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Dossier
: Politique
Salif
Diallo
très
attendu dans son fief de Ouahigouya
"Si on ne veut
pas de lui à Ouaga, qu'il vienne, il restera toujours
notre leader." C'est par ces mots que nous sommes accueilli
au siège régional du CDP. Une semaine après
la sanction du bureau exécutif national qui a frappé
le premier Vice-président du Parti, Ouahigouya ne
comprend toujours pas ce qui lui arrive. Comment peut-on
ainsi humilier leur leader, un homme qui a tout donné
au parti? En tout cas, les militants attendent toujours
des explications. Ce qui a été dit jusque
là ne leur convainc pas !
C'est dans cette atmosphère très
tendue que nous sommes arrivés à Ouahigouya,
ce mardi 21 juillet, quatre jours après la sanction
qui a frappé Salif Diallo. Dès l'annonce de
la nouvelle, les militants ont afflué des sous sections
au siège du Parti avec une seule préoccupation
: il faut sauver Salif. A ce meeting improvisé, difficile
d'avoir la sérénité nécessaire
à la réflexion. L'excitation était
telle qu'on a eu un mal fou à calmer les ardeurs
de certains jeunes décidés à se défouler
sur certains symboles du Parti. Aujourd'hui, explique-t-on
au siège régional, "nous avons compris
que la colère ne sert pas . Nous avons décidé
d'attendre l'issue des démarches entreprises pour
la réintégration de Salif avant d'aviser",
affirme un responsable de la section. En attendant, c'est
l'incompréhension. Comment une si grande fidélité
au chef de l'Etat peut ainsi être récompensée
? Ils ont en mémoire ce que Salif leur a dit aux
dernières élections municipales : "Le
jour où le Président du Faso ira se reposer
à Ziniaré, je reviendrai prendre ma daba pour
cultiver". On rappelle aussi que lorsque Norbert Zongo
est mort, Ouahigouya a failli s'embraser. Il a fallu l'implication
de Salif pour rétablir le calme dans la ville. On
se souvient aussi de cet éditorial prémonitoire
de L'Evénement publié dans l'environnement
de la JNP à Samandéni où nous pronostiquions
le départ de Salif. Pressé par les militants
de s'expliquer, il leur tint à peu près ce
langage: "Même si ça arrive, il faut garder
le calme. Je ne suis pas le seul Burkinabè ; Nul
n'est indispensable. La roue tourne". Il a ajouté
: "Si son excellence me nomme chef des mécaniciens,
je serai chef des mécaniciens."
Roch et Simon traités de traîtres
et de lâches
"Vous qui êtes journaliste, confirmez-vous
les propos que l'on prête à Roch et à
Simon", nous demande un homme visiblement déçu.
"Il paraît qu'ils ont insulté Salif".,
interroge-t-il. Allusion aux propos de Roch rapportés
dans les quotidiens: "Plus nous nous délestons
des oiseaux de mauvais augure, plus le parti s'en portera
mieux". Nous tentons de détourner la question:
"C'est costaud ce que Salif a dit dans le journal".
"Mais Salif lui-même est costaud non ! ?",
réplique-t-il d'emblée. Et de se référer
à Norbert Zongo : "Norbert Zongo ne disait-il
pas que le changement viendra du CDP ! Eh bien, il faut
des costauds pour apporter ce changement. Achille Tapsoba
aurait dit que le départ de Salif permettra d'accroître
la mobilisation. En tout cas, nous ne demandons qu'à
voir. Ici, nous ne connaissons que Salif. C'est lui qui
a amené le CDP. C'est grâce à lui que
le CDP est grand ici et dans tout le Nord." Le ministre
de l'Agriculture actuel ne comprenait pas le manque d'enthousiasme
à la journée de la pomme de terre célébrée
à Titao. Les populations n'ont plus le cur
à la fête depuis le départ de Salif.
De même à Kalsaka, le lancement des travaux
de la mine n'a pas drainé grand monde, au point que
les responsables locaux du CDP aient convoqué les
militants pour les mettre en garde : "Si vous faites
comme ça, vous allez détruire Salif".
Un langage qui n'a guère de chance d'influencer les
plus radicaux.
La médiation des sages de la province
Ce mardi 21, rendez-vous est donné
au siège pour le compte-rendu de la mission des sages
dépêchée à Ouaga en vue de plaider
la cause de Salif. La réunion n'aura pas lieu pour
des raisons non explicitées. A la vérité,
les sages n'avaient pas de bonnes nouvelles pour les militants.
Ils ont rencontré Roch Christian Kaboré, le
président du parti, qui leur a dit que Salif a refusé
de s'excuser devant les instances du parti. Ces derniers
s'en sont retournés voir Salif pour comprendre. Ce
dernier a séance tenante rédigé un
papier qu'il leur a remis pour Roch. Salif, dans ce papier,
se serait excusé sur la forme, mais aurait maintenu
dans le fond ses propos. Par la réaction de Roch,
lorsqu'ils lui ont remis le papier, ils ont compris que
leurs doléances n'avaient pas de chance d'aboutir.
En différant donc la rencontre avec les militants,
les sages ont peut-être voulu éviter les manifestations
que les jeunes avaient souhaité engager, au cas où
la demande de réexamen de la suspension de Roch n'aura
pas abouti. C'est dans cette situation que la délégation
provinciale au congrès a été constituée.
Affaire à suivre n
GBN
Salif
Diallo
Sanctionné
pour avoir mis le Parti au pied du mur
Par Germain Bittiou Nama
Par décision N°200/CDP/CN/BPN/ BEN, "le
Camarade Salif Diallo, Premier Vice-Président du Parti,
Chargé de l'Orientation et des Questions Politiques
du Bureau Exécutif National est suspendu de tous les
organes et instances du Parti pour manquements graves aux
principes organisationnels ayant pour conséquence la
remise en cause de la cohésion au sein du Parti et
de sa Direction, refus de faire une autocritique sérieuse
et profonde sur ses actes et remises en cause des Positions
du Parti sur les institutions de la IVème République
sans un débat préalable en son sein."
L'opinion publique est désormais fixée sur les
tenants et aboutissants de la récente sortie médiatique
de Salif Diallo dont nombre d'observateurs avaient tendance
à penser qu'il faisait entendre une fois de plus la
voix de son maître. Cette inclination n'est cependant
pas fortuite, car au plus fort du débat sur la rétroactivité
ou non de l'article 37 qui réduisait le mandat présidentiel
à 5 ans renouvelable une fois, l'intervention de Salif
avait été perçue comme la voix du Palais.
On se souvient encore que c'est par lui que l'opinion publique
apprendra que Blaise allait être le candidat du CDP
à la présidentielle 2005.
Cette fois, Salif Diallo a pris l'initiative de parler pour
son propre compte et il en paie le prix. Dans l'édition
précédente, nous avions en effet prédit
ce qui risquait d'arriver si son aventure était solitaire
: "Malheur à lui cependant, (avons-nous écrit),
s'il a lancé son idée dans le souci de provoquer
un débat sur la question, sans en avoir au préalable
discuté avec Blaise, et reçu son feu vert."
Si la caution de Blaise était acquise, on verrait mal
Roch, fût-il le président du Parti, ramer à
contre courant. Pas de discipline partisane qui tienne quand
le chef a décidé de faire passer un message
par des voies informelles. La vérité, c'est
qu'aucun débat sur les institutions ne peut avoir lieu
dans le parti sans qu'il n'ait été au préalable
inspiré par Blaise Compaoré, seul maître
à bord. Tout responsable qu'il est, chargé de
l'Orientation et des Questions politiques, Salif Diallo n'a
pas pu convaincre Roch d'inscrire la question sur les institutions
en débat. Prudent comme à son habitude, le président
du Parti n'a pas voulu mettre les pieds dans le plat. Entre
les deux hommes, il y a une différence abyssale de
tempérament. On a vu Roch pendant sa traversée
du désert. Il a su se tenir droit dans ses souliers,
le temps de laisser passer l'orage. Il décourageait
même toute initiative tendant à le soutenir,
son seul souci étant de se faire oublier. Alors que
Norbert Zongo le mettait en selle, voyant en lui, l'homme
politique ayant suffisamment d'étoffe pour faire contrepoids
à la toute puissance de Blaise, il aurait envoyé
un signal à ce dernier de cesser ce jeu dangereux.
Salif par contre s'illustre comme un fonceur, même si
ses audaces reflétaient les desiderata de Blaise. Il
est ainsi apparu comme celui par qui Blaise assénait
des coups tordus à ses adversaires politiques. L'homme
n'en conserve pas moins une personnalité propre, trempée
par des années de lutte dans des groupuscules politiques
qui furent le fer de lance de la Révolution et qui
sont demeurés aujourd'hui le noyau dur du CDP.
De la complicité
au soupçon
Considéré comme un fidèle parmi les
fidèles, Salif Diallo a côtoyé Blaise
Compaoré depuis l'époque du Conseil National
de la révolution (CNR, entre 1983 et 1987). Alors directeur
de cabinet de Blaise, alors ministre de la Justice, l'homme
n'avait rien ménagé pour nouer des contacts
au profit de son mentor au sein des forces politiques et sociales.
Sa connaissance du milieu estudiantin lui permit de créer
et d'entretenir des réseaux pour faire contrepoids
à l'AEVO, principal mouvement estudiantin sur le campus
de Ouagadougou. Certains le croient mêlé à
la disparition du Professeur Guillaume Sessouma et de l'étudiant
de 7ème année de médecine, Boukary Dabo.
Les soubresauts de la Révolution seront sans conséquence
sur la solidité des liens qu'il entretient avec Blaise
Compaoré. Ceux-ci vont au contraire se renforcer. Il
entre au gouvernement en 1989 comme Secrétaire d'Etat
à la Présidence du Faso. C'est l'année
où naît le Mouvement Burkinabè des droits
de l'Homme et des Peuples (MBDHP). Salif Diallo se fait élire
conseiller au sein du Mouvement et travaille à rapprocher
celui-ci de la Présidence. Mais les divergences ne
tarderont pas à se manifester, en raison de la dégradation
de la situation des droits de l'homme. Il fomente alors un
mouvement factieux avec l'objectif de déloger les principaux
responsables du MBDHP. La tentative échoue, mais il
impulse la création d'une nouvelle organisation des
droits humains (l'APED-LIBERTES) qui fera long feu. En 1991,
Salif dirige le département de l'Emploi, du Travail
et de la Sécurité Sociale. Blaise le ramène
quelques mois plus tard à la Présidence du Faso
comme chargé de missions. Il y reste jusqu'en 1995,
date à laquelle il est nommé ministre d'Etat
en charge de l'Environnement et de l'Eau jusqu'en 1999. En
2002, il se retrouve à la tête d'un super ministère
chargé de l'Agriculture, de l'Hydraulique et des Ressources
Halieutiques jusqu'à ce jour de Pâques 2008 où
il fut limogé. Ce parcours prestigieux lui conféra
une carrure qui, au fil du temps, sera source de problèmes.
Considéré par l'opinion publique comme le numéro
2 après Blaise, Salif fera de l'ombre aux Premiers
ministres qui vont se succéder. Toutefois, c'est sous
Paramanga que des indices d'une rivalité réelle
commencent à poindre. Paramanga, expliquent certains,
a pris de l'assurance et s'est affranchi de la tutelle de
Salif dont il n'était que le protégé,
ce que ce dernier a du mal à digérer. La reconduction
de Paramanga en 2005, à l'issue de la présidentielle,
a été la pilule que Salif n'aurait pas digéré.
Il n'aurait pas compris qu'après avoir conduit avec
brio la campagne du candidat Blaise, ce dernier ne lui ait
pas offert en guise de reconnaissance la primature. C'est
le même ressentiment qui sera évoqué à
l'occasion de la nomination de Tertius Zongo que l'on est
allé chercher jusqu'aux Amériques. Ces supputations
sont balayées d'un revers de la main par Salif Diallo.
"Je ne suis pas un courtisan, dit-il. Je suis un camarade
prêt à servir à n'importe quel poste."
Quoiqu'il en soit, l'essentiel pour lui, c'est la confiance
de Blaise qu'il considère avant tout comme un camarade.
Mais la confiance entre les deux hommes sera de plus en plus
mise à rude épreuve. En effet, il apparaîtra
clairement que Blaise n'écoute plus son ami Salif.
Son centre d'intérêt s'est déplacé
vers la famille qui prend de plus en plus d'importance dans
les affaires publiques. Insupportable pour Salif qui dénie
à la famille toute légitimité en matière
politique. Les incidents vont se multiplier notamment dans
le fief même de Salif où l'on a poussé
l'outrecuidance jusqu'à l'y rejoindre pour y croiser
le fer, par belle famille interposée. Salif constate
que Blaise laisse faire. La même opération sera
tentée contre Simon à la mairie de Ouagadougou,
là aussi sans succès. Salif qui a compris la
manuvre jette ostensiblement un pavé : "Le
CDP n'a pas encore sécrété quelqu'un
de la trempe de Simon capable de le remplacer à la
mairie de Ouagadougou".
Dans le même temps, François prépare
sa propre rampe de lancement. Les préparatifs du 20ème
anniversaire de l'arrivée au pouvoir de Blaise Compaoré
donnent l'occasion aux hommes de François de révéler
aux Burkinabè l'action héroïque de ce dernier
dans l'avènement de son frère au pouvoir. Lors
du méga meeting de Pô organisé dans le
cadre du 20ème anniversaire, on assiste à une
quasi déification de Blaise, présenté
comme le messie qui a sauvé le Burkina. Le CDP à
qui l'on a demandé d'assurer l'appoint nécessaire
à travers la mobilisation de ses structures fait contre
mauvaise fortune bon cur. Il aura compris que pour les
historiens de Blaise, d'aucuns diront les révisionnistes,
le CDP et ses premiers responsables auront compté pour
du beurre dans l'histoire du pays. Salif est agacé
par ces développements qu'il trouve dangereux pour
l'avenir du pays. Pendant ce temps, les mécontents
du CDP rejoignent en masse les ABC et autres organisations
de soutien à Blaise et donnent naissance à la
FEDAP/BC. Cette organisation entreprend de recruter en mordant
sur les platebandes du CDP. Elle se positionne par endroits
comme une organisation rivale du CDP au point que certains
de ses adeptes la présentent comme le nouveau parti
de Blaise et de son frère. Le discours officiel tenu
par les responsables du CDP feint d'ignorer les soucis que
lui cause la FEDAP/BC. Mais en coulisses, le ton est plutôt
à la résistance, voire même au boycott.
Il faut mettre en échec le plan de déstabilisation
des anti-CDP sous l'étendard de François Compaoré.
La menace de déstabilisation est tellement prise au
sérieux qu'elle rapproche le trio dirigeant du CDP
que sont Roch, Salif et Simon. Quand Salif est limogé,
le parti fait preuve d'une extraordinaire solidarité
et salue l'uvre accomplie par le militant au sein du
gouvernement. Mais cette fois, Blaise ne garde pas son ami
à la présidence comme il a pris l'habitude de
le faire. Il sera envoyé à Vienne comme ambassadeur,
chose que ce dernier vivra comme un exil forcé. Il
s'ennuie ferme dans le bled autrichien et appréhende
avec inquiétude l'évolution des choses au Burkina,
où l'on ne semble pas avoir renoncé à
mettre au rencart les dirigeants historiques du CDP. Plutôt
que de subir le cours des choses, Salif a préféré
s'inscrire dans une tactique d'anticipation. En se faisant
démissionner, Salif prend à contrepied Blaise
et son frère, obligés de gérer une situation
où l'allié fidèle apparaît comme
la victime. Le prochain épisode sera probablement son
exclusion du Parti. Mais le CDP sans Salif, c'est assurément
une page de l'histoire du Parti qui se tourne. On verra quelle
en sera la nouvelle configuration et les tendances qu'elle
annonce.
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IVème Congrès
du CDP
Blaise renouvèle sa confiance
au CDP

Succès de participation pour le CDP qui a
fait le plein de la Maison du peuple. Le " grand
parti des masses " a procédé à
l'ouverture officielle de son IVème congrès
devant un parterre de personnalités nationales
et africaines venues toutes apporter leur soutien au
CDP et magnifier l'action du grand leader national Blaise
Compaoré. Malgré l'exceptionnelle mobilisation
des militants, l'atmosphère était quelque
peu morose en raison sans doute des crises à
répétition qui ont secoué la direction
du parti. Le grand absent à ce Congrès
était incontestablement Salif Diallo, récemment
vice-président à l'Orientation et aux
Questions politiques qui vient d'être écarté
de toutes les instances du parti à la veille
du congrès.
Le congrès du CDP a toujours été
l'occasion d'une démonstration de force. Le IVème
n'aura pas dérogé à la règle.
Le spectacle des grosses cylindrées qui écumaient
la cour de la Maison du Peuple ne laissait aucun doute
sur l'importance de l'événement. En effet,
la tenue du IVème congrès du parti qui
a en charge la gestion des affaires de l'Etat est toujours
suivie avec intérêt par l'ensemble des
Burkinabè. Les militants du CDP sont appelés
à examiner les résultats de la Convention
nationale sur la vie du parti tenue courant septembre
2008 qui ont porté entre autres sur :
La relecture des textes fondamentaux du parti, les règles
relatives à la composition et au mode d'élection
des membres du Bureau politique national, le renforcement
des capacités de la Commission nationale de contrôle,
la gestion des mandats électifs et l'état
de mise en uvre du programme quinquennal du président
Blaise Compaoré. Selon le président du
CDP, l'ensemble de ces questions ont fait l'objet de
Commissions ad hoc dont les résultats déjà
approuvés par le Bureau politique sont soumis
à l'examen du congrès.
Mais il s'agira presque d'un examen formel, l'essentiel
du travail ayant eu lieu en amont du congrès.
La crise qui s'est installée au sein du parti
a naturellement éclipsé ces dossiers dont
l'importance est passée au second plan. Toute
l'attention du congrès ainsi que de l'opinion
publique est naturellement tournée vers la gestion
par le congrès du dossier des cas dits d'indiscipline.
Le parti a connu des tempêtes au cours desquelles
on aura remarqué le splendide silence du chef
de l'Etat. Ce fut d'abord le cas des refondateurs amenés
par le groupe de Marc Yao et Tapsoba Pierre, accusés
d'avoir transmis à la presse un document frappé
du sceau de la confidentialité. Ayant été
l'artisan de la création du CDP, résultante
de la fusion de multiples partis, dont le principal
était la CNPP/PSD, groupe d'origine de la plupart
des refondateurs, on s'attendait à ce qu'il s'implique
pour aplanir les contradictions entre les protagonistes.
D'autant que nul n'ignore ce qu'a pu constituer pour
le régime de la IVème République,
la naissance du CDP, à un moment où l'image
de Blaise Compaoré n'était pas très
enviable. La récente suspension de Salif Diallo
réputé proche de Blaise Compaoré
n'a pas non plus donné lieu à une réaction
officielle de Blaise Compaoré. Le discours de
Blaise était donc attendu par les scrutateurs
de la vie nationale: "Je renouvelle ma reconnaissance
infinie au CDP, à ses dirigeants et à
tous les militants pour les combats que nous avons menés
ensemble et les victoires remportées dans la
mise en uvre du programme quinquennal." C'est
donc un soutien sans équivoque manifesté
au parti. Grand réconfort pour Roch Marc Christian
Kaboré et ses camarades dont les structures sont
constamment malmenées dans les provinces par
la FEDAP/BC. Il reste qu'en politique, la coterie diplomatique
a souvent été la règle et en politiques
avertis, les ténors du CDP sauront peut-être
rester sur leurs gardes. Blaise s'est par ailleurs adressé
aux adversaires du CDP en ces termes : "Les grandes
formations politiques assumant le pouvoir d'Etat ont
très souvent en face d'elles des adversaires
rivalisant d'ingéniosité dans la formulation
de critiques parfois sans fondements et souvent irréalistes,
visant à entamer la patience et la sérénité
des militants ". Heureusement que face à
eux: " la maturité et la réelle capacité
de mobilisation acquises par le CDP à travers
sa très large implantation et son système
d'administration efficient ont forgé chez les
militants, un esprit de discernement toujours conquérant."
Dans cette critique globalisante, Blaise Compaoré
vise probablement les opposants anciens et nouveaux.
Il faut donc croire que le IVème congrès
sera celui de la continuité sur les sentiers
battus de la IVème République. Sauf tremblement
de terre, il n'y aura aucune concession ni à
ceux qui prônent la refondation ni aux thèses
de Salif Diallo sur l'instauration d'un régime
parlementaire. Pour le président du CDP, la refondation
est "une énième fuite en avant digne
des partisans invétérés de la courte
échelle pour accéder au pouvoir d'Etat
Si l'objectif principal de leur refondation c'est de
"faire une autre politique pour changer la vie
de nos populations", il n'est pas d'autre alternative
que d'obtenir la caution de ces mêmes populations
par la seule voie des urnes ". Pour Roch Marc Christian,
tout ce remue-ménage repose la question de l'alternance
au Burkina et de rappeler qu'il n'y a d'alternative
viable que démocratique, c'est-à-dire
celle qui "relève de la décision
souveraine du peuple."
Alpha Kondé, la vedette
du congrès

Vieux routier de la politique guinéenne, cet
ancien responsable de la Fédération des
Etudiants d'Afrique Noire en France (FEANF) a donné
au congrès un cours d'économie politique.
Sur la base de la faillite du système financier
international qui a provoqué la récession
économique dans les pays du Nord, le Professeur
Kondé a montré que les champions du libéralisme,
les théoriciens du non interventionnisme de l'Etat
dans la sphère économique ont avalé
toutes leurs balivernes libérales pour retrouver
les vertus de l'Etat en tant qu'instrument de régulation
de l'économie nationale. Alors que c'est au nom
de ces mêmes théories qu'ils ont imposé
aux économies africaines le tout libéral
dont la conséquence est l'aggravation du chômage
et la pauvreté. Il pointe du doigt, le manque
de courage de l'élite africaine démissionnaire
vis-à-vis de ses responsabilités historiques.
Même constat fait par le président du CDP
qui, tirant leçon de l'échec du néolibéralisme,
a fait l'option (il s'agit du CDP) "d'une économie
de marché non seulement régulée
par l'Etat, mais aussi dans laquelle coexistent un secteur
privé actif, un secteur d'économie mixte
et un secteur d'Etat, tous devant être soucieux
du bien-être des travailleurs et de la préservation
de l'environnement".
Les travaux du IVème congrès du CDP prennent
fin le samedi 25 juillet 2009. Selon nos sources, le
Dr. Bongnessan Arsène Yé revient à
la direction du parti comme vice-président. Il
devrait être le seul, la deuxième vice-présidence
devant être supprimée. Roch marc Christian
Kaboré sera vraisemblablement reconduit à
la tête du parti. Quant au sort de Salif Diallo,
au moment où nous bouclions, le parti n'avait
pas encore statué.
Morceaux Choisis du discours
de Roch Marc Christian Kaboré
-"Le CDP n'est pas une camisole de force.
C'est un parti démocratique qui n'a peur ni des
idées nouvelles encore moins du débat.
Il est un parti organisé qui tire sa force principale
du respect par tous de la discipline du parti à
travers le respect de nos textes fondamentaux.
- Que chacune et chacun de nous le tiennent pour dit,
désormais au CDP, rien ne sera plus comme avant
-Lorsqu'on a la chance d'être à un niveau
élevé de responsabilité au sein
de l'Etat, on doit avoir l'humilité de reconnaître
que nous devons ces positions à l'engagement
déterminé d'une multitude de militantes
et militants qui se battent quotidiennement, souvent
jusqu'au sacrifice suprême, sans attendre une
récompense autre que la satisfaction d'être
du CDP"
Par Germain B. Nama
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