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Samuel Kiendrébéogo,
la Voix Burkinabè de l'Amérique s'est éteinte

Mercredi 04 janvier, en suivant le JT de la TNB, c'est avec
tristesse que nous apprenions la disparition du Burkinabé
de la VOA (Voice of America), Samuel Kiendrebeogo. Depuis plusieurs
années, RFI, BBC, la Voix de l'Amérique (VOA)
sont des radios très prisées des auditeurs africains,
surtout grâce à leur capacité à fournir
des informations précises sur des évènements
dans nos pays lorsque ces mêmes informations sont passées
sous silence par les médias publics locaux. C'est donc
avec beaucoup de fierté qu'on se plait à entendre
sur les ondes de ces radios, la voix de gens qui viennent de
chez nous. C'est en 1993 que Samuel Kiendrebeogo quitte Ouagadougou
pour le pays de l'Oncle Sam. Une année auparavant, il
y avait effectué un stage à l'issue duquel il
prit part à un test. C'est le résultat de ce test
qui lui fit abandonner la craie au Centre de formation professionnel
de l'information (CFPI) pour rejoindre Washington. Il était
invité pour une période d'essai de 18 mois qui
se transformera en poste d'emploi permanent. Depuis, il est
devenu journaliste vedette de la prestigieuse radio mondiale
américaine grâce à ses deux principales
émissions que sont "Escale en Afrique de l'Ouest"
et "Médias d'Afrique et d'ailleurs". C'est
en 1972 que Samuel Kiendrebeogo a débuté sa carrière
à la Radio nationale du Burkina après une formation
en France. Après avoir été chef de service
à la radio rurale et directeur de la radio nationale,
il connaîtra une traversée du désert sous
la période révolutionnaire. Il servira successivement
comme correspondant de presse à Djibasso, Nouna et Yako.
De retour dans la capitale, il transitera par le ministère
de la Question paysanne, les éditions Sidwaya avant de
dispenser ses connaissances à ses jeunes frères
au CFPI, centre qu'il dirigeait du reste. Initiateur des rubriques
" mam-ti-fou " et " billets craquants "
dans le quotidien L'Observateur Paalga, il ira gravir rapidement
les échelons au pays de Barack Obama, au point d'occuper
des postes de responsabilité généralement
dévolus aux seuls citoyens américains. Il a dans
sa gibecière de nombreux prix d'excellence dont le dernier
est le " Superior Accomplishment Award " décerné
en août 2004 par la directrice de la division Afrique
de la VOA. C'est fort de cette philosophie de récompense
du travail bien fait qu'il s'est lui-même engagé
à offrir aux Galians, le prix qui porte son nom afin
de récompenser le sérieux dans le travail des
journalistes femmes. Jetant un regard sur la presse burkinabè
dont il reconnaît les grands progrès accomplis
ces dernières années, il estimait dans une interview
accordée à Cyriaque Paré sur lefaso.net
que " le débat professionnel a été
profondément perturbé au Burkina par l'assassinat
de Norbert Zongo (
) Le fantôme de Norbert hantera
encore longtemps la presse burkinabè, aussi bien que
ses assassins... " Lorsqu'en 2009, Claude Vorilhon et ses
Raëliens ont voulu intenter un procès en diffamation
contre Lefaso.net pour avoir publié un article sur "
les relations pour le moins tumultueuses entre le docteur Pierre
Foldes, un chirurgien français qui reconstitue les clitoris
des femmes excisées, et un de ses compatriotes Vichyssois
de 53 ans ", il avait acheté la bagarre comme on
dit chez nous au Faso. Il écrivait ceci : " Au moment
où notre peuple s'active pour porter secours aux victimes
des inondations du 1er septembre, voilà que le sieur
Claude Vorilhon dit Rael arrive par derrière, poignard
entre les dents, pour porter un coup fatal au site lefaso.net.
" Samuel Kiendrébéogo fait partie de ces
hommes qui, à l'extérieur de leur pays, posent
des actes qui confirment que les ambassadeurs d'un pays ne sont
pas forcément ceux qu'on nomme en conseil des ministres.
Très attaché à la terre natale, c'est pendant
ses vacances au Pays qu'il rendra l'âme dans sa soixante
troisième année, alors qu'il s'activait à
amorcer un retour définitif au bercail. Hélas
! La terre a rappelé le sang. Que son âme repose
en paix !
Ludovic O. Kibora
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Le
Burkinabè Germain Bagassi Koura parmi les 7 meilleurs
documentaristes de l'Année 2011 au USA

En juillet 2011, la 7e édition du film documentaire,
Ciné Droit Libre, avait accueilli tel le retour
d'un enfant prodige, le Burkinabè vivant aux Etats-Unis,
Germain Bagassi Koura. Son film " The Stinking Ship
" (Le Bateau qui pue) avait émerveillé
le public par son ton simple et précis autour d'une
histoire poignante : l'Affaire Probo Koala. Ce bateau
battant pavillon panaméen, affrété
par la compagnie néerlandaise Trafigura était
venu déverser 500 tonnes de déchets toxiques
dans la capitale ivoirienne en août 2006. Ancien
Etudiant en journalisme au département art et communication
de l'université de Ouagadougou, Germain a étudié
le film documentaire pendant deux ans à l'université
publique de Californie à Berkeley. C'est dans le
cadre de son master achevé en 2010 qu'il a tourné
ce documentaire de 26 mns qui voyage bien. Déjà
à sa sortie en mai 2010, le film avait reçu
le prix Will Hearst, la plus haute distinction décernée
aux films réalisés par des étudiants
de Berkeley en Californie. Puis ce sera le prix du meilleur
Court métrage aux United Nations Association Film
Festival. Il a en outre été nominé
pour les Prix du IDA 2010 (International Documentary Award
dans la catégorie étudiant). Voilà
qu'il vient d'être classé parmi les 7 meilleurs
films documentaires des USA pour l'année 2011,
par le célèbre magazine Mother Jones. Pays-Bas,
Royaume-Unis Côte d'Ivoire, Germain a baladé
sa camera et son micro auprès des acteurs impliqués
directement ou indirectement dans cette triste affaire
qui continue d'endeuiller de nombreuses familles. Ce que
d'aucuns ont qualifié de Tchernobyl ivoirien en
référence aux irradiations de la centrale
soviétique de triste mémoire, est une histoire
de deal mafieux et Bagasi Koura le montre bien, malgré
les nombreuses portes qu'on lui a fermées au nez.
Aujourd'hui encore, les séquelles de ces déchets
toxiques déversés il y a cinq ans au bord
de la lagune ébrié continuent de se faire
voir, pendant que certaines personnes s'en ont mises plein
les poches. Germain Koura a travaillé avec de nombreuses
agences de presse internationales, avec ce film il confirme
son sérieux dans la recherche et le traitement
de l'information. C'est pourquoi le coup d'essai s'est
transformé en un set gagnant. Grâce à
la magie du 7ème art, il porte plus loin la voix
des sans voix. Ces cris qu'on a voulu étouffer
à coup de dollars.
Ludovic O. Kibora
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SANA
BOB et le combat contre l'analphabétisme

SANA BOB, artiste musicien burkinabè, n'a pas eu la
chance d'aller à l'école. Il est cependant un
défenseur farouche de l'alphabétisation au Burkina
Faso.
En effet, pour apporter sa contribution à l'amélioration
des conditions de travail des enfants à l'école,
il a initié une série de donations en fournitures
scolaires dans plusieurs écoles du Burkina Faso. Interpellé
par la situation plus que précaire de l'école
de Tibou à travers un reportage d'un journaliste de la
Tv Web (Droit Libre TV) de Semfilms, SANA BOB a tout de suite
réagi en décidant de faire un geste envers ce
village et son école. Il était accompagné
dans sa démarche par l'association Semfilms, organisatrice
du festival Ciné Droit Libre.
Vendredi 06 janvier 2012, il est 17h lorsque nous arrivons à
TIBOU, localité située dans la commune d'Arbolé
à environ 80 km de Ouagadougou. Sana Bob a les bras chargés
de cahiers, de bics, d'ardoises, de craies, de crayons
Une
foule composée de parents et bien sûr des enfants,
attendait impatiemment l'arrivée de l'artiste. Pour les
enfants, c'était Noel, leurs yeux brillaient, ils avaient
hâte de tenir leurs cahiers ! Après un bref tour
des lieux, le constat est alarmant, les toits sont en pailles,
des troncs d'arbre et des briques en banco constituent les tables
bancs des élèves. En prenant la parole, très
ému, Sana Bob a rappelé aux enfants que c'est
une chance pour eux d'aller à l'école, chance
que lui, n'a pas eu et les invite à savoir en profiter
: " Lire et écrire est de nos jours une nécessité,
redoublez d'effort et remerciez vos parents de vous avoir mis
à l'école, je n'ai pas eu cette chance. Alors,
vous aider à apprendre dans de meilleures conditions
est ma revanche ! "
L'état des classes, selon le directeur de l'école,
fait que " les cours sont sans cesse interrompus par des
serpents qui tombent du toit ou qui passent dans les trous des
murs, les enfants tombent des troncs ou se plaignent d' avoir
mal aux fesses, et quand les nuages se forment, on est obligé
d'interrompre les cours " et il ajoute : " c'est dur
mais nous ne devons pas abandonner ces enfants, nous avons prêté
serment et nous aimons l'enseignement.. alors
nous demandons
juste de vraies classes et des tables bancs, lorsque les tables
bancs arrivent dans la commune, nous n'en recevons pas".
Il faut noter que l'école de TIBOU compte seulement 03
classes et donc les recrutements de nouveaux élèves
se font tous les 02 ans.
Si ce geste de SANA BOB qui a été si bien accueilli
est à relever, il faut saluer l'initiative des parents
d'élèves, car ce sont eux qui à mains nus,
ont construit ces abris en guise de classes pour leurs enfants.
Ils voulaient protéger leurs enfants qui devaient faire
de longues distances avec tous les problèmes qui peuvent
survenir sur la route.
L'alphabétisation pour tous reste un objectif à
atteindre au Burkina Faso. L'exemple de ces parents d'élèves
est à suivre car s'il faut toujours attendre le gouvernement,
les désillusions seront multiples. Alors, il appartient
maintenant au gouvernement et aux autorités de jouer
leur partition en dotant cette école de tables et des
bancs mais à terme en construisant une vraie école
pour ce village n
Aida Mariam Niatta ( collaboratrice)
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Par Bétéo D. Nébié
mail: neb_beteo@yahoo.fr
L'origine
des religions face aux comportements des hommes :
une contradiction
Je souhaite une excellente année 2012 à
tous ceux qui ont pris l'habitude de lire Focus Africa
! Les hommes prétendent être de toutes les
créatures divines, les meilleures, les plus achevées,
parce que dotées de plus d'intelligence et de bon
sens. Et pourtant, on croirait souvent tout le contraire
quand on les voit agir ! Prenons comme exemple ce qui
se passe depuis la naissance des religions qu'on a qualifiées
de révélées. Les tueries sauvages
pour raison de croyances différentes sont devenues
monnaie courante pour le genre humain ! Ainsi les choses
se déroulent comme si brutalement, les hommes n'étaient
plus dotés de raison.
Ce qui se passe présentement au Nigeria voisin
(et qui s'est toujours passé dans les pays d'Europe
et d'Asie depuis l'avènement de ces religions)
a toutes les chances de se propager vers d'autres pays
africains. Il n'y a aucune raison pour qu'il n'en soit
pas ainsi. Malheureusement !!! Pourtant, il suffit de
regarder de plus près les piliers de toute religion,
pour se dire avec le président Thomas Sankara que
: " Nos gourdins et nos coutelas sont inutiles !
". En effet, toutes les religions révélées
ou non, sont basées sur strictement les mêmes
éléments fondateurs : le Ciel, la Terre,
l'Homme et les Nombres. Aucune n'y échappe. C'est
la manière d'agencer ces éléments
qui diffère ! Cela montre qu'en fait, toutes les
religions ont les mêmes origines, les mêmes
bases d'édification, les mêmes référentiels,
et naturellement la même fin. Cela signifie aussi,
que les religions qui se disent révélées
et qui sont à la base de tous les affrontements,
des plus feutrés aux plus bestiaux, doivent désormais
cesser leurs prétentions orgueilleuses et destructrices
qui consistent à se déclarer seules valables.
Elles n'ont aucune preuve pour fonder une telle prétention,
aucune leçon à donner à une autre
croyance et surtout, leurs pratiques les disqualifient
de la simple présomption d'innocence ! Les mythes
qui les fondent, quelque respectables qu'ils soient, sont
pareils à toutes les autres légendes fondatrices
des autres croyances ! C'est ainsi qu'il convient de comprendre
le juste mot de Pascal : " Le vieux Testament (entendez
l'Ancien Testament) est un chiffre. ", indiquant
comment toute croyance, pour ne pas dire toute religion
s'arrange pour garder certaines choses au-dessus du commun
des mortels ! Pour M.-H Gobert, " La majorité
des théogonies et des cosmogonies (qui sont les
bases de toute religion) débutent par un principe
indifférencié. Puis, aussitôt la création
ébauchée, l'Univers se scinde en deux complémentarités
: mâle et femelle et les astres eux-mêmes
n'échappent pas à cette sorte d'obsession
: Mercure, Mars, Jupiter, Saturne sont masculins. La Terre,
la Lune, Vénus, sont féminins. "1.
Le même Gobert ajoute : " Mille comparaisons
sont encore à faire pour asseoir davantage l'opinion,
confirmée comme nous l'avons vu par de nombreux
textes, que les Religions, je préfère même
dire " La Religion " du monde antique représente
la Connaissance des Lois de l'Univers. Cette connaissance
a été tenue secrète et la philosophie
s'emparant de la Physique et de l'Astronomie s'est vite
muée en Métaphysique.
La sagesse serait de suivre les conseils de Maimonide
et de ne rien dire, mais il est peut-être bon aussi
d'obéir aux Ecritures : " Cherchez et vous
trouverez
Demandez et vous recevrez
"
!
Les partisans de toutes les religions, y compris les Juifs,
les Chrétiens et les Musulmans, doivent accepter
cette vérité élémentaire qui
est que s'il est souhaitable que tous les hommes aillent
au Paradis, ils sont tout de même libres de choisir,
pourquoi pas d'aller en Enfer, créé aussi
par Dieu pour être habité ! Rien, absolument
rien ne les autorise à enlever la vie à
quelqu'un, pour avoir librement choisi. Surtout qu'ils
sont incapables de créer une vie ! Il faut être
sage, imitant en cela Dieu Lui-même qui a créé
tous les hommes, qui les a dotés du libre arbitre,
puis les a laissés libres de leurs choix ! Agir
comme certains le font (tuer pour cause de religion, essayer
de forcer les autres dans leur choix religieux) est plutôt
synonyme d'incroyance, car ils doutent que Dieu aurait
pu créer tous les êtres humains avec une
même croyance religieuse ! Douter de cette puissance
de Dieu devrait être une des causes majeures pour
aller
en Enfer ! De grâce ! laissez Dieu
juger, car qui êtes-vous pour le faire à
sa place ? Etes-vous ses neveux ?
(bekaten@gmail.com)
1 - M.-H Gobert : L'origine des religions : le
Ciel, la Terre,
l'Homme, les Nombres sacrés. Editions René
Baudoin.Paris 1982
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