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Liberté,
il peint ton non !

Des toiles, des sculptures faites essentiellement
d'objet de récupération, une vingtaine d'uvre
pour une première exposition en solo du jeune plasticien
burkinabè Innocent Ouédraogo. Deux semaines dans
les locaux du Hangar 11, cet atelier et lieu d'expo sis au quartier
Kolog-naaba, voilà le temps choisi par Inno pour faire
voir au public ouagalais ce qu'il a sur le cur. L'encouragement
des amis Fred, Garel et les autres et l'engagement d'une personnalité
dont la robustesse se dessine aux âges, ont été
à la base de cette animation particulière. L'empereur
Almamy Samory Touré qui a vaillamment résisté
à la pénétration coloniale en Afrique de
l'Ouest avait pour leitmotiv : " lorsqu'un homme refuse,
il dit Non ! " Le jeune artiste Inno ne dit pas autre chose
lorsqu'il donne à voir une société dans
laquelle subsiste cette difficulté de dire Non. Non à
l'injustice, non à l'impunité. Le constat peut
paraître excessif, mais la réalité est tout
de même têtue : la peur de la vérité,
et de ses conséquences, la peur de la mort entraîne
de facto la difficulté de refuser ouvertement l'inacceptable.
Tout cela n'est qu'entrave à toute avancée sociale
(pour être plus timoré). Norbert Zongo traduisait
cela avec sagesse dans une formule désormais historique
" le pire n'est pas la méchanceté des gens
mauvais, mais le silence des gens bien ! " Innocent Ouédraogo
lui a décidé de s'exprimer par ses toiles et ses
compositions hétéroclites très parlantes
à l'âme de celui qui prend la peine de les contempler.
Expressions philosophiques, tableaux et sculptures de la vie
dont le beau est dans le sens. " Ma démarche, c'est
dire à travers l'art plastique, ce qui vient du fond
de moi. Je ne suis pas pour l'esthétique primaire."
Paroles d'artiste engagé ! Ne comptez donc pas sur Inno
pour vous proposer des uvres ornementales qui peuvent
être accessibles à tous sans une expressivité
au delà du visible a priori. Il assigne une finalité
à son art. C'est donc avec justesse qu'il déclare
: " Une uvre qui ne dérange pas, qui ne participe
pas au débat national est pour moi stérile. "
Pied de nez à l'art pour l'art, profession de foi d'un
jeune téméraire dans un monde où les coups
de pinceaux et autres coupés-cloués ne nourrissent
pas forcement leurs adeptes. Propos prétentieux serait-on
tenté de dire, mais lorsqu'on suit l'itinéraire
du jeune Inno, on finit par se convaincre qu'il s'agit d'un
véritable cri de cur d'un artiste qui veut vivre
son engagement au bout des doigts. Il aurait peut-être
mieux gagné sa vie dans la photographie pour laquelle
il a été formé en 1996 en Côte d'Ivoire,
pays de son enfance, mais l'appel de cette autre forme artistique
fut très fort. Et puis, il y avait les précieux
conseils des aînés tels Claude Marie Kabré,
Pierre et j'en oublie. Alors, il entreprit de redonner une seconde
vie, une autre expressivité aux objets de récupération
dont la vue lui suggère des messages à imprimer,
comme la forme de ses toiles qui lui montre la voie des Vérités.
Art transition, art passerelle entre les temps mais aussi entre
les cultures, les productions de ce jeune plasticien qui a du
mal à vendre ses uvres à ses compatriotes
( c'est pas nouveau !) interpellent la conscience. Pour une
première grande sortie nationale, on peut dire qu'Inno
a du mordant dans ce qu'il fait. Comme la persévérance
ça eut payé
.En attendant, Inno qui réside
à St Louis du Sénégal y fait l'occasion
de l'art social pour apporter son soutien aux causes justes.
Il ambitionne d'aller plus loin. Dans un futur proche, il a
en ligne de mire la prochaine Biennale artistique de Dakar (Dak'art
2010) qui pourrait être un tremplin pour son ascension
vers les sommets. Dommage qu'après lecture de ces lignes,
"City Soleil", l'hommage à Haïti, aura
été démonté (l'expo ayant été
clos le 28 février), retenez toutefois qu'Inno est un
artiste de l'actuel qui veut bousculer son monde pour que les
choses avancent. Bon vent l'artiste !
Par Ludovic O Kibora
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Haiti,
toujours dans
le coeur des Africains
L'élan de solidarité créé
par le tremblement de terre qui s'est produit le 12 janvier
dernier en Haiti continue toujours de susciter des mobilisations.
Des célébrités de la musique africaine,
à l'image de leurs consoeurs et confrères
américains, ont participé à un grand
concert organisé au stade Léopold-Sédar-Senghor,
à Dakar, ce samedi 06 mars, un concert en solidarité
avec des victimes du tremblement de terre.
Alpha Blondy, Wasis Diop, Youssou N'Dour, Lokua Kanza,
Oumou Sangaré, Sékouba Bambino, Papa Wemba,
Omar Pène, Baba Maal, Aïcha Koné, Idrissa
Diop, Ismaël Lo et bien d'autres artistes ont participé
au concert dénommé "Afrik for Haïti".
Les recettes de cette manifestation seront reversées
aux victimes du séisme haïtien.
Outre les artistes africains, plus de 21 pays africains
ont contribué aux opérations de secours
en Haïti et cela à travers les 51 millions
de dollars qu'ils ont offert. Le déluge qu'a connu
Haiti a touché bons nombre d'Africains du fait
des liens historiques. D'abord Haïti est un pays
presque de descendants d'esclaves africains. Ensuite parce
que Haiti a été la première république
noire à mettre fin à la domination française
en 1802 et à être dirigé par un Noir.
Selon les comptes publiés par le Bureau de coordination
des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), au rang des
pays africains ayant fait les contributions, on a le Maroc
avec 33 millions de dollars, le Ghana 3 millions, la République
démocratique du Congo (RDC) 2,5 millions, la Guinée
équatoriale 2 millions, le Nigéria 1,5 millions;
l'Algérie, la Côte d'Ivoire, le Gabon, la
Gambie, la Namibie, le Sénégal et la Tunisie
1 million de dollars chacun.
Ramata Soré
Koto Brawa, un musicien
qui bouge !
Vivant dans l'hexagone avec femme et enfant, Koto Brawa
est un jeune musicien burkinabè qui, après
avoir fait ses preuves derrière la grosse caisse,
a décidé de
chanter maintenant. Résultats,
c'est un premier album mis sur le marché depuis
bientôt trois ans (Meet-IK ). Cependant, l'artiste
n'a pas voulu se limiter au micro et aux baguettes. C'est
pourquoi avec des amis, il a créé l'Association
pour la promotion et la sauvegarde du patrimoine culturel
universel (APROSPACU). L'artiste musicien Koto Brawa est
secrétaire général de l'association,
et est appuyé dans cette tâche par Jean-baptiste
Meyer-Bisch (au son) et Benjamin Blanchet (à la
video). L'association a effectué une première
activité au Burkina Faso. Il s'est agi d'une tournée
dans le sud-ouest du pays pour enregistrer des musiques
traditionnelles (Birifor, Lobi, Djan, Gan, Pougouli, etc.)
du 28 janvier au 6 février 2010. Ce premier festival
qui a enregistré près de 1500 participants
côté public et environ 200 artistes a été
clos par un mini festival de musique danse et théâtre,
les 6 et 7 février 2010 avec les artistes suivants
: Kontômè (Bobo Dioulasso), Koto Brawa (France/Burkina),
troupe de la francophonie (Diébougou), troupe de
UJFRAD (Diébougou), Kam Sié Benjamin et
Kam Koye de Diébougou. La mission de l'APROSPACU
dans le Sud-Ouest a permis de répertorier des musiques
anciennes en voie de disparition en vue de les conserver
sur des supports numériques. Après ce retour
sur la terre des ancêtres, les dieux du terroir
semblent vouloir apporter leur bénédiction
au fils du pays en cette année 2010. Tenez- ! Reparti
à Paris, Koto avec son groupe composé de
Jean Baptiste Meyer-Bisch: Guitare et Churs, Jean
Sébastien Massanet: Basse et Churs, Raphaël
Herlem: Saxophone et churs, Jeanne Dury: Piano et
Churs, a déjà des dates (comme on
le dit dans le jargon du milieu) alléchantes. Il
est invité à assurer le 13 mars avec le
groupe Yapa la première partie de Victor Démé,
qu'enfant il côtoyait à Bobo Dioulasso. The
last but not the least, il sera sur le podium de Justin
Adams, le guitariste du mythique de Led Zeppelin et Juldeh
Camara le 21 mai 2010. Bon vent l'artiste !
Ludovic O. Kibora
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Par Bétéo D. Nébié
mail: neb_beteo@yahoo.fr
Que
l'année nouvelle soit belle pour tous !
L'histoire atteste de façon permanente que lorsque
l'Africain souhaite s'exprimer face à toute situation
importante socialement, spirituellement, psychologiquement
ou moralement, il chante des incantations, fait une prière
et peut même danser. Si mes lecteurs me le permettent,
je leur souhaite une bonne année 2010 à
travers cette prière que nos ancêtres de
la Vallée du Nil dédiaient à l'une
de leurs plus importantes divinités, la Déesse
Hathor, symbole de beauté et d'amour. Peut-être
serait-on tenté de se demander Pourquoi ? Eh bien
! parce que le Tout Puissant nous a permis d'atteindre
une nouvelle étape qui comportera ses épreuves,
mais cela n'est-il déjà pas suffisant de
lui rendre grâce pour nous avoir permis d'atteindre
ce nouveau cap ? Et pourquoi donc s'adresser à
une divinité plutôt que Dieu lui-même
? Parce que c'est ainsi que nos ancêtres ont toujours
procédé. De plus, comment Dieu ne serait-il
pas fier et heureux qu'on le loue à travers ses
propres uvres et sa propre créature, en reconnaissant
le travail magnifique qui est le sien ?
Que ton visage est beau,
Lorsque tu apparais en gloire,
Lorsque tu es joyeuse,
Hathor, vénérable Dame de Senmen
Ton père Rê exulte quand tu te lèves,
Ton frère Shou rend hommage à ta face,
Thot, puissant en breuvage t'appelle, ô puissante.
La Grande Ennéade est dans le plaisir et l'allégresse.
Les babouins sont devant ta face et dansent pour Ta Majesté,
Les hitys frappent le tambourin pour ton ka.
Les êtres chantent pour toi les hymnes et te font
des adorations.
Les hommes et les femmes te prient de leur donner l'amour.
Les vierges ouvrent pour toi les festivités et
te donnent leur esprit.
Tu es la Dame de la Louange, maîtresse de la danse.
Grande d'Amour, maîtresse des femmes et des filles
nubiles.
Tu es Dame de l'ivresse aux fêtes nombreuses,
Dame de l'oliban, maîtresse de "tresser-la-couronne",
Dame de la gaieté, Dame de l'exultation,
A la Majesté de laquelle on joue de la musique,
Pilier djed féminin vénérable, baï
femelle,
Dame de Bougen,
Tu es la Dame du sistre-sekhem, maîtresse de la
Ménat et du sistre-sesechet,
Vers le ka de laquelle on élève l'ouncheb.
Tu es la Dame de la danse, maîtresse des chants,
Dont la face brille chaque jour, qui ignore le chagrin.
Puisses-tu présenter ton beau visage
Au roi de Haute et de Basse-Égypte, Seigneur du
Double Pays.
Je souhaitais vous faire partager la force qui transparaît
à travers ce beau texte qui était de fait
une incantation. On devine la splendeur qui sera la sienne
dans la langue qui l'a créé ! On voit à
travers lui, pourquoi nos ancêtres réussissaient
des choses qu'on pense aujourd'hui impossibles, uniquement
à travers la puissance du verbe ! S'il est vrai
que toutes les religions reconnaissent que Dieu a créé
en parlant, il n'est plus permis de douter que la parole
soit vraiment puissante. La chute du poème est
: " Puisses-tu présenter ton beau visage au
roi de la Haute et de la Basse Egypte, Seigneur du Double
Pays ", c'est-à-dire au pharaon. Pour nous
Africains de 2010, c'est qui le roi de la Haute et de
la Basse Egypte ? Pouvons-nous réellement accepter
que nos chefs d'Etat d'aujourd'hui méritent un
si bel hommage ? A chacun de répondre. Mais on
peut tout de même se poser la question de savoir
pourquoi une si belle déclamation à l'une
des plus grandes divinités se termine pour ainsi
dire sous les pieds de pharaon ? La raison était
simple mais péremptoire : le pharaon était
le chef de l'Etat, le chef de l'armée, et le plus
grand prêtre du temple. De ce fait, on pouvait réellement
l'appeler le représentant de Dieu sur terre. C'est
la raison pour laquelle d'ailleurs on l'appelait Sara
c'est-à-dire "fils de Dieu". L'un explique
ainsi l'autre. Bonne année 2010 à tous et
à chacun : santé, force, détermination
et combativité ! La paix viendra bien plus tard,
après la victoire. Pas avant ! "Il faut toujours
chercher dans la même nature, les moyens de faire
ou de défaire une chose. C'est pourquoi, nous lions
le bois avec le bois, jamais avec le fer !", disaient
nos ancêtres. Que cela est vrai !
http://www.esoterika.org/dotclear/index.php?2005/08/20/151-hymne-a-hathor
Par Bétéo
D. Nébié
neb_beteo@yahoo.fr
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