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Le dernier acte d'un Grand
de la scène !

Amadou Achille BOUROU ( extrême droite) dans la
cour de la Cie Feeren.
"Très fin, il savait obtenir ce qu'il voulait avec
art et diplomatie." C'est en ces termes que Martin Zongo,
administrateur du CITO, rendait hommage lors de la veillée
hommage
consacrée au metteur en scène, acteur de cinéma,
homme de théâtre, Amadou Achille Bourou, le soir
du samedi 09 janvier, au siège de la Compagnie Feeren
à Gounghin. En effet, c'est avec cette finesse que j'ai
été approché par l'artiste Bourou "hors
scène" pour la première fois dans les coulisses
des RECREATRALES (Les Résidences Panafricaines d'Ecriture,
de Création et de Formations théâtrales
dont la 6ème édition a été officiellement
lancée le 13 janvier dernier au Cartel). Alors, pendant
la préparation de "l'Anniversaire", pièce
qu'il a préparée et jouée avec une autre
grande des planches, Marguerite Douanio (devenue journaliste
TNB), kôrô Bourou demande à me rencontrer
pour m'exposer ses projets de création et parler da la
dite pièce. "J'apprécie beaucoup la ligne
éditoriale de votre journal et j'aimerais que tu nous
aides à faire connaître cette création."
Ça se passait à la cafet du CCF-GM. Avec des "
petit frère" lancé à tout bout de
propos, tout de suite, la sympathie s'installe. Depuis, de "Propos
coupés décalés d'un nègre presque
ordinaire" à "Sarzan" en passant par la
"Geste des Etalons", je demeure aux trousses de kôrô
Bourou, dont les créations ne décevaient jamais,
car elles étaient le résultat d'un travail rigoureux
et passionné. Ne disait-il pas lui-même que "jouer
c'est un métier ; si on aime ce métier, c'est
de travailler. Si on me confie un personnage, j'essaie de rentrer
dans le personnage pour lui donner une personnalité."
Pour Amadou Achille Bourou, l'art ne se fait pas dans le tâtonnement.
Son leitmotiv était qu'il faut éviter de faire
accroire aux jeunes que faire de l'art, c'est du jeu, de l'amusement
comme on dit dans le langage populaire. La vérité
est que pour faire rire le public, lui communiquer de l'émotion,
il faut transpirer dans les coulisses. Etienne Minoungou, Ildevert
Meda, Alain Hema et les autres en savent quelque chose. Ce serait
avec L'exil d'Alboury, la pièce du Sénégalais
Cheick N'daw que Bourou mit le pied pour la première
fois à l'étrier théâtral. C'était
en 1972, sous la direction artistique de Prosper Kompaoré.
Il avait alors 21 ans. Ce talent sera peaufiné au gré
de son séjour en France pour ses études de Lettres.
Entre militantisme pour les causes justes et rigueur dans le
travail, Amadou va se forger une personnalité théâtrale
solide et riche en couleur. Tantôt acteur, tantôt
metteur en scène, il a toute sa vie durant fait honneur
au Burkina Faso. Homme au contact facile, Bourou doit sa popularité
aux planches, au cinéma, mais aussi et surtout à
son humanisme. La facilité avec laquelle il trinquait
avec des gens de peu comme avec des "en haut de en haut"
dont il ne partageait pas forcement les idées, était
assez révélatrice de sa capacité à
concilier les angles distants. C'est cette sagesse qui lui a
valu l'appellation de "Doyen" ou de "Vieux",
même de la part d'aînés comme Jean-Pierre
Guingané, Prosper Kompaoré, etc. le théâtre
était sa vie. Artiste tout simplement, il pouvait partir
de rien pour faire une mise en scène géniale aussi
bien avec un seul personnage comme avec des centaines. "J'ai
une grande contradiction en moi. J'aime aussi bien jouer avec
un personnage qu'avec 500 personnes. Le tout est qu'est-ce qu'on
fait dans cet espace, qu'est-ce qu'on propose ?" Très
disponible, Amadou Achille Bourou avait toujours à l'esprit
la volonté d'aider la jeunesse à réussir.
Les ateliers, c'était son affaire, lui qui pensait que
même lorsqu'on a le talent inné, il faut aller
à l'école pour l'améliorer. En créant
sa compagnie Feeren qui signifie floraison en langue dioula,
Amadou exprimait ainsi toute la philosophie de la vie. "Je
discute avec tous les jeunes sans distinction. Je fais beaucoup
de formation. Il faut qu'on arrête de penser que l'art
ne concerne que ceux qui ont échoué ailleurs.
Ne soyez pas des analphabètes de l'art !" En tirant
sa révérence alors qu'il allait vers sa soixantième
année, Bourou qui avait une somme inextricable de ressources
à redistribuer, peut être fier d'avoir eu une vie
bien remplie dans ce domaine artistique qui, plus qu'une vocation,
était pour lui une seconde nature. Il déclarait
tout récemment encore : "Ce que je voudrais que
les gens retiennent, c'est que l'artiste c'est quelqu'un qui
aime l'art. Je veux qu'on retienne que j'ai apporté ma
part
" Mission bien accomplie l'Artiste, repose en
Paix !
Par Ludovic O Kibora
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Journées
culturelles de l'ADDEZA
Quand un peuple rencontre sa culture
Faire redécouvrir par les populations elles-mêmes,
les anciens jeux, les anciennes danses, les anciens chants,
odes et autres pratiques mystiques ou épiques,
c'est l'objectif que s'est fixé l'Association pour
le développement du Département de Zamo
en abrégé ADDEZA. Une communauté
qui s'appuie sur sa propre ressource pour se redresser
ne peut que susciter l'adhésion de ses membres.
C'est le constat que l'on peut faire au regard de l'imposante
mobilisation constatée à l'occasion des
journées cultures de Zamo.
Pendant trois jours, du 27 au 29 décembre dernier,
le centre d'intérêt du département
s'est ainsi transposé à l'école primaire
publique de Zamo où se sont déroulées
les journées culturelles. Même pour prendre
son dolo (bière de mil) coutumière, il fallait
faire le déplacement sur le lieu des jeux.
Les chefs coutumiers ont compris l'importance de la manifestation,
et lui ont apporté un appui bien affirmé,
par leur présence permanente durant les trois jours
de festivités.
Les chefs coutumiers ont exprimé leur adhésion
à la manifestation
Il faut espérer que les responsables aient l'imagination
et les moyens nécessaires pour perpétuer
cette heureuse activité. Monsieur Baki Joachim,
PDG du Groupe Edifice, a été jusqu'ici le
seul sponsor de ces journées. Il faut souhaiter
que d'autres bonnes volontés se manifestent à
l'avenir pour donner ses chances à cette initiative
culturelle prometteuse.
L'exceptionnelle mobilisation de la jeunesse à
cette occasion est en effet source d'espoir.
Bétéo D. Nebié
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Changement
social et Développement
La contribution des anthropologues
"Histoire naturelle du genre humain", "science
des variations humaines", l'anthropologie qui est une science
et une discipline d'enseignement relativement récente
a pour but de permettre une meilleure connaissance de l'homme
qui, comme on le dit couramment, est " un être social
". Parce qu'elle parvient à décrire les groupes
humains et surtout à expliquer leurs différences,
l'anthropologie est une science riche et très variée,
pouvant s'appliquer à différents domaines. Certes,
le désir de marquer la différenciation entre anthropologie
sociale, anthropologie culturelle, anthropologie physique, ethnologie,
etc. crée souvent la confusion dans l'esprit de nombreux
profanes, mais cela témoigne aussi du dynamisme de cette
science et de sa capacité à s'adapter aux contextes
divers d'évolution historique de l'humanité. "Une
question cruciale de l'anthropologie demeure l'engagement que
le travail de terrain implique. Les recherches sur le terrain
fournissent à l'anthropologie sa pénétration
ethnographique et ses outils analytiques. Avec le temps, les
anthropologues ont fini par tourner leur attention vers le développement
comme objet d'étude critique anthropologique. Toutefois,
la relation entre anthropologie et développement reste
ambiguë. Les pratiques de conseil, de recherche à
court terme sur un problème prédéfini,
ont augmenté avec la demande des institutions de développement
pour le savoir anthropologique" Voilà pourquoi du
20 au 23 janvier, Ouagadougou a eu le privilège d'accueillir
plus de 165 universitaires, chercheurs et étudiants venus
échanger sur les possibilités d'engager l'anthropologie
pour le développement et le changement social. Sous l'égide
de L'Association Euro-africaine pour l'Anthropologie du Changement
Social et du Développement (APAD), ce colloque qui avait
pour thème : "Engager l'anthropologie pour le développement
et le changement social : pratiques, discours et éthique"
a permis d'outiller les participants d'éléments
méthodologiques afin de leur permettre de mieux entrevoir
les énormes potentialités de leur science. Comme
le précise l'appel à communication. "À
une époque où la frontière entre aide au
développement et dépenses publiques est plus vague
que jamais, on a grand besoin d'une analyse anthropologique
pour comprendre, et, par extension, pour influencer le développement
et le changement social." En rappel, L'APAD a été
créée en 1991 et regroupe des chercheurs du Nord
et du Sud. Sa présidence actuelle est assurée
par Pr. Sten Hagberg de l'Université d'Uppsalla (Suède).
Le but de l'association consiste à promouvoir le changement
social comme un domaine de recherche générateur
de perspectives nouvelles en anthropologie générale
et fondamentale.
Pendant quatre jours, les fructueux échanges qui se sont
déroulés à Azalaï Hôtel Indépendance
de Ouagadougou autour d'une multitudes de thèmes qui
ont exploré entre autres "les connexions avec les
recherches sur le changement social menées à l'échelle
de la communauté anthropologique internationale ; les
interventions dans le débat public autour du développement
et des sociétés africaines". Le comité
d'organisation conduit par Dr Fatoumata Ouattara du Burkina
Faso peut être fier d'avoir pu, au bout d'un long et lassant
travail de préparation, réunir une diversité
de Savoirs autour de questions brûlantes de l'heure. Non
seulement un cadre convenable permettant de confronter les présupposés
aux connaissances nouvelles a été fourni, mais
en plus, une visibilité a été offerte aux
chercheurs, en espérant que décideurs et autres
gouvernants sauront désormais à quelle porte taper
pour faire mieux avancer la machine du développement.
A bon entendeur
Ludovic O. Kibora
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Par Bétéo D. Nébié
mail: neb_beteo@yahoo.fr
La
spiritualité
et l'Afrique
Dans la Bible, il est écrit que Jésus, pour
échapper à la mort, fut amené en
bas-âge en Afrique, notamment en Egypte. La Bible
(dans sa version que nous avons aujourd'hui), ne précise
malheureusement pas combien de temps, il resta dans ce
pays. Certains savants avancent très sérieusement
qu'il y aurait passé de très nombreuses
années et aurait tout appris chez nous. Sans compter
que Moise, son ancêtre, est bien un Africain, de
naissance et d'instruction au moins. Le Coran révèle
qu'au plus fort de la persécution contre les nouveaux
convertis à l'islam, le prophète Mahomet
envoya ces derniers se réfugier en Afrique, notamment
en Ethiopie. C'est le premier exil des musulmans avant
celle de Médine. Il permit à ces derniers
d'échapper à une probable extermination
de la part des " mécréants " mecquois.
Les adeptes de la Rose-croix affirment que leur ordre
mystique a pris naissance en Afrique, notamment en Egypte
des pharaons. Ils précisent même que leur
père fondateur est le pharaon Akhenaton, sinon
son père d'Aménophis III de la XVIIIe dynastie.
La Franc-maçonnerie affirme avoir ses racines en
Egypte africaine. Certains documents affirment que Bouddha
aurait été un prêtre égyptien
qui serait parti en Asie pour créer cette pensée
et ces pratiques si répandues là-bas et
qu'on appelle le bouddhisme. La liste n'est pas exhaustive.
L'évidence semble donc s'établir, d'une
relation très étroite entre les différentes
croyances, les différentes religions, les différentes
spiritualités et l'Afrique, pour ne pas dire le
monde négro-africain. Cela semble d'autant plus
évident qu'au moment de la naissance de toutes
ces relations, la différenciation Afrique noire
- Afrique blanche n'avait pas encore pris corps. Il est
donc clair qu'il s'agit d'un phénomène entre
l'Afrique réellement nègre et ces différentes
réalités.
Comment peut-on donc expliquer rationnellement toutes
ces accointances ? Comment peut-on faire comprendre que
tous ces mouvements spirituels prétendent à
une relation particulière avec l'Afrique, sans
se poser des questions ? La plus importante de celles-ci
est sans aucun doute : qu'a l'Afrique en particulier par
rapport à tous les autres continents, pour avoir
ces rapports qui semblent si particuliers ? Mais puisqu'on
remarque que ces mouvements sont aussi bien religieux,
ésotériques qu'initiatiques, la question
devient plus précise encore : qu'a le Négro-africain
de si particulier pour être à la base de
toutes ces réalités ? C'est Pierre Pradervand1
qui lève un petit coin du voile en relatant un
fait tiré du livre de Laurens van der Post A Story
Like The Wind : "Khabbo (un jeune Bushman) rit et
rit encore comme s'il n'avait jamais entendu quelque chose
de si drôle. François n'avait jamais entendu
ou vu un rire d'un abandon si total et merveilleux. De
son épiderme à la partie la plus intérieure
et secrète de son être, il semblait si totalement
possédé par la flamme de ce rire que rien
d'autre ne trouvait place à se loger en lui. C'était
si étonnant et si contagieux que, bien que François
n'eût aucune envie de rire, un sourire vint détendre
son visage." ! Le rapport avec notre sujet ? Un raisonnement
pourrait nous y conduire. La religion, la spiritualité,
l'initiation, l'ésotérisme, etc. tout cela
n'avait jamais eu de frontières avec la vie de
tous les jours chez le Négro-africain. C'est pourquoi,
il n'y a jamais eu de mot spécifique pour désigner
par exemple la religion chez lui, et dans la quasi-totalité
des langues africaines parlées aujourd'hui, il
n'y en a pas ! Tout cela n'était que la vie tout
simplement. Le Négro-africain est historiquement
le fils aîné de l'humanité. Et en
tant que tel, il est celui qui a été et
est resté le plus proche de la source initiale
des choses. Voilà pourquoi plus que tout autre,
il a cette conscience aiguë de l'unicité,
et vit d'emblée les rapports entre les choses et
les êtres : Dieu avec la nature, les morts avec
les vivants, les vieux avec les jeunes, la femelle avec
le mâle
Une liste longue, longue, longue,
et qui donne une éclatante réponse à
notre préoccupation initiale ! Malheureusement,
combien de Négro-africains ont-ils une claire conscience
des ces réalités aujourd'hui ? Il faut savoir
que l'univers est engagé dans une évolution
permanente et comme disent les sages du continent: "Quand
l'enfant a les mains propres, il mange avec les vieux"
!
Amen !
1 - Pierre Pradervand : Une Afrique en marche.
Librairie PLON. 1989 (p.319)
Par Bétéo
D. Nébié
neb_beteo@yahoo.fr
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