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Dossier
: Politique
Blaise Compaoré
est-il malade ?

Par Newton Ahmed Barry
Quand on regarde le président Compaoré à
la télévision, on ne peut pas ne pas s'interroger
sur ce qui lui arrive. Visage régulièrement cerné
avec des paupières tombantes, à vue d'il
le président est comme rongé. A 57 ans bien sonné
et sportif confirmé, on aurait pu s'attendre à
ce qu'il se conserve mieux.
Le sujet est délicat, mais comment rester
indifférent au physique du chef de l'Etat qui ne cesse
de se dégrader. Ceux qui ont eu la chance d'approcher
Blaise Compaoré à l'occasion de la Journée
du paysan à Bobo-Dioulasso ont été surpris
par son allure générale. Surtout le matin, constate
un témoin : "nous avions l'impression que le président
avait eu du mal à émerger de son lit". Les
traits du visage creusés par des sillons qui ne le lâchent
plus pratiquement, Blaise Compaoré n'est plus le fringant
commando des années 1980. Il a de plus en plus l'air
d'un petit vieux. Un autre qui le connaît fait remarquer
que le président qui aime communiquer longuement au téléphone
a depuis quelques temps "des moments d'absence dans la
conversation".
Que se passe t-il alors avec notre président ? Est-il
malade ou est-ce la charge de la fonction qui lui pèse
de plus en plus ? Il faut dire que le sujet sur la santé
du président est totalement tabou. Nous n'avons trouvé
auprès de ses proches, personne pour en oser parler.
Officiellement aussi, on ne peut disposer d'information puisque
la présidence ne publie pas les bulletins de santé
du président. Il y aurait cependant, de sources concordantes,
un sérieux souci pour la santé du président.
Quelques indications. En septembre dernier, un Occidental familier
de la cour de Ziniaré, nous fait cette observation tout
de go ! "Savez-vous que votre président est malade
?" Non ai-je répondu. C'est vrai que jusqu'à
cette entrevue, cette question n'avait pas effleuré notre
esprit. Le visage, parfois renfrogné, du président
nous paraissait être celui des mauvais jours. Et comme
ces derniers temps, ce ne sont pas les soucis qui ont manqué
dans la conduite des affaires de l'Etat, nous mettions cette
allure physique du président sur le compte du poids de
sa charge.
Notre interlocuteur alors de nous expliquer que d'après
ses informations, le président Compaoré serait
malade des reins. Celui qui nous a informé n'a pas utilisé
le conditionnel. Il semblait sûr de son information. Les
échanges que nous avions eus, nous laissaient la nette
impression que le monsieur avait eu des contacts avec le premier
cercle des proches du président. Il s'agit de toute façon
de "ces rats Occidentaux des palais africains".
Ensuite, une autre information nous parvient courant janvier
2008. Nous apprenons alors que Chantal Compaoré, en compagnie
d'une de ses amies opératrices économiques, devrait
se rendre à Paris pour aménager un pavillon appartenant
à l'Etat burkinabè dans un des arrondissements
de la capitale française, pour que le président
puisse s'y retirer, subir des soins et s'y reposer. L'épouse
du chef de l'Etat envisageait cette éventualité
pour soustraire son président de mari des pesanteurs
de la fonction et pour lui permettre de vraiment se reposer.
Mais il y avait un problème, reconnaît Chantal
Compaoré, son mari n'aime pas trop rester longtemps à
Paris. Ensuite, il y a eu évidemment les deux sommets
de l'UEMOA et de la CEDEAO et enfin la Journée nationale
des paysans du Burkina à Bobo-Dioulasso. Tout le mois
de janvier est passé et on n'a pas constaté une
absence du président du pays, sauf pour aller au sommet
de l'UA d'Addis Abeba en début février.
Toujours à propos du souci de santé éventuel
du président, il y en a qui pensent que Blaise Compaoré
qui vient de fêter ses 57 ans en début février
2008, souffrirait de la maladie des "hommes" de son
âge, la prostate. A partir de la cinquantaine, c'est cette
terrible maladie qui guette tous les hommes. Avant lui, François
Mitterrand, l'ancien président français en avait
été atteint au tout début de son mandat
pour voir la maladie s'aggraver à son second septennat.
Au début, personne n'avait rien su. Et puis à
mesure que la maladie s'aggravait, il était devenu difficile
de continuer à cacher les choses. On ne peut pas tricher
longtemps avec la maladie.
Le souhaitable serait évidemment que le président
accepte communiquer sur ses soucis de santé. Après
tout c'est un humain, il peut donc tomber malade. Seulement,
ce n'est pas une tradition chez nous que de communiquer même
sur les choses basiques. La question de la santé du président
devient dès lors une affaire d'Etat.
Est-il possible d'occulter longtemps cette question dans un
Etat de droit démocratique ? Non évidemment. Et
puis, il faut souligner qu'être malade ne veut pas nécessairement
dire que la mort est proche ou qu'on n'a plus les facultés
pour continuer à diriger. Comme on dit chez les mossi
"ce n'est pas la maladie qui tue. C'est le jour qui tue".
Autrement dit, chacun meurt le jour prévu pour sa mort.
Evidemment avec le président Compaoré on n'en
est pas là. Seulement, les Burkinabè ont le droit
de savoir l'état de santé réel de leur
président n
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La
question de la santé des présidents
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C'est une question taboue, sans toutes
les latitudes. Il y a des pays où évoquer
simplement le sujet peut conduire en prison.
Au cours d'une manifestation au stade, le président
Paul Biya est saisi de malaise. Il s'éclipse
un bon moment avant de revenir. Le journal le Messager
en parle dans ses colonnes. Aussitôt, son directeur
de Publication, Pyus N'Djawé est arrêté
et embastillé. Il restera en prison des mois
et n'en sortira que sous la pression de la communauté
internationale. En France, parler de la santé
des présidents de la République ne conduit
pas en prison. Seulement, L'Elysée communique
très peu sur le sujet. Même Nicolas Sarkozy
qui ne cache rien aux Français, n'a pas accepté
dire qu'il avait été admis brièvement
dans une clinique pour y subir une opération,
quelques mois seulement après son arrivée
à L'Elysée. La maladie des présidents
ne se dit pas. Cela affaiblirait leur autorité.
Du moins, c'est la justification la plus couramment
donnée. Mais depuis le cas pathétique
de Lansana Conté en Guinée, il faudra
bien relativiser cette explication. Car un président,
même impotent peut continuer à diriger
un Etat. Pour le malheur de ses habitants évidemment.
Les fonctions du président dans nos régimes,
et en raison de nos traditions, sont immenses. Il a
presque pouvoir de vie ou de mort sur ses concitoyens.
Il est aussi la pièce maîtresse de tous
les autres secteurs vitaux du pays. Le président
est le premier magistrat, il est le patron de l'armée
et il est aussi le premier opérateur économique
du pays. Quand ce monsieur-là ne va pas bien,
alors tout le pays tourne au ralenti pour ne pas dire
qu'il ne tourne pas du tout. Nos constitutions sont
bien faites. Elles ont prévu ces cas de figure
et les dispositions à prendre en conséquence.
Seulement les institutions ne sont pas suffisamment
fortes pour assumer de telles responsabilités.
Depuis des années, Conté gouverne la Guinée
assis dans un fauteuil. C'est vraiment le cas le plus
pathétique de toutes les histoires de présidents
malades. Sinon, ils sont nombreux, ces malades qui nous
dirigent. Lors du dernier sommet de l'UEMOA, le président
Wade a manqué le début des travaux. Il
aurait eu un malaise. Il est resté dans sa chambre
tà l'hôtel.
Le président Gbagbo non plus ne va pas bien.
Quand il reste longtemps assis, ces genoux s'ankylosent.
Pour sortir de la voiture, il faut donc lui tendre la
main. On a vu aussi, toujours lors de son dernier séjour
à Ouagadougou, que descendre les marches de la
passerelle de l'avion lui était pénible.
Nombre des princes qui nous gouvernent ne vont pas bien.
Dans les pays où l'alternance est conquise, cela
ne pose strictement aucun problème. Au terme
des mandats légaux, l'intéressé
s'en ira et le peuple choisira un autre. Le problème
se pose dans un régime comme celui du Burkina
Faso, où l'idée même de changement
est taboue. Quand on organise les élections c'est
pour renouveler la légalité. L'idée
de l'alternance n'est pas incluse dans les calculs
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L'Ami
Guion évacué d'urgence !
Jean Guion, l'inconditionnel
du président Blaise Compaoré, a
été évacué d'urgence
sur la France alors qu'il séjournait au
Burkina Faso. Guion le plus Burkinabè des
Français est un ami de longue date de Blaise
Compaoré. Il a expliqué dans une
interview à "lefaso.net" comment
il avait connu le président Compaoré
et comment il avait travaillé à
lui créer un réseau de soutien en
France. En décembre 2003, Guion avait été
élevé à la dignité
d'Officier de l'ordre du mérite des Arts
et de la communication. Un proche ami de l'intéressé,
encore sous l'émotion, nous a expliqué
qu'"On a failli perdre Guion". Evidemment
que nous lui souhaitons un prompt rétablissement
à cet "ami " du Burkina Faso
n
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