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Dossier
: POLITIQUE
Alternance
Politique
Le think tank de Zéphirin Diabré

Par Aimé Franck Bazié
L'avenir politique du Burkina Faso était en débat
à travers le thème : " L'alternance : un
fondement de la démocratie ". A l'occasion, Zéphirin
Diabré, l'initiateur du forum, ne s'est pas embarrassé
de circonlocutions pour fustiger les travers du régime
actuel de Blaise Compaoré. Pour lui au Burkina, on
ne peut pas encore parler de démocratie.
Zéphirin Diabré est formel : le Burkina Faso
a soif d'alternance. " Cette soif se nourrit d'abord
des insuffisances et des échecs de notre politique
de développement, dont la caractéristique principale
est son incapacité notoire à éliminer
la pauvreté. Mais cette soif se nourrit aussi et surtout
d'un grand sentiment d'injustice qui risque de mettre à
mal notre fragile équilibre social. Ceux qui travaillent
à la sueur de leur front et à la force de leurs
poignets, sont révoltés de voir que d'autres,
nullement plus méritants, mais simplement assis à
la bonne place, ou titulaires des bonnes relations et des
bonnes protections, prennent comme un ascenseur spécial
à grande vitesse vers l'enrichissement. Ils sont choqués
de voir combien l'Etat, notre bien commun à tous, est
devenu un instrument d'enrichissement aux mains de gens promus
uniquement sur la base de relations de concussion, et dont
l'énergie se dépense plus dans les surfacturations
de marchés, que dans la conduite laborieuse de nos
chantiers de développement. Enfin, cette soif d'alternance
se nourrit de ce que, en démocratie, lorsqu'un peuple
est dirigé par les mêmes personnes pendant un
certain temps, et que cela dure et perdure, forcément
il commence à se poser un certain nombre de questions.
" C'est d'ailleurs pour cette raison que le président
du forum, Zéphirin Diabré précisera :
" toute démocratie reste inachevée tant
qu'elle n'a pas produit une alternance. Notre démocratie
appartient à cette catégorie ". Ce forum
avait pour objectifs, de contribuer á ancrer dans l'esprit
des citoyens burkinabé, la nécessité
et la possibilité d'une alternance au Burkina Faso,
de réfléchir aux facteurs sociaux et/ou politiques
qui favorisent ou freinent les chances de l'alternance démocratique
au Burkina Faso, de réfléchir á des réponses
aux principales questions liées au développement
économique du Burkina Faso et qui doivent constituer
des priorités en cas d'alternance
Plusieurs commissions
ont été mises en place à cet effet. La
commission " Construire une démocratie républicaine
et citoyenne " était dirigée par le député
Louis Armand Ouali, avec le Pr Augustin Loada, comme rapporteur.
Le diagnostic de la commission tombe comme un couperet. Elle
estime que plusieurs signes montrent que les Burkinabè
aspirent à être mieux gouvernés. Il en
est ainsi des poussées de colère ouverte ou
sourde marquées par des mouvements sociaux, de l'érosion
de l'autorité de l'Etat et de la perte de crédibilité
des relais habituels de la contestation sociale, des dissensions
au sommet constatées par les oppositions récurrentes
entre mentors au sein du parti dominant et des frustrations
y afférentes. La commission fait également cas
de la désaffection électorale, du renouveau
de la liberté d'expression, des révélations
des enquêtes d'opinion
A en croire les membres
de la commission, ces irrégularités se fondent
sur les caractéristiques de la IVe république
qui sont entre autres, une démocratie confisquée,
un pouvoir usé, confronté à une multiplication
des affaires, un mode singulier de gestion du pouvoir aux
antipodes des valeurs républicaines, l'absence d'imputabilité
du chef de l'Etat, une politisation à outrance de l'administration,
le contrôle des partis politiques d'opposition, etc.
En tout état de cause, ils en arrivent à la
conclusion que la société burkinabè est
à reconstruire.
Un pays à vau-l'eau
Economiquement, ce n'est guère mieux. Tout semble
indiquer que le pays va à vau-l'eau. Selon les statistiques
du forum, le Burkina Faso enregistre en 20 ans de réformes
économiques, des progrès insignifiants. La proportion
de burkinabè vivant sous le seuil de pauvreté
est passé de 44,5% en 1994 à 45,3% en 1998 puis
à 46, 4% en 2003. Ce pourcentage va sans doute augmenter
avec la crise actuelle, ce qui maintiendra le Burkina Faso
dans le bas du tableau de classement du PNUD. L'explication
de cette pauvreté endémique et structurelle
est la suivante : " Au Burkina Faso, 10% des plus pauvres
détiennent seulement 2,8% des revenus contre 32,2%
pour les 10% les plus riches, 20% des plus pauvres détiennent
6,8% des revenus contre 47,2% pour les 20% les plus riches.
" Pour que le socle social ne soit pas ébranlé,
l'alternance devrait mettre un accent particulier sur les
valeurs de solidarité, d'intégrité, de
dignité et de respect de la parole donnée comme
gage de renforcement et de promotion de valeurs démocratiques.
Sur la stratégie d'alternance, les participants au
forum estiment qu'il est nécessaire de développer
une coalition électorale. Selon eux, les partis de
l'opposition doivent faire chorus pour éviter les échecs
répétitifs. Ils ont également interpellé
la société civile sur le rôle qu'elle
a à jouer dans la construction d'une coalition alternative.
Au regard du dernier rapport de la Cour des Comptes suivi
des révélations faites par la presse, le forum
a vivement interpellé le chef de l'Etat, Blaise Compaoré
sur la protection de la chose publique, la préservation
de l'intérêt général par le châtiment
des auteurs de corruption, de détournements de deniers
publics...
Les participants ont en outre recommandé la pérennisation
du forum par son institutionnalisation. En théorie,
Blaise Compaoré devrait être à son dernier
mandat s'il était élu en 2010. C'est ce que
la constitution actuelle prévoit. En vue de contrer
toute velléité de modification constitutionnelle
pour consacrer un pouvoir monarchique au Burkina Faso à
travers notamment la révision de l'article 37 de la
constitution qui limite le nombre de mandats présidentiels
, les participants ont exigé la constitution d'un front
citoyen. Plusieurs personnalités de différents
bords politiques ont participé à ce forum.
Zéphirin Diabré serait-il entrain de ratisser
large autour de sa personne ? Se décidera-t-il alors
à se présenter à la présidentielle
de 2010 au regard de l'aura dont il semble bénéficier
et des responsabilités qu'il a assumées et qu'il
assume aujourd'hui au plan international ? L'homme ne s'est
pas encore clairement prononcé sur la question. Aujourd'hui,
celui qui parle d'alternance a été à
deux reprises (92 et 97) élu député sous
la bannière de l'ODP/MT (l'ancêtre du CDP). Il
a également été ministre du Commerce,
de l'Industrie et des mines, ministre de l'Economie et des
Finances, président du Conseil Economique et Social
(CES). Il a démissionné du CDP en 1998 avant
d'entamer une carrière internationale comme Directeur
Général Adjoint du Programme des Nations unies
pour le développement (PNUD). Il y passera 7 ans. C'est
en Janvier 2006 qu'il a rejoint le groupe nucléaire
AREVA comme Président Afrique et moyen orient, et conseiller
pour les questions internationales. Avec le CDP, la FEDAP-BC,
les réfondateurs et les autres opposants, la bataille
pour la succession de Blaise Compaoré s'annonce orageuse.
L'homme aura-t-il les moyens nécessaires pour ajouter
le titre de "Président du Faso" à
son CV déjà impressionnant ?
Le courage de Zeph

Un forum sur l'alternance en ce moment précis de
notre démocratie peut paraître une provocation.
Le régime qui a fêté seulement l'année
dernière, et en grande pompe, le vingtième anniversaire
de son odyssée démocratique, ne croit pas arrivée
l'heure de passer la main. C'était une nouvelle jeunesse,
même si déjà se profilait l'horizon 2015.
Parler de l'alternance, maintenant, alors qu'il a encore la
possibilité d'un bail de cinq ans à la tête
de l'Etat, peut sembler une offense personnelle. C'est en
tout cas comme cela qu'il semble le vivre, Blaise Compaoré,
quand il répond, un brun agacé, que lui s'en
tient aux "choses concrètes ! ".
Parler de l'alternance dans le Burkina d'aujourd'hui, c'est
forcément indexer Blaise Compaoré. Bientôt
22 ans de pouvoir et rien à l'horizon qui montre qu'il
songe même à céder la place. C'est même
le contraire, puisqu'il y a juste deux semaines, dans la ville
de Bobo-Dioulasso, ses affidés annonçaient sa
candidature à la présidentielle de 2010. Pour
Blaise Compaoré et ses amis, l'heure de l'alternance
n'a pas encore sonné. Un forum comme celui qui vient
de se tenir et surtout l'inventaire qu'il a fait de la gouvernance
actuelle ne pouvait qu'être perçu par Blaise
Compaoré comme une attaque personnelle. Puisqu'en l'espèce,
c'est à lui que la critique de s'éterniser au
pouvoir s'adresse. C'est aussi à lui principalement
que la critique de la méperformance de la gouvernance
s'adresse. Cette politique de développement "dont
la caractéristique principale est son incapacité
notoire à éliminer la pauvreté",
c'est lui Blaise Compaoré qui l'a conduite depuis plus
de vingt ans à travers ses différents programmes
de "large rassemblement" et de "société
de l'espérance".
La critique de la "monarchisation du pouvoir" s'adresse
aussi à lui, depuis que l'implication de son frère
cadet et d'une partie de sa famille dans la gestion des affaires
de l'Etat est devenue trop voyante.
Il était donc difficile aux "forumistes"
de parler de l'alternance sans faire le procès du régime
et de son premier responsable. Il fallait, pour atténuer
ce côté inévitable, y mettre de la méthode
et cela semble avoir été bien réussi.
Le large éventail des participants
Ce n'est pas forcément un gage de neutralité,
mais lorsque plusieurs personnes d'obédience opposée
conviennent de quelque chose, il faut commencer à la
prendre au sérieux. C'est cette convergence des constats
qui semble source d'inquiétude pour le président
et ses partisans. Les critiques qui ont été
faites ne sont pas nouvelles. Mais cette fois, elles sont
formulées autrement avec la caution des voies "autorisées".
La première et la plus importante d'entre elle reste
celle de l'organisateur en chef. Zéphirin Diabré.
Il est qualifié, es qualité, pour faire la critique
de la contre-performance de la gouvernance économique
du pays. On peut lui objecter qu'il a lui même été
ministre des Finances quelques années et qu'il est
donc comptable, en partie, du bilan qu'il dénonce.
Mais cela enlève-t-il de la pertinence à son
diagnostic ? Absolument pas.
Ensuite, il y a des personnalités de grande qualité
comme le président de la commission politique, le député
Armand Ouali, ancien excellent maire de Gaoua et pur produit
du PAI. Un parti dont la qualité des hommes n'est plus
à démontrer.
Il y a aussi le professeur Augustin Loada, excellent homme
de droit et très avisé des questions politiques,
qui n'a eu cesse d'expliquer que notre processus démocratique
était malade des conditions de sa naissance. Il y avait
au forum un regroupement de personnalités, parmi les
meilleurs dont dispose notre pays.
La mise en avant des conditions
Le forum a agi comme un "think tank" de l'alternance.
Une sorte de consultation d'experts pour un sujet de grande
importance pour le pays. Car il s'agit effectivement de se
préparer à cette éventualité qui
ne peut plus être occultée dans notre pays. Toutes
les conditions sont réunies pour cela.
Il y a d'abord que c'est une anomalie de la démocratie
que pendant de longues années, les mêmes personnes
conduisent les destinées d'un pays. Au Burkina Faso,
depuis 1987, c'est le même président et les mêmes
hommes qui gouvernent. Il n'y a pas dans l'histoire de nos
institutions un précédent semblable. Le régime
actuel a été servi par les circonstances, mais
cela ne saurait durer éternellement.
Ensuite, il y a les dispositions constitutionnelles. Au terme
de la présente constitution, le président Blaise
Compaoré devra quitter le pouvoir. C'est un horizon
qui n'est plus aussi loin que ça. Et puis, de toute
façon, juste après la présidentielle
de 2010, les esprits ne seront plus monopolisés que
par l'échéance capitale de 2015. En raison de
la longévité excessive du pouvoir, nous risquons
dans cette perspective, d'assister à l'aggravation
de la gouvernance du pays. Le régime n'aura plus suffisamment
d'autorité pour bien conduire le pays. Après
2010, nous allons entrer dans cinq longues années de
transition. Il faut donc penser déjà les conditions
d'une bonne alternance.
Enfin, il y a la déliquescence qui commence à
gagner le rang des partisans du pouvoir. La guerre des partisans
du régime ira en s'aggravant. Trois tendances centrifuges
sont actuellement à l'uvre au sein des partisans.
Il y a d'abord, et le plus important, la FEDAP/BC qui est
le creuset des inconditionnels soutiens du président
et de sa famille. C'est un regroupement plus affectif que
politique. Il est suscité et conduit par le frère
cadet du président. Il y a eu ensuite les "refondateurs".
Le mouvement devait prospérer à l'intérieur
du CDP, mais ces initiateurs ont échoué. L'épilogue
de cette fronde est à présent connu.
Il reste la troisième force centrifuge dont les contours
sont pour l'instant imprécis. Elle reste cependant
la plus déterminée dans la perspective de l'après
Blaise Compaoré qui va s'ouvrir.
Le forum de l'alternance pose ouvertement la question et la
restitue au peuple burkinabè. Il faut que le sujet
tombe dans le domaine public pour susciter et fédérer
les énergies dans la perspective de sa survenue. Maintenant,
il restera la question superfétatoire de qui pour incarner
cette alternance. On sait de tout temps que c'est la question
qui fâche. Elle ne manquera pas de se poser dans les
jours prochains. Elle pourrait aussi procéder de la
même approche que celle qui a prévalu pour ce
forum ; d'une large consultation. Les forumistes ont bien
pointé les causes des défaites itératives
de l'opposition. Il y a pourtant dans le pays une forte aspiration
à l'alternance, parce que justement, nos compatriotes
ne sont plus vraiment à l'aise dans la peau qui est
actuellement la leur, quand ils sont en présence des
Ghanéens, des Maliens, des Béninois et même
des Nigériens. Les Burkinabè étaient
connus pour être aux avants-garde des évolutions
politiques. Ils sont naturellement malades de la posture actuelle
de leur pays dans le domaine politique. Un régime de
ni démocratie, ni monarchie. Cette phrase de Zéphirin
Diabré explicite bien les choses : "Toute démocratie
reste inachevée tant qu'elle n'a pas produit une alternance.
Notre démocratie appartient à cette catégorie".
Par Newton Ahmed Barry
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CDP
Du large rassemblement à la large débandade
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Par Newton Ahmed Barry
Les refondateurs n'ont pas réussi à se
faire entendre et ils sont partis. Leur départ ne règle
pourtant pas le processus de désintégration
du parti. C'est désormais la large débandade.
La dernière entrevue entre les "refondateurs"
et la direction du parti aurait fait des étincelles.
Probablement agacé par les explications de Pierre Tapsoba
qui reprenait ce qu'il considérait comme une rengaine,
le secrétaire général Simon Compaoré
a commencé à tambouriner sur sa table. Pierre
Tapsoba prenant cela pour une discourtoisie a demandé
à Simon, de prendre patience et de le laisser au moins
terminer. Simon qui avait déjà du mal à
se contenir aurait explosé. Roch Marc Christian Kaboré
a été alors contraint d'évacuer Simon.
Dès cet instant, les "refondateurs" avaient
compris qu'il n'y avait rien à espérer. Pour
les conforter dans cette idée, une confidence venue
de Bobo-Dioulasso leur aurait soufflé que le patron
du parti, Roch Marc en l'occurrence, attendait toujours leur
"autocritique". Un exercice que Yao Marc et ses
amis disent ignorer. Alors la situation était définitivement
bloquée et au risque de paraître comme les dindons
de la farce, les refondateurs ne pouvaient que se barrer.
Il reste la grande interrogation que tout le monde se pose.
Qu'en pense Blaise Compaoré ? Jusqu'à présent,
il n'aurait rien fait pour soutenir ou pour désavouer
les refondateurs. Il y a eu des contacts avec le directeur
de cabinet de la présidence, mais sans plus.
Blaise Compaoré ne serait pas totalement étranger,
à ce que l'on dit, aux déboires des refondateurs.
S'il a été celui qui les a démarchés
pour qu'ils viennent donner corps à son "large
rassemblement" en 1996 avec la création du CDP,
il serait aussi le responsable des démêlés
du groupe à Yao. Le point de départ de la discorde
n'est rien d'autre que la position sur les listes électorales
aux législatives de 2007. Or, explique une voix autorisée,
la confection des listes à ce niveau n'a jamais été
le fait du bureau exécutif du parti. A ce niveau, c'est
Blaise Compaoré qui décide et le bureau exécutif
entérine.
Leur positionnement sur les listes électorales ne serait
pas donc le fait du bureau exécutif. Si les refondateurs
ont des récriminations, ils savent à qui les
adresser. Yao Marc qui a participé à la vie
du parti sait bien comment les choses se décident à
ce niveau.
Simon
Compaoré, SG du CDP n'a pas contenu sa colère
devant la bande à Yao Marc
Voilà donc un fait nouveau qui éclaire autrement
cette dissidence au sein du CDP. Blaise Compaoré l'avait-elle
suscité à dessein ? Et dans quel dessein ?
On ne peut s'empêcher de faire des constats. L'attitude
du président était-elle en prévision
des évolutions que nous constatons présentement
? Il savait, connaissant le caractère trempé
de Yao Marc et de ses camarades, qu'ils n'allaient pas cautionner
ces positions sur les listes électorales. Il y avait
donc en perspective un clash dans le parti. Un début
de dislocation d'un regroupement politique qui n'avait de
fondement que la simple volonté de Blaise Compaoré.
Le patron du CDP, le vrai, avait-il alors pris la décision
de disloquer son "large rassemblement" pour l'assembler
autrement et autour d'autres personnes que "ces camarades"
de la révolution ? Il n'est pas impossible qu'il l'ait
pensé. La suite ne se serait pas déroulée
totalement comme il l'a prévu. Les anciens camarades
ont développé un instinct de conservation inattendu.
Le CDP est certes un large rassemblement, mais les gens ont
été tout de même largement rassemblés
autour du noyau révolutionnaire, même si Yao
Marc et ses amis feignent de ne pas le savoir.
La résistance a été donc très
farouche. Les ODP/MT ont fait front et l'ex direction de la
CNPP/PSD n'a pu constater qu'elle était isolée
dans les instances et que sa base sociale avait été
diluée par la participation à la gestion du
pouvoir d'Etat.
Devant cette résistance inattendue, Blaise Compaoré
qui n'aime pas "les perdants" se serait complètement
détourné des "refondateurs". Ces gens
là ne lui étaient plus utiles, même à
la FEDAP/BC. Et puis, même pour la bande à Yao
Marc, ce n'était pas un point de chute attrayant, surtout
dans ces conditions là.
Que va-t-il maintenant
se passer ?
C'est la grande question de l'heure. Beaucoup de gens parient
sur la création dans les jours à venir d'un
parti. Même si cette éventualité n'est
pas totalement à écarter, il est possible que
les refondateurs ne la privilégient pas. Actuellement,
ils auraient engagé une large consultation avec les
partis de leur famille idéologique. Dans ce groupe
là, il y a évidemment ce qui reste du PDP/PS,
les formations politiques comme Faso METBA d'Etienne Traoré,
le parti de Alain Zoubga, une aile du PAI, notamment la tendance
de Soumane Touré et puis pourquoi pas le PDS de Arba
Diallo. Yao Marc aurait, dit-on, gardé une grande estime
pour son ancien collègue diplomate.
Il restera à savoir maintenant quel rôle ils
voudront y jouer.
Et puis, une autre éventualité qu'il ne faut
pas du tout écarter. Les réformateurs pourraient
finalement faire bande avec une fraction du CDP. Parce que
dans cette querelle, certains du CDP n'auraient pas totalement
apprécié le sort qui a été fait
à la bande à Yao Marc. Ces derniers expliquent
qu'il y a eu par le passé des comportements plus répréhensibles
de certains militants qui n'ont pas donné lieu à
une telle sévérité. On pense dans ce
cas là, à la dissidence du "beau père"
à Gourcy, qui n'aurait écopé que d'un
petit blâme, vite effacé.
C'est assez intéressant politiquement ce qui nous attend
donc.
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