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Fin prématurée
d'un Artiste aux Grandes Idéés !

Il y a quelques années de cela, Etienne
Compaoré et un groupe de joyeux copains (dont Bebey Bissongo,
un virtuose de la guitare, fils de l'autre
et le grand
Ablo Zon qui n'est plus à présenter) avaient entrepris
de mettre sur pied un ensemble musical moderne qui s'inspire
des traditions locales et fait de l'afro jazz : le Benda band.
Ce groupe qui a remporté le grand prix du jury en chanson
moderne en octobre 1997 n'existe plus que grâce aux clips
dont nous gratifie de temps à autre la Télévision
Nationale du Burkina. " Na mama wana", ça vous
dit ? Un proverbe dioula dit que "des marmites d'égal
volume ne peuvent pas s'emboiter l'une dans l'autre". Benda
Band était un concentré d'artistes talentueux
et jeunes. Résultat : le groupe se disloque en mars 1998
et les musiciens qui le composaient entameront chacun de son
côté, une aventure individuelle qui le mènera
au-delà des océans. C'est ainsi qu'en 1999-2000,
après quelques tournées en Europe, Etienne le
batteur décide avec sa compagne suisse, de jeter son
baluchon au pays de Jean Zigler. Depuis, il vivait à
Chalais où il a monté un studio d'enregistrement.
Ses performances techniques et le talent de mixeur qu'il avait
acquis entretemps attiraient de nombreux artistes des environs.
Cela lui avait valu d'être invité à mixer
lors de son dernier séjour au Faso en 2005, un album
dans les studios du CENASA à Ouagadougou. C'est cette
même année qu'il avait débarqué au
pays avec un lot de matériel et avait entrepris de monter
un studio d'enregistrement dans l'enceinte du domicile familial
au secteur 28 de Ouagadougou. Né en Côte d'Ivoire
le 15 mars 1962, Etienne, dès l'âge de 13 ans,
participait à la chorale de son quartier. En plus d'être
chanteur et instrumentiste, il prenait plaisir à installer
la sono et les instruments avant l'arrivée des aînés
sur scène. Véritable autodidacte, il a entrepris
de toucher à tout au point de devenir un artiste musicien
qui manie de nombreux instruments, doublé d'un ingénieur
de son, ayant une grande maîtrise des technologies nouvelles.
Pour pouvoir mettre en place Benda production
à la rue du Vercorin à Chalais, et monter une
succursale à Ouagadougou, Etienne recherchait le nerf
de la guerre en bossant dur. C'est sur un chantier de construction
d'immeuble qu'il recevra une chute de chevron sur le crane.
Accident ou attentat ? Selon les dires d'Etienne lui-même,
il était jalousé par des ouvriers en bâtiment
qui n'appréciaient pas son intrusion sur leur plate-bande.
Il introduira du reste une plainte en justice, car les séquelles
de ce choc intervenu dans les premières années
de son arrivée en Suisse l'amenaient fréquemment
à l'hosto. C'est lors de son dernier séjour hospitalier
qu'il succombera le 17 aout 2010. Très courageux et plein
d'envie de vivre, Etienne Compaoré rêvait d'investir
dans le développement de son pays dans le domaine qu'il
maitrisait le mieux. Il y a à peine deux mois de cela,
selon ses proches, il avait envoyé de l'argent pour achever
une maison, tandis qu'un lot de matériels de musique
étaient acheminé par les mers. Hélas !
Le sort en a décidé autrement. Le papa des deux
charmants métisses que sont Teegwende (10 ans) la fille
et Galyam (6 ans) le garçonnet, regagne sa patrie "Le
pays des Hommes intègres " le mardi 24 août
2010, mais pour être conduit à sa dernière
demeure au cimetière de Taabtenga. Repose en paix artiste
!
Par Ludovic O Kibora
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Un
recueil d'articles sur la littérature d'enfance

Sous la direction du Pr Alain Joseph Sissao de l'Institut
des sciences des sociétés, une équipe
pluridisciplinaire de chercheurs burkinabè et français
a entrepris de mettre en commun leur réflexion
sur la littérature d'enfance. Cela donne un ouvrage
de 221 pages intitulé : L'émergence de la
littérature d'enfance et de jeunesse au Burkina
Faso. Etat des lieux, dynamique et avenir. Edité
chez l'harmattan en 2009, ce livre est un condensé
de propos de spécialistes (Vincent Ouattara, Mamadou
Lamine Sanogo, Oger Kaboré, Issa Diallo
)
qui d'une façon ou d'une autre ont abordé
la question littéraire destinée à
cette frange de l'humanité, dont le psychanalyste
Sigmund Freud disait qu'elle est " le père
de l'homme ". Ce dont il est question dans cet ouvrage,
ce n'est pas les écrits produits par les tout-petits,
mais ceux, même lorsqu'ils sont concoctés
par les adultes, les mettent au cur de l'intrigue.
L'avertissement du coordonnateur est important à
ce titre lorsqu'il précise page 18 : " la
littérature est comprise en tant qu'uvre
de fiction et de création langagière à
prétention esthétique. Les uvres de
littérature orale une fois transcrite entrent dans
le champ de la littérature de l'enfance. Mais lorsqu'elles
ne sont pas encore recueillies, transcrites, et traduites
dans des livres, il est difficile de les répertorier
et de les intégrer dans le champ de la littérature
de l'enfance. " Néanmoins, les différents
auteurs ne s'intéressent pas forcement au genre
écrit. Certains ont privilégié l'analyse
du conte pour montrer comment ce genre complet de l'oralité
africaine, à vocation tant ludique que didactique,
peut être un bon socle pour la littérature
d'enfance au Burkina Faso. Ce lien entre enfance et conte
est très fort de sorte que, la plupart des articles
n'ont pu échapper à cette emprise thématique.
Ainsi, l'ouvrage permet de comprendre comment, aussi bien
chez les Moose, les Dioula, les Peul que chez leurs maîtres
(ou vice versa) les Bobo, ce genre n'en finit pas de dévoiler
toute sa richesse. Cependant, l'univers littéraire
burkinabè en matière de productions écrites
pour l'enfance, bien qu'assez appréciable en quantité
(cf. répertoire fait par Sissao) reste à
parfaire en qualité. Ce qui amène le chercheur
Henry Tourneux, éditeur de la collection "conte
et légende" chez Karthala à tirer cette
conclusion : "l'offre de littérature nationale
destinée à la jeunesse n'est pas négligeable,
mais elle souffre principalement de l'absence de véritables
éditeurs nationaux (au sens de l'anglais editor
à distinguer de publisher), que dénote le
non-respect des normes minimales de présentation
d'un ouvrage ainsi que l'abondance de fautes de grammaire
et de fautes typographiques qu'on y relève souvent.
" Vous auriez sans doute compris qu'il s'agit des
productions littéraires dans la langue de Molière,
qui est et demeure après cinquante ans d'indépendance,
la langue officielle de l'école et de l'administration
publique. La problématique de la littérature
d'enfance touche ainsi au fondement même du projet
de société que l'on veut bâtir sur
le plan national. En effet, de nombreuses études
ont démontré le nombre insignifiant de Burkinabè
qui font un usage correct du français, langue de
cette littérature. Le riche patrimoine culturel
burkinabè en terme de genres de l'oralité
a besoin, pour être transmis au peuple, d'un canal
qui suppose une accessibilité du plus grand nombre.
Cette équation aurait peut-être pu être
résolue dans le cadre d'un apprentissage qui permet
aux enfants d'apprendre à lire et à écrire
dans leurs langues maternelles dès la sortie du
berceau. Et comme " la culture c'est ce qui reste
lorsqu'on a tout oublié ", une lecture faite
dans la langue du terroir aurait de multiples avantages.
Chaque enfant qu'on enseigne, disait le poète,
est un homme qu'on gagne. L'enseignement qui est un moyen
d'inculquer les valeurs nobles de nos cultures africaines
devrait donc utiliser les outils mêmes de ces cultures.
Sinon, c'est toujours avec amertume que nous constaterons
avec le Français Henry Tourneux qu' " Au Burkina
Faso, comme dans tous les autres pays francophone d'Afrique,
le livre est toujours considéré comme un
produit de luxe et, malgré les efforts des éditeurs
nationaux parfois aidés par les institutions internationales,
il demeure inaccessible au plus grand nombre. L'école,
peut-être trop focalisée sur les programmes,
n'a pas su non plus créer un lectorat populaire."
No comment !
Par Ludovic O. Kibora
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Cinéma
L'ISIS forme comédiens et techniciens
Du 29 juin au 10 juillet 2010 et du 02 au 08 juillet, l'Institut
supérieur de l'image et du Son Studio Ecole (ISIS SE)
a organisé deux ateliers de formation des comédiens
professionnels de cinéma, des réalisateurs de
fiction, des ingénieurs son/monteurs son, des mixeurs.
Ces ateliers ont respectivement porté sur le mixage son
cinéma-TV Pyramix et sur le jeu d'acteur. Dans le domaine
du mixage son, l'objectif de la formation était d'améliorer
le mixage des films burkinabè grâce à la
maîtrise de l'environnement Pyramix. Nouveau venu dans
la famille des stations professionnelles, Pyramix offre de grandes
possibilités en matière de montage, mixage, post
production et mastering. Il est également connu pour
sa stabilité et la fiabilité de sa synchronisation.
Du 29 juin au 10 juillet, l'ingénieur de son français,
Laurent Chassaine, s'est donc attelé à former
les ingénieurs son/ monteurs son, ingénieurs son/mixeurs
burkinabè à l'ergonomie et à l'architecture
du logiciel Pyramix, à la synchronisation, l'import export
de données, l'archivage et la gestion des bibliothèques
de son, l'utilisation d'un réseau
Avec les connaissances
acquises, les techniciens devraient être à mesure
d'accompagner conséquemment le cinéma burkinabè
dans l'ère de la haute définition et du numérique.
Pour que les films soient compétitifs, il faut en plus
des techniciens formés à la bonne école,
des comédiens de talent. Au cinéma, l'acteur joue
un rôle très important. C'est lui qui met en acte
le texte écrit par le scénariste et les situations
organisées par le metteur en scène. Il agit et
donne vie au personnage. Le jeu d'acteur est donc fondamental
pour transmettre des émotions, des ambiances,
Cela
passe par l'expression du visage bien entendu, mais aussi par
le langage du corps. Un personnage abattu ne se tiendra pas
de la même manière s'il est joyeux, excité,
fier, etc. L'acteur change d'identité afin de pouvoir
incarner tel ou tel autre personnage. Il puise à la fois
dans son vécu et son imaginaire pour créer un
rôle qui transforme souvent la nature profonde de son
être. Le jeu d'acteur est véritablement un conflit
psychologique et on comprend aisément qu'il faille en
maîtriser tous les contours pour des prestations dignes
de ce nom. C'est dans cet esprit que 13 comédiens professionnels
de cinéma et 02 réalisateurs de fiction ont été
formés sur l'expression du corps dans le jeu d'acteur,
le déplacement, la posture et le jeu devant la caméra,
l'expression orale, la diction, l'intonation, le casting et
le coaching en situation de tournage. Tous ces modules visaient
à les introduire dans l'univers professionnel du jeu
d'acteurs. La formation a été assurée par
le metteur en scène français Christian Colin.
A en croire les délégués des stagiaires,
Djibril Sanogo et André Bougma (Tonton Brama), les différentes
formations ont été à la hauteur de leurs
espérances. A l'instar d'Eugène Bayala dit "Agent
Oyou" révélé au public à travers
le sitcom "commissariat de Tampy", ils entendent à
présent le prouver sur le terrain. Pour ces deux formations,
l'ISIS-SE a bénéficié du soutien financier
du Centre Culturel Français Georges Méliès.
Le délégué général de l'Institut,
Privat Tapsoba, en a remercié le directeur, Alain Millot
n
Arsène Flavien Bationo
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Par Bétéo D. Nébié
mail: neb_beteo@yahoo.fr
Catastrophes
naturelles
A quelle sauce l'humanité sera-t-elle bientôt
mangée ?
Les choses deviennent chaque jour plus patentes: des évènements
depuis quelque temps indiquent clairement pour le genre
humain sinon pour l'univers terrestre, des lendemains
qui ne chantent pas. Il ne se passe plus de jours sans
qu'on entende parler d'inondations, de feux de brousse
dévastateurs, de tremblements de terre, de volcans
destructeurs, de typhons aux conséquences de plus
en plus imprévisibles. Le cas de Haïti est
là pour confirmer jusqu'à quel point la
chose peut prendre des proportions inquiétantes
! Ce pays en effet a vécu des évènements
si dramatiques, qu'il s'est retrouvé plongé
du jour au lendemain au temps des troglodytes ! En janvier
2010, un séisme d'une très forte amplitude
a détruit littéralement le pays en l'espace
de quelques jours. Les images du drame qui nous sont parvenues,
aucun être normal ne peut encore les soutenir du
regard, sans éprouver cette envie de se demander
: où sommes-nous ? Si le problème pouvait
être isolé ou se limiter à des pays
à faible revenu, on pouvait encore se donner de
la contenance. Mais aux Etats-Unis, le plus puissant pays
du monde, l'ouragan Katrina a ramené l'Etat de
Louisiane au Moyen-âge en 2005 ! Cet ouragan, décelé
par les radars des jours à l'avance, a causé
des dégâts si importants que les habitants
qui ont survécu à la catastrophe ont gardé
jusqu'à ce jour des scènes indélébiles
d'horreur dans l'esprit. Et le président Bush ne
pouvait que survoler les eaux dans son hélicoptère
présidentiel sans rien pouvoir faire de mieux.
L'armée la plus puissante du monde (les fameux
GI's) était elle-même restée impuissante
! La nature a débité sa litanie jusqu'à
ce qu'elle s'arrête d'elle-même.
L'impression très nette qui se dégage de
tout cela est que tout compte fait, malgré notre
soi-disant civilisation avancée, nous sommes peu
de choses lorsque la nature se déchaîne !
Nos machines les plus sophistiquées sont de peu
de secours devant la moindre fâcherie des forces
de la nature. Le drame est que depuis un certain temps,
ces forces nous causent de plus en plus fréquemment
des catastrophes partout dans le monde. En Inde, au Japon,
en Chine, aux Etats-Unis, en Europe, en Russie, sans parler
de l'Afrique et de l'Amérique du sud. Aucun coin
de notre terre n'est épargné !
Et l'on s'égare en conjectures. Pour les uns, l'homme
moderne est l'auteur indéniable de ces catastrophes
en ce sens qu'il détruit des éléments
indispensables à notre sécurité comme
la couche d'ozone. C'est vrai que notre civilisation est
probablement celle qui ait été aussi nocive
pour l'environnement. Le nier serait faire preuve d'imbécilité
suicidaire. Et il faut que les ténors de cette
civilisation ou ceux qui en profitent et qui pour cela
sont prêts à tout pour justifier leurs sottises
se rendent compte qu'ils sont pires que la bête
la plus obtuse !
L'arbre ne doit cependant pas cacher la forêt. Aujourd'hui,
les vrais scientifiques savent que la terre, qui l'a déjà
fait à plusieurs reprises, s'apprête encore
à changer de pôles. Or ces changements ne
se passent jamais sans perturbation importante de la vie
terrestre. Certains savants se demandent même si
ces changements ne sont pas à la base de certaines
disparitions d'espèces animales et/ou végétales
! Dans de telles conditions, il est difficile de savoir
exactement la part de la nature et celle de l'homme, même
si aucune excuse ne saurait tenir devant les gaspillages
évidents de la civilisation d'aujourd'hui.
Enfin, il ne faut pas non plus oublier certaines traditions
et cosmogonies comme la cosmogonie bambara qui expliquent
des choses aujourd'hui encore mal maîtrisées.
Ainsi par exemple, cette cosmogonie assure que l'humanité
a déjà été détruite
à plusieurs reprises par l'un ou l'autre des quatre
éléments (ciel, terre, air, eau). Elle soutient
également qu'une prochaine et dernière destruction
doit encore intervenir ! Ce qui semble d'ailleurs constant
dans la quasi-totalité des cosmogonies des grands
peuples, c'est la permanence de la notion de fin attachée
à toute existence terrestre ! Comment comprendre
ces choses ? Les Egyptiens de la Vallée du Nil
avaient cette sagesse lumineuse : " Il faut toujours
chercher dans la même matière, les moyens
de faire et de défaire une chose. C'est pourquoi
nous lions le bois avec le bois, jamais avec le fer. "
! Comprenne qui pourra !
Schwaller de Lubicz : Her-bak disciple. Flammarion
Paris. 1956
Par Bétéo D. Nébié
neb_beteo@yahoo.fr
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