
La CENI a convenu de rétribuer les distributeurs
des cartes à 1500fcfa mais c'est finalement 1000f/jour
qui leur a été donné. Aux élections
précédentes, les membres des bureaux de vote
percevaient 9500 fcfa mais à ce scrutin, le montant
est tombé à 7500fcfa par personne. Toutes
les CECI ont la même dotation de 50 000fcfa alors
que le nombre de bureaux de vote varient selon les communes.
La commune de Koudougou a 130 bureaux pendant que certaines
communes ont 9 bureaux. Pour la CECI de Kokologho, ces dysfonctionnements
méritent d'être corrigés pour les scrutins
à venir. Pour ce scrutin, l'enjeu était capital.
Dans le Boulkiémdé, Michel Nana de l'ADF/RDA
a testé sa popularité et le CDP sa suprématie.
Les résultats provisoires créditent le CDP
de 3 sièges et l'ADF/RDA de 1 n
1 Lalé de Mokin était un
homme charitable au point que la vieille dame a cru que
le prêtre faisait allusion à lui en demandant
qui est son sauveur.
Mokin est un village de Kokologho. Lalé en était
ressortissant.
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Fichier
électoral: On peut éviter les fraudes
Aux élections Municipales d'avril
2006 beaucoup d'électeurs avaient déploré
des manquements dans l'organisation du scrutin. Des
électeurs sont repartis dans les bureaux où
ils avaient voté lors de l'élection
présidentielle sans voir leurs noms sur les
listes. Pour se justifier la CENI à travers
son Président les avaient accusés de
s'être inscrits doublement. Pour les partis
politiques qui s'étaient insurgés contre
la non fiabilité du fichier électoral,
le Président Tapsoba et ses lieutenants sont
à l'époque tombés sur eux à
bras raccourcis. Ils ont même menacé
de les envoyer devant les tribunaux. A ce scrutin
tous les problèmes évoqués précédemment
sont revenus. Pendant le temps mort d'entre deux élections
où était la CENI ? Pourquoi n'avoir
pas pu corriger ces insuffisances ? Nous ne sommes
pas loin de croire que la CENI se complait dans ses
défaillances, autrement des erreurs perçues
pendant les scrutins antérieurs ne devraient
pas revenir, ou alors elle est laxiste. Tous ces problèmes
sont liaisons parce que Moussa Michel Tapsoba a été
reconduit dans des conditions scabreuses avec un fichier
qui est à l'image du fichier national. Quand
on admet des associations de dolotières comme
organisations de droits humains pour le vote de représentant
des droits de l'homme ceux qui sont à la base
de cette forfaiture ne peuvent que se complaire dans
de l'a peu près une fois à la tête
de l'organisations des élections. Les représentants
des partis politiques à la CENI sont aussi
fautifs. Quand on les envoie là-bas, ils finissent
par se bureaucratiser et deviennent moins regardants
sur les intérêts de ceux qui les ont
envoyés. Vivement qu'il y ait une alternance
pour qu'on sorte de cet immobilisme qui ne ramène
que d'anciennes fautes à la surface à
chaque élection n
MNZ
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Ce n'est pas
1997 et ça pourrait être mieux que
2002 !
Etienne
Traoré, l'un des rescapés des candidats
PDP/PS à l'AN
Par Newton A. Barry
On sait maintenant avec précision la configuration
de la nouvelle Assemblée nationale. La quatrième
législature avec la perte des places fortes
et puis l'érosion des emprises des caciques
de tous les bords.
A cette législature, le CDP sera encore
majoritaire. Mais une situation de majoritaire avec
l'assurance en moins. Symbolique, mais important
tout de même, le CDP qui règne sur
Ouagadougou et ses cinq arrondissements a perdu
la ville politiquement. Le CDP est désormais
minoritaire à Ouaga, malgré l'appui
tacite des coutumiers, à travers le Larlé
naaba, qui en met musique les préférences
de la cour de Ouagadougou.
La capitale n'est plus donc entre les mains du CDP.
Par erreur de casting, sans doute, on ne comprend
toujours pas pourquoi Simon Compaoré s'entête
à porter et à imposer ainsi dame Séraphine
de Boulmiougou. On aimerait percevoir les qualités
que " Teb djéré " (le surnom
donné au bourgmestre de Ouaga) voit en elle
que nos yeux à nous ne cernent pas. Les déçus
CDP de Ouagadougou des municipales d'avril 2006
n'ont pas été rassurés par
les dispositions qui ont gouverné les législatives
actuelles et les inimitiés se sont fortement
personnalisées. C'est devenu une affaire
de " eux et Simon ". Bien plus que la
défaite du CDP, c'est celle d'un homme Simon
et de sa méthode. Mais ce n'est pas la seule
explication. Il reste d'ordinaire que les capitales
sont frondeuses et plus éclairées.
On peut donc considérer que pour Ouagadougou,
c'est le retour à l'ordre normal des choses.
Il faudra attendre de voir plus clair sur le sens
des votes pour arrêter des diagnostics définitifs.
Ces élections, c'est aussi la fin de l'ère
PDP/PS. Pendant les deux premières législatures,
le parti de Ki-Zerbo avait été un
des rares (et le seul en 1997) à forcer la
main au CDP à lui céder un siège
de député au Kadiogo. A présent,
non seulement le Kadiogo échappe au PDP/PS,
mais dans l'ensemble du pays, c'est même la
bérézina. Les seuls qui auront directement
un mandat, ce sont le Boussouma et l'intrépide
Etienne Traoré, le dernier des Moyikan, est-on
tenté de dire. Il va être très
difficile au PDP/PS de constituer un groupe parlementaire
à l'Assemblée nationale. C'est la
fin d'une époque.
Dans la capitale, les sankariste se positionnent
comme la deuxième force après le CDP.
L'UNIR/MS et l'UPS ont ensemble trois députés
à Ouagadougou. Le fruit d'une meilleure stratégie
qui leur permet de transformer une situation qui
leur a toujours été favorable, même
si leur division légendaire ne leur avait
pas permis d'en profiter politiquement. Pour l'avenir
surtout, il leur reste des marges de progrès
s'ils vont jusqu'au bout d'une union effective.
Ce qui est moins sûr, tant Maître Sankara
est devenu aux yeux des autres l'ennemi à
abattre. Or, celui-ci aura confirmé, cette
fois encore, qu'il reste aux yeux d'une frange importante
de l'opinion nationale, le leader sankariste le
plus crédible. En terme de sièges
de députés, l'UNIR/MS devrait sensiblement
améliorer son score de 2002. Enfin ! Norbert
Tiendrébéogo devrait siéger
à l'Assemblée nationale. Ce qui n'avait
été jusque là possible dans
le cadre étriqué du Front des Forces
Sociales (FFS) le devient dans le regroupement UPS
(Union des partis sankaristes).
Le PAREN de Laurent Bado est par contre en net recul.
Bado aura réussi à sauver son siège
de député, mais dans l'ensemble, le
PAREN n'a pas réédité l'exploit
de 2002. Même son meilleur joker, le Colonel
Zouré, à Garango n'a pas finalement
réussi, alors qu'il avait le crédit
nécessaire. C'est un des hommes avec Palguim
Sambaré qui donnent du fil à retordre
à Alain Yoda dans le Boulgou.
L'ADF/RDA devrait au sortir de ce scrutin se stabiliser
dans la position de deuxième parti politique
après le CDP. Acceptera-t-il de faire le
saut et de devenir le premier parti de l'opposition
? Il va lui être difficile de se complaire
dans sa situation actuelle. Avoir les avantages
de la majorité et de l'opposition sans en
assumer les conséquences. Autrement dit,
la politique des " droits " sans risques.
Pour l'instant, cela lui réussit plutôt
bien. En attendant éventuellement que Salif
Diallo "n'enterre définitivement les
pieds de l'Eléphant ".
Arba Diallo du PDS aura réussi à confirmer
son leadership, malgré la cabâle qui
devrait l'enterrer définitivement. Perdre
la députation pour mieux lui arracher la
mairie. Quant à Philipe Ouédraogo,
il ne reviendra pas à l'Assemblée
nationale.
Dans le Sahel particulièrement, et après
l'entourloupe de Kader Cissé qui a ruiné
pour longtemps les chances politiques de l'Emir,
le PDS et Arba Diallo devraient renforcer leur implantation.
Kader Cissé survivra politiquement difficilement
à cet énième revers. Depuis
2002, le Sahel ne cesse d'échapper au CDP.
N'eût été le ralliement de l'Emir,
même l'unique siège de député
n'aurait pas été conservé au
Séno. L'Emir s'étant de la sorte offert
en mouton de sacrifice pour sauver Cissé.
A quel prix ? Il n'est pas impossible que la rivalité
ABC contre CDP soit passée par là.
Voilà la configuration de l'échiquier
politique au sortir de ces législatives.
Il restera maintenant sa traduction en politique
gouvernementale. Sur ce point, franchement la situation
de Blaise Compaoré n'est toujours pas facilitée.
Peut-être fera-t-il le pari " protocolaire
" sans son géniteur, en confiant le
gouvernement à Gilbert Ouédraogo ?
Cela parait improbable, n'est-ce pas ?
L'administration des élections s'améliore
Il est 18 heures ce 6 mai 2007, le bureau de vote
numéro 2 de Gnangdin, dans la commune de
Bittou ferme ses portes. Disons plutôt qu'il
arrête son opération, puisque c'est
sous un hangar servant de salle de classe, que le
bureau a été institué. Un bureau
de vote sous le hangar, mais y en avait de plus
insolite comme ces nombreux bureaux des villages
périphériques de la commune de Tenkodogo
qui sont institués sous les arbres. A Gouni,
c'est le papier pointé sur le tronc de l'arbre
qui indique " Ici Bureau de vote ". Et
son président de nous montrer la liste des
bureaux qui, sur le papier, sont dits institués
sous un hangar, alors qu'en réalité,
c'est sous un arbre. Qu'adviendra-t-il si une brusque
tornade, comme on en rencontre dans la zone en ce
début d'hivernage précoce survenait
? Réponse amusée du président
: " on ira chez l'habitant le plus proche si
on a eu le temps ".
Effectivement, la moindre difficulté pour
le personnel chargé des opérations
de vote, ce n'est pas tant l'absence de locaux,
mais aussi le matériel pour le dépouillement.
Quand vient 18 heures, il n'y a dans de nombreux
bureaux de vote que la lampe tempête pour
éclairer le dépouillement et le décompte
des bulletins. Ce jour donc, nous décidons
d'assister au dépouillement dans un de ces
bureaux indigents. Quand le dépouillement
commence, tout le monde est mis à contribution.
La lampe est unique et éclaire mal. Elle
servira au scrutateur à lire péniblement
le choix de l'électeur sur le bulletin. Ensuite,
la seule lampe torche de l'agent de sécurité
éclaire tour à tour les deux assesseurs
qui consignent les choix sur la feuille de dépouillement.
Travail extrêmement pénible après
avoir toute la journée supervisée
les votes. Mais nous y avons vu des gens consciencieux
qui prennent le plus grand soin pour lire et noter
les votes. Quand ils se trompaient, ils reprenaient
méticuleusement. Quand sur un bulletin, le
choix portait à équivoque, le bulletin
est considéré comme nul. C'était
un formidable esprit citoyen auquel il nous a été
donné d'assister. Peut-être qu'ailleurs,
les choses se sont moins bien passées.
Mais pour ce que nous avons vu à Gnangdin
et qui nous parait refléter la situation
de nombreux bureaux votes, il faut croire que l'administration
des élections s'améliore
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