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Dossier : AGRICULTURE


Coton Bt au Burkina
La semence miraculeuse contestée




Par Abdoul Razac Napon

Comme un coup de tonnerre dans un ciel serein, les firmes semencières ont subi, en moins d'une semaine, en avril dernier, des revers à travers le monde. Elles font des victimes en Amérique latine, en Asie et en Afrique du Sud. L'Europe, elle, se barricade et renforce la surveillance. Au même moment, le Burkina signe et persiste. Le coton occupe une place stratégique et il faut le sauver de la crise qui secoue la filière. Le messie, l'incontournable alternative, c'est le coton Bt. Les opposants aux OGM crient leur colère, les producteurs assistent en spectateurs.


La campagne d'extension des zones semencières de coton Bt se poursuit. Le coton conventionnel sera bientôt rangé dans les mémoires. Le gouvernement ne veut pas perdre un secteur qui rapporte la moitié des devises. C'est un puissant levier économique pour le Burkina. Cependant, pour certains, si le coton renfloue les caisses de l'Etat, il ne nourrit pas les producteurs et entretient l'insuffisance alimentaire. Ces derniers estiment qu'il concurrence la culture vivrière. De l'avis de la Sofitex, il s'agit des propos sans fondement. La société fait savoir que la production du coton a un effet d'entraînement sur les cultures vivrières. Il participe à la souveraineté et à l'autosuffisance alimentaire à travers la modernisation de l'agriculture. " Les plus gros producteurs de coton sont les plus gros producteurs de céréales ", a déclaré Ousmane Compaoré de l'Union Nationale des Producteurs de coton (UNPCB). Aux yeux de la Sofitex, le coton est donc indispensable pour l'économie nationale. Selon le directeur général, il constitue le moteur de développement. Ces avantages traduisent à suffisance la nécessité de développer et de pérenniser la filière coton. La société ne comprend pas alors le scepticisme qui anime toujours certaines personnes sur l'importance de la filière pour les producteurs et le pays. Le patron de la société, Célestin Tiendrébéogo, met ces comportements sur le compte de la mauvaise foi. Ces personnes voudraient cacher le soleil avec leurs mains. Mais peu importe, le train est toujours en marche et personne ne l'arrêtera.


Le sommeil n'est pas pourtant tranquille pour les sociétés cotonnières et les autorités. Au plan interne, la machine est grippée. Depuis quelques années, des producteurs boudent la production du coton. Les griefs ne manquent pas à l'endroit des sociétés cotonnières. A chaque début de campagne agricole, la Sofitex ne lésine pas sur les moyens pour convaincre ces producteurs boudeurs. Comme à une campagne électorale, la société a institué ces dernières années des rencontres d'échanges directs avec les producteurs appuyés par les médias. Ces foras n'ont pas empêché les abandons. Les trois sociétés cotonnières ont réalisé 446 000 t de coton graine pour la campagne écoulée. La Sofitex considère que cette quantité est insuffisante pour maintenir l'équilibre de la filière. Elle a produit 384 500 t de coton graine pour la campagne écoulée, avec un recul de 31% par rapport à 2006/2007. Cette production représente moins de 23% par rapport à l'objectif que s'était fixée la société, ont déclaré ses responsables. Les superficies emblavées ont-elles aussi connu une chute de 34%.
C'est ce qui fait courir les sociétés cotonnières et les autorités. Il faut vite sauver cette filière qui apporte 60% des devises du pays. Les producteurs ne peuvent pas l'abandonner ainsi. Au nombre des solutions, l'adoption du coton transgénique, coton Bt.

L'alternative incontournable redoutée

Les responsables de la société estiment que l'adoption du coton Bt est " une alternative incontournable à la survie et au développement du coton ". Selon eux, le coton transgénique présente de nombreux avantages par rapport au coton conventionnel. " Les tests de démonstration ont convaincus les producteurs qui ont déjà adopté le coton Bt ", soutient le DG de la Sofitex. Le rendement à l'hectare est de plus de 30%. Les coûts d'investissement sont faibles. Le coton conventionnel demande 6 traitements contre 2 pour le coton Bt. Les producteurs sont alors moins exposés aux effets des pesticides. Le Coton Bt permet aussi une amélioration de la santé et un gain en temps.
Pour la campagne en cours, la Sofitex projette emblaver 118 000 ha de coton transgénique. Ces régions concernées sont des zones semencières pour la multiplication de la semence. L'objectif est de vulgariser la production du coton Bt et couvrir tout le territoire. Au niveau des responsables de la société, l'heure n'est plus aux interrogations sur l'adoption, mais à la vulgarisation, n'en déplaise aux pourfendeurs du coton Bt. D'ailleurs le Burkina n'est pas le seul qui cultive le coton Bt puisqu'il représente 60% de la production mondiale. " La filière se porte mieux dans les pays qui l'ont adopté ", se défend le directeur général (DG) de la Sofitex.


Les opposants aux organismes génétiquement modifiés (OGM) ne se considèrent pas comme des pourfendeurs de mauvaise foi, ni contre la science et la technologie. La bataille qu'ils livrent aujourd'hui est dans l'intérêt des producteurs et du pays, estiment-ils. Ils sont convaincus que les OGM sont dangereux pour les producteurs. " Chaque fois qu'il est question du coton Bt, on parle d'avantage, jamais de risques, ils ne donnent pas l'information juste aux producteurs ", s'insurge Bernadette Ouattara, point focal de la Coalition pour la protection du Patrimoine Génétique Africain (Copagen) au Burkina. " La seule chose qu'on nous dit, c'est que le coton Bt est avantageux ", renchérit Françoise Gerard de ATTAC Burkina. Le président du Syntap, Ousmane Tiendrébéogo est catégorique. "Les OGM, le coton Bt, ne sont pas pour nous. Ils demandent un paquet de haute technologie", affirme t-il. Selon lui, le coton transgénique n'est pas pour les petits producteurs. Les OGM vont avec l'agriculture intensive. Le Syntap reconnaît une amélioration de rendement entraîné par le coton Bt. Cependant, il avertit que cet accroissement de rendement n'est profitable aux producteurs que sur les grandes superficies. Le coût d'investissement dans la production ne baisse pas considérablement. Le producteur doit supporter toujours les charges d'intrants et les autres frais. Les pays comme l'Afrique du Sud, L'Inde et la Chine cités en exemple sont des cas pratiques de l'échec du coton Bt pour les petits producteurs. Les opposants au Coton Bt déclarent que dans ces pays, le traitement est passé à 10. Les insectes ravageurs ont développé une résistance. Bernadette Ouattara affirme qu'aux Etats-Unis, des champs refuges servent de remèdes à l'adaptation des insectes aux pesticides. "Combien de nos producteurs peuvent dégager 5 ha pour les insectes où il sait qu'il ne récoltera rien", s'interroge-t-elle. C'est pourquoi le Syntap ne comprend pas que ces aspects soient occultés. "C'est pour les agrobusinessmen. Ce qui est sûr, nous serons des ouvriers agricoles", souligne le président du Syntap. La Copagen croit que c'est une volonté délibérée pour tuer les exploitations familiales à travers ces organismes génétiquement modifiés.


La grosse inquiétude reste la question de la semence. La Sofitex affirme que des zones semencières permettront de multiplier et de vulgariser le Coton Bt. Bernadette Ouattara trouve que toute l'information n'a pas été donnée par la société. La firme semencière Monsanto qui a développé cette variété ne la cédera pas gratuitement. Le prix de la semence sera fixé par la firme, parce qu'elle attend des dividendes. " La question du partage des royalties entre l'Etat et la firme n'est pas encore réglée ", déclare-t-elle. Françoise Gerard fait remarquer que la firme dans ses contrats se réserve le droit de poursuivre toute personne qui reproduit la variété sans son autorisation. "Dans certains pays, des producteurs dont les champs ont été contaminés par des OGM ont été traduits en justice. Le prix de la semence sera alors toujours fixée par monsanto", a-t-elle martelé. Le climat et le type d'agriculture au Burkina inquiète les opposants au coton Bt. Le prix de la semence du coton Bt est de 27000f/ ha contre 800f/ha pour le coton conventionnel. Françoise Gerard est persuadée que les producteurs sont incapables de supporter ce coût du fait de la pluviométrie. "Nos producteurs sont contraints à repasser chaque année plusieurs semis sur la même parcelle. Il est sûr qu'ils ne supporteront pas", a-t-elle averti.


Ce sont trois variétés de coton qui sont produits au Burkina. Il s'agit du coton conventionnel, du coton Bt et du coton biologique. Le coton biologique est produit par les petits producteurs, sans engrais minéraux, ni pesticides chimiques. Il est vendu à 342 f/kg. Le représentant de helvetas affirme qu'il y a un engouement des producteurs pour le coton biologique équitable. C'est une agriculture durable avec un faible investissement. "Le système agricole actuel n'a pas de durabilité, il faut une agriculture respectueuse de l'environnement", a déclaré le directeur général Pierluigi Anguelli de Helvetas.
Les opposants aux OGM ne croient pas, contrairement au directeur général de la Sofitex, à cette semence magique qui va sauver la filière et les producteurs. Selon ces derniers, les mobiles de cette alliance sont à rechercher ailleurs. Le président du Syntap estime que les firmes semencières sont préoccupées par l'argent. La force du Burkina réside dans la qualité de son coton conventionnel. Il invite le gouvernement à se préparer pour la grande concurrence avec les puissants, car ceux qui vendent les OGM sont les plus grands producteurs. "Ils vont même nous concurrencer", affirme le syndicat.
L'opacité dans laquelle la collaboration a été scellée entre la firme et le Burkina ne laisse pas de doute sur les intentions cachées des deux parties. Les premières expérimentations ont été faites dans la plus grande discrétion. Le Président du Syntap affirme que c'est une affaire de groupuscule. L'expérimentation n'est rien d'autre qu'une "expérimentation de dupes". Celui-ci cite comme exemple un incident entre des chercheurs du CNRST et ceux de l'INERA dans un champ d'expérimentation à Boni dans le Tuy. Les premiers ont été obligés de reconsidérer leur position après avoir émis des réserves sur la fiabilité des recherches. Un des paramètres à prendre en compte, ce sont les capacités logistiques des chercheurs burkinabè. Ousmane Tiendrébéogo et la Copagen estiment que les chercheurs ne connaissent que ce que monsanto veut les laisser connaître. "Toutes les analyses ne peuvent pas se faire au Burkina, il faut aller aux Etats-Unis".
Les opposants au coton Bt et à tous les OGM sont conscients de leurs limites. Comme l'a si bien dit le DG de la Sofitex, la production du coton transgénique va se poursuivre, car c'est la volonté du gouvernement. Cependant, Bernadette Ouattara croit qu'il revient aux producteurs de choisir. Il ne revient pas aux autorités ni aux sociétés cotonnières de décider à leur place.
La mission de la Copagen est alors d'apporter l'information juste afin que les producteurs fassent un choix responsable. Ousmane Tiendrébéogo regrette que des responsables de l'UNPCB cherchent à saper ces campagnes d'information et de sensibilisation.

Corruption et affairisme

Le président du Syntap pense que les problèmes des producteurs sont liés au fonctionnement de la filière. Il y a longtemps que les producteurs ont compris que le coton n'est plus rentable. La chute des espaces emblavés est le résultat des frustrations accumulées sur de nombreuses années. Pour Ousmane Tiendrébéogo, la solution ne viendra pas des OGM. Les paysans ne bénéficient pas des fruits de leur travail. Des producteurs peuvent produire à perte sur trois campagnes. Une situation que celui-ci attribue au système de caution solidaire au sein des groupements de producteurs de coton (GPC). "C'est un système perverti", conclut-il. Selon la Sofitex, une étude de l'UNPCB a montré en 2008 les impayés internes qui s'élevaient à plus de 4 millions. La même étude conclut que ces impayés internes seraient à la base de la désaffection de nombreux producteurs découragés. Le président du Syntap situe l'origine des déboires des producteurs à partir de 2001 où les producteurs se sont endettés pour acheter des pesticides qui ne combattaient pas la mouche blanche. En 2004, d'importantes tonnes de coton ont été abandonnées sous la pluie. La conséquence est la livraison de semences pourries à la campagne suivante aux producteurs. Tous ces problèmes ont entraîné un endettement progressif des cotonculteurs. A ces difficultés, il faut ajouter les retards de paiement. C'est au début d'une nouvelle campagne que les producteurs sont payés. Les cotonculteurs ont eu le temps de s'endetter pour faire face aux dépenses urgentes. Dans cette situation où les intrants sont fournis aux producteurs avant l'argent, il est évident que ces intrants vont se retrouver alors sur le marché. Les impayés sont donc le résultat des pratiques mises en place par les sociétés cotonnières. Pour celui-ci, les producteurs devrait à l'heure actuelle s'acheter des intrants. Il confie que les producteurs sont actionnaires à 30% dans la Sofitex. Ce qui en principe peut servir à couvrir certaines dépenses comme les intrants. "On ne sait pas encore ce qui est fait de cet argent", fait-il remarquer. Le syndicat relève également que les cotonculteurs paient une assurance incendie. Une assurance qui couvre la production depuis le champ jusqu'à l'usine. Sur le terrain, l'assurance incendie n'est valable qu'à l'usine. "Si le coton brûle, dans les mains des producteurs même s'il a eu mort d'homme, ils ne sont pas dédommagés", affirme le président du syndicat. C'est donc, de son avis, une spoliation que les sociétés cotonnières pratiquent. Outres ces injustices, les producteurs subissent la loi des agents et de certains responsables de Groupement des producteurs de coton (GPC). Le syndicat constate des truquages de la balance et la corruption pendant le classement du coton. Tasséré Sawadogo confirme qu'il faut débourser de l'argent pour que ton coton ait un bon classement. Il faut également soudoyer pour faire enlever votre coton. La société a demandé aux producteurs de signaler tout abus de pouvoir. Ces derniers affirment que les risques sont nombreux pour celui qui ose s'attaquer à ces personnes. Les agents sont solidaires et toute dénonciation sera vengée. Leurs complices sont aussi des responsables des GPC. La commission sur rachat ou ristourne qui en principe revient aux producteurs est détournée à d'autres fins. "Dans le temps, c'était pour les œuvres sociales, maintenant ce sont les responsables de l'union qui se les partagent", indique Ousmane Tiendrébéogo. La ristourne est de 4000f/tonne et payée au groupement. Elle est ensuite répartie entre les sections de l'UNPCB. La Sofitex a déclaré ne pas pouvoir verser pour cette campagne la ristourne. Elle n'a pas dégagé un bénéfice, mais plutôt, un déficit.
Maxime Coulibaly, un agriculteur, affirme que le coton a entraîné la vraie misère dans les familles. Les enfants sont malnutris et les foyers sont pauvres avec des conséquences sociales. Le coton ne profite qu'à celui qui a une main d'œuvre gratuite, une grande famille. Si la répartition des fruits était équitable dans les familles, personne ne se hasarderait dans le coton, a-t-il déclaré. A cela, il ajoute les effets des pesticides sur la santé humaine, sur l'environnement, les eaux et les sols.

 

Firmes semencières et le Burkina
Une liaison dangereuse ?

Bernadette Ouattara de la COPAGEN: "Il n'y a pas d'avenir dans les OGM"
Alors que la Sofitex vient de lancer une campagne de vulgarisation du coton Bt, les firmes semencières à travers le monde surtout en Europe subissent des revers. La méfiance s'installe de plus en plus. Les révélations de certains chercheurs et les échecs des semences sauveurs…..
En avril dernier, le quotidien français La Croix publiait dans ses colonnes une étude de 250 000 chercheurs indépendants américains. Cette étude montre que les Organismes génétiquement modifiés (OGM) n'augmentaient pas les rendements. Au contraire, elle révèle que les OGM sont à l'origine de la prolifération de mauvaises herbes résistant aux herbicides. L'équipe de scientifiques conclut qu'ils entraînent par la suite une baisse des rendements et préconise les pratiques agricoles classiques pour augmenter les rendements.
C'est en Amérique latine et en Afrique du Sud que les firmes semencières arrivées hier en messie et courtisées font face à des vagues de mécontentements. Les mauvaises surprises se succèdent. En Argentine où le soja génétiquement modifié couvre la presque totalité des terres agricoles, la production montre ses limites. Le round up, un herbicide pour le traitement du soja longtemps vanté par Monsanto pour ses qualités biodégradables fait des ravages dans la population. On a constaté que des populations souffrent de cancer, de tumeurs, de leucémies etc. selon le quotidien une nouvelle étude vient de révéler la toxicité de l'herbicide. Elle serait à l'origine des troubles intestinaux, cardiaques, malformation et des altérations neuronales.
Le quotidien indique que déjà en 2007, le professeur de l'université de Caen était parvenu aux mêmes conclusions. Il a affirmé que le Round up commercialisé par la firme tue les cellules ombilicales humaines en quelques heures. Monsanto et les autorités ont fait la sourde oreille. L'herbicide pollue également les eaux, les sols et l'environnement. Ces révélations sont un coup dur pour les firmes qui avaient le vent en poupe.
Au même moment, c'est l'Afrique du Sud qui perd des centaines d'hectares de maïs. 82 000 ha de maïs OGM ne seront pas récoltés cette année. Les plantes ne produisent pas. Pourtant, ces plantes sont contre les mauvaises herbes et augmentent les rendements. La firme Monsanto a reconnu son échec. Selon elle, il s'agit d'un problème de laboratoire et s'empresse de proposer une indemnisation aux agriculteurs. Les populations ne sont pas à l'abri de la famine.
Dans la foulée, six pays de l'Europe interdisent une variété de maïs OGM. La France, elle, maintient toujours la garde.
La catastrophe se poursuit aussi en Inde et l'issue n'est pas pour demain. Le quotidien français écrit que ce pays enregistre 1000 suicides mensuels. Les paysans sont noyés dans les dettes. A l'origine, la semence magique Bt. L'Inde a ouvert son marché et adopté des reformes agricoles sous pression du Fonds monétaire international (FMI), en contrepartie de l'aide. La solution était donc les semences OGM. Une campagne contre les semences conventionnelles a été même engagée. Mais la semence Bt n'a pas produit le miracle attendu. Les plantes sont infestées par des vers. La firme n'avait pas donné ou ignorait toutes les informations. Les producteurs n'ont rien récolté. Monsanto met ces cas sur le compte de l'alcoolisme, la pauvreté et le désespoir agraire.
Le président du Syntap, Ousmane Tiendrébéogo, affirme que les expérimentations au Burkina sont faites dans la plus grande discrétion. Cette attitude est une mesure propre aux firmes semencières. Selon encore le journal, des chercheurs de la communauté scientifique américaine dont certains sont favorables aux OGM ne décolèrent pas contre les firmes. "A la suite d'un appel de l'administration américaine, ils ont avoué leur incapacité à fournir à L'Etat les informations et aux agriculteurs les conseils qu'ils attendent". Les recherches scientifiques sont interdites et les informations fournies sont munitieusement sélectionnées. Les chercheurs concluent que si "les firmes peuvent contrôler les recherches, elles peuvent réduire les aspects négatifs qui peuvent survenir dans toute étude externe".
Le slogan des firmes en direction des pays sous développés, c'est la lutte contre la pauvreté et la malnutrition. Au Burkina, il est question de sorgho et de niébé OGM. Mais ces philanthropes étonnent. Il n y'a pas longtemps, Monsanto a été épinglé pour avoir développé la semence suicide "Terminator". Un gène qui stérilise la graine et empêche toute reproduction. Les brevets constituent une préoccupation pour ces firmes. L'Office européen des brevets a été saisi pour le dépôt de brevet sur des semences issues des croisements des plantes traditionnelles. Cela rappelle le projet controversé financé par les fondations Bill Gâtes, Monsanto, Syngenta, Rockfeller. Ces fondations avec le gouvernement norvégien ont créé en 2008, une banque de conservation de graines afin de garder la mémoire du patrimoine biologique de la planète. Un projet dénoncé par nombre de personnes qui estiment que les prétendus philanthropes ne sont pas des enfants de cœur. Derrière cette action à but humanitaire se cacheraient des intentions mercantiles.

Abdoul Razac Napon

 

© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 16 juin 2009