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Dossier : Indépendance


Cinquantenaire
La contribution de la région du Sud-Ouest


Quelques autorités au cours de la conférence sur le cinquantenaire

Par Michaël Pacodi

Du 25 au 27 juin 2010, une série de manifestations entrant dans le cadre du cinquantenaire des indépendances ont eu lieu dans " la région des collines ". Un moment fort qui a permis de revisiter l'histoire de la résistance des peuples du sud-ouest de notre pays à l'entreprise coloniale

Après les étapes de Koudougou, Bobo-Dioulasso et Ouagadougou, c'est au tour de Gaoua de faire le point sur la contribution de la région du Sud-Ouest à l'avènement de notre indépendance. A l'occasion, plusieurs professeurs d'université se sont succédés dans l'amphithéâtre de l'ENEP de Gaoua dans l'après-midi du samedi 26 juillet. Le professeur Pierre Claver Hien a axé sa communication sur les causes subjectives (caractère dur, difficile à modeler) qui expliquent l'invincibilité des populations de cette région face aux colons. Déjà en 1886, le royaume de Pon est créé et les habitants se composent de Birifor de Dagara, etc., peuples qui d'ailleurs occuperont progressivement les autres localités de la région. Une islamisation de la région se révèle infructueuse devant la ténacité des peuples à vivre sans contraintes. Moctar Karambiri y consacrera le plus précieux de son temps dans une tentative sans succès de convertir ces peuples à l'islam. C'est avec le même état d'esprit que ces populations se sont opposées à Samory Touré ainsi qu'à deux officiers français en 1897. En effet, le 04 mai 1897, face à la résistance opiniâtre, la France est obligée de signer un traité de paix avec les peuples de la région.

L'impossible pacification

Toutefois, pas plus le traité que les mesures sécuritaires adoptées par les Français ( création d'un poste militaire à Batié), les incursions chroniques des Lobis et des Dagara mettront à mal la quiétude des colons. Ces différentes confrontations avec les Français feront 32 morts parmi les Lobis et les Dagara. Plusieurs causes expliquent le refus de la colonisation selon le professeur Pierre Claver Hien. Toutefois, la cause principale tient à la rencontre entre deux mondes radicalement différents. Il en est résulté un conflit entre tradition et modernité. Chez les Lobis, chaque chef de famille est roi dans sa famille. Soumettre ses femmes et ses enfants revient à le soumettre lui-même. Par conséquent, il voit la présence du colon comme une façon de lui disputer la suprématie familiale, d'où sa révolte. Le refus de se soumettre à l'administration coloniale provoquera l'exode des populations vers le Ghana d'où elles préparaient des guérillas qui harcelaient la troupe. Le professeur Hien a terminé sa communication par une exhortation à l'endroit des fils et filles du Burkina à "construire une mémoire nationale plutôt que d'instaurer une concurrence des mémoires".

L'évangélisation,
une autre stratégie du colon

Le Professeur Magloire Somé, spécialiste de l'histoire religieuse a exposé sur la présence du catholicisme et du protestantisme dans la région du Sud-Ouest. L'évangélisation de l'Afrique commence avec l'arrivée des missionnaires blancs. Ces derniers étaient cependant confrontés aux pratiques traditionnelles qui freinaient l'essor de la religion. Dans l'œuvre de civilisation du colonisé, missionnaires et colons se sont donnés la main. La stratégie a consisté pour les missionnaires à négocier l'entente entre Lobis et colons. Monseigneur Esker sera le maître d'œuvre de cette stratégie. Il faut donc, selon le slogan, "soigner les corps avant de sauver les corps". Une stratégie qui a pour objectif de gagner la confiance des autochtones. Mais comme à l'accoutumée, l'entreprise fut un échec notamment chez les lobis. La résistance dans le Sud-Ouest est celle qui a donné le plus de fil à retordre aux colons qui, pour la plupart, ont dû faire preuve d'ingéniosité en trouvant dans les creux des collines un refuge pour survivre.

La région
du sud-ouest en mémoire

La région du Sud-Ouest est l'une des treize régions du Burkina. Elle est composée de quatre provinces : la Bougouriba, le Ioba, le Noumbiel et le Poni. A côté de l'organisation administrative moderne cohabite une organisation sociale de type traditionnel, gérontocratique dont la structuration est marquée par des clans et des lignages. Le maintien de l'ordre social est basé sur le respect de la hiérarchie du chef de ménage en passant par la concession, la famille, le clan, le coutumier jusqu'au village ou à l'inter-villages. Cette organisation sociale est aussi basée sur le matriclan avec trois variantes : la parenté maternelle, le matriclan du père et la parenté paternelle. Le Sud-Ouest présente un milieu physique favorable à l'agriculture car bien arrosé entre 900 et 1200 mm par an. Elle se caractérise par un relief très accidenté (altitude moyenne de 450 m) et une température moyenne annuelle de 27°C n

 

Comment se présente
le début de la saison hivernale ?


Depuis le mois de mai, les paysans s'activent dans les champs dans l'espoir de faire une bonne moisson. Tous ont les yeux rivés sur le ciel et la direction de la météorologie nationale, dans ses prévisions, assure que l'année sera abondante en précipitations. En attendant la fin de la saison pluvieuse pour bien situer les choses, Madame Judith Sanfo de la météo agricole indique qu'à la date du 20 juin, il y avait une mousson faible à modérée sur l'ensemble du pays. Les paysans qui occupent la zone soudanienne du Burkina ont semé, tandis que ceux qui sont dans la zone soudano sahélienne sont entrain de semer. La zone sahélienne est dans une situation de semis généralisés. Sur l'ensemble du territoire, une dizaine de stations envoient des données quotidiennes à la direction générale de la météorologie. De la dizaine de stations, celle de Dori est légèrement déficitaire de -21,4mm par rapport à 2009. Les autres stations sont excédentaires, voire très excédentaires, comparativement aux 30 dernières années sauf Dori et Fada qui sont respectivement de -38,8 mm et -30,3 mm. Mme Sanfo indique que les conditions agro météorologiques sont réunies pour un bon démarrage de la campagne agricole. Ainsi à l'Ouest, au Sud, et au Sud-ouest, on est au stade de levé. Dans la zone soudano sahélienne, les semis se poursuivent. En zone sahélienne, la préparation des champs se poursuit en raison d'une poche de sécheresse qui a causé un retard dans les semis. Mais la météorologie agricole soutient que ce retard n'est pas dramatique étant donné que les dates moyennes favorables et tardives aux semis ne sont pas dépassées. Pour ce qui concerne le cumul pluviométrique saisonnier (Juillet, août, septembre), elle prévoit des précipitations de normale à excédentaire sur l'ensemble du pays et la saison augure des lendemains meilleurs, selon toujours la météo nationale.

Merneptah Noufou Zougmoré


Météorologie
Des poches de sécheresse dans certaines localités

La prévision saisonnière de la campagne agropastorale est faite sur le cumul pluviométrique des mois de juillet, août et septembre. C'est pendant cette période qu'on enregistre environ 60% des pluies au Sud-ouest du Burkina et 80% dans le Nord. La prévision saisonnière 2010 est l'œuvre des experts de 18 services météorologiques nationaux de la sous région, sous la direction du Centre pour l'application de la météorologie au développement (ACMAD). Il a eu l'appui de l'Organisation météorologique mondiale (OMM), de Météo France, du Service Météorologique Britannique (UKMO), de l'Institut de recherche international sur le climat et la société (IRI). Pour les météorologistes, la prévision saisonnière est basée sur les caractéristiques des conditions des températures de surface de la mer et des conditions atmosphériques simulées des modèles des grands centres de météorologie et du climat. Les données analysées de ces grands centres prévoient pour le Burkina ce qui suit. Au Nord du pays, dans les régions situées dans l'axe Djibo-Seeba, il est attendu une pluviométrie normale à tendance excédentaire. S'agissant du centre du pays sur l'axe Djibo -Sebba et l'axe Sindou-Bobo-Fara, on s'attend également à une pluviométrie normale à tendance excédentaire. Quant au Sud-ouest du pays situé sur l'axe Sindou-Bobo-Fara, une pluviométrie normale à tendance excédentaire est attendue. Compte tenu du cumul pluviométrique qui devrait être normale à tendance excédentaire, le service de la météorologie nationale prodigue des conseils. Les producteurs doivent privilégier les champs de plateau pour la culture du mil. Le maïs et le sorgho doivent être semés dans les champs qui peuvent maintenir l'humidité pendant un long moment sans être inondé. La production du riz pluvial doit se faire dans les bas-fonds. Des mesures doivent être prises pour renforcer les diguettes de protection des eaux de ruissellement. Concernant les semis précoces, les paysans devraient, pour pouvoir rentabiliser, utiliser les variétés à haut rendement dont le cycle est plus long ou moyen. Pour les utilisateurs des abords des barrages pour la culture maraîchère, ils peuvent avoir des désagréments liés aux risques d'inondation prévue. Les éleveurs également sont prévenus. Ils doivent éloignés les animaux des cours d'eaux pour éviter les noyades en cas de survenue des eaux. Il faut vacciner les bêtes contre les épidémies liées à l'eau ou à la forte humidité. Les enclos doivent être aménagés loin des bas-fonds, les fourrages stockés afin de parer à toute éventualité fâcheuse dans leurs alimentations. A propos de la santé de l'homme, le paludisme est aux aguets et les météorologistes recommandent aux structures spécialisées de procéder à la distribution des moustiquaires pour la prévention. Ils conseillent aux décideurs de renforcer les stocks de médicaments et assurer la disponibilité dans les centres de santé. Une autre pathologie dont il faut se méfier, c'est le choléra et autres maladies hydriques. Les météorologistes notent que cependant, les phénomènes extrêmes telles les longues poches de sécheresse ne sont pas à exclure pour la même période de juillet, août septembre dans certaines localités.

MNZ

 



Economie


COOPEL BAMA KINI
A t-on conspiré pour chasser la SAEL ?

Dans la rubrique LUCARNE CITOYENNE du 25 novembre 2009, L'Evénement s'interrogeait sur l'attitude du Fonds de Développement de l'Electricité (FDE), autorité de tutelle dans la gestion de l'électrification rurale des coopératives d'électricité (COOPEL) que notre pays a décidé de promouvoir depuis quelques années.

Le billet en question traitait d'un conflit ouvert opposant la Société Africaine d'électricité (SAEL) de monsieur Alexis Bougoumpiga à la COOPEL de BAMA Kini non loin de Bobo-Dioulasso.En rappel, c'est la SAEL qui depuis 2003 a construit et géré jusqu'à une date récente BAMA Kini, conformément aux termes du contrat qui lie les deux entités, sous le regard des démembrements du Ministère des Mines que sont la Direction générale de l'Electricité (DGE) et le FDE.
Tout allait bien entre les différents partenaires jusqu'en novembre où une série de "couacs" vont aboutir à la décision du président de la COOPEL BAMA Kini, de procéder de façon unilatérale à la mise sous-scellés des bureaux de la SAEL. En effet, prenant à contre-pied les agents, responsables et apparemment sa propre hiérarchie (FDE et DGE), il va demander à la gendarmerie de fermer ledit lieu de travail, en contradiction flagrante avec les dispositions contractuelles qui les lient. Cet acte a été posé peu après un contrôle qui a révélé un écart de 17 170 000 FCFA. Mais pour la SAEL, cette somme est gonflée à l'excès.
Malgré l'absence de preuve formelle concernant le montant exact à devoir et sans même entamer les procédures de conciliation au niveau de l'Autorité de Régulation, arbitre officiel dans ce genre de contentieux, les responsables de COOPEL BAMA, appuyés vraisemblablement et de façon souterraine par le FDE et la DGE, avalisent le coup de Jarnac de BAMA Kini de rompre le contrat. Pourquoi cette précipitation? Nous nous sommes intéressés à la question.

C'est au lendemain d'un rapport de la mission d'assistance du FDE effectuée du 22 au 29 mars 2009 à BAMA que tout commence. Selon des témoignages, la SAEL a été prise au dépourvu par l'arrivée des contrôleurs. Elle n'a été associée qu'au dernier moment.
Le rapport de contrôle établit la situation nette du fermier (SAEL) de la façon suivante : facturation clientèle : 303 853 258 F CFA, total des montants à déduire : 286 687 458 F. Soit un écart de 17 170 000 F que le FDE demande de justifier.
Le 18 septembre, une rencontre a lieu entre les différentes parties, ce qui a donné l'occasion à la SAEL de contester ce montant. Sur place et même beaucoup plus tard, aucune réaction officielle ni de COOPEL Bama, ni du FDE, ni de la DGE, n'a été émise.
Malgré tout, les rapports, au départ cordiaux, ont connu une tiédeur difficilement compréhensible pour Adolphe Bougoumpiga n° 2 de la SAEL à BAMA. C'était malheureusement le calme avant la tempête : le 19 novembre, comme de vulgaires malpropres (selon les termes de Alexis Bougoumpiga, DG de la SAEL), ses agents sont sommés de vider les lieux. Alexis en avise par écrit l'Autorité de régulation du sous-secteur de l'électricité par le biais du FDE. Cette structure n'étant pas encore fonctionnelle, c'est de fait la Direction générale de l'Energie (DGE) ou le FDE qui agit en lieu et place. Le FDE qui a reçu le courrier ne répond pas. Toutefois selon nos sources, certains agents du FDE font des navettes nocturnes à BAMA. Mais à quelle fin? Madame Marie Blanche Bado, patronne du FDE est-elle au courant? Certains de ses hommes auraient été aperçus à plusieurs reprises sur les lieux. L'un d'eux passant même pour être un conseiller spécial des premiers responsables de la coopérative.
Si la gestion de la SAEL n'est pas tout à fait irréprochable, celle de la COOPEL souffre d'un manque cruel de rigueur et de transparence. De 2001 à 2009, "la petite" COOPEL de BAMA Kini s'est permise des dépenses de fonctionnement de 88 780 638 F CFA. Si les dépenses courantes peuvent paraitre raisonnables (les contrôleurs relèvent en effet au titre des frais de secrétariat des dépenses d'un montant de 1 930 355 F CFA en 9 ans, de déplacement de 914 300 f CFA, de téléphone de 234 430 F CFA). Par contre, l'insolite réside dans la rubrique AUTRES où 85 440 553 F CFA sont engloutis sans justificatifs pertinents. Une caisse noire qui ne dit pas son nom? En tout cas, ce fourre-tout a été mis en relief par la mission et est connu des dirigeants du FDE et de la DGE qui jusque-là, n'ont pas bougé le plus petit doigt pour demander des comptes à qui de droit. Comparaison n'est certes pas raison mais que représentent 17 170 800 F (contestés au demeurant) par rapport à 88 780 638 F? Et pourtant, c'est main dans la main que le FDE, la DGE et BAMA Kini ont fait un sort à la SAEL.
Exit donc SAEL et place à PPI qui vient de prendre en main BAMA Kini sans que le contentieux avec les frères Bougoumpiga ne soit vidé.

Zeus Koné


Le rôle trouble de la DGE et du FDE

C'est la loi n°027-2007/AN du 20 novembre 2007 portant réglementation générale du sous-secteur de l'électricité qui est en vigueur, en vue disent ses concepteurs, de promouvoir un développement socio-économique durable du pays dans ce domaine précis.
Cette loi, en son article 6, affirme qu'on entend par sous-secteur de l'électricité : la composante du secteur de l'énergie comprenant les activités liées à la production, l'exploitation, l'importation et la distribution de l'électricité.
C'est toujours cet article 6 qui dit que l'acheteur central est l'entité qui a le monopole du réseau de transport et le monopole d'achat de l'électricité aux producteurs.
L'autorisation selon le même article est l'acte unilatéral par lequel l'Etat ou une collectivité territoriale permet à un opérateur d'établir et d'exploiter des installations électriques de faible puissance destinées à produire et/ou à distribuer de l'électricité en vue de satisfaire les besoins du public pour une durée et dans des conditions prévues par ladite autorisation.
Suivent l'avis conforme, l'avis simple puis le contrat d'affermage, contrat par lequel l'Etat ou une collectivité territoriale met à la disposition d'une personne physique ou morale (l'affermataire) tout ou partie du sous-secteur de l'électricité respectant un cahier de charges quant aux conditions d'exploitation et d'entretien. Sauf disposition contraire de la loi ou du contrat d'affermage, l'autorité délégante demeure propriétaire de tous les actifs et est responsable de tous les nouveaux investissements, y compris les renouvellements importants, sauf les dépenses relatives à l'entretien courant ou celles convenues contractuellement avec l'affermataire. La redevance de l'affermataire est pour l'essentiel assurée par les redevances des usagers.
Société affermataire : la société à laquelle la gestion et l'exploitation en tout ou partie du service public de l'électricité ont été déléguées par un contrat d'affermage conclu dans les dispositions de la loi.

CHAPITRE II, ARTICLE 7

Les intervenants du sous-secteur de l'électricité sont : le ministère en charge de l'énergie, le ministère en charge des finances, le ministère en charge du commerce, les collectivités territoriales, l'organe de régulation du sous-secteur de l'électricité, la société de patrimoine, le fonds de développement de l'électricité, les personnes physiques ou morales auxquelles le service public de l'électricité est délégué. Les personnes physiques ou morales titulaires d'une licence, d'une autorisation ou soumises à l'obligation de déclaration conformément aux dispositions de la présente loi.

Article 11 : Il est créé un organe de régulation du sous-secteur de l'électricité.
L'organe de régulation du sous-secteur de l'électricité est une autorité administrative indépendante dotée de la personnalité morale et de l'autonomie financière.

Article 12 : L'organe de régulation du sous-secteur de l'électricité a notamment pour missions de : [...] protéger les intérêts des consommateurs, et les opérateurs en prenant toutes mesures propres à garantir l'exercice d'une concurrence saine et loyale dans le sous-secteur conformément aux dispositions légales et réglementaires en vigueur.
Dans le cadre de l'exercice de ses missions, l'organe de régulation est investi des pouvoirs les plus larges d'investigations, de contrôle et de sanctions.
Ainsi ficelée, la loi n°027-2007 du 20 novembre 2007 portant réglementation générale du sous-secteur de l'électricité, a tout prévu sauf de joindre l'acte à la parole.
En effet, si tous les acteurs sont présents sur le parchemin qui a donné naissance à cette loi, sur le terrain, l'un d'entre eux brille par son absence criarde: l'organe de régulation du sous-secteur de l'électricité. Autorité indépendante et personnalité morale financièrement autonome, c'est elle qui devait jouer le rôle d'arbitre entre les différents belligérants en cas de contentieux. Seulement voilà : elle n'est pas encore constituée.
Dans le dossier COOPEL BAMA Kini, on a pu constater qu'à chaque bourrasque, la Direction Générale de l'Energie et le Fonds de Développement de l'Electricité se rejettent la balle.
Pour la DGE, en l'absence de l'organe de régulation, c'est le FDE qui devrait prendre la relève. Le FDE quant à lui s'assume quand il n'y a pas de nuages sérieux à l'horizon mais se rebiffe dès que la situation est délicate. C'est le constat qui ressort de ce conflit.

Zeus Koné

CHRONOLOGIE DES FAITS

Le 16 juillet 2009, le président de la Coopérative BAMA Kini demande à rencontrer le DG de la SAEL suite à une vérification des comptes opérée par le FDE du 22 au 29 mars 2009.
Le 31 août 2009, SAEL, par le biais de Adolphe Bougoumpiga, n°2 de ladite société, produit des éléments de facturation, sur instigation du FDE. Dans cet état de facturation clientèle, SAEL affirme que le total est de 287. 965. 514 F CFA au lieu de 303. 850. 258 F. Ni la COOPEL ni le FDE ne régissent.
Le 05 octobre 2009, la directrice générale du FDE adresse une correspondance au DG de la SAEL prévenant que le contrat qui le lie à BAMA Kini expire courant octobre 2009.
De son côté, sous la signature de son président, BAMA Kini en date du 09 octobre informe lui aussi SAEL de la fin du contrat le 15 octobre 2009.
Dans une autre correspondance de la même personne adressée une fois de plus au DG de SAEL, celui-ci est invité à effectuer les versements des recettes à la Caisse populaire puis de transmettre les reçus à la COOPEL.
Le 12 octobre 2009, SAEL réagit. Tout en admettant n'avoir pas entamé à temps le renouvellement du contrat, elle évoque la situation trouble créée par le dernier contrôle du FDE avant de réclamer le renouvellement de leur partenariat pour 5 ans.
Aucune réponse immédiate. Mais une réaction de BAMA Kini au sujet de la date du contrat d'affermage avec la SAEL et l'attente de la clarification des résultats de l'audit du FDE qui fait ressortir un écart de 17 170 000 F
En attendant et à partir du 1er novembre 2009, le guichet de la SAEL sera géré par un comité mis en place par la COOPEL.
Pendant ce temps, à BAMA une future gestion de la Coopérative se met en place le 9 octobre 2009. Le DG de la SAEL reçoit une lettre faisant état de manquements graves dans la gestion du système électrique : écart d'un montant de 861 626 F CFA en 2007, 2 304 776 F CFA en 2008 et 17 170 800 F CFA sur toute la période de la gestion soit 5 ans. Sur ce, COOPEL décide de mettre fin à la collaboration.
S'ajoute en même temps la réponse à la lettre de la SAEL datant du 5 octobre 2009 qui signe le non-renouvellement du contrat.
Simultanément, la notification de non-renouvellement de contrat emboîte le pas
Le 11/11, SAEL est invitée à une passation de service prévue pour le jeudi 19 novembre 2009 à partir de 09h à Bama.
Le 19 novembre , les locaux de la SAEL sont fermés aux agents.

Zeus Koné

 

© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 15 Juillet 2010